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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 21:49
Nous ne voulons plus de leur dictature !…

Nous ne voulons plus de leur dictature !…

État des lieux...

 

Inutile de reprendre le contenu de la loi El Khomri, cela a déjà été fait et nous avons tous bien compris que c'est un emballage commode pour vider le mieux possible les avancées dues au plan «les jours heureux» du CNR de leur substance.

 

Nous serions des irresponsables d'oublier qu'en 2007, l’ancien numéro 2 du MEDEF, Kessler, assureur richissime, l’a écrit noir sur blanc dans un édito du magazine Challenges : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du CNR ».

 

Traduit en plus court disons : fin des acquis sociaux pour lesquels les générations qui nous ont précédés ont sué sang et eau !

 

 

Que de manipulations de l'opinion !

 

La réalité du travail est autre que celle que les médias, chiens de garde du système, présentent. Il ne faut pas non-plus confondre ce qu'une petite entreprise possède comme latitude pour fonctionner et les incroyables possibilités qu'une transnationale possède. Toujours est-il que l'employé est un subordonné. Il n'y a qu'à allez voir les témoignages sur « on vaut mieux que ça » pour se rendre compte que chacun n'est pas un cas unique.

 

 

D'où vient leur force ?

 

Mais comment l'oligarchie a-t-elle pu reprendre la main ? Parce qu'elle possède l'outil de travail, les moyens de faire pression sur le travailleur à travers la relation de subordination qu'elle peut exercer, les acteurs de la propagation de son message, lobbies et médias. Mais surtout parce que le fond sociologique de la population n'a pas eu le temps de digérer certains concepts indispensables pour empêcher de subir la pression de l'idéologie de ces oligarques.

 

C'est pourtant assez simple mais efficace : la liberté, notion écrite aux frontons de nos mairies et sur les monuments aux morts. Qu'il y a-t-il de plus simple que de faire croire que les gens sont libres, qu'il y a-t-il de plus traître que de faire oublier les deux autres termes : égalité et fraternité, auquel on ajoutera laïcité qui en fait englobe les trois autres ?

 

 

Il n'y a pas que la France...

 

Bien sûr il leur a fallu des complicités, l'aide sournoise du monde anglo-saxon, piloté par les tout puissants USA. Les oligarques US n'avaient pas été touchés par l'esprit du CNR : "Les collabos vos gueules, aujourd'hui c'est nous qui commandons", c'est ce que nos salopards français avaient entendu. Mais les moyens de cette oligarchie revancharde sont considérables et le modèle consumériste US s'est imposé en Europe et d'ailleurs dans le monde entier. C'est à travers la fausse idée du citoyen libre et consommateur qu'il sont arriver à faire basculer en sens inverse les acquis sociaux au point qu'aujourd'hui, aidés par des gouvernements fantoches et asservis à leur bon vouloir, ils essaient de finir d'arracher le peu qui nous reste.

 

 

Leurs méthodes actuelles :

 

Il nous ont ôté la capacité de refuser leur diktat sur l'emploi en précarisant l'emploi, ôté la capacité de revendiquer notre droit à l'emploi en encadrant la liberté d'expression : en la déformant par le filtre des médias à leurs ordres (… pensons aux grands patrons de presse ! …) et en restreignant la capacité de l'exprimer par le contrôle des moyens de communication (- la loi sur les écoutes -) et par l'établissement de l'état d'urgence, profitant de la peur suscitée par les attentats.

 

La peur de l'autre, la résurgence d'une capacité à mettre sur la sellette une partie de la société à travers sa religion sans en subir les conséquences à travers une laïcité impuissante, au nom du droit à s'exprimer en toute liberté ! Tout cet ensemble est constitué d'autant de moyens de contrôle que l'oligarchie utilise contre les citoyens. En dévoyant le sens des mots (la novlangue), en vidant de leurs substances certains principes et en forgeant des concepts à double sens, l'oligarchie et ses subsides ont transformé la capacité du citoyen à s'assumer en tant que tel.

 

Le citoyen est devenu un consommateur avant d'être un citoyen.

 

 

Les dérives incontrôlables….

 

Le consommateur est devenu un précaire de la consommation, axe essentiel de la société libérale, en précarisant l'emploi.

 

Le travailleur est en passe de devenir un esclave à travers des lois iniques comme la loi E-K sur l'emploi.

 

 

Les conséquences de leur action :

 

Mais en précarisant l'ensemble de la société à travers la mise en cause même de l'existence future de l'Humanité, cela en provoquant le dérèglement climatique, les pollutions de l'air, de l'eau et des sols dans une surexploitation de la planète ; les oligarques ont créé les conditions pour que les citoyens, le laïos, comprennent qu'ils deviennent des esclaves et que les maîtres ne sont plus seulement exigeants, ils sont devenus tortionnaires.

 

Tout le discours public qui tourne autour du travail et de l'emploi est biaisé, car l'oligarchie sait parfaitement que les progrès réalisés par la robotisation, l'informatisation des moyens de production ne peuvent pas fournir une amplitude d'emploi à la hauteur des besoins, et selon les règles existantes encadrant cet emploi. Il leur faut donc éviter de remettre en cause l'illusion du plein emploi et son besoin, tout en précarisant un maximum les employables.

 

En effet, laisser apparaître que la « machine » non seulement a réduit de façon drastique l'employabilité mais leur a donné des capacités de profit décuplés, voire plus, serait un suicide du système oligarchique, d'autant qu'il faut des consommateurs pour acheter ce qui est produit.

 

La consommation ayant beaucoup diminuée à cause des réduction du pouvoir d'achat, l'oligarchie s'est lancée dans une nouvelle intoxication : celle de la croissance à tout prix, de la compétitivité, et de la création d'entreprises, voire d'auto entreprises.

 

 

Analysons leur discours :

 

a) La croissance

 

La croissance, elle a bon dos, surtout quand on la conçoit comme propulseur de produits à consommer au moyen d'une publicité, qui d'ailleurs a, du point de vue comptable, un traitement particulier (mais n'entrons pas dans le détail). C'est le fameux modèle de l'offre qui, comme nous l'avons vu, ne marche pas pour la bonne raison que pour acheter au-delà du nécessaire il faut avoir un peu de gras, de réserve, ce qui n'est pas le cas pour bien des gens.

 

b) Notre réponse :

 

La croissance, il faut la définir comme une reconfiguration totale du modèle de production actuel dont le but doit être, comme il est entendu par bien des gens, comme une amélioration à leur propre sort, en terme de confort, santé, loisirs, enfin tout ce qui constitue le «buen vivir» des copains sud américains. La croissance ne saurait être le facteur de création d'emploi : il n'existe pas de couplage entre croissance et emploi, en tout cas de façon directe.

 

On peut imaginer la croissance dans le cadre d'une politique «écosocialiste» comme une dynamique de recréation des postes de production dans le but du «buen vivir», mais aussi dans le cadre du respect pour la planète, non pas en tant que telle – car la planète se passera sans problème de l'espèce humaine -, mais afin de protéger au mieux l'espace écologique dans lequel l'espèce humaine peut vivre, le biotope humain.

 

 

La compétitivité

 

a) Leur pratique :

 

Le manque de compétitivité est l'expression à la mode pour expliquer la stagnation de la croissance, croissance plombée par le fait incontournable que les carnets de commandes sont vides. Être le meilleur, coûte que coûte, plombe surtout les travailleurs dont le salaire qui est péniblement gagné, se voit réduire de façon continuelle, alors que les dividendes, eux, s'accroissent !… Comment se peut-il q'une transnationale comme Peugeot, s'enorgueillisse d'avoir fait des bénéfices, et puisse en même temps lancer un plan de réduction des emplois ?

 

b) La réponse est simple :

 

La robotisation/informatisation rend inutiles un certain nombre de tâches encore faites à la main.

 

Non, diront-ils, nous ne supprimons pas des emplois, nous n'ajouterons pas au chômage, nous nous contenterons de ne pas remplacer certains postes. Comprenez bien, cela ne fera pas de licenciements.

 

Soyons réalistes, les postes non remplacés c'est simplement autant d'embauches en moins !

 

Hélas !… Leur compétitivité passe par là.

 

La compétitivité est une extension de la notion d'homo oeconomicus des libéraux. C'est une notion bien ancrée désormais dans la tête des travailleurs, cette notion est liée à celle de liberté individuelle, ce qui fait de chacun un individu isolé, luttant pour son propre intérêt, instituant ainsi la lutte pour la survie individuelle comme une vertu du système.

 

Nous savons tous que c'est un faux nez, car ce modèle est un modèle théorique qui ne résiste pas à l'analyse. Car en poussant l'idée de compétition et de gestion d'une personne par soi-même, en prétendant que c'est par ce biais là que l'individu vivra le mieux, la théorie apparaît comme étant monstrueuse !

 

c) Le groupe social face à l'égoïsme provoqué :

 

Nous voyons bien que ce modèle, pour en revenir à des faits incontournables, ne tient pas compte du fait qu'une société est avant tout un groupe social et qu'un réseau serré d'interactions entre les individus maintient le « réseau social » en place. Et qui dit « réseau social » implique nécessairement solidarité et compréhension du réel de ces relations, de cette solidarité.

 

Nous en arrivons au fait que chacun devrait être entrepreneur : ceci est la "grande idée" du ministre actuel de l'économie cet «apparatchik» du Medef. Entrepreneur pour quoi faire ?… Pour courir après une croissance… Faire jouer la compétitivité… Passer sa vie à travailler et la perdre en essayant de la gagner !… Nous voyons bien que cette idée est une idée théorique, propulsée par un type qui n'a jamais mis les pieds dans un atelier, une boutique, une cuisine, en tant que salarié !

 

C'est faire fi du rapport de force en terme de subordination qui existe entre le patron et ses employés (ce n'est pas toujours le cas mais le contraire est rarissime), à part l'auto entrepreneur, qui est son propre exploiteur, ici, nous n'entrerons pas dans les détails (et « l'uberisation » qui en est un développement nuisible, mais sociologiquement intéressant) ; car, qui dit entreprise, dit rapport de subordination, et, à un patron on trouve en face des employés. Les auto entrepreneurs étant leur propre employeur, ils s'appliquent à eux-mêmes la logique du système. L'auto exploitation, est de fait, le summum de l'erreur d'analyse de la réalité économique !

 

 

Qu'en est-il de leurs allégations ?

 

En fait le modèle capitaliste/libéral est en bout de course, ruiné par le fait de la compétitivité, de la dérégulation des échanges économiques, et de l'inexistence d'un capital supplémentaire à une ré-industrialisation positive de l'économie. La machine s'est bloquée, car l'informatisation aidant, la virtualisation des échanges s'est transformée en un gigantesque casino, où les prises d'intérêts et les paris sur tout ce qui peut exister, prennent le pas sur l'économie réelle qui a besoin du temps long pour pouvoir se développer.

 

Paris ne s'est pas fait en un jour, mais les financiers peuvent gagner en une heure ce que d'autres, par un dur labeur, ne gagneront pas en toute une vie.

 

Ces gens-là sont des gens pressés, et, cherchent à tout accélérer car ils ont perdu le sens du temps. Il avait été évoqué précédemment, dans un autre billet*, que le temps était ce qui constituait le fond de la conscience, le temps de contre-réaction des neurones permettant d'assurer une consistance au présent d'un être humain et ainsi d'effacer la prédominance d'un égo susceptible de valider la notion perverse de « libre arbitre ».

 

Ces gens-là, dévorés par un égo surdimensionné, ne peuvent trouver un assouvissement à ce sur dimensionnement que dans la précipitation continuelle de leur activité, et dans des résultats obtenus dans l'urgence et dans l'excès. Cela relève de la maladie !

 

Ce sont des grands malades, et les êtres humains ordinaires n'ont pas à en faire les frais.

 

 

Conséquences dans le monde du travail :

 

A ce point de notre réflexion nous arrivons à ce qui constitue une maladie professionnelle de notre époque. Nous évoquerons les processus de «burning out» ou de «boring out», que l'on peut respectivement décrire par usure prématurée par « crâmage » des circuits neuronaux, et l'usure prématurée par le gel, l'inutilisation de ces mêmes circuits.

 

Le «burning out» c'est ce que l'individu s'oblige à subir pour remplir sa tâche au mieux, le plus rapidement possible, en abandonnant tout ce qui constitue son univers relationnel normal. L'individu qui subit un «burning out» est dans le droit fil de la surexploitation de ses capacités, dans la logique extrême de l'homo oeconomicus : il ne peut que par lui-même arriver à se dépasser, continuellement, toujours plus. L'isolement que cet individu s'impose à lui-même l'isole du reste de la société, et alors, sa nature profonde d'être social cède : c'est la dépression, plus ou moins grave qui le prive à partir d'un certain moment de réactions normales, un peu comme un moteur automobile privé de l'huile nécessaire à son fonctionnement. A partir d'un certain moment ça casse !

 

Le «boring out» est différent, mais le résultat est le même. Certains individus, après de brillantes études, après avoir imaginé une réalisation sociale et économique de leurs efforts, se retrouvent à un poste où ils développent que très peu de leurs capacités ou moyens. Cette situation arrive assez souvent quand leur entreprise est amenée à réduire son activité. Ce n'est pas un placard, mais tout comme : l'individu placé dans cette situation va dans un premier temps s'adapter… Mais l'ennui va progressivement le gagner… la honte d'être rémunéré pour une activité quasi inexistante va s'insinuer… Son égo va en prendre un sérieux coup !…

 

Le temps qui s'écoule joue un rôle incontournable pour la formation de l'égo, mais quand on est obligé de subir le temps et qu'on n'est pas préparé à voir son égo se diluer, s'altérer, alors qu'on n'y est pas prêt, c'est la dépression, la rupture de la confiance en soi, la remise en cause de son existence. Le suicide est une fin possible à la souffrance quotidienne.

 

 

Et alors ?

 

Nous comprendrons facilement que dans le premier cas, il aurait été plus sain pour l'individu qui souffre de trop de pression qu'on lui allège une partie de son travail, et, qu'à celui qui souffre d'insuffisamment de pression on lui donne un peu plus d'activité. Mais la pression économique extérieure fait que dans le premier cas il faut faire le maximum, quel qu'en soit le prix à payer, et, dans le second cas on ne veut pas se passer d'un «collaborateur» qui pourrait s'avérer utile. Évidemment, le travail de l'un ne peut pas être obligatoirement fait pas l'autre, les compétences n'étant pas à priori les mêmes.

 

C'est ici que va prendre tout le sens d'un revenu minimum de base ainsi que la nécessité d'une meilleure répartition du travail.

 

Nous voyons que cette nouvelle organisation du travail dans une société moderne ne saurait reposer sous une pseudo «auto-organisation». D'une part parce que : une auto-organisation n'est qu'un leurre, qui ne saurait exister dans la mesure où des contraintes extérieures – la compétitivité par exemple – définissent le cadre.

 

Détruisons-donc d'autorité ce qui ne saurait exister pour le remplacer par une organisation planifiée et dépendante des intérêts, non pas d'une petite caste de profiteurs/rentiers, mais de l'ensemble de la société.

 

Un état moderne devra tendre à rechercher l'étendue des besoins de la population tout en étant guidé par une rationalisation des moyens à mettre en œuvre dans un cadre respectueux de l'écosystème humain. Ce sera l'occasion pour pointer vers des technologies innovantes et de donner aux acteurs de l'économie les moyens de créer des structures, de l'enseignement et de la formation, et des financements.

 

Pour connaître ces besoins, qu'avons nous à mettre en oeuvre ? Rien qu'on ne connaisse pas : sonder la population – pour de vrai – faire apparaître les tendances, les faire approuver et donner aux gens la possibilité de vérifier ce qui est fait, et comment cela est fait.

 

A ce carrefour-là nous voyons que la recherche fondamentale est le cœur de la démarche : c'est tout le contraire de ce qui se passe aujourd'hui, compte tenue du rang de misère auquel la recherche fondamentale se voit confrontée.

 

 

Conclusion :

 

Il est incontournable qu'une activité humaine débouche sur une économie rationnelle (une mise en normalisation de la maison : οίκος - νομος / la maison – la loi), économie toute différente de l'économie capitaliste, une véritable économie organisée vers l'intérêt du plus grand nombre. 

 

L'économie capitaliste/libérale étant à cette économie responsable ce que le «monopoly» est à l'économie réelle !

 

 

 

*voir le billet du 23/01/2016 de puég-pichot : L'ÉTHIQUE DE SPINOZA - Le conatus et l'action politique.

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Published by puég-pichot - dans philosophie politique
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commentaires

raphaël 26/03/2016 23:29

Super votre texte, et aussi la réponse de Maignial, qui pointe un aspect essentiel souvent négligé, concernant à la fois l'aspect "productiviste" du système et le rapport du travailleur à l'emploi: le modèle productif en lui-même, en amont des politiques de "dressage du consommateur", avec les exemples qu'il cite dans l'agriculture (pour les OGM, c'est notamment, au détriment des systèmes herbacés effectivement "gratuits" et générateurs de biodiversité, la généralisation de la culture de mais ensilé pour l'alimentation des bêtes, qui nécessite un complément en soja, aujourd'hui quasi exclusivement OGM et sud-américain, car c'est le seul protéagineux qui permet de compléter avec la totalité des acides aminés nécessaires le mais, qui en est complètement dépourvu. Alors que le blé ou l'orge, avec 10-15% de protéines, peuvent se contenter d'être compléter par des pois, de la luzerne, du tourteau de tournesol, ..., et même qu'une alimentation pur herbe répond déjà aux besoins de l'animal et assure une production de très haute qualité), mais aussi dans l'industrie la généralisation du "juste à temps" (plus de stock dans les usines, tout dans les camions), avec ces réseaux de production étendus sur plusieurs continents, ...
Transformer le modèle productif vers une organisation "autonome", relocalisée, rationalisée du point de vue de l'utilisation des ressources, ..., et ce sans même toucher à nos habitudes de consommation, serait déjà entamer un grand pas vers la décroissance et changerait radicalement le rapport au travail.
Bon, moi le "revenu minimum de base" (compatible avec le capitalisme libéral), c'est pas trop mon truc, je pense, dans la lignée de Friot, que c'est l'ensemble du salaire qui doit être socialisé, avec des droits attachés à la personne et non à l'emploi, et un "statut politique du producteur" qui abolit la propriété lucrative et consacre la propriété d'usage, c'est à dire le contrôle effectif du travailleur sur son travail. Mais bon, cette "nuance" ne change pas grand chose sur le fond du message de ce texte...

puég-pichot 26/03/2016 22:21

Salut les copains,
Salut Maignial,
Je n'ai pas voulu à l'origine centrer le discours sur les points que tu soulèves et sur lesquels je suis en phase. Cependant je voulais montrer, et nous l'avons laissé tel quel avec Denis, la contradiction au simple niveau fonctionnel, et donc en surface de la politique économique des libéraux. Je suis d'accord que , conscients du problème qu'ils avaient créé ils ont "magnifié" la pub pour faire avaler n'importe quoi, donc l'inutile et que pour que les gens rachètent plus rapidement, conçu l'obsolescence organisée(voir Paul Ariès) mais aussi la mode, qui est une autre forme de cette même obsolescence organisée.
C'est mon côté philo/socio qui a pris le dessus dans ce billet et nous avons bossé avec Denis sur l'aspect destructeur pour la personnalité à travers les rapports que le travailleur entretient avec son emploi.
Cela n'est pas négligeable et je crois que c'est une des clefs de domination sur les gens, le laïos comme j'aime le dire, un des chemins ouverts vers l'esclavagisme, vers une domination des esprits en les clivant par l'unité, c'est à dire en brisant chez chacun la notion de groupe social par la sublimation de l'individu isolé, fort et "compétiteur". Une hérésie dramatique et débilitante qui compromet une symbiose entre les individus d'un même groupe.
Astucieux et mortifère !

Carol DEBY 26/03/2016 11:27

Concernant la lutte contre les effets néfastes des médias, meilleure arme : réseaux sociaux.
Les gens de moins de cinquante ans ont le style pour aborder les problèmes par cette voie qui répugne en général aux personnes plus âgées. Je ne me vois pas personnellement user de ces moyens. Mais ils sont beaucoup plus puissants que les blogs classiques, utiles pour développer des idéess ou des infos générales. Le tweet doit être concis, précis, limité. Place aux plus jeunes.

Maignial 26/03/2016 10:40

Salut Puèg-pitchot,

Je pensais que l'analyse du modèle de l'offre allait te conduire naturellement vers la nécessité de la décroissance, mais tu as choisi un autre angle: "pour acheter au-delà du nécessaire il faut avoir un peu de [...] réserve, ce qui n'est pas le cas pour bien des gens".

Pour moi, ce n'est pas là le principal problème de l'offre. C'est vrai que l'austérité a réduit ces réserves, et que c'est un problème pour le système lui même; toutefois, si les réserves n'existent plus, c'est aussi et surtout parce que les libéraux ont réussi à développer des besoins inutiles synonymes d'activités et de consommations inutiles ("au delà du nécessaire"). L'exemple le plus simple, c'est l'obsolescence programmée. Elle ruine le porte-feuille du consommateur qui doit acheter 2 fois plus que nécessaire; elle confisque du temps au producteur qui doit produire 2 fois plus; et elle détruit la planète par l'explosion des pressions sur les matières premières et les ressources énergétiques.

Autre exemple, l'industrie pharmaceutique, qui a intérêt à développer et vendre des produits pas trop efficaces, rendant le consommateur dépendant, au lieu de guérir le patient une fois pour toute. En le ruinant au passage ou creusant le budget de la sécu...

Autre exemple dont raphaël te parlera mieux que moi, l'agriculture productiviste. Chez moi comme partout en France, les petites rivières en méandres ont été remembrées (= canalisées) dans les années 70 pour faire des champs bien carrés, plus faciles à travailler. Sauf que ces rivières bien rectilignes draînent l'eau terriblement. Autrefois, les méandres permettaient aux rivières de déborder et à l'eau de s'écouler doucement: des réserves se constituaient pour l'été. Aujourd'hui, tout fiche le camp en quelques semaines. Il faut alors irriguer artificiellement, sauf que dans ce cas, l'eau n'est plus gratuite. Et il faut en plus payer les installations d'irrigation et l'électricité pour les faire tourner! Voilà un bon exemple de besoin inutile. Et en plus, on vient nous dire qu'il faut faire des barrages pour constituer des réserves. Ben non: en fait, il faut remplacer ce qui existait auparavant, mais en détruisant la nature et en engraissant des actionnaires au passage. Raphaël, lui, pourra compléter sur les OGM ou les farines animales qu'il faut importer de je ne sais où, alors qu'on pourrait faire de l'élevage bio gratuit.

4ème exemple, la délocalisation des moyens de production. Il faut alors bouffer du temps et du fric (et de l'énergie) en logistique, sans compter la destruction des emplois.

À chaque fois, le malheur est que le capitalisme nous fait perdre son temps au producteur, son argent au consommateur et détruit la planète. Dans ce contexte, tu as totalement raison de parler du revenu garanti: sans lui, difficile voire impossible de demander au producteur de lever le pied du champignon. C'est que dans le système actuel, si tu lui demande de mettre fin à la surproduction, il crève. Avec le revenu garanti, tu libères le producteur donc le consommateur, et tu libères aussi l'employeur et l'employé (mais c'est un autre sujet).

En conclusion, il s'agit de mettre en place la décroissance, modèle économique à la fois écologique, social et démocratique (car libérer du temps permet au citoyen de se consacrer aux affaires publiques).

Maignial 26/03/2016 16:36

Désolé, Denis! Je viens seulement de lire sur le blog de d'Alexis C. que cet article est le fruit d'un travail commun. Voilà pourquoi je ne m'adressais qu'à Jean-Marie au-dessus.

Votre article est long et mérite qu'on en discute sous plusieurs angles. Je l'ai fait ici sous l'angle de l'emprisonnement des producteurs et des consommateurs dans un système capitaliste. Mais un autre aspect que vous développez, c'est l'origine de la force des puissants et la façon dont ils neutralisent certaines de nos capacités à résister. Sans parler du problème, cher à Puèg-pitchot, de la robotisation et de ses conséquences sur l'employabilité.

Denis Faict 26/03/2016 12:17

Merci Maignial

Sobrement et correctement exposé tes remarques portent leurs fruits incontestablement. Il est totalement vrai que nous ne pourrons envisager un avenir viable pour tous que par le passage obligé par la décroissance. Soit cette décroissance se fera dans la douleur du fait de récessions telles que nos parents les ont connues (en tout cas les miens) lors de la dernière grande guerre, cette situation est concevable si nous devons passer par une période de dictature fasciste, nous y sommes presque, il ne manque que les déclarations officielles. Soit la décroissance s'envisagera naturellement et sera établie constitutionnellement par des fractures importantes qui se produiront dans nos manières de vivre et d'envisager la propriété, la propriété lucrative étant le verrou qui ferme la porte de l'intelligence humaine et collective, la propriété d'usage est celle de l'échange et du partage raisonné, libérons les hommes et les femmes, de ce pays pour commencer, du travail et de l'employabilité qui ne sont pas la finalité de la vie, à mon sens.

Carol DEBY 26/03/2016 02:02

Envisager les moyens pratiques de lutte contre les déformations de la pensée par les médi as.
Rôle abrutissant de la pub, créant de nouveaux besoins avec de nouveaux "gadgets" au prix adaptés à la chute des salaires.
La flexibilité : analyse et remèdes/
La Dette :d'où vient-elle ? Comment la combattre.
La réponse aux médias "mainstream"