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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 19:25

J’ai hésité longuement avant d’écrire ce texte, avec comme frein essentiel celui du découragement, et aussi du manque de visibilité pour l’avenir du mouvement de gauche, notamment celui du Front de gauche et de ses composantes. Je parlerais pour l’instant du Parti que je connais le mieux, le mien, le PG. J’avoue, que depuis quelque temps, je ne suis plus en harmonie avec les décisions et déclarations faites par les instances dirigeantes du Parti de gauche et plus particulièrement avec celles de Jean-Luc Mélenchon. Ne faisant pas partie de ces gens ayant besoin d’un chef à suivre et à idôlatrer, je m’effraie chaque jour de la caporalisation qui prend une telle importance au PG, cela ne peut que nuire à son devenir, car des mots aux actes il y a un fossé qui s’agrandit de jour en jour davantage ; la démocratie n’étant pour l’heure qu’au stade des mots, des textes et des idées, nullement dans la vie du Parti. Selon l’un de ses très proches, la détermination d’un Bonaparte, ne le choque pas, je parle bien de Jean-Luc Mélenchon, tant qu’à se voir Jacobin façon Maximilien, l’homme de la situation ferait face à ses obligations de sauveur de la Nation ; je sais cela semble énorme, mais réfléchissez y bien !...




La parfaite harmonie n’est pas un état nécessaire pour travailler à la réalisation d’un objectif, je le sais parfaitement, mais encore faut-il adhérer a minima aux thèses exposées, thèses à géométrie variable selon le sens du vent ; d’accord aussi pour admettre qu’il faille évoluer avec les circonstances, pourtant, il est des postulats avec lesquels même le plus souple des compères ne peut pas se soumettre. Après l’étape des « ayant-droits » de la présidentielle, nous sommes passé à celle de « l’opposition de gauche » des municipales pour aborder le « racolage nauséabon » des européennes, et maintenant, la prochaine étape sera celle de l’ « union des gauches » du PS. Ce rapprochement est pour moi impossible, STOP !…




Même s’il s’agit de la gauche et non pas des cadres et élus du PS, quoique nous avons déjà assisté à des alliances douteuses lors des municipales. L’imposture de leur chef devenu monarque indétrônable est pour ma part incompatible avec l’idée que je me fais de la gauche, de même la trahison commise par les instances du PCF est passée par pertes et profits au bénéfice d’une alliance pour les élections européennes prouve à l’évidence le manque de maturité et de force politique du PG, comme d’ailleurs, je ne crois pas plus à la « gauchisation » du parti opportuniste des verts EELV, à qui les bras sont tendus, sans complexes et sans retenues.




La rigueur politique se doit d’être accompagnée d’une exigence morale, or je ne vois pas du tout, cette exigence morale chez nos leaders de gauche tous partis confondus, et ne parlons surtout pas de rigueur politique, mais plutôt de politique politicienne ce que les vrais gens de gauche abhorrent dans leur ensemble, ils nous l’ont parfaitement fait comprendre par leur abstention aux municipales et aux européennes et bientôt aux régionales, telles qu’elles se présentent aujourd’hui.




Mon analyse personnelle concernant la volonté intrinsèque des leaders du PG n’est guère réjouissante. Je ne décèle aucune envie concrète d’en découdre frontalement avec les dirigeants actuels de la France qui sont au service exclusif de l’oligarchie (mot vide de significations pour le commun des mortels et qu’il va falloir un jour définir précisément), hormis la phraséologie de façade nécessaire à faire adhérer les convaincus d’avance, le summum étant le fameux « La consigne ... C’est qu’il n’y a pas de consignes !... », ceci amenant cela, chacun croit dur comme fer aux déclarations d’intention qui n’ont jamais dépassé ce stade, celui de l’intention bien sûr.




Hormis le fait d’organiser une marche - promenade de santé pour bobos friqués - tous les 6 ou 8 mois, histoire de ne pas se faire oublier de la populace et pour ne pas laisser la rue à la droite, comme l’on dit dans les hautes instances du PG ; l’on est en droit de se demander ce qui a été objectivement fait de positif, pour contrer les réformes implacables faites à l’encontre des salariés de ce pays, à quelle obstruction a-t-on assisté à l'Assemblée nationale ou au Sénat, quel mot d’ordre perturbant pour les gouvernants a été donné, et suivi par des syndicats devant être acquis à la lutte des travailleurs. Enfin, il me faut arrêter de rêver les yeux ouverts, RIEN !... Absolument rien depuis 52 mois !...




Donc, le premier constat que je suis amené à formuler concernant nos possibilités de lutte à gauche, est que le Front de gauche a perdu les valeurs de ses débuts pour devenir un fourre-tout où tout s’entasse pêle-mêle et cela l’entraîne à perdre toute consistance révolutionnaire, car dans ce méli-mélo, à qui faire confiance ? Que de ce fait, le Front de Gauche est à l’heure actuelle à l’état de mort cérébrale, dans l’attente d’une mort prochaine et certaine, il ne reste plus que d’avoir le courage de débrancher, je crois que c’est au PG de le faire. Que la chimère du Mouvement pour une 6e république est morte née, de l’horizontalité nécessaire à sa réussite, nous sommes passés à une verticalité anti-gravitationnelle, le mouvement n’a toujours pas atteint son but initial 1 an après son lancement, il n’est rien sorti de la plateforme de discussion, absolument rien, désespérément RIEN… Alors !…




Cela m’amène à envisager un départ de ce Parti, désespérant de ne pouvoir y créer un réseau capable d’être actif au moment décisif, cette décision a été prise lors du dernier congrès. Les élections européennes devaient permettre au Parti de gauche d’enregistrer un mouvement d’adhésion, c’est ce qui était attendu, mais hélas, il n’y eut encore là que de réelles désillusions. Qu’en sera-t-il après les régionales, je n’ose même pas y penser.




Je n’ai pas abordé les événements européens et les soucis des autres gauches européennes, mais connaissant les méthodes de travail de la GUE et de son patron, je ne me fais guère d’illusions de ce côté là non plus, et le débat serait par trop compliqué à mener, donc je préfère me préoccuper des problèmes franco-français.




Personnellement, je garde entière ma capacité de révolte et de lutte, mais avec qui dois-je la partager dorénavant ?

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Published by cronos
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raphaël 12/10/2015 00:40

Salut Denis.
J'ai écris ce commentaire sur le blog d'A.C., mais comme il s'agissait en partie d'un premier jet de réponse que je ruminais depuis la publication de ton texte, je me permets de la republier ici. En attendant une contribution plus aboutie (je peux te l'envoyer par mail?).
---
@ bras nus: je comprends bien les doutes qui t'habitent, et te rejoints sur l'inefficacité concrète de notre bla-bla ici. Pour moi, ce qui manque, c'est une vraie réflexion sur la stratégie à mettre en oeuvre. C'est déjà ce que j'ai constaté au M6R, où la constitution a déjà été ré-écrite 100 fois sans que cela ne débouche sur rien. Faute de vrais mécanismes internes de prise de décision (ça, c'est le "rayon" de maignial), et faute de choix stratégiques clairs pour aboutir à la convocation d'une constituante.
h.t.t.p.s://www.m6r.fr/nouslepeuple/story.php?title=m6r-1er-objectif-la-convocation-dune-constituante
(lien également censuré!)
Alors voilà, je commence ici une réflexion que j'approfondirai plus tard, ici ou ailleurs (sur le blog de cronos, par exemple...).
Je perçois trois "voies" de résistance et d'alternative, qui longtemps se sont développé sans trop de liens entre elles, voire même avec une certaine méfiance réciproque.
-la voie "étatique": pour changer la société, il faut prendre le pouvoir sur l'Etat.
-la voie "insurrectionnelle": pour changer la société, il faut renverser l'ordre établi.
-la voie "alternatives concrètes": pour changer la société, il faut ... la changer, concrètement, "par le bas".
Traditionnellement, la première voie consistait en la participation au système démocratique (sociale-démocratie, socialisme républicain, ...), la seconde au développement des luttes (jusqu'à la "lutte finale": communisme révolutionnaire, anarchisme, ...). Ces deux-là, aujourd'hui en perte de vitesse, en tous cas chez nous, se sont régulièrement mutuellement enrichies et ont obtenues des résultats, par exemple lors du Front Populaire. Le PG se situe assez dans cette dialectique entre pouvoir et luttes.
La troisième voie est restée longtemps à part, cultivant une grande méfiance envers l'Etat et les mouvements insurrectionnels. Elle a actuellement le vent en poupe, la grande majorité des individus rejetant le système s'y engouffrent, constatant amèrement l'échec des voies précédentes. Elle a donné et donne encore quelques résultats non négligeables (développement de l'agriculture bio, d'une économie coopérative, de pratiques associatives ou politiques locales horizontales, ...Il y aurait environ un quart de la population française qui vivrait plus ou moins d'une économie alternative), mais ces résultats sont aujourd'hui, comme ceux des politiques de pouvoirs ou de luttes, fortement menacés par le penchant totalitaire de plus en plus affirmé du capitalisme.
Croire qu'une adhésion progressive des consommateurs à une économie alternative pourra changer globalement la société est tout aussi illusoire que de croire que la seule élection de JLM en 2017 va changer la face de la République ou que bientôt émergera un vaste mouvement social européen qui va rendre l'Europe démocratique, écologique et solidaire. Car le capitalisme ne se laissera pas faire!
Alors aujourd'hui, il est grand temps de parvenir à ce que ces trois voies cessent de se regarder en chiens de faïence et entrent dans une dynamique d'enrichissement mutuel.
Le "comité invisible" avance déjà d'un pas en liant insurrection et alternatives concrètes: la première doit s'appuyer sur les secondes pour parvenir à faire corps avec l'ensemble de la société (et non pas être le fait d'une "avant-garde éclairée" mais déconnectée du réel) et être en mesure de répondre immédiatement au vide engendré par la chute recherchée du système. Aucune insurrection ne peut aboutir si elle n'est pas mené par des mouvements et des individus concrètement autonomes vis à vis du capitalisme.
Reste à y ajouter le rôle potentiel de l'Etat, qui est certes un des rouages essentiel du capitalisme, mais aussi le siège de la souveraineté populaire. Il s'agit de la seule institution à cheval entre ces deux pôles, et il constitue pour cela un champs stratégique essentiel. C'est mon seul point de désaccord avec le "comité invisible".
Alors voilà, si le PG voulait franchir un seuil qualitatif qui lui permettrait d'être une force capable de représenter au sein de ce champs stratégique la mouvance révolutionnaire dans son ensemble, il faudrait, je pense, qu'il travaille sa connexion avec la voire "alternatives concrètes". Cette considération ne lui est pas totalement étrangère, on le voit dans le soutien affiché par le parti à bon nombre d'initiatives (Fralib, agriculture bio, ...). Mais pour vraiment que cela porte ses fruits, il faudrait qu'il prenne conscience que son action, au sein du champs stratégique qu'est l'Etat, par une politique de pouvoir, ne soit qu'une des composantes d'un mouvement global plus vaste, qui dépasse le seul cadre étatique pour s'inscrire pleinement dans le quotidien des pratiques alternatives et des luttes. Que seule la menée simultanée des trois voies, en coordination consciente et respectueuse de leur identité propre (pas de subordination!), soit en mesure de renverser l'ordre établi et de construire une alternative globale concrète.
Qu'une seule manque à l'appel, et tout ne sera toujours qu'illusion et désillusions...

mireille la rouge 30/09/2015 14:00

Ce message me touche énormément, car, vraie communiste, je me pose la même question.

Je me propose de donner un commentaire un peu long, mais rappelant mon expérience au sein du FdG qui a été, hélas, bien plus imposé que discuté et adopté dès le départ, et qui, encore hélas, est toujours entaché de la lutte des ego et de la recherche du ric pour mettre au point les ambitions.
Je n'irai certainement pas délivrer de tels messages sur un blog du PG, d'ailleurs je suis censurée chez Mélenchon comme chez Laurent. Mais chez Cronos, où le politiquement correct est exclu et où on appelle un chat un chat quand on débat, je sais que je peux le faire en toute honnêteté.

Maignial 28/09/2015 16:18

Salut Camarade!

Malheureusement je pense que tu as raison. Le PG n'a certainement pas un fonctionnement démocratique, le m6r non plus malgré ce que peuvent laisser penser les publicités mensongères qui nous servent de déclaration d'intention.

Le PG reste un parti intéressant sur le plan des idées, mais nous avons accordé trop d'importance au FdG qui est mort pendant les municipales. Aujourd'hui encore, il semble probable que nos listes fusionnent avec le PS au second tour, ce qui est une grave connerie. Mais c'est le prix à payer lorsqu'on s'allie avec n'importe qui. À faire des alliances, il eût fallu dès les municipales et les traîtrises du PCF construire une union neuve avec le NPA et ENSEMBLE, sur des bases clairement écologistes et sociales, donc anticapitalistes et internationalistes. Et aussi sur la base d'une opposition totale au PS. Nous avons manqué ce tournant, qui nous eût permis de mettre au pied du mur tous nos possibles partenaires ou conccurents à gauche (PS exclu, s'entend): c'est nous, ou le PS, mais pas les deux à la fois au gré des situations locales et du temps qui passe! Nous avons loupé ce virage et nous le payerons cher.

Côté démocratie, j'ai fondé beaucoup d'espoir en le m6r les premiers mois, parce que je pensais que nous pourrions avoir là un réel espace de démocratie. Avec des adhérents qui décident ensembles de projets de financement participatifs qui leurs permettent de remplacer l'état: en faveur d'entreprises ou d'associations d'intérêt écologique, social et démocratique; en faveur de nouveaux médias citoyens; en faveur d'actions de lutte contre le capital... Mais les signaux envoyés par les initiateurs sont décidément désastreux. Au mieux, un peu de pouvoir sera donné aux signataires pour faire illusion, mais le Comité Technique gardera le contrôle. Il faut que je me décide à faire un texte sur le sujet, ici et sur le blog d'Alexis Corbière.

Carol D. 27/09/2015 13:18

Cher Denis,
Tu n'as pas essayé de répondre à la question que tu t'étais posée;
où aller ?
Ici, en Wallonie, cette question se pose également. Notre Mouvement de Gauche reste inactif.
Le PS belge est moins nuisible que le français, mais peu actif.
Je crois que l'Europe occidentale plébéienne attend la disparition du carcan imposé par la haute finance de Wall Street. Les prolétaires américains devenant menaçants, un retour des forces US dispersées dans le monde s'imposera.
Il en résultera un grand chambardement en Europe occidentale qui pourrait tourner au chaos. C'est pour ce moment-là que nous réunir, penser, peut-être créer des internationales et surtout, empêcher la droite de prendre les leviers de commande.
Je crois que c'est au sein du PG français, du MG wallon et des mouvements frères des autres pays que l'esprit travaillera de la manière la plus libre.
Un changement avant 2020,je n'y crois pas.
Ce sont les grands évènements géopolitiques qui décideront de notre avenir.