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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 22:32

C'est bien joli tout cela allez-vous dire mais puisqu'on redéfinit la richesse on la partage comment ? Commençons par les volumes : rien qu'à s'en tenir aux travaux de la commission Stiglitz on peut ajouter 35%( pour les productions non facturées), le travail au noir(difficile à évaluer), la production des services – non limitée à ses coûts - . Mais il faut aussi ajouter tout ce qui concerne le recyclage citoyen(qui devra évoluer), la prise en compte du recyclage dans la définition des CI(consommations intermédiaires). Il faudra défalquer : la consommation de matières premières non renouvelables et surveiller la consommation des matières premières renouvelables afin de rester dans le cadre : 1 terre renouvelable = 1 terre consommée( et si possible moins !). Rappelons que l'équation actuelle est 1,6 terre renouvelable = 1 terre consommée.

Il est donc difficile aujourd'hui de pronostiquer la valeur de l'indice richesse (IR) qui sera retenu mais nous pouvons partir sur un schéma à hauteur du PNB actuel pour le volume global, compte tenu des ajouts et des défauts qu'il faudra décompter, soit pour se faire une idée 2700 milliards d'euros. Cette somme étant exemptée du prélèvement lié à la propriété privée lucrative, les PME-PMI étant la propriété d'usage de leurs propriétaires(dans 1 rapport de 1/20 des rémunérations) et les industries vitales étant toutes nationalisées et pilotées par le plan.

Le plan nécessite une structuration forte et effectivement démocratique : démocratique en ce sens que les décideurs seront évalués eux aussi par l'action citoyenne : c'est dans ce cadre que la nouvelle constitution peut agir. Une 6ème république, certes, mais dans un cadre non capitaliste, scindé totalement des réflexes acquis par des années de soumission au capital et reposant sur une axiomatique mentale et sociale entièrement révisée : c'est le plus difficile. On le constate aisément dès que l'idée d'un salaire à vie est émise. On trouve toujours des gens qui avancent des arguments (pour ou contre) qui ne peuvent prendre corps que dans un cadre capitaliste.

En fait, se « priver » du cadre capitaliste n'est pas non plus la disparition du marché des échanges. Comme il a été expliqué plus haut il faudra bien calibrer les valeurs échangées en fonction d'accords qui, s'ils ne dépendent pas d'un rapport de force vendeur capitaliste/usager, devront tenir compte d'autres facteurs comme la disponibilité, le coût effectif de fabrication ou d'opération(pour les services). La robotisation dans toutes les directions permettra d'abaisser les coûts de fabrication non pas en tenant compte de la « disparition » du salaire équivalent mais de l'efficacité environnementale qui résultera de leur activité.

Selon un autre angle il faudra dans un premier temps tenir compte de la nécessité absolue d'investissements en direction du développement de technologies éco-responsables dont le développement devra être à la fois écologiquement peu impactant mais aussi efficace que possible.

Du côté consommation il sera nécessaire de favoriser la production locale à la fois de ressources agricoles et artisanales, de favoriser les circuits courts à faible impact environnemental. Plus d'obsolescence programmée, des appareils réparables.

L'industrie devra s'orienter vers une production de machines et d'engins efficaces, à faible impact environnemental. La construction (BTP) devra mettre l'accent sur les habitations à haut rendement énergétique ou à énergie positive. Un plan de restructuration des habitations et des bâtiments publics en vue de les rendre aussi peu que possible consommatrices d'énergie – il n'y a pas que l'isolation comme solution -

Imaginons un IR de 2700 milliards d'euros actuels : en prenant la nouvelle définition cette somme représente la « richesse » supplémentaire effective réalisée par l'activité des entreprises privées et nationalisées pour le secteur marchand ainsi que les « entreprises » publiques auquel on ajoute tous les excédents réalisés en autoproduction. On sait que toute la fraction liée à l'autoproduction représente 35% du régime marchand. Le disponible liquide sera de 2000 milliards d'euros. Les 35% décomptés, bien que représentant une richesse réelle sont directement disponibles pour les producteurs-usagers.

Ainsi sur IR restant de 2000 milliards d'Euros(actuels) réservons 20% pour les investissements et la R&D = 400 Milliards. Cette somme est placée en réserve pour les investissements généraux, distribuée de façon démocratique dans un fonctionnement de « caisse » organisée par la banque publique d'investissement à laquelle peuvent accéder toutes les entreprises privées ou nationalisées. Il reste 1600 milliards d'euros sur lesquels l'état prélève son budget de fonctionnement 300 milliards d'euros sous forme fiscale (ou non) – revoir le régime des impôts pour les entreprises privées/nationalisées et les particuliers – . Ces 300 milliards servent le budget de l'état, sachant que des postes(budgétaires) vont disparaître ( certains régimes de retraite) et d'autres apparaître : investissements publics pour « l'écologie », le milieu ambiant. Il reste 1300 milliards d'euros à se partager sous forme de salaires-cotisations. La répartition en interne varie, les cotisations sont versées à des caisses qui se chargent de redistribuer (caisse de retraite, CPAM). Mais pour une population de 70 millions d'actifs ou retraités – on est actif à partir de 18 ans, jusqu'à la fin – , le salaire liquide + cotisations moyen serait de 18500 € net d'impôts. Le disponible+ cotisations pour un couple(en moyenne) serait de : 3083 € mensuels.

Cette valeur est une moyenne brute, non pondérée mais qui doit être encadrée dans le rapport de 1/20 des salaires. C'est bien entendu le rapport entre le nombre des actifs et des pensionnés qui décide de la fraction à mettre en « cotisation ». En fait on doit considérer que les «retraités » n'ont pas de cotisation retraite à payer...ce qui paraît raisonnable ! Donc moins de salaire. Subtile équation entre les « actifs » et les pensionnés, retraités et jeunes à « l'école ».

Notons que les problèmes d'impôts à la source ou non disparaissent dans un tel dispositif où l'État contrôle les mouvements de liquidités. Notons bien évidemment que le poste « emprunts souverains » n'existe plus.

En parallèle à ce dispositif dont seules les très grandes lignes ont été exposées il faut imaginer une banque d'investissement(qui a été signalée plus haut) et bien entendu une banque nationale(Banque de France) qui rentre intégralement dans le giron de l'État et qui prépare avec les autres banques nationales une chambre de compensation interne à l'Europe, l'euro ne disparaissant pas mais devenant fluctuant selon le type d'économie de chacun des états. Entre des états exportateurs nets et d'autres importateurs nets on trouvera obligatoirement une grande latitude de fonctionnements qui ne peut être compensée qu'au moyen d'un dispositif qui gère les niveaux d'entrée-sortie de devises relativement au reste du globe.

Il y aurait encore beaucoup à dire et beaucoup de critiques sont possibles : cependant c'est une vision politique de la situation qui a été exposée dans ces lignes. Cela peut paraître très compliqué mais seuls(si on peut dire) les détails de mise au point sont effectivement assez coriaces à résoudre. Des arbitrages seront à mettre au point à tout moment, et d'autant plus complexes quand la transition sera opérée entre le système capitaliste et le système « écosocialiste » préconisé.

Reste un gros problème, celui qui a rongé les états « socialistes » organisés sur le modèle de l'URSS. Politiquement il est indispensable qu'une « mafia » interne ne noyaute pas les rouages de l'état en fabriquant une nouvelle oligarchie : l'ouverture à la démocratie doit être surveillé de près et c'est le rôle de la constitution.

C'est la raison pour laquelle, si 6ème République il y a, il faut d'abord cadrer les mécanismes d'échanges et de transferts économiques avant de penser la constitution. Soyons attentifs à ce qu'une nouvelle constitution soit pensée non pas, et comme nous avons pu le constater, sur une structure relevant du capitalisme natif, mais sur une structure qui exclu toute trace de capitalisme. Donc, en ayant en vue les changements structurels de répartition et de redistribution des richesses produites, il faut commencer par doter l'Etat de structures et de lois lui permettant de s'isoler du capitalisme ambiant, réaliser légalement les indispensables restructurations( pas des réformes!) nécessaires puis « muscler » la Constitution d'outils empêchant légalement tout retour en arrière.

Les libéraux ont doté leurs système d'un dispositif de « cliquet » tel qu'on peut le voir à l'action dans le cadre des traités européens. Contrairement à ce que certains pourraient penser la destructions de ces « cliquets » ne se fera pas sans heurts sérieux. Inversement, et en prenant leur méthode comme modèle, mais dans l'intérêt du plus grand nombre, il doit être envisagé constitutionnellement un dispositif de « cliquet » inverse bloquant toute possibilité de retour en arrière. C'est ce que le CNR n'a pas réussi à faire appliquer, ce qui a permis aux néolibéraux, malgré la claque qu'ils avaient pris après la guerre, de venir reprendre la main. Un gouvernement « écosocialiste » devra se munir des outils pour éviter tout retour en arrière.

A nous d'imposer un rapport de force pour que la révolution, la bifurcation indispensable, puisse non seulement se produire mais perdurer dans l'intérêt de l'humanité toute entière.

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Published by puèg_pichot - dans économie politique
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commentaires

puèg-pichot 06/12/2015 15:17

@Manuel
Tant que vous ne comprendrez pas que le système est à bout de souffle vous trouverez toujours les écrits de certains incompréhensibles. Votre incroyable optimisme fait le lit du FN mais vous préférez vous accrocher à une continuité qui n'a d'apparent que ce que les médias vous fournissent.
Libre à vous !
Libre ?
Certainement pas : englué jusqu'au yeux dans une doxa dont vous êtes incapable de vous défaire vous préférez ne pas voir la réalité qui vous cerne.
Quant à rapprocher ce que j'écris des théories marxistes au point d'en faire l'assimilation prouve bien que votre méconnaissance des textes fondateurs n'est qu'à la hauteur du bourrage de crâne que vous subissez et que vous êtes heureux de subir.
Ecrire ces lignes ne servira pas à vous convaincre...en fait je me fous de vous convaincre, je ne fais pas de prosélytisme de gauche.
Je me contente de tirer certaines sonnettes : libre à tous de les entendre ou pas, cela ne changera rien tant que l'humanité ne sera pas au fond du gouffre.
N'ayez crainte, nous toucherons bientôt le fond, bien plus tôt peut-être que je ne crains y arriver.

puèg-pichot 05/12/2015 17:55

Tirons la sonnette d'alarme encore une fois : ce qui constitue le fond de cet article c'est la supposition que le système capitaliste s'écroule grâce à notre action, certes, mais aussi de lui-même : on le voit bien en bout de course dans la configuration qu'il a adopté depuis les années 60. Il lui faudrait changer de configuration s'il veut survivre, c'est à dire se renforcer "militairement". Aussi allez donc lire le billet de Michel Leis : http://www.pauljorion.com/blog/2015/12/05/vers-leffondrement-un-autre-scenario-par-michel-leis/#more-80693
Evolution de la situation qui a été déjà évoquée sur ce blog mais pas impossible...

Manuel 06/12/2015 13:00

Ce qui ne tue pas le capitalisme le rend plus fort, et c'est ce qui s'est passé durant ces 100 dernières années. Parier sur son auto effondrement est une lubie.

Mais soit, faisons l'hypothèse d'une énorme catastrophe, quelle qu'elle soit, qui provoque effectivement une redistribution des cartes : ce qui en ressortira ne sera pas le communisme, qui a perdu la bataille des idées il y a de nombreuses décennies. Ne croyez pas être les seuls radicaux à l’affût.

Des dates majeures, il y en a plusieurs. Pour ce qui me concerne, je retiens les 17 et 17 avril 1986, quand Christophe Cambadélis et Benjamin Stora quitte l'OCI pour "entrer" au PS, emmenant avec eux plusieurs centaines de militants.

Convaincre, c'est avant tout convaincre que "ça peut marcher". Les innombrables "tentatives", dont certaines très récentes, se sont toujours soldées par des échec cuisants, faisant grossir la longue liste des "repoussoirs".

Ce ne sont pas des textes théoriques illisibles sur tels ou tels concepts économiques qui vont changer grand chose.

puèg-pichot 04/12/2015 12:20

Allez, j'en rajoute. Je vous conseille le texte de P. Sotiris http://www.contretemps.eu/interventions/réalisme-laudace -repenser-stratégie-révolutionnaire-aujourdhui
où une analyse de la situation et des embryons de solution sont suggérées. En tout, cas, et à défaut de "La Solution" des pistes sont élaborées mais dans un contexte qui fait rupture avec le capitalisme.
Je rappelle que le mécanisme fondateur du capitalisme est la sacro-sainte propriété privée, protégée dans la constitution et que c'est la première chose à faire disparaître. Quand ?
Allez, je vais être clair : quand les plus aisés récoltent 110 à 120% de la richesse crée, que les banques prêtent à taux négatif et que les banques centrales créent du "papier monnaie" pour pallier le manque de richesse produite et que personne du personnel politique ne dit rien...la société capitaliste est bien près de la fin.
Après la "crise grecque" voilà la "crise de Schengen", à quand la "crise générale de l'UE" ? Et simultanément l'effondrement du système capitaliste !
Il est donc plus que temps de réfléchir non pas à la manière de précipiter sa fin mais à ce qui devrait être fait quand la mort du capitalisme aura bel et bien été constatée. Et ce ne sont pas les élections qui rendront possible cette reprise en main par les citoyens mais bel et bien des méthodes et des façons de penser qui feront prendre une direction à 90° par rapport au capitalisme !

puèg-pichot 04/12/2015 10:31

Pour répondre à Manuel afin de recontextualiser ce qui se passe en France mais sous l'angle sociologique je vous laisse le texte de Sophie Wahnich : http://www.pauljorion.com/blog/2015/12/03/lamalgame-est-heterogene-et-solide-nouvelles-extremes-droites-amalgamees-par-sophie-wahnich/#more-80648
Que chacun prenne le temps de lire et de s'imprégner de la pensée de ce texte : c'est un complément - je ne veux pas dire que nous aurons fait le tour de la question - à la question posée par Manuel " comment vous comptez convaincre le peuple ?" . Je poserai la question autrement : "Dans le contexte actuel, est-il possible de convaincre le peuple, ou attendre qu'il comprenne tout seul ?"
J'appelle ça botter en touche pour se dégager d'un situation embarassante !

Manuel 03/12/2015 18:24

Le Manifeste va tranquillement sur ses 168 ans. Les idées que vous défendez sont très minoritaires dans la population et leur déclin est particulièrement notable ces 30 dernières années. Plutôt que de décrire une fois de plus la même utopie, vous feriez mieux d'expliquer comment vous comptez convaincre le peuple (à supposer que vous êtes partisan d'une voie démocratique).

puèg-pichot 04/12/2015 10:02

Dites-moi,
C'est quoi la voie démocratique ?
Voter pour des représentants qui de toute façon ne vous représentent pas ?
Des gens qui sont pieds et poings liés au capital ?
Je ne sais pas qui rêve ?
Ce n'est pas une campagne venant d'en haut qui convaincra mais un travail de fond au plus près des réalités.
Le tout est de savoir ce qu'on veut mais en tout cas avoir une idée de la direction à prendre, des conséquences qui en découleront, du contexte dans lequel la bifurcation se produira.
Dans le contexte actuel du tout sécuritaire où les citoyens renoncent car ils ne sentent pas représentés il finira bien par se produire des décrochages dans la "bien pensensance" usuelle : non, je le répète, le décrochage, s'il se produit sera violent ou ne sera pas.
Il ne faut pas croire qu'on reconstruira sur un capitalisme modifié mais bel et bien sur un terrain en rupture totale avec le capitalisme.
C'est cette rupture ou la disparition de l'humanité toute entière : et ça, ça ne se produira pas dans la douceur des urnes.
Le contexte créé par les divers gouvernements, le nôtre en premier,conduit à une extinction subreptice, mais effective, de la démocratie représentative. Ce type de démocratie, dont le corpus avait été clairement défini par Sieyès, est un outil fondamental du fonctionnement du capitalisme. Mais,actuellement son efficacité est en recul constant et les dernières"lois" sécuritaires ne l'ont pas améliorée.
Dans un contexte de recul permanent de l'employabilité la tromperie est dire que l'on va recréer de l'emploi : sans une bifurcation essentielle dans le mode de production et des contenus de cette production l'économie néolibérale ne peut conduire qu'à deux possibilités : une explosion populaire ou une nouvelle guerre, ne vous en déplaise. Tous les éléments sont là pour la provoquer.
L'aveuglement des gens est liée un incroyable optimisme qui consiste à dire : "Mais non, ça va s'arranger !" : non le chômage ne s'arrangera pas tout seul, la croissance est en berne, car elle ne peut exister que dans un contexte de colonisation ou après une catastrophe telle qu'il faille reconstruire.
Tout comme en 45, le CNR a failli provoquer une bifurcation fondamentale à la société, peut-être faudra-t-il une autre guerre pour que la situation socio-économique, contrôlée par des gens qui s'y seront préparés, évolue vers un respect de l'humain ?
Je ne souhaite pas une guerre, tant s'en faut, je suis pacifiste de nature et par conviction,mais, tel P. Brossolette, le pacifisme n'est pas de se plier au diktat de Munich, (de nos jours c'est le "terrorisme qui joue ce rôle, aidé par la propagande de l'extrême droite ) mais de réagir en se préparant à une situation nouvelle qui ne manquera pas de se produire soit sous forme d'une guerre contrôle par les appareils militaro-industriels soit à la suite d'une révolte du peuple ?
Que préférez vous ?
Je sais,continuer à rêver que les élections vont tout arranger...