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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 16:39

Poser la question ainsi c'est déjà y répondre mais je me permets d'ajouter un aspect important qui est assez souvent oublié - bien que Raphaël y a fait allusion -, c'est l'aspect mécanisation/robotisation/"logiciélisation" des postes de travail, devrais-je dire du "travail" ?



En dehors des raisons évidentes dans un contexte de récession économique/sociétale dont nous connaissons parfaitement les origines, il est hors de question d'imaginer, ne serait-ce qu'une seconde qu'"ils" veulent résoudre le problème du chômage : en effet le chômage tel qu'il est arrangé, peut-on dire organisé, justifie les politiques qu"ils" sont en passe d'envisager.
Premier aspect : l'imaginaire des années 60/70 faisait la part belle à la "robotisation" en imaginant que cette avancées technologique allait libérer l'humain d'un travail harassant et répétitif. Cela aurait dû être le cas mais ce ne le fut pas : les ordo-libéraux se sont arrangé pour détourner à leur avantage ce progrès pour le transformer en un dispositif qui abaissait les coûts de production, donc augmentait la productivité.
Dans un premier temps la société s'est orientée vers le "tertiaire" en faisant opérer une migration du "manuel" vers le tertiaire. C'est l'époque des secrétaires, comptables, agents divers et variés jusqu'à ce qu'on les remplace par des logiciels. En 85, j'avais deux secrétaires en 2010 j'en avais plus qu'une demie(*). Je le sais par expérience. Le travail exécuté par des gens a fini par être avalé par la machine. J'ai moi-même salué ce "progrès" en oubliant l'essentiel : les postes qui avaient disparus ne seraient pas recréés ailleurs.
La tendance générale claire : que ce soit dans l'industrie, l'artisanat, l'administration, dans les grosses entreprises comme dans les PMI/PME, l'existence de certains postes ne se justifie plus.
A une époque où le coût de fonctionnement est mis à l'index pour des raisons de rentabilité (ou d'économie dans l'administration) les postes ont disparu ou sont en passe de disparaître.
Bien sûr les gouvernements ont essayé de garder le plus longtemps possible les générations montantes à "l'école" sous le prétexte d'améliorer leur formation. C'est vrai dans certains cas mais tout le monde sais que le niveau de diplôme ne fait pas emploi, hélas ! A en juger par le chômage des jeunes, et cela partout en Europe, la manoeuvre n'a pas réussi et n'était tout bonnement qu'un trompe l'oeil, un coup d'épée dans l'eau, pour tout dire une absence de lecture sur le moyen et long terme de l'évolution de la société.
Fait "normal" quand les gens qui sont aux manettes, industriels et politiques, ne voient que le court terme !
Aussi, avant que la situation ne se dégrade pas plus qu'il n'est possible de l'envisager, il est indispensable de confier à de véritables experts le soin d'étudier en détail l'évolution des postes disponibles.
A moins de laisser mourir sur place tous ceux qui pour une raison quelconque n'auront pu rentrer dans le dispositif de l'emploi( je ne veux utiliser le terme "marché", mais j'y reviendrai) il est indispensable d'évaluer l'évolution dans le détail, bien que nous en saisissons déjà l'orientation.
Contrairement à ce qu'on nous bassine et ce que le patronat, à commencer par le medef, répète, ce n'est pas en terme d'augmentation du temps de travail, de souplesse ou d'agilité que la production pourra renaître.
Faudrait-il savoir encore quelle production !
Dans le sens des avancées de la CGT il faut à la fois diminuer le temps de travail, après avoir analysé correctement les besoins en postes/en emploi, positionner ces postes là où ils seront, au moins dans un premier temps nécessaires et ensuite penser une reconfiguration de la production avec à la clef le double souci de s'adapter à la modification du climat et le nécessaire besoin de diminuer le niveau de captation des ressources, aussi bien celles qui ne sont pas renouvelables, que celles qui le sont(en en respectant la capacité de renouvellement).
Ce que j'écris est très général(volontairement) mais les nouvelles techniques de captation de l'énergie, le recyclage des matières premières utilisant des technologies performantes, tout cela dans le cadre d'une a-croissance voulue voire sans doute dans un premier temps par une décroissance nécessaire, vue l'urgence.
En effet, "le marché de l'emploi" n'est que l'un des nombreux marchés biaisés par les néolibéraux qui font semblant de croire à la toute puissante autorégulation du marché alors qu'à chaque fois c'est un rapport de force qui est engagé et avec les outils de la novlangue, détourné à leur profit.
J'entends déjà les valets des néolibéraux dire : "mais, où allez-vous prendre l'argent ?"
D'abord dans les super profits/dividendes et salaires, comme le signe Alexis dans la vidéo. Mais comme ces gens-là chercheront à fuir d'une manière ou d'une autre, je connais un outil formidable : la nationalisation qui s'accompagnera bien évidemment de l'interdiction pure et simple de la spéculation et de la sortie pure et simple de l'euro, avec abrogation de la loi de janvier 1973. La banque de France retrouvant son rôle de banque d'état. ( On parlait de souveraineté populaire un peu plus haut).
Tout cela est possible à une seule condition : que tous les valets du capital, que sont les politiques/journalistes/(faux)experts de connivence soient évincés du circuit et s'il le faut traduits en justice pour haute trahison...
Le balai est toujours de rigueur et sera encore plus actif que jamais.
La seule contrainte, et ce n'est pas la moindre, c'est de porter ces idées, point par point, au niveau de la lutte, car la lutte des classes est toujours elle aussi de rigueur bien que les ordo-libéraux et leurs valets ont tout fait pour que l'on ne l'oublie !
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(*) J'étais à l'époque chef de travaux dans LET/LEP

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Published by puég-pichot
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commentaires

alaric13 05/06/2016 17:33

le chomage est voulu par l'Europe et les USA grace a la mondialisation qui a fait partir en Chine des millions d'emplois
pour le batiment, l'agriculture et l'hotellerie/restauration ils font entrer des immigrés
les banques et les multinationales ont trouvé là le moyen de baisser le cout du travail .
Il est vrai que PS et UMP approuvent sans oser l'avouer et font comme en ce moment des promesses pour faire baisser le chomage !
le chomage voulu aide a maintenir les salaires a un bas niveau ( ce qui est abondant est bon marché ! ce qui est rare (le salarié) est cher )
il faudra donc trouver un moyen de faire survivre les européens qui n'ont pas de travail.

raphaël 13/01/2016 23:28

Salut Jean Marie,
Je perçois en effet une parfaite complémentarité entre les effets attendus du progrès technique sur l'emploi et le processus de passage progressif vers un "système Friot" abouti que j'ai tenté d'esquisser chez Alexis, qui mixerait diminution du temps de travail contraint (hebdomadaire et sur la vie) et montée en puissance d'un salaire inconditionnel à vie pour compenser financièrement cette baisse du temps de travail contraint (à salaire horaire constant), et en fait pour reconnaître le travail choisi exercé librement pendant la période libéré du travail contraint.
Dans un premier temps, il s'agit de rattraper les gains de productivités réalisés depuis quelques décennies sans que cela profite, ou si peu un temps et plus du tout aujourd'hui, aux travailleurs, qui sont, rappelons-le, les seuls créateurs de la richesse.
Puis de continuer à accompagner les gains réguliers de productivité par une poursuite régulière de cette dynamique. Qui sera accentué par la diminution ou l'abandon de certaines activités "nuisibles" ou "de réparation", aujourd'hui considéré comme production de richesses.
Pour aboutir à ce que le travail contraint représente un minimum incompressible, celui que l'on n'aura pas su remplacer par du travail "technique". Et que le salaire à vie représente la totalité de nos revenus, et le travail libre l'essentiel de nos activités.
Dans mon scénario, je pars d'un niveau stable de production de richesses, pour essayer de faire comprendre le mécanisme, mais il peut bien sûr s'adapter à des périodes des croissance (investissement massif dans la transition vers un autre modèle énergétique, par création monétaire) ou de décroissance (abandon de certaines activités nuisibles, des gaspillages induits par l'organisation mondiale des chaînes de production, des activités parasitaires style marketing, ..., qui au contraire libéreraient de la masse monétaire ).
Et ce système de salaire à vie se fonde sur trois transferts par rapport à la répartition actuelle des richesses.
- le premier inverse la tendance actuelle qui prend au travail pour donner au capital, notamment du fait justement de ces gains de productivité liés au progrès technique.
Il s'agit d'instaurer une cotisation sur la part "non salariale" de la valeur ajoutée de chaque entreprise, amortissement déduit (pour ne pas freiner l'investissement: dans un système abouti où même l'investissement est mutualisé, ce sera la part "cotisation investissement"), en symétrie aux cotisations salariales qui financent actuellement la santé, le chômage, la retraite, les allocations familiales, ... Plus une entreprise produira de la richesse sans travail humain (robotisation, informatisation, commerce et services à fortes marges, ...), plus elle cotisera. Tandis qu'une entreprise dont la totalité de la valeur ajoutée est dédiée à la masse salariale (artisanat, petit commerce, ...) ne cotisera pas.
- ce qui induit le deuxième transfert: celui des entreprises à forte valeur ajoutée, c'est à dire essentiellement capitalistes, vers les entreprises "vivrières", dont l'objectif n'est pas de réaliser une plus-value mais de faire vivre ses salariés et d'assurer un service, une production, ... . On pense naturellement aux artisans (plombiers, électriciens, menuisiers, ...) ou aux petits commerçants mais cela concerne aussi bon nombres d'activités industrielles, aujourd'hui considérée comme non rentables par le capitalisme, alors qu'elles sont viables et bien souvent utiles voire indispensables!
En effet, ce sont les premières qui financeront l'essentiel du salaire à vie et donc la diminution du temps de travail, qui sera donc indolore pour les secondes qui pourront embaucher pour compenser sans surcoût.
- enfin le troisième transfert, lui aussi induit, se fera entre niveaux de salaires. Car chaque salarié perdra de son salaire "travail contraint" proportionnellement à ce qu'il gagnera en temps libre, ainsi un smicard perdra 15% du SMIC pour une diminution de 15% du temps de travail, un cadre supérieur à 5000 euros par mois 15% de 5000. Tandis que tous deux toucheront le même salaire inconditionnel. Dans mon scénario, je l'ai calculé sur des bases simplifiées (je ne connais pas tous les vrais chiffres) , avec un SMIC à 1000 euros (heureusement c'est déjà un peu plus!) et un salaire moyen à 3000 (malheureusement, cela doit être moins...), en partant du principe que ce salaire moyen doit rester stable avec la diminution du temps de travail: 3000-15%=2550, il faut donc pour cela un salaire inconditionnel à 450 euros.
Ce qui emmènerait donc le salaire total au SMIC à 1300 euros (1000-150+450) et celui du cadre sup. à 4700 euros, (5000-750+450).
Et celui de Carlos Goshn de 1 millions à ... 13000 euros, car bien sûr, on ne pourra tolérer d'écart supérieur à 10!
Ensuite chaque heure de travail contraint nouvellement libérée fera augmenter le salaire inconditionnel de 30 euros et l'échelle de salaire continuera à se rétracter.
Bien sûr, tout cela se passe dans le cadre d'une transformation radicale, mais progressive du système. Le marché de l'emploi reste dans un premier temps l'espace de répartition du travail contraint. Mais on peut imaginer que tout cela finira par faire fuir plus d'un "investisseur" capitaliste (et là, hop: nationalisation ou socialisation), et qu'à un moment, l'aboutissement de cette dynamique se traduise par une mutualisation totale du salaire, avec un droit à la qualification pour stimuler le travail contraint, l'abolition de la propriété lucrative avec statut politique du producteur, propriété d'usage, et investissements mutualisés par cotisations, ...
Voire une transition plus "musclée"...
Tout cela accompagné comme tu le soulignes par une reprise en main souveraine de la monnaie, l'établissement d'un protectionnisme solidaire et coopératif, de nouvelles formes de contrôle citoyen sur la politique, ...