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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 22:23

Pour commencer faisons un petit rappel sur la notion de prix afin de bien saisir la globalité du propos. Qu'est-ce que le prix ou plutôt, comment le prix d'un objet, quelle que soit sa nature, est-il déterminé ?

Un prix est défini à partir d'une monnaie. Contrairement à l'opinion généralement répandue la monnaie n'est apparue suite au remplacement du troc par quelque chose de plus commode. Sinon comment la monnaie aurait-elle été garantie ?

En fait la monnaie est une capacité souveraine d'une ville, une région ou un état à obliger à ce que les échanges commerciaux se fassent selon cette monnaie, assurant ainsi un mode de comparaison possible à l'intérieur d'un marché. Les monnaies ont longtemps été garantie par rapport à une substance de référence, l'or ou l'argent, obligeant l'émetteur de la monnaie de disposer d'une correspondance(adossement) entre la monnaie et la référence. Cela permettait à l'occasion, et en fonction de la disponibilité de la substance de référence de faire fluctuer le titre de la monnaie.

Les états modernes n'utilisent plus ce système car cela provoquait une asymétrie entre les pays qui possédaient ou avaient accès à la substance de référence( des mines d'or, par exemple) et les pays qui ne disposaient pas de cette ressource. La monnaie est aujourd'hui fiduciaire, c'est à dire bâtie sur la confiance, le « marché » se chargeant d'opérer le niveau de conversion/de change entre les différentes monnaies. Un état ne fait pas banqueroute...en principe !

Maintenant qu'est-ce qui détermine le prix d'un objet dans la monnaie usuelle ? On peut considérer, pour un objet fabriqué, la « valeur » des matières premières, le coût de l'énergie utilisée, l'amortissement des machines, le coût du travail : cela va constituer la masse monétaire incompressible. Légalement il est interdit de vendre à perte, au mieux à prix coûtant. Mais le fabricant ajoute toujours le petit plus qui porte différent noms, appelons-le « bénéfice ».

On peut se poser les questions suivantes :

1°) Quel droit autorise le fabricant à dégager un bénéfice ?

2°) Jusqu'à quelle hauteur est-il convenable de placer ce bénéfice ?

La première réponse est : Seule l'habitude, jamais remise en cause, que le capitaliste ayant permis la mise en place de l'unité de fabrication, qui a avancé les capitaux, ce qu'on appelle un « investisseur » s'arroge le droit de prélever un excédent.

La seconde est claire : l'ampleur du bénéfice est décidée par ce même capitaliste, qui estime le niveau de prélèvement. En fait pas exactement. En effet qu'est-ce qui limite ce prélèvement ? Pas le hasard ou la bonne ou mauvaise volonté du capitaliste : un rapport de force s'établit entre un éventuel acheteur( qui donne en fait la raison de la production de l'objet) et le capitaliste qui réclame un excédent en retour. C'est un des mécanismes qui président à une loi bien connue mais souvent et délibérément mal utilisée, celle dite de l'offre et de la demande.

Pour que le rapport de force qui s'établit entre le vendeur et l'acheteur puisse fonctionner il faudrait que l'acheteur ait l'intégralité des informations – ce que prétendent les néolibéraux – mais ce n'est généralement pas le cas, la publicité et la rumeur agissent dans le sens d'une augmentation de la demande favorisant ainsi l'augmentation du prix donc l'augmentation du bénéfice. Certes le vendeur qui fait de la publicité doit inclure cette dernière dans les coûts tout en s'arrangeant à conserver ou légèrement diminuer son bénéfice, comptant sur un plus grand nombre d'objets vendus.

Cette transaction est comme vous pouvez le constater asymétrique, le vendeur possédant plus d'éléments que l'acheteur. Certes l'acheteur a toujours la possibilité d'acheter moins ou pas du tout. C'est le rôle de la publicité que de maintenir cette asymétrie.

Pour résumer, le prix des objets repose sur une transaction asymétrique, en opposition avec les prétendus principes du libéralisme mais on y est habitué. La politique de l'offre tend à augmenter de façon intense le nombre d'objets à vendre sur la marché, tendant à provoque l'achat des objets...à condition que les acheteurs puissent effectivement les acheter. Inversement la politique de la demande favorise les acheteurs qui n'auront pas tendance à acheter sans besoin : cela fait baisser le prix mais fait basculer un certains nombre d'indécis, ou le fait que les prix baissent rend accessible à plus d'acheteurs l'acquisition de l'objet. Le système marche à condition toutefois que le vendeur ne soit pas trop « gourmand ». Ce n'est pas toujours le cas, les « investisseurs », exigeant toujours plus de bénéfice.

Ce développement laisse passer une donnée importante que le système capitaliste s'efforce de gommer et la philosophie néolibérale ne fait que renforcer une croyance – mais est-on au niveau de la croyance ? - dans le fait que le « terrain de jeux » des échanges commerciaux est infini. En effet, cette croyance remonte à la nuit des temps où les humains, peu nombreux à la surface de la terre pouvaient se comporter comme les lemmings. Pour ceux qui ne connaissent pas cette bestiole juste une petite info : le lemming est un rongeur nordique qui a l'habitude de proliférer et de « bouloter » tout ce qui lui tombe sous la dent au point de se retrouver sans ressource au bout d'un certain temps. Quand la disette arrive c'est par milliers que ces bestioles vont essayer de retrouver une vallée qu'ils vont pouvoir exploiter : ils quittent donc leur environnement détruit, traversent cols et rivières, en laissent un très grand nombre gelés ou noyés dans leur périple : au bout d'une longue marche ils ne se retrouvent plus que quelques uns, leurs rangs ayant énormément diminué, dans une vallée qu'il vont pouvoir à nouveau exploiter jusqu'à la racine et ainsi de suite...

Ce modèle ressemble à ce que l'homme a fait : croyant que l'opulence allait durer un temps infini la « civilisation » a produit jusqu'à épuiser les sols qui deviennent impropres à la culture, arraché des minéraux jusqu'à en vider les mines, abusé de l'eau jusqu'à la rendre rare et impropre à la consommation. Seulement il n'y a pas de vallée à côté, même dans un cadre où 90% de l'humanité disparaîtrait. Se déplacer vers une planète équivalente à la terre est dans l'état de notre technologie totalement impossible. Contrairement aux lemmings nous sommes coincés dans notre vallée. Il n'existe qu'une seule solution : lui permettre de se reconstituer. L'écologie terrestre ne se reconstituera pas à l'identique car l'action de l'humanité a contribué à perturber les équilibres. L'humanité devra s'adapter, et pour commencer changer profondément ses habitudes, autrement dit changer de modèle économique.

En effet, la caractéristique du système de production actuel, de nature productiviste, a délibérément « oublié » la finitude de notre vallée. Et par conséquent il n'a pas été pris en compte le « coût » du prélèvement ni le « coût » de la restauration des ressources dans les pratiques des échanges. L'économie capitaliste a fait l'impasse sur l'aspect environnemental et dans sa manière de gérer les coûts et donc les prix. Dans son délire de productivité et de rentabilité maximale les « coûts » écologiques ont été ignorés au point que l'humanité a engagé un processus de destruction à terme se son environnement.

La première mesure à prendre pour ralentir le processus en cours est d'introduire dans la notion de prix le facteur environnemental : à excédents constants cela ne peut qu'augmenter les prix des objets échangés/vendus. Dans la logique libérale cet élément environnemental dans la formation des prix doit être assumé par l'acheteur, le vendeur ne touchant pas à son excédent. On voit immédiatement que l'introduction de la variable environnement déstabilise « le marché » en le rendant moins attractif et moins disponible pour les acheteurs dont le nombre va de ce fait décroître, entraînant une nouvelle hausse des prix et réduisant les volumes échangés. Cela pourrait être une solution à la dégradation de l'environnement, réduisant la demande, mais condamnant une part de plus en plus grande de la population à se passer dans en premier temps du superflu mais rapidement du nécessaire. Un écroulement de la civilisation reposant sur la consommation comme moteur.

Convaincre les investisseurs/spéculateurs de réduire la voilure, d'être « raisonnables » est peine perdue : cela été constaté quand il a fallu que ce petit monde mette la main à la poche en 2009 en versant un peu plus d'impôts. Des protestations vigoureuses se sont élevées quand il a été évoqué de recommencer en 2010. Les gouvernements en sont restés à la situation antérieure.

La solution est politique mais ne pourra être entamée que dans la mesure où les populations elles-mêmes prennent conscience qu'il est nécessaire, dans leur propre intérêt, de changer le mode des échanges, en créant un nouveau rapport de force et remettant les capitalistes/investisseurs dans la place qu'il n'auraient jamais dû quitter : de simples pourvoyeurs de capital, partageant à égalité les fruits de la création de richesse avec l'ensemble de la population. Ce n'est pas tant par l'impôt qu'il faut agir mais par une redistribution dont l'organisation soit très différente de l'organisation actuelle. L'impôt peut être aussi un mode de redistribution mais les techniques de camouflage, les havres fiscaux, les zones de dé-règlementation sont tellement nombreuses qu'il serait quasiment impossible de procéder à une redistribution de la richesse de façon équilibrée.

La seule solution politique envisageable est donc une rupture brutale avec les procédés « ordinaires » :

1°) Interdiction par voie légale de la spéculation

2°) Nationalisation des secteurs d'intérêt public voire renationalisation : EDF, SNCF, etc.

3°) Nationalisation des instruments de production qui seront de fait abandonnés.(*)

4°) Nationalisation intégrale des banques

Partant d'une « révolution » économique aussi tranchée il est possible de repenser la redistribution de la richesse mais dans un autre cadre que celui à l'oeuvre aujourd'hui.

(*) La menace habituelle est : « les investisseurs vont fuir ! » C'est une réalité : la première manœuvre qu'ils tenteront c'est de passer outre et de déstabiliser le nouveau gouvernement. Tablons sur deux effets contradictoires :

a) abandon des structures industrielles existantes : il faudra veiller à ce que l'appareil de production reste en place et ne soit pas « déménagé » comme il a été parfois opéré.

b) c'est précisément le but recherché : les faire fuir mais en gelant leurs avoirs sur place et en les pourchassant jusque dans les havres fiscaux.

C'est une partie des éléments du fameux « plan B » que l'Europe de la gauche de combat a tenté de lancer le 15 Novembre. Ce n'est que partie remise.

La seule réponse à l' emprise des capitalistes se situe dans le domaine de la législation. Cela signifie que dès aujourd'hui il soit pensé de mettre en place, bien plus restreint qu'une constitution toujours complexe à opérer, un ensemble de mesures précises pour enrayer les mécanismes mis en place par les néolibéraux. La révision totale de la constitution viendra après.

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Published by puèg_pichot - dans économie politique
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