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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 10:42

L'idée m'est venue à l'esprit suite à la lecture de 2 bouquins de Jorion, lecture étalée dans le temps, l'Argent mode d'emploi et Penser tout haut l'économie avec Keynes. La croyance en une idée, volontairement diffusée par les milieux financiers et répétée, presque à l'envie, par certains blog de gauche pourtant sérieux : les banques « créent » de l'argent.

Le problème réside dans le terme « créer » car seul l'Etat possède cette capacité mais depuis la loi de Janvier73, Loi Pompidou ou Loi Rothschild, selon les uns ou les autres, la création de liquidités semble être l'apanage des banques privées. Qu'en est-il dans la réalité ? Le processus est complexe et se perd dans les arcanes des banques et de leurs filières à un point tel qu'il est bien difficile de retrouver le mécanisme de nombreuses opérations, telles par exemple l'analyse menée sur la dette souveraine grecque par la précédente Bouli(celle de janvier 2015).

Pour faire toucher du doigt au mécanisme volontairement déguisé, car les milieux de la spéculation mélangent actifs sains et actifs « pourris », je vous propose une petite histoire, simplifiée par rapport à la réalité mais édifiante à mon sens.

Jean Etat possède un magnifique VTT dernier cri dont il ne peut pas se servir : une chute malencontreuse l'a privé provisoirement de ses jambes. Son neveu Paul BDF, lui est en panne de voiture. Il demande à son oncle de lui prêter son VTT pour se rendre au travail. Un copain de Paul , Jules GBA constate que ce dernier utilise ce magnifique VTT et lui demande de l'emprunter. Pas de problème, je n'en ai plus l'usage mais je te demande de l'assurer si tu t'en sers !

OK, répond l'autre, ce sera fait.

Mais Jules n'a nullement l'intention d'utiliser le VTT : il a l'intention de s'en servir pour faire des affaires. Jules va donc trouver des clients, comme Hervé CA qui lui en a besoin. A une condition toutefois : Je te loue le VTT, mais ça te coûtera une location et une assurance.

Hervé est d'accord, l'affaire est faite. Mais un ami très proche de Hervé, Raymond Filiale lui a bien l'intention de se servir du VTT. C'est ce dernier qui va lui permettre de gagner de l'argent.

Tu veux faire quoi avec ce VTT demande Hervé ?

Je vais faire des courses de VTT qui rapportent gros.

Bon je te le loue...

Moi je te paierai quand j'aurai gagné le Grand Prix

Tu es sûr de gagner ?

Pas de problème !

Voila Raymond qui enfourche le VTT, parti qu'il est pour gagner le Grand Prix. Mais il n'est pas le seul dans la course et à un certain moment un adversaire le pousse hors du sentier ou peut-être n'a-t-il pas vu le gros caillou sur le bord. Et crac, Raymond sort du chemin, fait une magnifique culbute et ...casse le merveilleux VTT.

Qui va payer les dégâts ?

Pas Hervé qui n'a rien gagné pas plus que Raymond qui s'est pris une gamelle.

Et Jules entre temps réclame ses loyers...ce qui met en difficulté Hervé qui n'a pas eu de revenu.

Alors tu me rend le VTT !

Je ne peux pas il est cassé !....

Et encore c'est un exemple simple : Si Hervé, voulant multiplier ses gains loue à plusieurs « sportifs » le VTT, on se dirige vers une « bulle VTT », qui quand elle se dégonfle met bien du monde en péril.

Il en est de même pour la monnaie : cette dernière, fiduciaire par nature, repose sur le fait que l'Etat(Jean) est le garant de sa valeur en en étant le propriétaire, à l'origine. La Banque Centrale(Paul) peut se contenter de prêter que ce qu'il a en dépôt mais l'Etat peut l'autoriser à déclarer qu'il possède non pas un mais deux, trois VTT : c'est la planche à billets qui se met en route mais tous savent que cette façon de faire est une hypothèse sur le futur rendement...

Les grandes banques d'affaires vont elles injecter des liquidités sous diverses formes : en prêtant aux entreprises et en assurant la Banque Centrale de leur activité. Les banques qui empruntent aux grandes banques d'affaires font ce qui les arrangent : prêts aux entreprises ou jeu sur les marchés spéculatifs. C'est ce que fait Hervé. Croyant détenir le bon spéculateur (Jules), celui qui a un bon filon, Hervé compte sur les gains que va réaliser ce dernier. La spéculation a l'avantage de rapporter rapidement... ou de se planter. Mais les spéculateurs savent se raccrocher à ce qu'ils peuvent : ils font des paris sur ce qu'ils estiment pouvoir leur rapporter, se fiant, comme Keynes l'écrivait ironiquement, à leur « esprit animal » car en fait personne ne sait calculer la part de risque prise dans toute spéculation. Les « spécialistes », confiants en la doxa économique, ont l'habitude de se servir d'une loi de type Gaussienne, dite normale, qui n'a aucune justification, car provenant d'une simplification abusive de la lecture du risque dont l'apparition est à peu près parfaitement aléatoire( un gros caillou sur le chemin ...) .

Mais, allez-vous me dire, que va faire l'Etat (Jean) une fois qu'il sera apte à nouveau à pédaler ?

Il se rachètera un autre vélo...à crédit. On appelle ça une Dette Souveraine.

Elle n'est pas belle la Finance ?

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Published by Puèg-pichot - dans économie politique
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commentaires

Carol D. 03/11/2015 20:37

Une vulgarisation claire (chose rare) pour expliquer le fonctionnement des banques, leur prodigieux enrichissement, et la puissance qu'elles ont acquise (Goldman-Sachs).

Manuel 02/11/2015 16:03

L'exercice serait plus intéressant si on savait si oui ou non Hervé a souscris et payé une assurance.
Parce que bon, si on imagine des scénarios dans lesquels les gens disent qu'ils vont faire quelque chose et en fait ne le font pas... on peut avoir des variantes se terminant beaucoup plus simple mais se terminant tout aussi mal.

puèg-pichot 02/11/2015 19:04

Je n'ai pas voulu entrer dans le détail de l'assurance. Si on s'en tient aux assurances pratiquées sur les prêts perso le préteur ajoute un petit pourcentage, qu'il est censé rendre en fin de prêt...mais ce n'est jamais fait. L'assurance passe en bénéfice supplémentaire pour le prêteur, en taux plus élevé pour l'emprunteur.
Mais dans la finance cela ne se passe pas comme ça car on agit dans un espace de confiance ou pas...et ça de plus en plus. Quand l'emprunteur signe une reconnaissance de dette le prêteur lui demande de déposer "un collatéral" , censé "assurer" le prêt qu'il accorde surtout si le prêt est basé sur une autre reconnaissance de dette. Comme vous l'imaginez, dans l'ambiance de méfiance et de perte confiance qui suit une crise comme celle de 2007, il arrive que lorsque le prêt arrive à maturité, la reconnaissance de dette de premier niveau n'a pas la valeur qu'elle était censée avoir. Le prêteur fait toujours un "haircut" qui minimise la "valeur" de la reconnaissance de dette mais la situation est parfois plus dégradée qu'il n'avait été envisagé au départ et que le risque a été sous-estimé un si que la "valeur" elle même du collatéral.

Ce n'est pas toujours le cas d'autant que la BCE prête dans certains cas à taux négatif ! C'est le prêteur qui assure l'emprunteur. Il faut que la situation soit vraiment dégradée pour en arriver à de telles pratiques.

Dur,dur la vie de banquier ! (;-)

Maignial 01/11/2015 14:41

Bien ton article, Puèg-pitchot. C'est ce genre d'excercice qu'il faut faire pour militer, car les discussions d'experts n'intéressent personne. Vive la vulgarisation!