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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 23:41

Il est temps que les européens et en particulier les français comprennent ce qui s'est produit depuis quelques années, les fameuses révolutions « colorées ». Aussi, sans être exhaustif faisons un petit tour d'horizon, non exhaustif...

Je ne veux pas dire que Khadafi pas plus que El Assad furent ou sont des démocrates pas plus que Mubarak ou Nasser mais dans tous ces pays, en particulier en Tunisie, une certaine démocratie régnait, pas à l'européenne, certes. Ces pays n'avaient pas épousé le modèle européen bien que les activités économiques de type néolibéral se répandaient à différent degrés.

Non, tous ces dirigeants n'avaient pas les mains propres et hélas bien souvent souillé du sang de leur compatriotes.

Oui, les citoyens de ces pays avaient une foule de raisons de ne pas être contents de leur réalité quotidienne et donc il leur fallait faire changer les choses, acquérir des droits et changer leurs devoirs...

Qu'ont fait les gouvernements occidentaux, USA en tête ? A défaut d'avoir suscité ces révoltes / révolutions, les impérialistes ont su astucieusement se servir du mécontentement des gens pour tenter de prendre le contrôle politique de ces pays.

La Tunisie a souffert ce cette tentative de main mise impérialiste sur son organisation : la réaction du peuple a été étonnante, les islamistes ont pris le pouvoir « démocratiquement » à la suite d'élections mais rapidement convaincus que les nouveaux maîtres du pays ne valaient guère mieux (voire pire que les précédents) les gens se sont empressés de les chasser. Mais la situation en Tunisie, si elle a été assainie n'en est pas pour autant stabilisée.

Les impérialistes ont en partie réussi à semer la pagaille et ce n'est pas fini.

L'Egypte a réussi, avec ses méthodes, à remettre de l'ordre mais là non plus ce n'est pas fini et les attentats, tout comme en Tunisie continuent à semer désordre et terreur.

Quant à la Lybie, la disparition de Khadafi a libéré les tribus où le fondamentalisme a pu à son tour finir le travail des impérialistes...déstabiliser. Déstabiliser non seulement la Lybie mais tout le nord de l'Afrique où guerres et attentats se multiplient.

L'Algérie qui avait avec peine réussi à réduire les extrémistes n'est pas à l'abri de leurs actions comme nous avons pu le voir il n'y a pas si longtemps !

L'Afghanistan a été pour l'impérialisme américain un laboratoire qu'il lui a fallu abandonner militairement non sans avoir créé les Talibans qui lui ont quelque peu échappé.

Quant à l'Irak on peut se demander comment les impérialistes US ont réussi à entraîner d'autres pays dans leur sillage mais resservir en Syrie le coup des armes bactériologiques / chimiques, c'est quand même un peu gros.

Il n'empêche que l'impérialisme joue sur tous les tableaux dans le simple but de déstabiliser les états afin de gagner une bataille qui ne dit pas son nom : c'est une bataille fidèle à l'esprit néolibéral. Warren Buffet n'a-t-il pas dit que la volonté du 1% était de réduire l'état US suffisamment pour le noyer dans une baignoire. En fait c'est la même chose ailleurs.

Ne nous y trompons pas l'appareil militaro-industriel US est aux mains du 1% qui, ne pouvant pas agir sur l'économie de pays qui ne rentrent pas dans le cadre néolibéral comme l'a fait le Commonwealth ( à part l'Inde) ou l'Europe, cherche à détruire les structures économiques de ces pays. Il n'y a pas que l'appât du pétrole ou des matières premières mais bel et bien une volonté de casser un ensemble de dispositifs qui restreignent l'emprise du néolibéralisme. Ce fut la même chose en Amérique Centrale ou en Amérique du Sud mais la pression mise par les néolibéraux a provoqué une réaction inverse. L'Equateur et le Vénezuela continuent à se débattre pour assumer leur indépendance mais tout est bon pour les déstabiliser.

En créant DAESH grâce à l'entremise des ses fantoches arabes, l'empire US a ouvert la boite de Pandore. A vouloir soutenir au début de la « révolution » contre El Assad, révolution d'un tout petit nombre prenant en otage les populations, et lançant les islamistes radicaux de DAESH en les finançant, en attisant leur haine des chiites et jouant sur les déséquilibres existant tout autant en Irak qu'en Syrie, sur les exactions des uns et des autres, sous couvert du pays de l'OTAN le plus proche, la Turquie, ils auraient presque réussi si...

Si El Assad n'était pas soutenu par une partie des Syriens et par la Russie et l'Iran. Pourquoi croyez-vous que le Grand Satan Américain a quasiment renoncé à isoler l'Iran(Chiite) ? Les « stratèges » US comptaient bien que le soutien de l'Iran à El Assad cesserait.

Non seulement cela n'a pas marché mais cette manœuvre a en quelque sorte laissé le champ libre à la Russie. Les intérêts stratégiques de la Russie sont dans un ensemble Moyen Oriental stable et donc c'est à un renforcement de la présence russe sur les territoires qui stabilisés, viendraient en quelque sorte en « tampon » entre l'OTAN et la Russie, d'autant que cette dernière peut craindre l'extension de l'islamisme radical sur son propre territoire. Ce n'est pas par bonté d'âme pour El Assad que Poutine renforce la présence russe en Syrie(car El Assad n'est pas un russophile convaincu, loin de là) mais certainement aussi pour une autre raison : en montrant à l'Europe, aux prises avec la masse quasi incontrôlable de réfugiés de tous horizons( il n'y a pas que des anti El Assad qui débarquent en Europe ) que la Russie, elle, va s'occuper de DAESH, manu militari. En sous main Poutine va tenter de pousser El Assad à modifier sa politique intérieure en lui rappelant la dette colossale que la Syrie a contracté avec la Russie. C'est un levier que d'autres pays n'ont pas.

C'est aussi une tentative de renversement d'alliance relativement à l'Ukraine, d'autant que l'Allemagne ne sera pas difficile à convaincre et peut être tentée de mettre un terme à l'embargo qui plombe aussi son économie.

Je ne prends pas partie pour Poutine mais je dois reconnaître que c'est un sacré stratège qui possède un bonne longueur d'avance et une meilleure vision que les stratèges US dont on reconnaît les ficelles facilement.

En « tamponnant » le Moyen Orient Poutine protège non seulement son territoire mais aussi le modèle économique qu'il tente de développer non seulement en Russie mais aussi dans le cadre des BRICs qui, comme on le comprend clairement, cherchent non pas à unifier leur modèle économique(Il n'y a pas de modèle « BRICs ») mais se caractérisent tous par la volonté d'échapper à la globalisation économique et financière voulue par les néolibéraux US tout en « commerçant » avec le « système » US.

Le bricolage des chiffres de la « croissance » en Chine et la mise hors d'état de nuire d'un certain nombre de spéculateurs chinois ainsi que le fait que la majorité des très grandes entreprises chinoises sont sous contrôle de l'état chinois fait partie de cette politique des BRICs. De leur côté les USA s'épuisent à relancer leur économie en déversant des milliards de dollars tout en espérant deux choses qui ne viennent pas : la « croissance », étouffée partout par l'austérité galopante, croissance, qui s'il elle se profilait, favoriserait les taux des obligations du trésor US, drainant ainsi les liquidités de partout. Hélas(!?) rien ne se produit et les USA perdent du terrain partout où ils ont mis le désordre.

La décision de la Fed de ne rien changer ne montre pas sa prudence mais son indécision et a entraîné une nouvelle fois la chute des bourses où les spéculateurs avaient espéré la hausse des fameux taux directeurs.

Mais cette stagnation de l'économie US peut déboucher sur une volonté de sur-militariser les conflits existant et aller vers un embrasement général.

Inversement, Poutine, en plaçant ses billes aux bons endroits, tente de désamorcer le conflit généralisé potentiel mais rien ne prouve que ça va marcher. S'il n'est pas un pacifiste bon teint, Poutine semble être un empêcheur de guerre. C'est mieux que rien.

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Published by Puég-pichot
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commentaires

puèg-pichot 22/09/2015 14:57

Je vous livre une adresse pour un texte intéressant, C. Mas faisant le point sur l'action de la Russie en Syrie : http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/22/syrie-un-air-de-deja-vu-par-cedric-mas/#more-78957
Il est bien évident que la guerre c'est sale mais est-il besoin d'aller chercher des responsables ? Ne nous y trompons pas et je ne changerai pas un i de mon texte plus haut...on les connait

Lantiquon 21/09/2015 12:17

« Syrie: Le Monde diffuse les rapports d’une ONG qui avoue faire de la désinformation ».
http://arretsurinfo.ch/syrie-le-monde-diffuse-les-rapports-dune-ong-qui-avoue-faire-de-la-desinformation/

Citons le début de l’article :
« Ces 4 dernières années, Le Monde nous a habitués aux caricatures les plus absurdes sur le conflit syrien. Mais le 8 septembre dernier, leur journaliste Maxime Vaudano, a dépassé toutes les bornes de la décence dans son tract intitulé « En Syrie, qui de l’EI ou du régime de Bachar Al-Assad a fait le plus de victimes ? ». Court et pauvre en informations, ce texte ressemble davantage à un document militant destiné à frapper les esprits qu’à un article de fond. Le Monde affuble le texte d’un graphique « camembert » pour épater la galerie et lui donner un pseudo-fond scientifique. Puis il enchaîne sur une formule magique aux vertus hypnotisantes : 80 % de victimes syrienne sont le fait des forces gouvernementales ! Et voilà, le tour est joué. Il n’en fallait pas plus pour que le gouvernement français, la gauche interventionniste et les analystes pro-OTAN reprennent en chœur ce slogan publicitaire relevant de la pure intox. »

lantiquon 20/09/2015 17:59

J'ai traduit un commentaire de lecteur envoyé à "Moon of Alabama" qui me semble assez caractéristique de l'opinion actuelle des Américains sur la question.
La Russie a soutenu Assad depuis des années et ils vont continuer à le soutenir , au moins ils savent qui est Assad . Les États-Unis sont tellement déterminés à se débarrasser d’ Assad qu'ils sont prêts à donner des armes aux groupes dont ils ne connaissent rien . En soutenant Assad, la Russie fait le bon choix. Il est triste que notre pays n'a rien appris de ses erreurs. Nous avons armé Ben Laden dans les années 1980 quand il combattait l'ancienne Union soviétique . Voyez ce qu’il a fait à notre pays, des années après. Je souhaite que la Russie aide Assad, car je crois qu’il vaut mieux qu’Assad soit au pouvoir que les rebelles.

lantiquon 20/09/2015 17:32

Oubli : l'URL de l'interview d' El Assad est http://lesakerfrancophone.net/a-propos-de-la-syrie/

lantiquon 20/09/2015 17:29

Je conseille de regarder l'interview donné par El-Assad à des journalistes russes, avec traduction française..
Une autre manière de voir.
NB Cette vidéo est parue sur le blog américain " Moon of Alabama".

puèg-pichot 19/09/2015 19:29

Addendum
Suite à la lecture d'un post de Lantiquon sur le blog de Corbière, je constate que les USA ont, quand même, compris la en partie stratégie de la Russie. Plutôt que de se laisser enfermer en dehors du champ de manoeuvre de Poutine. Les médias aux ordre vont encore déployer leur suintante désinformation mais le fait est là : Obama et les faucons US révisent leur position...diamétralement.
Mais quel combine vont-ils encore essayer de placer pour éviter de se mettre hors jeu tout en continuant à déstabiliser l'Europe ?

puèg-pichot 19/09/2015 19:30

'scuses, 2ème ligne lire : que les USA ont, quand même, compris (en partie) la stratégie de la Russie.