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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 16:37

Curieux article dans le saker francophone, consacré aux origines de Syriza, signé par Alexandre Moumbaris et daté du 2 septembre ou plus exactement traduit par Moumbaris (et, dans ce cas, écrit par qui ?).

 

Ce n'est pas un article raisonné, c'est un vilain billet écrit avec une plume que je n'hésiterai pas à qualifier d'envieuse et mensongère. L'article n'apporte aucun argument valable : c'est un ramassis d'arguments sentimentaux, souvent « ad hominem » : je cite :

« le suave Alexis Tsipras qui, avec son sourire et sa négligence vestimentaire (absence de cravate), a su séduire les électeurs … ». L'auteur de l'article serait-il jaloux de la dégaine de Tsipras ? C'est son droit, mais ce n'est pas un argument politique valable.

 

 

Et plus loin, je cite toujours : « SYRIZA, cette alliance fourre-tout d’organisations politiques disparates, sans colonne dorsale solide, ni orientation idéologique claire et convaincante tiendra ensemble semble-t-il par l’aura mystico-charismatique de Tsipras … » Encore un argument «ad hominem», et une déclaration sans aucune preuve : Syriza n’a pas d’orientation idéologique claire ? Il faut le prouver et pas se contenter de l’affirmer.

 

Autre paragraphe bien éclairant sur l'esprit de l'article : l'attaque du parti communiste marxiste-léniniste d'Equateur. C'est bien dans l'esprit d'une certaine gauche : on préfère se disputailler entre gauchistes plutôt que de participer à un essai de lutte commune contre le capitalisme.

 

 

Et quelques mensonges :

Pourquoi Syriza n’a-t-il pas choisi le KKE pour gouverner avec lui. Le KKE avait claironné haut et fort qu’il n’était pas question de gouverner avec Syriza. Le KKE a préféré s'isoler sans doute au nom de la «pureté idéologique». (1)

 

Pourquoi Syriza n’a-t-il pas choisi To Potami : ce parti, très récemment créé (en 2014), de centre-gauche, pro-européen et favorable à la Troïka, était la «taupe» idéale pour bloquer Syriza.

 

Quant à la démission de Varoufakis, si elle a réellement suivi le référendum, les causes exactes n’en sont pas claires.

 

 

Et à propos du référendum, encore une affirmation gratuite :

« Le gouvernement SYRIZA-ANEL ne s'attendait pas à tant, et même escomptait plutôt la victoire du OUI … De toute évidence le gouvernement espérait une victoire du OUI, mais la blague a de nouveau foiré. Pour conforter cette affirmation, on a vu Varoufakis démissionner le lendemain … ».

De quelle affirmation s'agit-il ? Que le gouvernement espérait un oui ? Affirmation qui n'existe que dans la tête de l'auteur de l'article.

 

 

D'autre part, l'article ne fait pas une seule allusion claire et bien documentée aux manœuvres de la BCE et de l'Union européenne qui ont conduit à la coupure des liquidités obligeant le gouvernement grec à puiser dans ses fonds de réserve, ni au blocage des retraits d'argent.

 

Le nouveau gouvernement grec aurait-il dû dès son arrivée au pouvoir refuser tout remboursement, sortir de l'euro ? Etait-ce vraiment la volonté majoritaire du peuple grec de sortir de l'euro et d'isoler complètement la Grèce ? Si oui, il faut le prouver.

 

 

Et pour couronner le tout, un paragraphe absolument bizarre, je cite :

« Le premier devoir du KKE est de sortir le peuple grec de ce labyrinthe. On ne peut pas avancer vers le socialisme sans cela et on ne peut pas le faire sans alliés. C'est la faiblesse qui, face à l'urgence des enjeux, impose d'avoir des alliés ; on n'est pas obligé de les aimer, les alliances ne sont que temporaires et ne servent que leur objet. »

Que signifie ce galimatias ? Que le KKE voudrait bien arriver au pouvoir, c'est certain, mais de quelles alliances parle l'auteur, celles qui ne sont que temporaires, sans être aimées ? L'auteur ferait-il allusion à une alliance avec Aube Dorée en cas de succès électoral du KKE  puisque les deux partis se rejoignent puisque, je cite :

« objectivement tous les deux s'opposaient catégoriquement aux memoranda, à l'euro, à l'UE et à l'OTAN ? »

 

Dites-moi vite que je me trompe.

 

 

Je n'apprécie absolument pas l'attitude de Tsipras depuis sa mise à genoux devant les instances européennes, mais je ne suis pas étonnée qu'une Grèce totalement isolée, lâchée par tous les autres pays européens ait cédé. Je ne pense pas non plus qu'une révolte générale de tous les pays d'Europe contre le capitalisme (ce qui serait la vraie solution) soit possible actuellement  et une révolte locale aboutirait tout simplement à un bain de sang.

 

 

Cet article est une merde, avec pour « colonne dorsale » (pour reprendre les mots de l'auteur) des arguments sentimentaux, des omissions et des mensonges … et je me pose de sérieuses questions sur l'aptitude du saker francophone à choisir des articles intéressants.

 

 

(1) http://www.socialisme.be/fr/11943/grece-pourquoi-syriza-et-le-kke-ne-sont-pas-parvenus-a-un-accord

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Published by Pulchérie D
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commentaires

mireille la rouge 07/09/2015 10:51

Oups, ligne 8, lire "les problèmes qui se posent au sein du FdG"

mireille la rouge 07/09/2015 10:49

Flûte, c'est la 3ème fois que ça m'arrive, mon post est validé sans que je fasse rien. Tant pis, je continue.

Donc, le KKE ne fait pas partie du PGE, le "machin" dont P.Laurent a pris les manettes.

Je sais, le PCF ne représentait plus grand'monde avant le FdG. On peut dire que maintenant il en représente encore moins. Il lui reste des élus, par le jeu des alliances sur les listes communes, soit listes FdG, sooit avec le PS. Et je suis navrée de le dire, malgré les couinements indignés du PG dès que l'occasion s'en présente, en dépit de l'attitude nauséabonde des Brossat and cie, jamais on n'a mis à plat les problèmes qui se posent au sein du PG, avec des partenaires qui, par exemple, annoncent d'emblée qu'ils se joindront au PS au second tour. C'est dire si le deal "mon pognon contre ton charisme " marche encore. Mais le PCF a perdu dans l'histoire toute identité et toute lisibilité. Comme en Allemagne. Aussi je comprends, à la lumière des faits et de l'expérience, l'attitude du KKE qui a voulu garder son identité, subodorant que les mariages de carpes et de lapins finissaient par des séparations.

Cec dit, il est vrai que le KKE s'est prononcé pour la tenue du référendum. Les motifs, et surtout le dernier invoqué, savoir son anticonstitutionalité, étaient dérisoires. Mais subodorait-on au KKE la situation présente? Souvenons-nous aussi que la méfiance du KKE envers tout ce qui ressemble à une coalition ou un front commun, a été renforcée par le fait que Die Linke, dans un premier temps et à de rares exceptions de députés près, avait voté au Bundestag l'application à la Grèce des mesures d'austérité demandées par l'UE, eh, oui.

Voilà donc pour les différences, sinon idéologiques, du moins politiques, que je me suis permis d'éclairer par quelques rapprochements.

Je terminerai en disant que, partout où le PC a été peu ou prou effacé, la peste brune a progressé: Aube dorée, FN, les fachos allemands de toute sorte, et sont entrés dans les Parlements. C'était le rôle historique et reconnu du PC d'être antifasciste. Il était un recours identifiable et identifié. Noyé dans des nébuleuses certes antilibérales et de gauche, il a perdu aussi cette identité.

Syrisa avit ratissé large, y compris avec un parti souverainiste ps vraiment gauchiste. Je comprends que le KKE ait tenu à son identité, et si l'on regarde, son score aux élections montre qu'il avait quand même une certaine audience.
J'espère que la démission de Tsipras et les élections à venir ne déboucheront pas sur une avancée significative de la droite, sinon une victoire.

Comme je l'écrivais sur le blog d'A.Corbière, le prochain micro tendu en France sera à l'occasion de la Fête de l'Huma, Mélenchon-Varoufakis contre Laurent-Tsipras.Tu parles d'un message...

mireille la rouge 07/09/2015 10:19

Le KKE dès le début a refusé Syrisa, par la crainte de perdre son identité. Il y a des raisons à ceci: il n'est que de voir ce que sont devenus les partis communistes dans les pays où des alliances, coalitions, fronts communs, appelons-les comme on voudra, se sont formés en l'incluant bien ou mal. Depuis Die Linke, qui nous a été donné en exemple dès 2007, à nous, communistes, pour préparer les esprits au Front de Gauche. Exemple ne veut pas dire réflexion, j'ai connu d'interminables réunions de cellule et de section où le secrétaire lisait longuement les articles de l'Huma, puis un compte-rendu des actions de Die Linke, en concluant que c'était le modèle absolu. Voilà pour les discussions. Certains d'entre nous, rouge vif, n'étions pas contre ce modèle, mais avec la réserve de ne pas perdre son identité. On a vu ce que cela donnait très rapidement, c'est symbolique mais parlant, la faucille et le marteau ont disparu même des cartes du parti, remplacés par "PCF-Front de Gauche".
Mais j'anticipe. Le KKE, instruit de ce que devenait le Parti Communiste allemeand, a craint pour son autonomie et son identité. Il faut dire que, depuis que le PCF fait partie du FdG, il ne reconnait plus le KKE, ou du moins l'ignore superbement. Le KKE ne fait pas partie du PGE, le "m

Lantiquon 05/09/2015 13:02

Pourquoi Syriza et le KKE ne sont pas parvenus à un accord ?
Une analyse intelligente du refus du KKE et des ses conséquences.
http://www.socialisme.be/fr/11943/grece-pourquoi-syriza-et-le-kke-ne-sont-pas-parvenus-a-un-accord
Citation :
« Le KKE justifie ce refus sur base de «différences idéologiques et politiques». Mais pourquoi avoir refusé d’accepter de travailler avec SYRIZA sous certaines conditions? Pourquoi le KKE n’a-t-il pas fait part d’une série de conditions minimales nécessaires à rendre une coopération ou un vote de confiance possible, c’est-à-dire une série de mesures dans l’intérêt de la classe ouvrière et de la masse du peuple grec et contre le pouvoir du grand capital?
Le KKE aurait pu accorder un vote de confiance au gouvernement SYRIZA sur base de l’application de politiques favorables à la classe des travailleurs tout en affirmant maintenir sa complète indépendance idéologique, politique et organisationnelle en restant en dehors du gouvernement. »

puèg-pichot 04/09/2015 18:12

Je rajoute qu'en Grèce comme ailleurs les fachos de toutes tendance vont chercher à noyauter les parti de gauche pour avancer aux élections et les noyer ensuite, leur faisant perdre toute once de crédibilité. C'est ce qui se passe en France et dans tous les pays où possibilité s'est trouvée ouverte par le dérapage de Tsipras sur le mode : "vous voyez bien que la gauche seule ne peut pas gagner" ce que Sapir a entrevu et que l'assaut des fachos est en train de faire sur le blog de Corbière.
Il ne faut pas être bien malin pour faire une synthèse de tout ça, il suffit de se poser la question de ce fourmillement soudain...

puèg-pichot 04/09/2015 18:05

Je ne sais pas d'où sort Moumbaris ( mais je ne connais pas tout le monde). Mais s'il y avait un parti avec qui il fallait faire une alliance c'était ANTARSYA. Mais cela supposait que SYRIZA ne se soit pas recomposée auparavant autour d'éléments dissidents du PASOK et autres opérant un virage sur l'aile droite qui a permis certes de l'emporter en Janvier mais pas de façon définitive : l'alliance avec ANEL était un coup de poker mais les anciens socialistes faisant désormais partie de SYRIZA et ayant des postes et des voix au gouvernement ont entraîné la Grèce dans un chaos qu'elle n'aurait pas évité avec la droite habituelle de toute façon. Cela aurait évité de donner des faux espoirs aux populations, d' ouvrir un peu plus la porte à Aube Dorée et provoquer une restructuration du paysage politique grec en créant un doute... Quel gâchis !