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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 22:25

Comment opérer le partage ? Prenons le modèle que B. Friot a développé. Bien qu'il incluant en marge, les aspects écologiques du problème, il faut modifier ce modèle en partant de l'aspect écologique. Donc se référer à un PNB modifié en introduisant dans les bilans comptables une prise en compte des externalités, positives comme négatives.

Cependant, et pour ne pas perdre de vue la fondamentale « écologique » essayons de comprendre comment la « richesse » est produite. N'entrons pas dans les définitions complexes du terme « richesse » mais regardons pour commencer la notion de travail comme producteur de richesse. Imaginons, en se rapprochant du combat des féministes qui ont posé les bases de cette réflexion, l'activité de quelqu'un selon trois modes différents : imaginons quelqu'un qui tond une pelouse ou une zone où il pousse de l'herbe. C'est ce que fait mon voisin,Tony, de temps en temps quand il trouve que la commune tarde à venir tondre l'herbe qui pousse sur le trottoir qui borde un de ses murs. Envisageons 3 cas :

a) Tony tond la pelouse de son propre chef : il dépense l'essence et use sa tondeuse, ramasse l'herbe et va la porter à la centrale de recyclage des déchets verts : produit-il de la richesse ? En tout cas il travaille mais personne ne considère qu'il produise de la richesse. Il consomme ses propres deniers !

b) Bernard le cantonnier a eu le temps de passer : il fait le même travail que Tony, avec les outils de la commune, il est payé pour le faire. Produit-il de la richesse ? En fait il dépense l'argent de la commune, en quelque sorte les impôts des contribuables. Il ne produit donc aucune richesse.

c) Jacques est employé de l'entreprise Durand, spécialisé en espaces verts : Jacques va faire le même travail que Tony ou Bernard, lui aussi sera payé et pour ce travail l'entreprise Durand va facturer le travail de Jacques à la commune et prendre un petit « bénéfice » en plus. De quel droit ? Bien sûr la société Durand a des impôts à payer qui reviendront pour part à la commune, ce qui est un juste retour des choses mais M. Durand, parce qu'il est entrepreneur récolte un bénéfice. D'où vient ce bénéfice ? Du travail de Jacques : Jacques a donc créé de la richesse en travaillant pour l'entreprise Durand. Mais qu'à-t-il fait de plus que Tony et Bernard ? Rien de particulier. Mais on voit que la richesse est crée selon que le rapport qu'on a avec le capital. Seul le capital engendrerait de la richesse ?

On voit bien ce qui ne va pas : la richesse est créée non pas intrinsèquement mais à condition qu'elle soit en rapport avec le capital, ou plutôt que le travail exercé soit en rapport avec le capital. Ce raisonnement est biaisé et c'est donc sur une autre base que l'on doit définir la rapport entre une activité( = le travail ) avec la richesse : il est nécessaire de lier travail et richesse intrinsèquement. Toute activité génère de la richesse. Cela modifie les instruments à faire entrer dans le PNB, et donc ne plus exclure toute activité ne produisant pas de plus-value ! Cela suppose que quiconque, travaille même s'il ne dispose pas d'un emploi défini en tant que tel, produit de la richesse qui autrement serait produite par un autre exerçant le même travail mais dans un cadre que l'on peut nommer « la propriété lucrative ».

C'est la notion même de propriété lucrative qu'il faut bannir, interdire. Il n'y a aucune raison à ce que quelqu'un qui travaille dans un emploi fourni par un autre qui possède le « droit » inhérent de le faire car s'il est propriétaire, on l'occurrence « propriétaire lucratif » (en d'autres termes capitaliste ou investisseur) il fabrique de la richesse qui n'est par contre pas produite si on change de cadre : administratif(fonctionnaire) ou individuel. C'est un non sens, pourtant usuellement admis. De plus, dans ces conditions, s'exerce un rapport de force entre l'investisseur et l'employé, rapport de force éminemment favorable à l'investisseur.

Nous retrouvons, là aussi, un rapport de force et pas seulement une situation due au hasard. Situation d'autant plus étonnante que lorsque l'investisseur peut se passer de l'employé, ce dernier est mis au chômage avec la tâche de retrouver un emploi sous peine de sanctions ! Tout le cadre de l'assurance chômage est piloté par une orientation générée par le poids du capital : cela porte le nom de « marché de l'emploi ».

Les syndicats « réformistes » ont trahi les employés en concédant un recul systématique des clauses du contrat social en se pliant à la « philosophie » des néo-libéraux. Il est plus que temps de revenir avec des idées claires sur ce rapport de force. Mais il est indispensable aussi de tenir compte du remplacement progressif mais invasif des travailleurs par les machines, mouvement qui fait disparaître l'emploi. Tout politique qui déclare lutter pour l'emploi tout en restant dans le cadre actuel soit se trompe par manque d'analyse de la situation ou délibérément trompe son auditoire par simple propagation de la philosophie libérale, de la croyance en la religion libérale. Les soit-disant principes intangibles de la réalité économique ne sont que des épouvantails pour conserver un rapport de force favorables aux capitalistes.

Pour avancer il est indispensable de sortir de la notion de marché de l'emploi et de tout ce qui l'accompagne. Il n'est pas utile d'avoir un « marché de l'emploi » pour pouvoir organiser l'emploi. Il suffit de connaître les secteurs où cet emploi est vacant.

Non, non ne rétorquez pas qu'il existe des tas d'emploi non pourvu actuellement et que malgré tout le nombre de chômeurs augmente. Tous seront bien d'accord pour dire qu'on ne s'improvise pas dans une profession. Inversement on constate que certains se sont reconvertis après avoir été mis au chômage. La situation est complexe. Mais pas inextricable.

Commençons par un exemple : deux techniciens d'une raffinerie se retrouve au chômage à la suite de l'arrêt de l'activité de cette raffinerie. On leur verse une indemnité de licenciement(durement négociée). Ils utilisent cet argent à se former et à acheter un pas de porte : crêperie qui leur permet d'avoir désormais une activité. Bien sûr ils reconnaissent que leur salaire a nettement diminué mais ils sont heureux d'avoir une activité. Dans d'autres cas la situation est plus complexe mais à chaque fois les gens qui reprennent le chemin de l'emploi éprouvent une satisfaction à exercer un emploi, à travailler. Hélas l'issu du chômage n'est pas toujours aussi favorable.

Nous devons donc pointer un problème complexe : celui de retrouver un emploi avec la nécessité d'une reconversion, pas toujours simple ou de l'impossibilité d'opérer cette reconversion. C'est une histoire de goût mais aussi d'aptitude. Sur ce problème se greffe aussi la rémunération : tant que l'assurance chômage verse un « salaire » certains préféreront rester au chômage car ce qui est offert n'est pas enthousiasmant. Bien sûr il y a ceux qui aussi profitent de la situation mais contrairement à ce que certains autres pensent, ils ne sont pas légions. C'est un autre problème.

Il est cependant remarquable que nombre d'offres d'emploi ne sont prévues que pour accueillir un employé déjà formé et ayant une certaine expérience. D'un autre côté les formations à l'intention des chômeurs sont insuffisamment nombreuses. Mais le plus gros des problèmes se situe ailleurs : nombre d'entreprises non seulement n'embauchent pas et même débauchent : le carnet de commande est quasiment vide et la pression fiscale les obligent à « fermer boutique » si on peut dire. En fait la configuration économique est un des éléments mais un autre tout aussi important entre en compte : la disparition de l'emploi. Cette disparition de l'emploi est lié à la robotisation sous toutes ses formes : comme le dit Paul Jorion, les postes de secrétaires n'ont pas été transférés à Taï Wan, il n'y a simplement plus besoin de secrétaires. Cet emploi a tout simplement disparu, tout comme les emplois de tourneurs, fraiseurs, etc. postes qui sont utilisés par des robots qui vont plus vite, font le travail plus régulièrement. Ce n'est pas un mal en soit que les postes pénibles soient occupés par des machines mais le plein emploi à 40 heures par semaine n'existe plus.

Les définitions anciennes de l'emploi sont obsolètes et le temps passant la situation ne va pas s'améliorer. Cependant le problème de fond doit être mis à jour : au lieu de soulager la pénibilité la mécanisation sert actuellement à augmenter les émoluments des actionnaires : n'ayant plus de « charges », que nous appellerons contributions, sociales à verser la part de profit est allé en augmentant. La robotisation a été déplacée dans son but : au lieu de soulager les emplois elle les fait disparaître. C'est donc une redéfinition du contrat social concernant les emplois à laquelle il faut procéder, pas à une mise en culpabilisation des travailleurs potentiels, qui de toute façon ne trouveront pas d'emploi dans les circonstances actuelles.

Là encore s'exerce un rapport de force favorable aux capitalistes : en augmentant artificiellement le nombre des demandeurs d'emploi ils ont créé une situation où, avec l'aide des syndicats réformistes, prêts à avaler les plus grosses couleuvres, les travailleurs sont obligés d'accepter des emplois dont la rémunération est faible, voir insignifiante. Revoir la structure de l'employabilité et des conditions de travail est primordial mais ne se fera pas sans une modification des règles comptable qui ne peut être imposer que par voie légale. Il faut donc revoir la législation du travail dans le sens opposé à celui que proposent les capitalistes et leurs bras armés : diminuer le nombre des heures des emplois et replacer les contributions sociales et les salaires dans le cadre d'où ils n'auraient jamais du sortir.

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Published by puèg_pichot - dans économie politique
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