Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
  • Le blog de cronos
  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
  • Contact

Recherche

Pages

4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 10:04

Dans un précédent article, j'ai rappelé que l'effet de serre actuel est inédit depuis 3 millions d'années. Qu'on le veuille ou non, cela provoquera un réchauffement planétaire de près de 3°C et une élévation du niveau des océans de 25 mètres

+3°C, cela va aussi bouleverser le régime des vents et des précipitations tout autour du globe. Pour certaines régions, parce qu'on dispose de données sur le paléoclimat ou parce que les modèles prévisionnels convergent, on sait déjà quels en seront les effets. Ainsi, des régions entières sont condamnées à s'assécher de façon dramatique en une extension des zones tropicales arides ou semi-arides: le sud ouest des USA, le sud de l'Europe (dont la moitié sud de la France), le nord de la Chine, le sud de l'Australie, le sud de l'Afrique...

L'agriculture à grande échelle va y devenir impossible d'ici quelques décennies. Les peuples qui y vivront ne seront plus autosuffisants. Pire encore : ce déficit agricole ne pourra pas toujours être compensé par la libération de nouveaux espaces dans le grand nord, où les sols sont stériles!

Il faut comprendre que les sols mettent des dizaines ou des centaines de milliers d'années à se former. Le lessivage modéré de la roche mère par les pluies, et des conditions tempérées, permettent la formation de nos argiles qui retiennent l'eau et libèrent les ions dont nos plantes ont besoin (les pluies intenses et la chaleur entraînent la formation des latérites des régions équatoriales). Il faut aussi des milliers d'années pour que l'érosion forme des substrats sableux, ou pour que la colonisation progressive par la végétation aboutisse à une épaisse couche d'humus fertilisante.

Autrefois, les régions les plus septentrionales ont connu des conditions climatiques permettant la formation de tels sols. Mais depuis, ils ont été érodés par la glace et le vent. En dessous, on retrouve la roche mère qui affleure parfois. Ces sols là sont pauvres, acides, impropres à l'agriculture à grande échelle. Au moment où les rendements s'effondreront au sud, les conditions climatiques plus favorables ne suffiront pas à créer de nouveau espaces agricoles au nord avant des milliers d'années. Il semble qu'en dessous de 2°C, le changement demeure suffisamment faible pour éviter l'effondrement de nos société. Au delà, c'est l'inconnu. Malheureusement, c'est bien une famine planétaire qui se dessine.

Notre espèce évitera peut être le pire à coup d'irrigation et d'engrais. On ne pourra pas en dire autant des espèces innombrables, témoins des milliards d'années d'histoire de notre planète que nous risquons d'effacer en quelques siècles. Pourtant, si nous cessions nos émissions de CO2 maintenant, l'excès atmosphérique serait rapidement absorbé par les océans et les forêts et les dégâts seraient «moindres». Réfléchissons-y deux fois plutôt qu'une...

Partager cet article

Repost 0
Published by Maignial - dans Écologie climat
commenter cet article

commentaires

puèg-pichot 05/11/2015 22:31

Deux remarques convergentes :
La première : le scénario que tu décris est la mise en forme( pour une part) du déclin de la civilisation actuelle qui avait été pointée dans le rapport Meadows et l'étude de la NASA, baptisée HANDY, dont j'avais assuré la traduction/adaptation sur le site de Jean-Débats, un pote à nous, ancien posteur sur le blog de Corbière qui a renoncé à s'y faire entendre. - ça me fait penser que je pourrais le reproduire sur le blog de l'ami Denis -. Cela donne une figure à cet effondrement que seuls des modèles mathématiques avaient permis de prévoir, sans bien sûr en donner le contenue exact.
La seconde, le fait que seule l'agriculture de base( et non l'agriculture extensive qui privée de son hypertrophie maladive disparaîtra) pourra assurer la subsistance de ce qui restera de l'Humanité. Il n'est donc pas idiot de s'atteler à la tâche qui consiste à multiplier les zones "bio" est une pratique d'avenir et non de conservatisme comme certains voudraient nous faire porter le chapeau ( clin d'oeil à Raphaël...)
Nota : il existe des tas de manière de faire de l'engrai...moi je sème de la moutarde en octobre et je répand du fumier de cheval sur le jardin. Faudra-t-il revenir à la traction hippomobile ? Why not ?

Maignial 05/11/2015 12:24

Salut Rapha!

Ce que j'ai voulu souligner, c'est que la largeur de la"ceinture agricole" va se réduire. Ce sera de toute façon le cas, même chez nous, car si le climat se refroidissait en Europe (alors qu'il continuerait à se réchauffer en Afrique où le Gulf Stream n'a pas d'influence), les rendements chuteraient au sud comme au nord.

Après, je n'ai pas de certitude à ce sujet, mais les modèles actuels indiquent qu'il faudra de grandes quantités d'eau douce pour modifier ce courant. Cela n'arrivera que lorsque la fonte des glaciers sera déjà bien avancée, dans un monde en fort réchauffement, et un arrêt du Gulf Stream ne ferait au mieux qu'atténuer ou retarder certains effets extrêmes du réchauffement dans le nord-ouest de l'Europe.

Par ailleurs, on sait depuis quelques années que la principale cause de la douceur du climat européen, ce sont les courants atmosphériques, venant du sud-ouest. L'est du Canada, au contraire, connaît de fréquentes incurtions d'air polaire, à cause d'une large occillation des courants d'altitude venant de l'ouest et contournant les rocheuses par le nord avant de redescendre vers le Québec (puis de remonter vers l'Europe). Le Gulf Stream joue certes un rôle, mais moins important que ce qu'on a longtemps pensé.

Il est vrai que par le passé, de brusques refroidissements ont eu lieu en Europe alors que le monde se réchauffait (exemple: lors du Dryas récent, il y a 11000 ans). Mais ces évènements (dits "évènements de Heinrich") se sont produits alors que le réchauffement était beaucoup plus lent, et surtout alors que d'immenses glaciers recouvraient le Québec et la Scandinavie. C'est vraissemblablement leur fonte qui fut la cause (provisoire) du ralentissement du Gulf Stream, qui s'est rétablit lorsque le climat s'est stabilisé et qu'à la fin des fontes, les apports en eau douce ont cessé.

Aujourd'hui, ces glaciers n'existent plus. L'apport en eaux douces se fera bien plus au nord, d'autant plus que les icebergs fondront plus vite avant d'avoir eu le temps de dériver loin au sud, du fait de la température actuelle et de la rapidité du réchauffement. Quels seront les effets sur le Gulf Stream? Sera-t-il interrompu ou simplement dévié vers le sud? Dans le 2ème cas, les eaux chaudes pourraient se diriger vers la péninsule ibérique, et la température bondirait dans le sud de l'Europe. Même dans le premier cas, la situation ne serait pas comparable au passé, car l'effet de serre aura bondit et les courants atmosphériques se seront modifiés avant que cela n'arrive. Le sud de la France sera alors concerné par les anti-cyclones tropicaux qui sont aujourd'hui sur le Sahara, et s'étendent jusqu'au bassin méditerranéen en été. Même à supposer que l'Atlantique se refroidisse légèrement, on se retrouverait dans la situation du Maroc: un océan frais mais la température qui bondit dès qu'on se dirige vers l'intérieur des terres.

raphaël 05/11/2015 02:31

tu as osé prononcer le mot, "famine", inconcevable dans l'esprit du plus grand nombre, et pourtant...
Il y a juste un petit truc qui cloche, pour moi, dans le "scénario officiel", même si cela ne change pas trop la conclusion.
Si la glace fond au nord, la dynamique du Gulf Stream va être modifiée. Or c'est ce courant marin qui réchauffe l'Europe, au climat plus tempéré que le Canada, par exemple. Et donc le réchauffement global sur terre risque d'entraîner un refroidissement chez nous.
Et je pense que globalement, la principale conséquence de ce que l'on nomme "réchauffement climatique" sera plutôt un "chaos climatique', une incertitude permanente sur le temps qu'il va faire, sur les saisons, ...
Et ça pour l'agriculture, surtout l'intensive, c'est vraiment problématique...

Maignial 04/11/2015 12:43

Je profite de cet article pour vous parler du blog de Johan Lorck, que j'ai découvert il y a peu et qui est une mine d'or. Il y est question de l'actualité cllimatique. Par exemple, son dernier article montre que les engagements des états avant la COP21 aboutiraient (s'ils étaient tenus) à une hausse de +3°C de la température mondiale d'ici la fin du siècle.

Les engagements en terme d'émission de gaz à effet de serre sont donc insuffisants pour honorer la limite des +2°C à ne pas dépasser, limite déjà trop haute lorsqu'on sait que +1,5°C = destabilisation du Groenland et hausse du niveau des mers d'au moins 5 mètres.