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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 13:32
PODEMOS N'A RIEN LÂCHÉ !

Pendant toute le mois de mars et tout le mois d'avril, les rencontres ont succédé aux rencontres, les accords avec les accords et les désaccords avec les désaccords ou parfois même les accords... Puis une "crise" à Podemos, qui me semble bien être une nécessaire crise de croissance au sein de ce si jeune parti, sur fond de scandales de corruption, j'allais écrire, rien que de très banal sur ce dernier point.

 

Mais Iglesias n'a rien lâché. Je dis bien Iglesias, pas Podemos, je ne confonds pas un des leaders avec le mouvement. Non, Iglesias n'a pas lâché face à une certaine "fronde" qui s'est manifestée il y a un mois, entraînant la démission de plusieurs élus de Podemos de la communauté madrilène, et carrément le limogeage du numéro 2 du Parti par Iglesias lui-même, opérant une action de clarification indispensable. 

 

Quelle situation embrouillée, me direz-vous, comme le pensent la plupart de ceux que la situation politique espagnole intéresse.

Moi-même, si je perds le fil un seul jour, j'ai du mal à m'y retrouver car il se sera passé mille choses dans cet intervalle. 

 

De plus, les à chaque rencontre, à chaque prise de parole devant les députés du Congrés, la TV publique retransmet en direct , et ensuite il y a invariablement une conférence de presse de xchacun des participants, sans compter l'émission quotidienne, en soirée, réunissant les analystes et les journalistes politiques. 

 

Au moins en Espagne, si la situation est compliquée, les Espagnols ne peuvent pas dire qu'ils sont sevrés d'information de première main et en direct de préférence.

 

Je vais donc tenter de vous faire un résumé, puisqu'aussi bien il y a fort à parier que nous allions vers de nouvelles élections générales le 26 juin.

 

 

PETIT RAPPEL : SI VOUS AVEZ MANQUÉ QUELQUES ÉPISODES

 

 

Le Parlement espagnol, las Cortes, se compose de 2 chambres, le Sénat, et le Congrès des députés (notre Assemblée nationale). Le roi rencontre les représentants de chaque parti lors d'entretien pendant lesquels ils présentent leurs objectifs. Puis, il demande à l'un d'eux de constituer non pas un gouvernement, mais une majorité qui lui permette d'être élu sur la base de son programme. Celui qui est désigné par le roi peut refuser, comme ce fut le cas de Rajoy PP, en janvier, s'il ne se sent pas soutenu par une majorité suffisante. Dans ce cas précis, il y a eu une seconde ronde d'entretiens, et un nouveau candidat désigné, en l'occurrence P. Sanchez, PSOE, actuellement. On peut faire plus simple, le premier candidat désigné peut accepter. Mais ici ce n'a pas été le cas. 

 

Donc,  en janvier, le roi désigne Marino Rajoy, qui refuse. Un mois plus tard, février, le roi propose à Pedro Sanchez d'être candidat, il accepte. Il a un mois pour rencontrer les uns et les autres, avoir l'avis de chacun des partis, nouer des alliances, faire des pactes, élaborer un programme en commun, etc... Début mars, le candidat doit se présenter devant le Congrès des députés, il présente son programme, chaque chef de parti représenté au Congrès lui répond, et il leur répond à son tour. Puis on passe au vote, qui est fait à voix haute, "si"ou "no". 

Si le candidat n'obtient pas la majorité absolue, c'est à dire la moitié des députés plus une voix, le candidat se représente une seconde fois la semaine d'après. Le Congrès comptant 350 députés, il faut 176 voix pour être élu.

 

Dans le cas présent, Pedro Sanchez n'a pas obtenu de majorité, loin de là.

Chacun des partis campant sur sa position, et ce, malgré l'alliance  conclue avec Ciudadanos et son leader Albert Rivera. 

Dans ce cas, soit le roi désigne un autre candidat (la Constitution espagnole est ainsi faite qu'on pourrait traîner des années ainsi, mais come il ne faut pas abuser des bonnes choses ni de la patience des espagnols, les politiques sont en général plus rapides), soit, et c'est le cas ici, il demande aux différents partis de se débrouiller entre eux, ce que j'avais résumé en disant que Felipe VI en avait ras-la-couronne. 

 

Donc, depuis le dix mars, ce ne sont que rencontres, accords, rejets, consultation des bases... Et comme il y a quand même un calendier très précis, aux alentours de la fin du mois d'avril, soit un leader se présente et obtient la majorité, ce qui est bien improbable, soit le roi dissout le Parlement, et on repart pour des élections générales, en espérant que cette fois, un candidat pourra former un gouvernement, sinon c'est une histoire sans fin.

 

Inutile de dire que les Espagnols, qui ont voté massivement pour un changementde gouvernement en décembre, ne l'entendraient pas de cette oreille: c'est bien pour cela que la campagne électorale qui s'annonce sera particulièrement virulente. Car, ne nous y trompons pas, ces gesticulations, chacun des leaders candidat potentiel sait parfaitement que ce n'est qu'une pré-campagne électorale, il s'agit donc de ne commettre aucun faux pas, et de garder ses petits nerfs.

 

PP Partido Popular, la droite, équivalent de LR

PSOE Partido Socialista Obrero Español, l'équivalent de notre PS

Podemos, issu du mouvementdes Indignados, et qui a dû se constituer en parti pour se présenter aux élections.

Ciudadanos, parti de centre droit, l'équivalent du Modem

 

 

Mais il y a tous les partis qui gravitent autour de Podemos, la Confluencia:

En Comu Podem, qui est Podemos en Catalogne

En Marea, la même chose en Galice

Podemos Compromis, coalition formée avec Podemos dans les pays valenciens

 

Et puis : 

ERC, Esquerra Republicana Catalana, Gauche républicaine catalane, indépendantiste

Démocracia e Llibertat, convergence de petits partis catalans, indépendantiste

PNV Parti nationaliste basque, indépendantiste

UP,Unidad Popular, convergence qui est l'équivalent de NPA + les verts, anti-impérialistes

Herria Bildu, la même chose que UP, mais version basque

CC PNC Coalition canarienne, plutôt centristes, a d'ailleurs voté en faveur de Suarez en mars

 

La Izquierda Unida, PC espagnol, fait partie de coalitions.

 

Comme je l'ai exposé lors d'articles précédents, une situation inédite s'est présentée, c'est à dire que, mettant fin à des décennies de bipartisme, Podemos a une majorité de bloquage, et que rien, mais alors rien de rien, nada de nada, ne peut se faire sans Podemos. On peut tourner et retourner la situation, torturer les chiffres, essayer envers Iglesias et les députés de Podemos la moquerie (ils sont pouilleux, parait-il), la menace (ce sont eux qui maintiennent la droite au pouvoir par leur attitude, et donc font le malheur des Espagnols, parait-il), la séduction et la main tendue, la diffamation (Podemos aurait vu le jour avec les sous de Chavez...), rien n'y fait, Iglesias ne lâche rien, ne dévie pas d'un iota de sa voie, au prix même du départ de quelques-uns. Le risque est de donner prise aux allégations de Sanchez et de paraître obstiné et réfractaire de ce fait au changement. Le bénéfice est d'être toujours identifiable et de garder la confiance de ses soutiens, d'autant que le mouvement "Nuit Debout", connu en Espgne, montre quand même que Podemos fait écho ailleurs.

 

L'autre paramètre inédit, c'est l'indépendance de la Catalogne. Et Podemos, s'il ne se prononce pas pour l'indépendance (En Comu Podem si, par contre), maintient l'exigence d'un referendum, fidèle en cela à son programme, et la question catalane a été la pierre d'achoppement de toute tentative d'accord avec le PSOE.

 

 

LES DERNIERS ÉVÉNEMENTS

 

1- Il y eut d'abord, après le vote du 5 mars qui vit chacun camper sur ses positions un mouvement de "fronde" au sein de Podemos. Rien que de très normal dans un si jeune mouvement, de surcroît né d'une convergence de luttes, mais où, à certaine moments, il peut y avoir divergence de points de vue, c'est ce qui c'était produit l'an passé déjà en avril 2015, et la démission alors d'un des membres fondateurs n'avait pas empêché, bien au contraire, la progression de Podemos jusqu'à son score important de décembre. Comme quoi, un peu de lisiblité... Bref, le PSOE commençant des manoeuvres d'approche, certains se sont un brin laissé tenter par les sirènes socialistes au nom du pragmatisme, comme l'a pensé un temps Inigo Erejón, numéro 2 du parti, et derrière lui quelques autres, dont son bras droit Sergio Pascual, Celui-ci était en charge de l'organisation de Podemos. Un certain nombre d'élus Podemos de la communauté madrilène lui ayant emboîté le pas et démissionné, Iglesias  a estimé que ce "jaeo" était préjudiciable à l'avancée de Podemos dans des temps délicats électoralement parlant, et s'est avisé que l'organisation de Podemos souffrait d'un certain manque d'efficacité. Enquêtes et débats internes, bref Pacual a été destitué, et Iglesias a assuré un court interim avant la nomination d'un autre responsable. A la suite de quoi Inigo Erejón a diparu des écrans radars pendant une dizaine de jours. Les fins analystes tenants de la droite, du PSOE et de Ciu's (Ciudadanos) se léchaient d'avance les babines, espérant le déchirement interne d'un parti sans aucune maturité. Sauf que, au terme de ce délai de réflexion, on put voir Erejón réintégrer sa place et tout son rôle, et cette mini-révollte n'a eu aucune conséquence, sinon d'affirmer encore plus fort que Podemos n'était pas à vendre, et ne lâcherait aucune de ses exigences.

 

Je vous laisse à penser les commentaires fielleux, visant bien sûr Pablo Iglesias. Assoiffé de pouvoir, ne recherchant que les ministères pour les siens et le mandat de vice-premier ministre pour lui-même, ambitieux, irresponsable, j'en passe. Notons que les députés de Podemos ont mis d'entrée de jeu leurs actes en application avec leurs convictions, et demandant à ne percevoir que l'équivalent du salaire minimum espagnol en ces temps de crise. Alors l'argument de la recherche du lucre... Et si Iglesias est le leader du Parti pour des raisons électorales, chaque co-responsable de Podemos a scrupuleusement son temps de parole et de participation à tout débat. 

 

2- Ensuite, il y eut le rapprochement Ciu's -PSOE, et la signature d'un pacte sur des bases communes soigneusement déroulées en conférence de presse, avec comme préalable l'objectif commun : virer Rajoy (toujours premier ministre en fonction, n'empêche), et mettre fin au gouvernement corrompu de droite. Avec un ensemble touchant, le duo P. Sanchez A. Rivera a entonné le grand air de "Tapons sur Iglesias". Si Iglesias ne veut pas s'allier à Ciu's et PSOE, c'est qu'il ne souhaite pas le départ de Rajoy, dont il serait ainsi le meilleur soutien. Il est anti progressiste et anti réformiste (ben oui, quel étonnement, chacun sait que Podemos n'est pas réformiste mais antilibéral, il y en a qui découvrent l'Amérique...), il contribue par son obstination à empêcher de résoudre le problème du chômage, de l'absence de couverture sociale et du mal logement. Et en plus éclate au même moment une bombinette: à sa création, Podemos aurait reçu de l'argent de Chavez. Devant une telle imbécilité, car Chavez, bien occupé chez lui, avait autre chose à faire que d'exporter la révolution en Espagne, et pas assez de moyens pour y financer un parti, mais bon... Iglesias s'est borné à répondre que tous les documents et toute la comptabilité de Podemos était consultable. Au même moment le PSOE étant un peu éclabousé par des histoires de corruption immobilière en Andalousie, bizarrement, les rumeurs sur l'argent de Chavez se sont arrêtées là, et la harpie Susana Diaz, presidente de la Junte d'Andalousie, pilier des "barons", et anti Iglesias au possible, l'a mise en veilleuse voilà des semaines qu'on ne l'entend plus, il doit y avoir un lézard...

 

Bon, ça, c'était la première figure du quadrille. Seconde figure: voila Pedro Sanchez, charismatique, qui tend la main, et veut discuter avec Iglesias. Bon, répond ce dernier (je raconte en gros), mais il faudrait qu'Albert Rivera ne mette pas de "ligne rouge", et se montre ouvert. Podemos peut envisager, poursuit-il, une union "à la Valencienne" ( La communauté des pays valenciens est dirigée par Podemos-compromis-es el moment, coalition formée à l'occasion des élections et où chacun des partis est représenté proportionnellement à ses voix). Voilà Sanchez tout réjoui, tressant quasiment des couronnes à son nouvel ami Pablo, la victoire était acquise, selon lui, et il voyait s'ouvrir le chemin vers le pouvoir, mais... D'abord, Rivera a recommencé, car il est hargneux, à taxer Podemos de "parti des indépendantistes", faisant rimer indépendantisme (que les Catalans voient d'ailleurs comme un fédéralisme un peu plus abouti), avec terrorisme. Et clamant qu'il ne reviendra sur aucun des points faisant l'objet du pacte avec le PSOE. Entre nous, la proposition d'une convergence "à la Valencienne" lui déplaît, car si chacun des partis y est représenté à proportion réelle des voix, Ciu's se retrouverait en minorité par raport à Podemos, et ça, ça ne doit pas plaire à Rivera, qui cherche à être le numéro 2 du pouvoir. Iglesias a maintenu le referendum catalan comme exigence, ainsi que la proposition d'une coalition de gauche : en effet, PSOE+ Podemos+les partis satellites de Podemos , c'est déjà l'assurance d'une confortable majorité absolue, donc pourquoi Sanchez s'obstine-t-il à la refuser ? (Il le sait très bien en fait, c'est pour faire plaisir à Bruxelles, car Iglesias n'est pas Tsipras, et il serait bien plus intransigeant). Mais Iglesias maintient son offre de convergence "à la Valencienne".

Sanchez, lui, joue les Caliméro, couinant à la mauvaise volonté des partenaires contactés, mais gardant quand même le pacte avec ciu's. 

 

Et Rajoy, pendant ce temps ? Eh bien, il est fort contesté dans son propre camp, car incapable d'avoir sanctionné les corrompus de son parti, au point de paraître un rien bienveillant, pas fichu d'exiger même la démission de Rita Barbera, sénatrice et ex-maire de Valence, compromise jusqu'aux yeux. Rajoy est accusé de nuire à l'image du PP, qui a réalisé en janvier son pire score historique, et rêvent d'un ravalement de façade.

 

Lui, impavide, s'accroche comme un pou, clame que son parti est arrivé en tête des élections, et donc que lui, Martino Rajoy, a toute sa légitimité pour être à nouveau premier ministre. Sauf que.... Arriver en tête d'une élection ne signifie pas avoir la majorité des voix, et il s'en faut réellement de beaucoup. Il continue à s'appuyer sur les chiffres de l'emploi, sauf que... Partie de très, très bas, l'augmentation des emplois est importante, mais en deçà d'un niveau normal. Les chiffres de l'économie sont en augmentation, mais ne doivent qu'au tourisme, qui profite de la crise touristique en Egypte, Tunisie et pays du Moyen Orient. Il suffirait d'attentats dans les stations de la côte espagnole pour rédire cette embellie. La Bourse (la Ibex) est plus que fluctuante, et les chiffres de la croissance pour l'an prochain sont annoncés à la baisse. Triste bilan pour le gouvernement Rajoy, en dépit de tous les maquillages.

 

 

ET MAINTENANT ? 

 

Pablo Iglesias a consulté les bases de Podemos la semaine passée. 88% sont opposés à un accord avec le PSOE et Ciudadanos, de manière très ferme. À la fin du mois le roi, dont c'est le rôle constitutionnel, demandera s'il y a un candidat qui se présente devant le Congrès des députés pour former une majorité, puis se soumette au vote? Si Sanchez fait ça, il se fait haïr des Espagnols qui en ont marre et veulent un nouveau gouvernement, et ne supporteraient pas une autre manoeuvre dilatoire. En l'absence d'amateur, ce sera la dissolution du Parlement. Et le programme de Podemos est là, intact, sans compromissions et sans magouilles.

Dernière minute : une réunion se tient entre les députés de ciu's et une partie de ceux du PSOE, pour savoir Sanchez se portera quand même à nouveau candidat. Podemos refuse de s'asseoir à la table de cette discussion, car 88, 8% de ses adhérents refusent tout accord avec Ciu's, parti de Centre droit, certes, mais de droite quand même.

 

Pas en retard d'une insulte, Sanchez, qui pourtant trouvait du charme à un accord éventuel avec Iglesias, clame qu'il n'y a pas d'accord non par la faute de Podemos, mais uniquelment par la faute de son chef Iglesias, qui se voit au sommet de l'Etat. Bref, il essaie à présent de semer la zizanie entre les adhérents de Podemos et Iglesias, profitant du désaccord du mois de mars, qui s'était traduit par la destitution du numéro 3 du parti. 

 

Ces socialistes, on ne les refera pas...Des moeurs de rats d'égoût, la division et la discorde pour mieux régner, ça me rappelle trop un certain François M.

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Published by Mireille - dans infos d'Espagne
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commentaires

mireille 23/04/2016 22:58

A lire: l'article de Mediapart du 23 avril, qui livre une analyse intéressante de la situation actuelle de Podemos. Pas franchement favorable à Iglesias, qui est présenté comme ayant beaucoup concédé,au contraire de ce que j'ai écrit, et ne tenant pas compte de son art consommé de la stratégie. Mais bon, il faut avoir plusieurs avis pour se faire une opinion, parfois.

Deux sondages assez contradictoires, l'un donnant Podemos en nette baisse, l'autre le montrant à égalité avec le PSOE, avec environ 4% d'écart. Je rappelle juste qu'en novembre, Podemos était donné en forte baisse, et que ce fut une sacrée surprise à l'arrivée.

En revanche des chiffres abondants et récents sur l'emploi, la dette publique, l'emploi féminin, une mine de renseignements qui montre la situation réelle de l'Espagne, pas vraiment le bon élève de l'Europe (une augmentation de la dette de près de 1%, bien loin donc de ce qui était toléré par Bruxelles, un chômage de 20% de l

raphaël houillon 22/04/2016 23:27

Merci Mireille pour tes précisions.
OK pour le "boycott de la communication" du PG, et non boycott tout court. Et là tu mets le doigt sur une faille récurrente. Ce déficit de communication concerne aussi d'autres sujets, luttes. Par exemple moi je suis investi sur la lutte contre le GMT, dont JLM fut pourtant un des initiateurs. Et bien je n'ai trouvé dans mon parti aucun relais, aucune communication, par exemple sur l'ICE qui a été auto-organisée par le collectif européen stoptafta, qui a recueilli plus de 3 millions de signatures, mais sans aucun soutien du PG. Dommage... Je pense qu'il s'agit d'un problème "organisationnel": un bien trop petit nombre de personnes gèrent le site, l'hebdo, ...
Quant à l'attitude de Podemos une fois au pouvoir, je suis comme Ginette, j'attends de voir, ne fait aucune prévision. Il se peut très bien que l'on aurait à faire à de bonnes surprises...
En tous cas mes encouragements pour cette chronique qui répond vraiment à un manque! Merci.

mireille 22/04/2016 23:02

Ginette, Merci pour ce commentaire.
Si on s'en souvient, d'aucuns chantaient "Il est génial notre Tsipras" au soir de la victoire de Sirysa. Et moi-même, je n'hésitais pas à écrire qu'A. Tsipras méritait "de rentrer dans l'histoire", je rappelle cela sans ironie aucune. De même, je ne brûle en général pas ce que j'ai adoré, et pour traiter Tsipras de traître, il faudraitêtre confronté en vrai à ce que l'on a nommé "le révolver sur la tempe", souvenons-nous des images pathétiques de ces retraités pas sûrs de percevoir leur maihre pension et des gens acculés au désespoir. La réalité c'est ça aussi, et si on se sent fort soi-même, il est difficile d'imposer aux autres de grands sacrifices, ou alors il faut qu'ils soient unanimement consentis, ce qui n'était pas le cas. Dans uns famine, ou une crise, les gros maigrissent, et les maigres meurent, dit le proverbe.
Ceci dit, on a énormément investi d'espoir sur lapauvre Grèce, et du coup c'était une bien lourde responsabilité?
Podemos s'y prend autrement, mais cela, je le répète, mérite quand même un brin d'attenton. Et après tout, s'il y a des "Nuit debout", c'est parce qu'il y a eu des Indignados, d'où Podemos est directement issu.

La semaine prochaine Felipe VI doit rencontrer les chefs des différents partis. Dur, le métier de roi, il faut parfois mouiller la chemise...
N'empêche que Rajoy contre toute évidence et en dépit des scandales qui éclaboussent de plus belle son parti, se cramponne à sa position, tout en déclarant qu'il n'est pas candidat à la foction de premier ministre. Rivera, Tartuffe, a proposé que, puisque ce sont apparemment les personnes qui dérangent plus que les idées, il y ait un candidat neutre et apolitique, ce qui a eu pour effet de se faire remballer par Rajoy sur sa droite "il n'a qu'à renoncer à la candidature lui-même pour commencer", a sifflé ce dernier, et de se faire tancer par Sanchez à sa gauche, avec comme argument qu'on était là pour faire de la politique. Sauf extraordinaire, j'attendrai vendredi prochain pour faire un compte-rendu de la semaine, qui promet d'être fertile en gesticulation pour terminer par la dissolution prévisible du Congrès des députés.

Ginette Deby 22/04/2016 22:01

Merci Mireille pour cet article bien informé. Il est important de bien comprendre la direction politique de Podemos et j'ai appris beaucoup de choses à la lecture de ton article.
Ceci dit, je reprends une de tes phrases "Je comprends que d'aucuns, dont l'enthousiasme a été fortement douché par le revirement d'A. Tsipras, soient méfiants envers l'attitude de Podemos. " Il faudra voir Podemos au pouvoir pour évaluer réellement quelle sera son attitude face à l'Europe. J'espère pour Podemos qu'il ne se retrouvera pas face à l'attitude hautaine et au désir absolu d'humiliation qui a caractérisé la façon de faire de l'EU face à la Grèce (Varoufakis explique très clairement cette attitude dans son discours publié sous le titre: Notre printemps d'Athènes). La Grèce avec Tsipras avait suscité un enthousiasme fou lors de l'accession de Syriza au pouvoir, avec l'espoir que la faible Grèce pourrait "renverser " la situation : "renverser la table ou passer dessous" était une phrase de Frédéric Lordon qui indiquait par là qu'il n'y avait pas d'autre alternative, et non une déclaration de Tsipras, si je me souviens bien. Tsipras et la Grèce ont eu le couteau sur la gorge, sans aucun soutien d'un autre pays européen, et les conditions de la "capitulation" de Tsipras mériteraient une analyse bien plus approfondie que la simple qualification de "trahison". Je souhaite absolument une remarquable percée de Podemos, mais en cas de succès, j'attends avec anxiété son face à face avec l'EU. Prudemment, comme tu le dis (excuse-moi si j'ai mal compris), son programme ne parle pas de sortie de l'EU ni de l'euro. Mais, en cas de victoire, la question se posera. Evidemment, la situation générale a déjà évoluée depuis un an, et l'Espagne a dans l'EU un autre poids que la Grèce.

mireille 22/04/2016 18:15

Comme ce blog abrite la ré-information, je réponds aux remarques de raphaël pour rétablir quelques faits dont il n'a pas forcément connaissance.

Je crains de m'être mal fait comprendre en évoquant le boycott du sommet européen pour un plan B de Madrid, par le PG.
Par boycott, j'entends le fait que sur aucun des blogs du PG, de celui d'E. Coquerel, en passant par celui de JL Mélenchon, de M. Billard ou de D. Simonet, jusqu'au blog d'A. Corbière, on n'a pu apercevoir la moindre annonce, la moindre affichette, ni la mpindre place sur l'agenda du site du PG, concernant cet événement, à peine évoqué du bout des lèvres par JL Mélenchon, et encore était-il sollicité sur ce point par Zoe Constanpopulou lors de la conclusion du sommet de Paris. Absolument aucun compte-rendu, et il faut se référer à Médiapart pour savoir qu'en effet J. Généreux était présent, un peu normal quand on sait qu'il fait partie de ceux qui sont à l'initiative de cette action. Quant tau discours d' E.. Coquerel à l'occasion de la naissance de , on chercherait en vain là aussi une quelconque référence aux débats de Madrid, si ce n'est qu'il a fait plus ample connaissance avec la forte personnalité de Zoe Constanpopulou. Mais on ne va pas en faire une montagne ni amorcer u débat stérile.
Ceci dit, que personne ne voie de ma part un quelconque dénigrement du PG de ma part, comme j'ai pu le lire ailleurs.. Que du regret, un gros regret, car le sommet de Madrid fut le lieu de confrontation de deux visions différentes sur les moyens de sortir du diktat de Bruxelles.

Je comprends que d'aucuns, dont l'enthousiasme a été fortement douché par le revirement d'A. Tsiprs, soient méfiants envers l'attitude de Podemos. Je fais partie des déçus, moi aussi. Cependant, à l'inverse de Tsipras, comme j'ai eu l'occasion de l'écrire ici ou ailleurs, Pablo Iglesias n'a jamais prétendu"renverser la table", et la suppression de la dette
ou la sortie de l'euro ne figurent pas au programme de Podemos. C'est sans doute pour cela que ce très jeune parti dans une Espagne fortement marquée par un bipartisme congénital, a pu réaliser un tel score: Podemos a, en plus des Indignés, attiré les voix des déçus du PSOE ou de ceux qui, fatalistes, n'avaient jamais voté. En revanche, ce que réclame Podemos, c'est la reconsidération de la dette, et surtout que les citoyens espagnols, exténués par la crise, n'en portent pas le poids, mais les responsables, c'est à dire le monde de la finance et de la spéculation immobilière en particulier.
En fait deux logiques s'affrontent, ou plus exactement se confrontent: d'une part ceux qui sont partisans d'une rupture nette avec Bruxelles et aimeraient que Podemos soit en Europe une tête de pont, et ceux, plus pragmatiques, qui optent pour une "solution politique", allant, comme N. Alvarez, jusqu'à envisager un Parlement de l'euro. Cette deuxième vpie a la faveur de Varoufakis, et pas seulement, voir le manifeste rédigé à la fin du sommet madrilène, guère diffusé par le PG, on en conviendra, ne serait-ce qu'à titre d'information.

On a souvent dit de Pablo Iglesias que c'est un stratège, et je pense que c'est avec quelque raison. Pourquoi donc pense-t-on qu'il ait exigé, pour Podemos, la fonction de vice-président du gouvernement et quatre ministères-clés, dont celui de l'économie?
Je fais le lien avec l'article ci-dessus en montrant que Iglesias n'est pas Tsipras, et son attitude, au sein même de Podemos , montre une constance à toute épreuve. Il refuse toute compromision avec le PSOE et Ciudadanos, qui prônent un changement "réformiste", les mots ont un sens quand même, mais s'inscrit dans une démarche de "changement de progrès", progressiste si vous voulez, ce qui est fondamentalement différent. Il n'y a donc pas tromperie sur la marchandise.

D'autre part, j'ai pu lire sur le blog d'A Corbière qu'il était nécessaire de s'affranchir de la dictature des médias. Eh bien pas plus tard qu'hier,Iglesias, qui présentait un livre à l'Université de Madrid, a déclaré que les journaux espagnols dans leur majorité étaient, je traduis, "obligés de prler mal de Podemos". E effet, entre les prétendus pous des députés de Podemos et le financement du parti parChavez, il y a de quoi faire. Pourquoi? a questionné Iglesias. "parce qu'ils ont peur", plus exactement parce que les partis pour lesquels ils sont aux ordres ont peur de Podemos. Inutile de dire que la déclaration a soulevé les applaudissements nourris des jeunes présents, mais aussi l'indignation vertueuse de la presse, qui a aussitôt parlé de la remise en cause de la liberté d'expression, le spectre du goulag n'était pas loin , et les syndicats de journalistes ont protesté.
Iglesias prend le risque de s'aliéner la presse, au bénéfice de la vérité. Ceci dit, la tv publique espagnole fait la part belle aux interventions en direct, reprises ensuite. Iglesias s'appuie sur les citoyens, pas sur les journalistes.
De même, et c'est le sens de mon article, il prend le risque de faire taxer Podemos d'intransigeance, et d'être, par la minorité de blocage, le meilleur agent pour le maintien au pouvoir de la droite, et Iglesias est nommément désigné par Sanchez et Rivera, le blocage, ce serait le fait d'une seule personne (cherchant en même temps à le décrédibiliser devant les militants). Et c'est vrai que Podemos risque gros lors des prochaines élections générales en juin, si les campagnes diffamatoires relayées par la presse font leur effet, c'est-à-dire de perdre de l'audience, et le moyen de peser sur le gouvernement du pays. Podemos n'est pas pour l'indépendance de la Catalogne, mais défend le principe même de la consultation populaire, donc du referendum.

Il est dommage, vraiment, qu'on ne considère pas davantage ce qui se passe de l'autre côté des Pyrénées, il est dommage vraiment que les débats du sommet de Madrid n'aient pas eu plus d'écho.
Cette fois, est-ce que je me fais bien comprendre?

raphaël 21/04/2016 01:20

Merci Mireille pour ce retour de ta "chronique espagnole".
Cependant: le PG n'a pas boycotté la rencontre de Madrid autour du plan B. Jacques Généreux, "bras droit" de JLM pour la campagne qui s'annonce chez nous, l'y représentait.
De plus, à l'époque (avant son accession au pouvoir), Tsipras montrait la même intransigeance qu'Iglesias à propos des alliances électorales, et même encore plus radicalement puisque Syriza excluait tout accord même avec le Pasok, ce qui avait entraîné une micro-scission du parti.
Cela ne l'a pas empêcher de céder face à Bruxelles et de trahir son mandat. Et Podemos est incontestablement plus "euro-conciliant" que ne l'était Syriza dans sa conquête du pouvoir. Mais cela ne veut pas dire qu'il serait moins "efficace", de notre point de vue, si il parvenait au pouvoir... Mieux vaut se radicaliser après-coup que de se pasokiser honteusement, assurément!

mireille 22/04/2016 18:20

Oups, lire l. 12 de ma réponse à raphaël "discours à l'occasion de PLEFSI ELETHERIAS, merci.

raphaël 21/04/2016 01:34

je viens de lire le discours de Coquerel pour la naissance de Plefsi Eletherias, proposé chez Alexis par, je dirais, Vox (on s'y perd dans les pseudos par là-bas!):
http://www.eric-coquerel.fr/node/485
Et donc apparemment, lui aussi était à Madrid. Généreux faisait parti des intervenants et était "sur le programme" comme économiste, mais en tant que coordinateur du PG, la présence de Coquerel peut être considérer comme un soutien au processus, non?

Mireille la rouge 20/04/2016 15:31

Ceci n'est pas un commentaire, juste un ajout de ce qui s'est passé ces dernières heures.

Mais avant tout, veuillez pardonner un lapsus clavieri: dans l'avant dernier paragraphe du chapitre "Petits rappels si vous avez manqué quelques épisodes", je fais disposer Podemos d'une "majorité de blocage". J'aimerais bien, et je ne suis pas la seule, mais...c'est d'une "minorité de blocage" qu'il s'agit. En attendant mieux...
Ensuite, lorsque dans le tout premier chapitre de cet article je 'évoque les scandales de corruption qui se découvrent toujours, le plus récent concerne la mairie de Grenade,et puis la démission du ministre de l'industrie, Jose Manuel Soria, les Panama Papers ayant révélé ses accointances avec un banquier véreux, rien ne manque, blanchiment d'argent, et tout et tout...Ce ministre en fonction du gouvernement Rajoy poussé à la démission, ça fait désordre au PP, qui tente par tous les moyens de se refaire une image et montrer qu'il a rompu avec la corruption. Rajoy l'avait juré la main sur le coeur, et vlan, un de ses ministres, et pas des moindres, a été pris les doigts dans le bocal de confiture il y a une semaine. Le plus acharné à demander sa tête fut justement Rivera, qui se pose ainsi en monsieur Propre. Si propre que les rumeurs, à nouveau distillées, sur le prétendu argent de Chavez donné à Podemos ne pouvaient lui faire que plaisir. Sauf que...ces rumeurs ne rencontrent aucune preuve, pas même l'ombre d'un embryon d'argument.


Mais la campagne électorale a bel et bien commencé avant l'heure, et certains ont commencé à sortir les couteaux.
Ainsi, les 60 députés et représentants du PSOE et de Ciu's sont en train de discuter pour la candidature éventuellement reproposée de P. Sanchez. Podemos a refusé de participer à cette mascarade puisqu'aussi bien chacun sait qu'on se prépare, dans tous les partis, à de nouvelles élections générales, le but étant pour chacun d'augmenter ses scores de décembre. Pablo Iglesias a refuser de participer, donc, car , s'il est ouvert à une convergence "à la Valencienne", il n'entend pas être la voiture-balai du PSOE, et ensuite, la consultation de la base de Podemos indique que 88, 8% des adhérents refuse totalement l'idée d'une collaboration avec Ciu's.
Aussitôt Sanchez déclare que Podemos n'est pas responsable de ce blocage, mais que la faute en incombe à un seul homme, Iglesias, qui exerce son pouvoir d'une main de fer dans son propre parti. Le surlendemain d'une consultation des adhérents, l'argument laisse songeur, mais bon. L'important est de taper sur celui qui représente une menace pour l'hégémonie du PSOE.
Puisqu'il s'agit pour chacun d'augmenter ses scores, ne perdons pas de vue que le PP s'est au cours de ces deux mois, encore plus déconsidéré, et que nombre d'Espagnols porteront leur voix ailleurs. C'est ce sur quoi table Rivera, et c'est pour cela qu'il s'attache à mettre en préalable à toute discussion avec le PSOE, l'exclusion de Podemos, se voyant bien, lui, vice-premier ministre. C'est pourquoi Sanchez, qui pense que nombre de voix du PP se porteront en juin sur Ciu's, hésite lamentablement entre Rivera et Podemos: qui apportera le plus beau paquet de voix dans la corbeille de mariage? Voilà pourquoi les porte-parole de Podemos déclarent qu'il est rageant de voir tant de points de convergence entre le PSOE et Podemos, et qu'il est dommage de céder aux injonctions d'un type de droite, alors que Podemos et sa confluencia offrent une vraie majorité de la vraie gauche, la question étant de savoir si Sanchez a vraiment la volonté d'un gouvernement progressiste de gauche, ou de se cantonner au réformisme? De cela les Espagnols devront bientôt juger, et c'est pour cela que Podemos doit être fidèle à lui-même, et ne rien lâcher.

J'ajoute qu'il est bien dommage que le PG et en particulier JL Mélenchon aient à ce point boycotté le sommet pour un plan B de Madrid, au motif qu'Iglesias serait un autre Tsipras. Je le déplorais à l'époque, et la suite prouve que j'avais bien raison.

PS: A la demande de nos amis Ginette et Carol, je prépare un article sur la menace jihadiste en Espagne et les impacts qu'elle pourrait avoir sur les chiffres du tourisme espagnol, ce qui explique pourquoi on l'évoque si peu. Il y a de nombreux articles à traduire et à taper, donc il me faudra un peu de temps.