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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 21:00

La chute en cours des bourses mesure la destruction du capital induite par la dette disproportionnée à la réalité économique. La dévaluation en 2015 de l’euro puis du yuan en dollar, témoigne de la résignation du politique à ne pas susciter la régulation de la finance par des réalités économiques objectivement mesurables. La vision libérale insufflée par le dollar dans l’économie mondiale unifiée pose l’impossibilité de finalités humaines au-delà de ce qu’expriment les prix quantifiés mais non qualifiables en réalité sensible.

Défaillance cognitive structurelle

J'étais allé un peu vite dans le précédent article sur « consommateur et lutte des classes ». Le problème financier de l’économisme actuel n’est pas qu’il ruine intentionnellement le travail pour stimuler le rendement comptable du capital mais qu’il ne pose pas le travail comme moteur et mobile de la production réelle.

Le vrai travail est à la fois un facteur de production et la raison de la consommation par la distribution du revenu qu’il entraîne. Le salaire gagné identifie les facteurs de production et le salaire dépensé désigne les objets de consommation. On ne travaille pas seulement pour produire mais pour se donner le pouvoir d’acheter ce qu’on consomme en motivation de ce qu’on produit.

Dans le système actuel d’économie libérale mécanique, on suppose toujours que l’offre crée sa propre demande. Le travail est juste un facteur de production qui n’a rien à dire de ce qu’il faut produire en réponse à l’expression d’une demande. On suppose que tout le passif des États et des entreprises est par définition la demande intégrale adressée à la production. L’évaluation du prix de tous les actifs en exploitation est décalée et en retrait par rapport aux besoins solvables. Le raisonnement exclusivement quantitatif en unité de compte monétaire abstraite élude l’analyse qualitative des passifs sociaux. Le passif est justement la représentation du « pour qui » et du « pour quoi » on travaille activement.

Au passif d’une entreprise, il y a deux types de propriétaire : ceux du capital et ceux des créances.

1°) Les propriétaires du capital cherchent des objets à produire dans la finalité du prix de vente en monnaie supérieur au prix de production en monnaie. Les propriétaires actifs du capital s’attachent à la rémunération de leur seul travail de calcul des prix possibles dans le futur.

2°) Les propriétaires des créances attendent qu’on leur livre leur quote-part des productions objectives réelles de l’entreprise qui leur doit. Derrière le prix exact promis de la société engagée, le créancier attend la réalité objective correspondante. Parmi ces créanciers, il y a toutes les personnes physiques vendeuses de travail.

L’agrégation sociale de toutes les sortes de travail est à l’origine du chiffre d’affaires par quoi le prix du travail sera réglé au prix convenu entre la personne physique qui travaille et la personne morale qui contient le calcul.

La financiarisation de l’économie découle de la libéralisation de la finance. Le calcul économique est exonéré des lois politiques de l’économie réelle par quoi le travail ordonne la production. La libéralisation financière induit la dissimulation du « pour qui » et du « pour quoi » dans le « combien », résumé au capital à terme en plus ou en moins. Le raisonnement financier abstrait de la loi des personnes, tourne ainsi sur sa matière monétaire à l’abri de toute justification par la réalité objectivement demandée. L’économie financiarisée sans travail est trivialement simple. Les propriétaires du capital décident du prix de ce qu’ils vont vendre, y compris des titres de capital qui sont l’actualisation des bénéfices attendus. Pour assurer quantitativement les bénéfices dans le capital nominal, le niveau d’endettement est calculé pour procurer en même temps : le levier de la rentabilité financière par la dette ; le prix de vente actualisé de la valeur ajoutée anticipée à l’actif ; et par différence, le prix nominal du capital émis.

Depuis la libéralisation financière des années quatre-vingts, les banques et les marchés financiers supra-nationaux sont libres d’accorder du crédit aux objets dissociés des personnes. Les objets sont donc rentables par le seul fait que le « marché » leur accorde du crédit indépendamment de toute politique et de toute loi des personnes. Comme les prix des marchés financiers déterminés par le crédit bancaire supra-national sont la seule référence de l’équilibre général des prix dus au passif avec les prix anticipés à l’actif, les banques centrales n’ont plus d’autre option que de faire gonfler leur propre bilan pour combler le besoin de liquidité comptable. La monnaie centrale rachète sans limite les passifs financiers au prix dicté par la finance absolue. C'est un rapport de force favorable aux entreprises dont le sens est consenti par l'émetteur.

Le capitalisme décérébré

La libéralisation a réduit les États de droit à des virtualités financières. Les sociétés politiques constituées de personnes physiques délibérant de leurs droits et de leurs obligations ne sont plus concrètement actionnaires des banques centrales. En finance libérale, les banques centrales n’ont pas pour fonction de gager la monnaie par l’inscription des contrats de dette en monnaie dans la loi des sociétés politiques. Seul compte l’égalité quantitative des passifs bancaires aux actifs bancaires par quoi les déposants et épargnants sont rassurés sur leur pouvoir d’achat nominal hors de leur travail et de leurs revenus réels. La politique de la distribution des revenus aux personnes n’est plus la trame de la politique du crédit. La rémunération du travail répondant aux besoins des personnes n’est plus le critère de capitalisation de la masse monétaire.

L’explosion de l’endettement par rapport à l’économie réelle du travail effectivement productif est mécanique dans un régime de non-politique du crédit et de la monnaie. La rentabilité du capital financier se simule facilement sans travail. Il faut et il suffit que la dette croisse plus vite que le prix du travail effectivement réalisé dans la consommation réelle.

Mais pour que les gens réels ne se rendent pas compte de la sous-évaluation de leur travail dans ce qu’ils consomment, l’unification du marché financier au-dessus des États divisés et concurrents empêche la consolidation mondiale de tous les passifs financiers par les actifs réels objectifs. La banque « off shore » logée dans les paradis fiscaux sert à « inventer » des actifs dans les « prêts » que les banques comptabilisent sur le non-Droit. Contre garanties par les États officiels pour leurs emprunts à de vrais déposants, les banques prêtent à des entités virtuelles exonérées d’obligation réelle. La banque libérale comptabilise virtuellement le capital en adossant de vrais dépôts à des dettes qui n’engagent personne en réalité.

Le résultat de la financiarisation libérale du capital est la multiplication des pays, des entreprises et des personnes physiques explicitement et massivement insolvables. Le krach des primes de crédit réel négatives, les « subprimes » à prix artificiellement positif, a mis à nu la fiction de la finance sans état de droit. Les personnes continuent de travailler pour consommer mais sans possibilité d’obtenir de leur travail présent et futur le prix de ce que la mécanique libérale de l’endettement leur permet de demander. Comme la liquidation des entreprises n’est pas suffisante pour recrédibiliser le solde des dettes déclarées remboursables, le système fait pression sur les sociétés politiques pour qu’elles renient leurs obligations juridiques assurantielles à l’égard des personnes économiquement faibles. Les capacités personnelles individuelles et collectives de travail n’augmentent plus ou se détruisent.

Un particulier ne s'endette par hasard : la publicité est un des facteurs pour ce faire en « créant » un besoin mais simplement le fait d'avoir besoin d'un objet indispensable (une voiture par exemple ) va amorcer la spirale de l'endettement.

(Tiré d'une note de P. Sarton du Jonchay)

Pour être lisible, j'ajoute les définitions actif/passif :

L’actif représente ce que possède l’entreprise, et il va de l’actif immobilisé (comme des machines, des bâtiments, un fond de commerce..) à l’actif circulant qui comprend les éléments directement en lien avec l’exploitation courante de l’entreprise (les stocks, les créances clients, la trésorerie)

Le passif constitue les ressources de l’entreprise. Le passif c’est les moyens dont dispose l’entreprise pour financer ses actifs. Le passif est composé :

  • des capitaux propres, qui sont des ressources permanentes, c’est-à-dire à cycle long (capital social, les réserves accumulées les années précédentes et le résultat, aussi les emprunts à long terme),

  • des dettes à court terme. (Ce que l’entreprise doit aux fournisseurs, aux organismes sociaux et aux impôts).

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Published by puég-pichot
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