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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 13:39

Je ne sais pas si je suis encore surprise de l'interview de Mélenchon chez Bourdin hier matin.

Je ne sais pas ce que je dois penser du personnage. Encore que de la personne, ou plutôt des personnes, je m'en moque bien, ce qui m'importe c'est les idées, et la manière dont ces personnes les portent, et on peut dire les incarnent, voir l'importance médiatique.


Mélenchon, donc.

Il est la résultante d'un cheminement tel que le FdG ne pouvait, au final, qu'être ce qu'il est aujourd'hui. Faisons ensemble un brin de chemin, voulez-vous, et remontons le temps.

J'ai raconté en détail et souvent comment et dans quelles conditions Mélenchon l a surgi dans la vie du PCF.

Avec Hue, nous avons eu droit à la mutation, qui a vu pas mal de camarades claquer la porte. Des vieux de la vieille, les travailleurs, bref, ils ont vu arriver le truc. La transformation vue par Hue, ça a été l'inféodation totale au PS

Parce que du temps de Marchais OK, Mittérand avait commencé à digérer le Parti façon boa, mais les ministres communistes avaient du coeur à l'ouvrage, tiens, je rappelle pour mémoire les loix Auroux, ou la lutte contre le dopage de MG Buffet.

Mais après Marchais, Hue, déjà préparant une place douillette dans le giron du PS. Un technocrate, pas un travailleur. Un technocrate, et le premier d'une longue série.

Se faire bananer par le PS, c'est normal, mais par un communiste, c'était inédit.

Sous couvert de dépoussiérage, il a supprimé ce qui faisait la chair et la vie du Parti: les cellules. Cellules de quartier, d'entreprise, de village...Une vraie relation politique de proximité. Discussions, réunions fréquentes, le bon temps de la politique, quoi.

Au-dessus des cellules, la section: par exemple regroupant les cellules de quartier et d'entreprises d'une même ville. Et puis un conseil départemental regroupant fédéralement les délégués de toutes les sections du département, conseil toutes les semaines, conférence départementale tous les trois ans avec renouvellement du conseil, juste avant le Congrès, ça tournait rond, il y avait du monde.

Plus de cellules.Fini la politique de proximité. Fini les écoles du Parti, cours populaires où on pouvait s'initier à la compréhension de l'économie et de l'analyse marxiste. Rien que des réunions de section où un secrétaire de section lançait un débat, ça dépendait de l'actu, on décidait des tracts, on allait faire du porte à porte, vendre l'Huma, mais quand même de moins en moins, car la "mutation" décidée par Hue, on voyait qu'elle était destinée à vider le Parti de ses forces vives.

Après on a eu Buffet-Hue, direction bicéphale, ça tirait, pardonnez-moi le jeu de mots, à Hue et à dia. Dégringolade lors des élections. Après on a eu MG Buffet toute seule, elle avait bien changé la pauvrette; le clone de Hue en femme.Après on a abandonné la lutte des classes, dépassée parait-il parce qu'il y avait moins d'ouvriers, que le monde avait changé avec l'accès à la consommation et que la notion de prolétaire ça devenait obsolète, patati, patata. Et pan, Buffet qui n'a jamais travaillé elle non plus, nous a porté sur les fonts baptismaux un petit Pierre Laurent, incolore, inodore et sans saveur, mais qui ferait bien du dégât.

Déjà, il carotte un Congrès, LE CONGRES étant ce qui remet en question les statuts du Parti pour les moderniser, c'est important, eh bien il en supprime un, baptise "congrès d'étape" une vague réunion de temps à autre où nous sommes censés réfléchir, il a de l'humour le petit, non plus à la mutation, mais à la "transformation". D'ailleurs une autre étape était nommée la "métamorphose", mais là, devant cette guignolade, d'autres camarades avaient quitté la place.

Ne restaient que les fidèles à la discipline de parti, les communistes de la Résistance, les nostalgiques, les convaincus que cette ânerie s'achèverait avec le départ de Laurent.

Mais non: pas de congrès, = pas de renouvellement du bureau, on en a pris comme ça pour 6 ans, pas loin. Scores électoraux catastrophiques, tu parles, avec un fonctionnement pareil.

Et là, on nous sort que nous sommes à moitié morts, et que pour que le communisme survive, il n'y a qu'une voie: l'exemple de Die Linke.

On mange Die Linke. On boit Die Linke. On dort Die Linke. Qui n'a pas connu le bourrage de mou fait par un secrétaire de section qui lit pendant 40 minutes l'Humanité, commente un article, et lance le débat sur..Die Linke, n'a rien vu.Et nous, bons cons, on laisse faire d'abord, car la discipline entre camarades c'est sacré, puis vient le temps des engueulades parce que certains s'aperçoivent qu'on les mène en bateau, et ils s'en vont. Ils s'en vont pas remplacés, ou remplacés par de freluquets petits technocrates ou des ambitieux présentant bien, genre MP Vieu, tu vois. En même temps, ceux qui restaient, c'étaient les vétérans, alors on nous disait"c'est bien, il faut des jeunes, il faut que le Parti se renouvelle".

Dans ma section, je vous assure, on en a eu deux comme ça, cons comme des balais sans manche, ils se faisaient jeter de partout, incapables de tenir un emploi : hop, nourris au Die Linke, bombardés en position éligible sur les listes d'union avec le PS aux municipales, puis une petite place douillette au Conseil Général, tenu par un PS Hégémoniaque.

Le décor est planté, il ne manque que l'acteur principal. Après nous avoir bien convaincus que le PCF était moribond, et en effet il l'était devenu, on nous a dit qu'il fallait une grande gueule, un tribun, quoi, quelqu'un qui porte nos idées avec un peu plus de tonus que ce pauvre Laurent (qui joua à merveille le rôle de Simplet l'innocent du village, croyez-moi, il a eu même Mélenchon, c'est dire). Et cet homme-là, cette providence, c'était Mélenchon.juste en rupture de PS: nous étions en 20O9.

En même temps, nous estimant suffisamment chauffés par l'exemple Die Linke, on nous vend, littéralement, le Front de Gauche comme le seul remède aux maux du PCF. Un peu comme si un pharmacien vous donnait une purge violente qui vous affaiblit considérablement pour mieux vous fourguer des vitamines.

Il y en a bien qui ont un brin renaudé: ils se sont fait traiter plus ou moins de vieux débris, ou de vieux tout court sans égard pour 50 ans de luttes et de militantisme, c'est le cas pour mon mari et ses copains. Alors il y en a encore d'autres qui sont partis, et puis il y en a comme nous qui sommes restés, un peu comme les gardiens du Temple, quoi, et on a essayé de se dire: après tout, essayons, c'est vrai qu'un peu de jeunesse...

La suite demain, il se fait tard. Si je vous ennuie, dites-le. C'est juste pour que vous comprenniez comment on en est là, et pourquoi je ne crois plus qu'à la lutte des classes, l'autre solution c'est le gavage jusqu'au jour où ça pètera mais dans n'importe quel sens. C'est aussi pour qu'on arrête, à chaque fois qu'il y a une ânerie comme les listes des Régionales, de faire porter le sombrero au seul PCF. Parce qu'il y en a certains qui sont pas mal non plus dans le genre, et pas que les amateurs de placards à balais.

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Published by Rouge - dans politique
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commentaires

constat69 21/12/2015 11:14

Je suis assez d'accord même si j'ai une sévérité contre Laurent et Brossat pour dire que Corbière et Mélenchon partage l'ensemble des responsabilité par manque de position claire.
l'ensemble des sympathisants et donc militants portent également une part de responsabilité.
plutôt que de nous mettre des photos de tornades et de ciel bleu, Corbière ferait mieux de sortir de son immobilisme sinon son blog sera le reflet de son programme d'avenir ! un foutoir pour trolls.

En attendant, je préconise toujours le rapprochement dans la simplicité la plus extrême du PG avec les forces anticapitalistes. Et je le dis , le PG n'a plus rien à exiger ! le combat politique c'est pas définir des signatures ou des places ! Le combat politique c'est de proposer une ligne politique de contestation radicale et anti européenne. Avec ses deux conditions les électeurs reviendront car ils verront que le combat reprend sur les objectifs et non pas les places. Ce que montre ce billet, c'est peut être qu'il faut sortir d'une lecture PCF et PG du désastre et revenir aux fondamentaux du combat anticapitaliste que Podemos porte mieux !
cordialement

puèg-pichot 19/12/2015 22:34

Tu as entièrement raison : la mort de la gauche de combat a commencé avec la disparition de la notion de lutte des classes. Il fallait certainement réviser la notion compte tenu du changement des "noyaux" de production.
Que les tourneurs disparaissent pour être remplacés par un robot ne change la production mais le noyau de production se déplace vers l'entretien, la surveillance, la programmation de la machine. Puis apparition de noyaux nouveaux avec l'explosion du tertiaire, puis encore déplacement du noyau : les logiciels remplacent les secrétaires et les comptables...
MAIS il y a toujours de la richesse produite, des plus value à partager même si le travail proprement dit est fait par des robots. C'est l'occasion de diminuer la quotité d'heures de travail hebdomadaire...
Alors ils inventent des tas de raisons pour réformer et tout le monde devient réformateur, oublie qu'il existe un rapport de force entre l'employeur et l'employé : ce rapport de force tourne en faveur de l'employeur.
La lutte des classe passe à la trappe. Le 5% se frotte les mains, accompagné par des benêts qui deviendront rapidement des vendus...