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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 21:52

(Ou : Les grandes lignes d'une politique souverainiste et internationaliste de gauche)

La source du capital et de l’accumulation du capital s’est tarie dans l’usure libérale du travail. Le revenu réel par personne est actuellement en moyenne décroissant à l’échelle du monde. Avec un taux de croissance global nominal à 3%, le niveau et la qualité de vie sont désormais en régression nette pour la majorité des humains. L’impotence des institutions politiques les rend illégitimes. La destruction financière cognitive du capital se démultiplie dans l’inexorable extension des zones de guerre civile. La propagande marchande médiatique ne suffit plus à masquer la déréliction des personnes. Les plus audacieux viennent mourir sur les plages d'Europe. Dans la concurrence libre entre les forts et les faibles, aucun individu ne croit plus vraiment à son invulnérabilité. Le pouvoir politique est vacant.

La monnaie qui mesure la responsabilité politique

Les consciences politiques lucides comprennent bien que la primauté de la justice passe par le retour du pouvoir monétaire à l’Etat de droit au-dessus du calcul financier. Mais si les bénéfices de la mondialisation doivent être conservés, il faut que la pluralité des lois et des gouvernements s’intègre au calcul financier du capital et du crédit, nous dit-on. Or, une bonne gouvernance jugée telle par une société de citoyens, doit pouvoir éviter de se vendre à la cupidité du capital financier virtuel. Il faut une pluralité monétaire pour exprimer la responsabilité politique plurielle et des changes variables pour comparer les résultats économiques de politiques différentes. Le problème éludé depuis l’avènement du dollar étatsunien comme monnaie mondiale, est l’affectation du prix du risque de change au gouvernement et à la politique qui en est responsable.

La zone euro est une monstruosité économique et une stupidité politique en supprimant la comparabilité économique entre états différents et en laissant l’émission du crédit aux seuls intérêts financiers. La loi du plus fort, en l’occurrence celle de l’Allemagne et de l’oligarchie de la République Française, s’applique mécaniquement à toutes les souverainetés. Les gouvernements ne sont plus responsables de rien sauf d’écrire les lois dictées par les seuls intérêts de la production industrielle allemande et des banquiers français. Le risque de change n’est pas supprimé par l’unicité monétaire virtuelle entre des souverainetés ontologiquement distinctes. Bien au contraire, il prolifère dans une dette souveraine et bancaire d’autant plus incontrôlable que seuls les contribuables captifs des états résiduels sont appelés au remboursement des pertes dont ils n’ont pas même tiré bénéfice.

Le seul système de crédit international ajustable à l’économie réelle qui contienne la cohérence du calcul économique à la responsabilité politique objective est celui de la chambre de compensation internationale publique des changes. Ce système a été refusé au sortir de la deuxième guerre mondiale par l’oligarchie militaro-industrielle étatsunienne afin de maintenir un pouvoir impérial sur le monde. Depuis le krach des subprimes, l’emprise impériale de l’oligarchie financière mondialisée n’a plus d’autre assise que l’idéologie ultra-libérale adossée aux gesticulations militaires contre le terrorisme jihadiste anti-libéral. Le système monétaire de l’échange pacifique est celui qu’a proposé keynes : des changes fixes et ajustables arbitrés par la société des États au-dessus du pouvoir économique et financier.

La zone euro ne peut revenir à la rationalité économique et politique que par un gouvernement financier commun de parités monétaires contractuelles ajustables entre des États membres pleinement souverains et responsables. Les « parités fixes ajustables » sont un système de différenciation économique des États par la monnaie, tel que les prix des mêmes choses puissent être différents d’un État à l’autre en fonction d’une norme d’équilibre de la balance des paiements. Il est patent que tous les traités actuels qui constituent « Eurolande » sont caduques ipso facto.

Pour que l’endettement entre États et banques soit effectivement contraint, l’écart entre les entrées et sorties d’argent d’un État doit être régulé par un prix du change ajustable selon une règle fixe publique. Un « État » est une société vivant sur un territoire défini avec des lois communes mises en œuvres et arbitrées par un même gouvernement dans une politique unique.

De ces notions de « parité de change » et « d’État », il résulte que la zone euro serait mutée en espace de change monétaire unique où la politique de chaque État aurait un prix économique commun. C'est dans ce contexte que se situe la souveraineté des États. Le prix de la politique s’exprimerait par exemple entre France et Allemagne, par le fait que tous les Français paieraient plus cher qu’aujourd’hui leurs voitures importées d’Allemagne et tous les Allemands paieraient moins cher qu’aujourd’hui les fromages français. Cette dévaluation de l’euro français par rapport à l’euro allemand serait provisoire et consensuelle au sein d’un système qui incite les Français à se désendetter vis-à-vis des Allemands en travaillant et vendant plus aux Allemands. Il n'est pas difficile d'imaginer que cela peut s'appliquer aux ventes de viandes, de céréales, etc. et constitue de fait une solution à terme des conflits du monde de l'agricultre dont les médias nous rabattent le oreilles.

Un gouvernement confédéral de l’euro aurait pour mission de superviser la mise en œuvre d’une politique de changes fixes et ajustables qui reposerait sur des autorisations en euro confédéral de déficit budgétaire, de déficit des paiements courants, d’endettement public et domestique global en pourcentage du PIB. Le franchissement des limites provoquerait automatiquement un ajustement des parités intra-zone en euro confédéral. Trois questions se posent alors :

  1. quels sont les pouvoirs politiques attribués au « chancelier » de l’euro pour forcer les États à tenir les engagements qu’ils auront négociés et adoptés par leurs lois et leurs institutions propres ?

  2. comment se définissent les instruments spécifiques du chancelier de l’euro qui ne peuvent plus être ceux des États et les instruments spécifiques des États que le chancelier ne peut pas toucher ?

  3. quelles sont les limites du système monétaire de l’euro qui rétablissent l’autonomie de la politique financière et monétaire de la zone et qui permettent de maximiser ses échanges avec son extérieur sans excès de dette, ni dans un sens ni dans l’autre ?

En pratique, on imagine que le chancelier devrait avoir une vue propre, indépendante des États et des banques, sur les flux financiers entre les États et entre l’extérieur et l’intérieur de la zone. Comme il faudrait que cette vue soit réaliste, le chancelier serait en prise directe sur tout le Système Européen des Banques Centrales(SEBC) et sur la compensation interbancaire en euro mise en œuvre par la BCE. Pour que toute la réalité économique et juridique soit accessible au chancelier, il faudrait que l’euro soit la seule monnaie utilisable entre ressortissants de la gouvernance monétaire commune, donc que la conversion de l’euro dans une autre monnaie soit impossible sans passer par le SEBC et par la compensation BCE.

Si le marché des changes de l’euro devient un service financier public commun d’un État de droit financier commun, alors la société multinationale de l’euro dispose d’un instrument collectif efficient de régulation de l’endettement inter-étatique et interbancaire. Techniquement, il suffit que les primes de change et les primes de crédit, les « Credit Default Swaps »(CDS) négociés par les banques pour garantir les crédits internationaux entre États et banques, soient mutées en taxes financières versées au Trésor Public Européen (TPE). La fonction financière du TPE est d’assurer le crédit des États et des banques de l’Eurolande.

Le Trésor de l’Euro présidé par le chancelier de l’euro serait une caisse mutuelle d’assurance confédérale. Le seul risque couvert par le TPE serait le surendettement des États et des banques résultant de l’application des lois politiques nationales et confédérales. La fiction d’une monnaie sans organisation politique fondatrice cesserait. Les primes de change retrouveraient leur finalité logique d’assurance du risque systémique. Les banques de crédit ne seraient plus les gestionnaires auto-rémunérés des fonds d’assurance du risque qu’elles produisent. La fiscalisation des primes de change financerait la régulation du crédit et de la monnaie par une autorité financière indépendante des intérêts particuliers économiques et politiques.

La seule dépense possible imputable au budget du TPE serait l’indemnisation des créanciers et déposants d’un emprunteur public ou bancaire en euro mis en défaut par le chancelier européen. Le motif de la mise en défaut politique d’un État ou d’une banque serait une infraction à la législation financière commune. La conséquence du défaut ne serait pas l’anéantissement de la société débitrice mais la dévaluation de son capital et la fin du mandat de ses dirigeants. La réglementation mise en oeuvre par la chancellerie de l’euro serait celle dite de « Bâle III » mais au bénéfice de toutes les personnes publiques et privées créancières en euro des banques et des États qui les supervisent.

Dans un tel contexte on comprend que les fariboles des ultralibéraux n'ont plus cours : seul l'intérêt commun prime.

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Published by puég-pichot
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