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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 22:28

La partie II a permis de faire le point de l'existant et des mécanismes qui ont conduit à un démontage systématique du contrat social et des positions acquises par les « employés ». Ce texte vient en résonance avec le texte publié par notre hôte où l'accent environnemental à été mis. L'accent y a été mis sur les luttes indispensables à la reconquête d'un droit fondamental : le droit d'exister et de mener une existence paisible, délivré du point de la compétition entre les individus pour le profit d'un tout petit nombre de rapaces qui ne l'acquièrent que pour jouer au casino mondial de la spéculation.

Il a été précisé plus haut ce qu'il fallait interdire, pour commencer. Cette 3ème partie va s'intéresser à la reconstruction économique. Bien sûr il existe un nombre élevé de possibilités allant dans le détail : il ne sera exposé que ce qui est incontournable, les grandes structures et les principes de reconstruction d'un nouvel environnement à la fois économique et social. Les grandes lignes écologiques ayant été avancées dans le texte que Cronos a publié le 30 Novembre.

Le premier point concerne la remise à plat de ce qu'on appelle le PIB, Produit Intérieur Brut. Actuellement, et pour des raisons qui simplifient délibérément et et collent outrageusement avec la pensée néolibérale on utilise la définition productive :

PIB = Bénéfices réalisés(« Valeur Ajoutée ») + Taxe sur la VA + Taxes sur les importations - subventions

Le « gros morceau » porte sur la valeur ajoutée.

Les valeurs ajoutées (VA) sont définies selon l'équation :

VA = Production(P) – consommations intermédiaires(CI)

Deux angles sont à considérer :

1°) L'évaluation biaisée des Consommations Intermédiaires

a) Les CI liées aux matières premières et à l'énergie ne sont prises en compte que dans la mesure où elles entrent dans une transaction mais sont « simplement » ignorées dans le cadre d'une utilisation et donc l'impact environnemental est ce ce fait passé sous silence. Jean-Marc Jancovici critique ainsi le fait que le PIB ne permet pas d'évaluer la consommation du capital naturel ni d'anticiper longtemps à l'avance les risques environnementaux.

b)Concernant le secteur des services (le secteur tertiaire en comptabilité nationale), qui représente environ 70 % du PIB dans les pays développés, Jean Gadrey estime que pour construire une économie écologique des services, il faut d’abord s’intéresser aux bilans écologiques complets de ces activités. Il apparaît alors que l’immatérialité parfois supposée des services est un mythe. Il serait nécessaire d'internaliser les externalités environnementales de ces activités.

2°) Pour ce qui est de l'évaluation de la production(P) il existe des manques évidents : dans le cas d'une production polluante, suivie d'un processus de dépollution, le PIB comptabilise deux productions, qui s'annulent partiellement. Le PIB est neutre(artificiellement au moyen d'une simple règle comptable) vis-à-vis d'un progrès technique qui va dans le sens de la conception de processus industriels propres, l'emploi de matériaux recyclés, et d'une façon générale l'anticipation des risques environnementaux. De ce fait le PIB n'envoie aucun signal d'alerte sur la dégradation de l'environnement.(voir travaux de L. Kohr)

Nanti des ces deux problèmes indiqués le PIB ne permet pas de mesurer l'impact de la production sur le capital naturel. La croissance économique mesurée par le PIB ne rend donc pas compte de façon correcte(*), c'est à dire évaluable, du respect ou non des principes de développement durable ni de ses effets sur l'environnement.

En fait la définition actuelle du PIB passe obligatoirement par la facturation : tout ce qui ne peut être facturé, donc en rapport avec une prise de bénéfices(validée par l'existence du capital, ou de la propriété lucrative) est exclu du comptage :

    1. L'autoproduction (ou autoconsommation)de richesses : la production domestique (fruits ou légumes récoltés dans le jardin familial) ou les activités domestiques( exemple de la tonte de pelouse) : 35 % à la richesse nationale en France vers 2009 selon les travaux de la commission Stiglitz

    2. Le travail au noir est mal mesuré : sa valeur ajoutée est incluse dans le PIB sur la base d'estimations...plus ou moins fantaisistes.

    3. Le bénévolat, qui est un service non marchand, est également très mal mesuré : sa valeur ajoutée est comptabilisée essentiellement à partir des coûts de personnel(facturables), lesquels par nature ne sont pas représentatifs de la contribution effective pour la société globale des activités bénévoles.

    4. La contribution réelle des services non marchands et de l'administration publique à la production économique pose également problème : en l'absence de facturations, il est délicat de chiffrer ce type de services.(**)

    5. Le fait d'utiliser des méthodes différentes de valorisation d'un même service selon qu'il est rendu par un opérateur marchand ou un opérateur non marchand introduit une distorsion dans le calcul du PIB selon le fonctionnement de l'opérateur, public ou privé.(Encore la pelouse !)

Nous serons donc amenés à revoir la constitution du PIB et probablement d'évaluer le fonctionnement de l'économie dans un autre cadre que le rapport capitaliste à la production. Des économistes ont tenté de définir d'autres outils. On trouve :

  • Happy planet Index ou indice de la planète heureuse, possède 3 indicateurs : l’empreinte écologique, l’espérance de vie et le degré de bonheur des populations.

  • PIB vert : Des économistes ont pensé à mesurer un « PIB vert », pour lequel serait soustrait du PIB conventionnel la valeur de la baisse du stock de ressources naturelles.

  • PIB régional ou PIB urbain : critiqué car mettant l'accent sur les échanges mais pas sur la richesse réelle.

  • IDH : Indice de Développement Humain : inspiré des travaux d'Amartya Sen, a été créé pour tenter d'appréhender le bien-être social.

Ces points ont été soulevés par JLM au cours de la campagne de l'élection présidentielle. C'est un défi majeur pour l'évaluation dans un cadre « écosocialiste » de la réalité économique d'un pays et de la satisfaction des populations.

(*) Le PIB a néanmoins été sélectionné par l'Insee parmi les onze indicateurs de développement durable retenus dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable française, ce qui montre au passage un a priori nocif et un positionnement environnemental incorrect de cette organisation.

(**) Pour contourner cette difficulté, la pratique est de les comptabiliser dans le PIB selon la convention que leur valeur est égale à leur coût. Cette façon de faire fait l'impasse sur la valeur ajoutée (si le service rendu a plus de valeur que son coût de production) ou le gaspillage (dans le cas contraire, c'est-à-dire si le service est produit pour plus cher que ce qui serait possible pour un même service) ; ainsi, pour ces services, une amélioration du processus permettant de le produire à moindre coût introduit paradoxalement une baisse du PIB, tandis qu'une dégradation du processus augmente facialement(artificiellement) le PIB.

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Published by puèg_pichot - dans économie politique
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