Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
  • Le blog de cronos
  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
  • Contact

Recherche

Pages

28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 18:32

Proxix = faire la guerre par procuration, en armant des populations et en infiltrant subversivement leur gouvernement pour les inciter à se battre contre d’autres.

Ainsi, ce sont des troupes franco-italiennes qui ont envahi la Libye. Après le désastre du Viet Nam, les USA ont entretenu la guerre entre l’Iran et l’Irak, en finançant les deux parties. Les USA semblent de plus en plus hésiter à envoyer des troupes au sol : bombardements par des avions volant à haute altitude, drones meurtriers télécommandés semblent être leur tactique depuis les guerres (non gagnées finalement) d’Irak, d’Afghanistan et du Viet-Nam.

Ce sont des causes internes qui pourraient orienter cette nouvelle stratégie.

A. LE SORT DU GI RENTRANT DE GUERRE (VETERAN)

Un article d’ALEXIS VARENDE, ancien diplomate français, qui s’intéresse aux pays arabes et/ou musulmans fournit une explication plausible ?

http://orientxxi.info/magazine/le-sort-des-veterans-americains-de,0453

« Les forces américaines ont envahi l’Irak le 19 mars 2003. Elles s’en sont retirées en décembre 2011. Prétendument « préventive », la guerre d’Irak n’aura été ni légale ni légitime. Son bilan est catastrophique, et tout d’abord pour l’Irak et pour son peuple. Mais les cicatrices restent ouvertes aux États-Unis même, où des centaines de milliers de vétérans font face à des besoins financiers, matériels et psychologiques auxquels l’administration Obama peine à répondre. »

« Trente et un mille Américains sont revenus blessés. Dix mille d’entre eux souffrent de graves problèmes de santé mentale et consomment alcools et drogues en grande quantité. »

« Un demi-million de soldats américains auront participé à la guerre en Irak. Pour ceux qui sont revenus blessés, mutilés ou handicapés, la guerre d’Irak n’est pas terminée. Ils l’ont rapportée au pays. Leurs familles n’auront pas été épargnées. Plus de deux millions d’enfants américains ont un parent qui a participé à la guerre. Cinq cent mille d’entre eux connaissent des problèmes psychologiques. »

Comment la Nation US remercie ses vétérans.

« Un quart de ceux qui sont revenus des guerres américaines sont considérés comme sans domicile fixe. En septembre 2012, 26 531 vétérans vivaient dans la rue, deux fois plus qu’en 2010. »

http://orientxxi.info/magazine/le-sort-des-veterans-americains-de,0453

La réinsertion des vétérans américains blessés: le cas des Marines de retour d’Irak et d’Afghanistan par Cyril Berquet http://resmilitaris.net/ressources/10123/61/res_militaris_berquet_note_de_recherches_texte_int_gral.pdf

B. LE DEVENIR DES BLESSES

En 2007, « Grands reporters » annonçait :

USA, IRAK juin 2007

Irak: 8 ans de guerre, 4 489 soldats américains tués, 36 000 blessés ... 25 suicides par jour.

http://www.grands-reporters.com/Gi-s-Les-morts-de-l-interieur.html

Lire aussi un long rapport, traduit en français :

Une tragédie américaine ­ la détresse des blessés de guerre américains par James Cogan, le 7 février 2006 https://www.wsws.org/francais/News/2006/fevrier06/070206_TragedieAmericaine.shtml

C. UNE CATASTROPHE MORALE ET MENTALE

Varende (voir ci-dessus) estime que les causes de suicide chez les GIs de retour de guerre

« vont des problèmes traumatiques liés à la guerre à des situations économiques où prévalent la pauvreté et la maladie ».

Un autre article est lisible en français :

« La réinsertion des vétérans américains » par Fred Garner, managing editor d’un « alter-journal » américain qui signale qu’un terrible problème se pose au gouvernement US : cette véritable épidémie de suicides chez les soldats revenus de guerre (appelés « vétérans » aux USA). Garner a écrit un article alarmant dans Counterpunch, le 25 septembre 2015.

http://www.counterpunch.org/2015/09/25/veterans-suicide-epidemic-proves-lucrative-for-therapists/

Je résume ce long article :

Le Corps des vétérans de Marines a créé son propre réseau de prévention du suicide pour des raisons exposées dans un article de Dave Philipps, publié dans the New York Times, le 19 septembre 2015.

http://www.nytimes.com/2015/09/20/us/marine-battalion-veterans-scarred-by-suicides-turn-to-one-another-for-help.html?_r=1

Les vétérans d’un bataillon de marines, obsédés par le suicide, essayent de se sauver les uns les autres.

Ces anciens soldats faisaient partie d'un bataillon de Marines qui a servi dans une région agitée en Afghanistan. Ils ont été bouleversés par la mort de camarades et frustrés par l’inefficacté du Department of Veterans Affairs (VA).

« Lorsqu’ils sont de retour de guerre, beaucoup d’entre eux luttent, mais sont incapables de retrouver la paix intérieure.

Les décès se produisent quelques mois après que les Marines soient revenus de la guerre en Afghanistan. Un caporal met son uniforme et se tire une balle dans la tête. Un ancien sergent se suicide en face de sa petite amie et de sa mère. Un ex- sniper qui a poussé les autres à demander de l'aide pour les troubles de stress post –traumatique, se tue, alors qu’il est seul dans son appartement. »

« Ayant le sentiment d'être abandonnés par la Nation, les membres du bataillon se sont tournés vers une stratégie de survie qu'ils ont apprise à la guerre : agir en fonction de l'autre. Faisant ce que le gouvernement n'a pas fait, ils ont utilisé le logiciel libre et les médias sociaux pour créer un système de réponse rapide qui leur permet de suivre, surveiller et d'intervenir avec certains de leurs camarades les plus en difficulté »

Référ Dave Philipps 2015 (lien ci-dessus).

« La presse américaine parle assez peu des conséquences psychologiques de la guerre sur les combattants. »

« Les anciens combattants eux-mêmes ont des difficultés à exprimer leurs sentiments ou leurs traumatismes. Quand ils le font, souvent longtemps après leur retour, ils disent ne pas comprendre les raisons pour lesquelles ils ont agi avec violence ou sauvagerie dans des actions militaires ou des actes de torture. Ils considèrent avec stupeur et rejet ce qu’ils ont fait en Irak et ce qu’ils sont devenus depuis leur retour. Leur sidération n’est pas feinte. Ils découvrent que ce n’est plus leur intégrité physique qui est menacée. »

Varende estime que les causes de suicide chez les GIs de retour de guerre « vont des problèmes traumatiques liés à la guerre à des situations économiques où prévalent la pauvreté et la maladie. »

Autres articles sur cette question, traduits en français :

La réinsertion des vétérans américains blessés: le cas des Marines de retour d’Irak et d’Afghanistan

par Cyril Berquet

http://resmilitaris.net/ressources/10123/61/res_militaris_berquet_note_de_recherches_texte_int_gral.pdf

Une tragédie américaine ­ la détresse des blessés de guerre américains par James Cogan le 7 février 2006

https://www.wsws.org/francais/News/2006/fevrier06/070206_TragedieAmericaine.shtml

Un portrait saisissant :

http://www.grands-reporters.com/Gi-s-Les-morts-de-l-interieur.html

« Matt a le dos d’un tueur. Large, puissant, musclé, avec une épée médiévale tatouée de la nuque jusqu’au creux des reins. La lame épaisse porte une inscription : « I’ve come to bring you hell. » Sur chaque omoplate, l’aiguille a dessiné une tête de mort. A la base du crâne, une mention « Rom 13 : 4 » qui renvoie au verset de la Bible sur la vengeance de Dieu « pour manifester sa colère et punir celui qui fait le mal » (Lettre aux Romains). Quand il se retourne, ce n’est plus les tatouages que l’on voit, mais l’encre noire de ses yeux, sous des paupières froissées, un regard d’enfant martyrisé par une souffrance intérieure. »

« En moi, il n’y a qu’obscurité, mort et fureur », dit le vétéran. Matt vit dans une caravane et passe ses journées sur un canapé, la main sur un revolver et ses boîtes de pilules. Quand il doit sortir en ville, il rase les murs, scrute les toits à la recherche de snipers, évite les endroits à découvert et ne s’assoit au café que le dos bien calé, un oeil sur la sortie, un autre en quête d’une cible. »

CONCLUSIONS

Le nombre de vétérans lourdement handicapés, physiquement, moralement et socialement, devient un problème qui revient très cher au Département d’Etat US.

Des familles entières sont atteintes par ce mal, enduré pour une cause qu’elles ne comprennent pas : les soldats atteints n’ont pas défendu le sol de la patrie.

Ils ont combattu à des milliers de kms de chez eux, pour perdre finalement ces guerres.

Et le gouvernement semble les ignorer. Un grand mécontentement se développe dans la population, qui est entrée dans une phase d’austérité qui ne l’incline pas au calme.

Les Etats-Unis hésitent à entreprendre des campagnes, surtout lorsque l’ennemi potentiel semble aussi fort qu’eux.

Partager cet article

Repost 0
Published by Carol D - dans USA
commenter cet article

commentaires

Carol D. 06/10/2015 17:55

A Mireille.
Ta réponse vient compléter parfaitement cet essai.
Un désir d'intégration des " hispanos" PLUS la pauvreté (environ 50 millions d'Américains vivent sous le seuil de pauvreté : 1 habitant sur 7 !).
Ils sont contraints de s'engager, ignorant ce qui les attend.

mireille la rouge 30/09/2015 13:46

La question à poser: pourquoi tant de jeunes s'engagent-ils dans l'armée aux USA? qui n'apparait pas dans cet article, par ailleurs fort complet et intelligent.

Tout ceci marche avec un système. Bien sûr, le patriotisme est puissamment entretenu dans ce pays où l'on arbore facilement le drapeau sur sa pelouse, ce patriotisme étant lui-même nourri de la reconnaissance des immigrés qui firent cette nation. du moins, de ceux qui, Wasp, y ont trouvé un lieu où s'établir et prospérer, car les non Wasp, soit trop colorés ou bronzés, soit catholiques, ont eu un peu plus de mal.

Mais cette considération est le lien avec le reste de mon propos.

Dans ce pays cocardier et sentimentalement cocardier, où même les feuilletons -on dit séries- donnent le La, il n'en reste pas moins vrai que tout est payant.
La santé: il faut se payer une assurance et une mutuelle, sans cela...Et pour ça, il faut de l'argent. Voir le nombre de jeunes pères de famille qui s'engagent, pour assurer l'avenir des leurs.
L'université n'est pas gratuite: voir le nombre de jeunes qui s'engagent pour financer des études futures.
L'intégration et la reconnaissance de la Nation ne vont pas de soi: voir le nombre d'Hispano-Américains, Chicanos pour les intimes, qui visent pour eux et leur famille un brin de respectabilité, et un peu de quoi vivre aussi.
Voir le nombre de jeunes Afro-Américains, Blacks pour les intimes.
Voir le nombre de chômeurs ou de jeunes sans avenir qui s'engagent.

Et ceci ne date pas d'hier.

Le problème, c'est qu'en effet les conflits se multipliant au gré des intérêts stratégiques et financiers, et que des vétérans blessés et traumatisés, il y en a toujours davantage.

Pour la plupart, pauvres ils étaient, pauvres ils restent. leur temps d'engagement pas toujours complet, ils ne perçoivent pas forcément ce qu'ils espéraient, et même dans ce cas, leurs blessures et leurs traumatismes ne sont pas forcément couverts par les assurances. et Chicanos, Noirs, pauvres, chômeurs, ça peut se cumuler, ils n'ont pas plus qu'avant droit au chapitre une fois qu'on leur a donné une belle médaille en chocolat.

Hormis les attentats, y compris celui du 11 septembre, depuis la guerre de Secession les USA ne connaissent pas de conflit sur leur sol. C'est pour cette raison, et parce que leurs vétérans ne font pas majoritairement partie des élites de la Nation, tant s'en faut, qu'on fait pour les vétérans comme pour les balayures: on les cache sous le tapis.