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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 23:16
Mouvement «Nuit debout» place de la République. - Bertrand Combaldieu/AP/SIPA

Mouvement «Nuit debout» place de la République. - Bertrand Combaldieu/AP/SIPA

Que n'ai-je pas dit là ? Certains vont me taxer de vouloir saborder JLM2017, mais c'est tout le contraire. Cependant il s'agit de savoir ce que nous voulons.

 

 

Qui nous ?

 

J'ai souvent appelé « nous » la gauche de combat pour éviter de dire « extrême » gauche qui bénéficie, hélas, d'une connotation en partie méritée si on se place dans le cadre libéral habituel. Aussi faisons un petit rafraîchissement de mémoire.

 

La position des mouvements « gauchistes » qui ont contribué à former ma vision politique se voulaient plus à gauche que la gauche qui à l'époque était représentée par le PCF, le PSU, et le PS, ex SFIO. Nous méritions à l'époque cette qualification « d'extrême gauche » car nous voulions aller plus loin dans le défi social et politique que les « partis de gouvernement » proposaient à la vision de leurs militants.

 

Mais nous avions finalement assez mal analysé la situation et notre discours apparaissait dissonant par rapport au grand consensus entamé avec le congrès d' Épinay.

 

Nous n'y croyions pas à l'époque mais nous avons voulu y croire, ceci jusqu'en 1983 et depuis nous n'avons constaté que, si notre analyse était en partie incomplète, par contre notre appréhension de ce qui devait arriver était confirmée.

 

L'arrivée de FH et de sa bande de collabos (promotion Voltaire ENA + Solfériniens) a bien confirmé nos craintes et même au-delà de toute imagination.

 

Cependant il ne faut pas occulter que la déroute d'une gauche efficace (celle de 1981 ?) – qui aurait été « réformatrice » - a considérablement dispersé les force vives de la gauche « extrême ». Beaucoup d'entre nous, hélés par « l'effet écologie » ont préféré tenter de couper avec le système de leur propre chef, avec leur propres moyens. Ce sont tous les « hippies » qui on tenté « le retour à la terre » avec plus ou moins de succès. On ne se transforme pas en cultivateur par le seul effet de sa propre volonté. Manifestement, pour ceux qui ont réussi à s'adapter, la « décroissance » de fait a été le modus vivendi. Tous ceux qui ont mené au bout de leur idée leur trame de vie sont très heureux mais leur poids politique et sociologique est quasiment nul.

 

  • La graine écologiste avait pourtant été semée.
  • La graine écologiste a aussi été récupérée par des partis traditionnels.
  • Des personnalités ont émergé mais tout est fait pour les récupérer et certains ont accepté de se faire récupérer.

 

 

Le rôle politique majeur et innovant du PG

 

Mais dès que le PG prend son « envol », la clause écologie prend du poids, un tout autre poids. Toutefois, le pan écologique du PG est occulté par les médias qui restent accrochés aux partis traditionnels, comme si l'écologie pouvait être l'unique bréviaire politique d'un parti.

 

Dans la pensée écologiste on trouve deux causes de rupture avec le médium politique dominant, médium traditionnel :

  1. L'écologie n'est pas une profession de foi politique mais un cadre clivant dans le médium politique traditionnel : ce n'est pas une « cause » à défendre comme par exemple le travail des enfants dans les mines mais une clause de survie de l'humanité entière.
  2. L'écologie pointe sur le mécanisme fondamental de la société de consommation, elle-même produit du couple capitalisme/libéralisme.

 

Ces deux zones de rupture n'en forme en fait qu'une seule si on se réfère aux réelles exigences de l'écologie humaine : la mise en cause du moteur libéral, la croissance.

 

Dans la campagne de JLM de 2012 le message le plus spécifique et novateur est celui de la bifurcation, c'est à dire la sortie abrupte du système.

 

J'ignore si Jean-Luc se rend compte à l'époque de l'énorme portée de ce message, car il est clairement en rupture avec le cadre politique traditionnel.

 

Je dois avouer que ce discours m'a permis, ainsi qu'à un certain nombre de gauchistes, membres du NPA entre autres, de saisir la nature de la rupture que JLM mettait en évidence et sa qualité.

 

Un bémol doit être émis et une nouvelle piste à suivre se présente :

 

Mais le médium écologiste dépasse largement le contenu écosocialiste du programme du PG. En effet jusqu'à un passé récent, le PG reste dans un cadre réformiste traditionnel. Cela explique en autre la valse hésitation autour de l'Euro et la sortie des traités. De même que la souveraineté populaire est occultée par le discours fasciste de souveraineté nationale, l'internationalisme traditionnel de la gauche, issue du médium marxiste constitue un frein à une pensée plus tranchée. La volonté d'opposer l'internationalisme à la souveraineté qui n'est lue que comme « souveraineté nationale » cristallise les positions et constitue un frein idéologique qu'il faut dépasser absolument.

 

De même, si nous prenons des éléments du discours de JLM, ce dernier reste toujours tributaire du médium productiviste attaché à une lecture erronée mais typique des idées de Marx et Engels.

 

Je ne vais pas détailler le discours de ces deux fondateurs mais simplement pointer sur la lecture qui en fut faite par les soviétiques. On pourrait en détailler les raisons liées pour la plupart à l'attaque en coupe réglée que la jeune nation soviétique a dû essuyer mais ce n'est pas mon propos. Le productivisme s'attache de façon irréductible avec la seule pensée solide à gauche à l'époque, le socialisme soviétique.

 

Jean-Luc a toujours tenu un discours écologiste, mais tous les exemples qu'il donnait et continue à donner sont emprunts d'un certain productivisme qui entre en conflit avec l'écologie, décroissantiste, ou a-croissantiste par nature.

 

On trouve sur ce point un clivage obligatoire à opérer.

 

Une société où l'écologie, donc la volonté de piloter le biotope humain de façon à ce qu'il se confonde avec le biotope global (terrestre) oblige à pointer fortement la nécessité de réduire la consommation dans des proportions draconiennes par rapport à ce qui se passe aujourd'hui. Si, en effet, nous ne pouvons permettre aux ressources naturelles non renouvelables de se renouveler – cela est contenu dans leur essence -, les ressources renouvelables, elles, doivent pouvoir opérer un cycle qui leur permettra d'effectivement se renouveler. Or, actuellement, le niveau de consommation des ressources renouvelables équivaut à 1,6 fois la capacité de l'écosystème terrestre à se renouveler. Cela signifie que l'humanité prélève sur le capital et cela depuis de nombreuses années. Au rythme actuel l'humanité risque rapidement de pâtir de cet état de fait.

 

Deux exemples, à fin d'illustration :

  • a) La pêche industrielle fait disparaître dans une vitesse critique les ressources halieutiques au point qu'elle provoquera rapidement, non seulement la casse de la petite pêche, mais sa propre incapacité à continuer selon ce rythme effréné.
  • b) L'eau douce : dans de nombreux endroits l'eau douce est simplement en train de devenir salée du fait de l'invasion des nappes phréatiques côtières par la montée des eaux salées venant des océans du fait de la montée de eaux liée au dérèglement climatique. Mais bien plus encore avec la pollution aux hydrocarbures, pesticides, médicaments(hormones) des ressources d'eau douce comme les rivières.

 

Notons que si le cas a) sera très difficile à régler, car il faudra un temps important pour s'adapter en inventant des dispositifs efficaces pour pallier le problème créé – on ne va pas faire machine arrière en terme de fonte des glaces -, la pollution des fleuves et des rivières peut être traitée efficacement et plutôt que de traité le problème, envisageons simplement de ne pas l'aggraver en changeant de pratiques, en ayant plus de respect de cette eau douce : récupération drastique des hydrocarbures et toilettes sèches, douches avec un récupérateur/filtre en amont des centrales de traitement des eaux grises.

 

Mais là, non plus, ce n'est pas mon propos si ce n'est celui-ci : une société « écosocialiste » sera une société du respect de l'environnement par la réduction impérative de la consommation et surtout de la limitation drastique du gaspillage en tendant à éliminer tout gaspillage.

 

ET CELA EST UNE SORTIE DU CADRE !

 

 

L'écologie soutenue par un autre projet politique, clivant :

 

Mais tous ces efforts pour sortir du cadre, s'ils se présentent de façon évidente pour quiconque possède un soupçon de pensée écologique ne pourront être efficaces que dans la mesure où la société sort du contexte capitaliste/libéral.

 

Il faut aussi sortir de ce cadre-là et ce n'est pas évident pour tout le monde. Cependant les assemblées « nuit debout » ont bien pointé le problème : il faut bifurquer en matière économique, c'est-à-dire s'armer des outils – cliquets ainsi qu'il a été dit ailleurs – pour non seulement réguler le rapport entre l'économie de la société et le citoyen, que certains prétendent résoudre par des réformes, mais bien plus tuer les structures qui apparaissent comme naturelles mais qui ne sont que des conventions de longue date – c'est pour cela qu'elles ont la vie dure – mais qui sont bien les fondamentaux du capitalisme :

  • La notion même de capital/propriété privée à but lucratif
  • La notion même de travail/emploi débouchant dans un rapport de subordination employeur/employé.

J'ai déjà développé abondamment ces concepts je n'y reviens pas, qu'à titre de rappel.

 

 

Que vient faire « nuit debout » ?

 

Il se trouve que dans le « discours essentiel » des nuits debout ces deux notions sont pointées dans le sens de leur éradication.

 

Et c'est là que j'en arrive à ma conclusion qui constitue mon titre : les gens de nuit debout ont pointé déjà les nécessaires sorties du cadre à opérer si l'on veut effectivement en sortir. Il n'y a plus qu'à ce mettre au boulot.

 

En effet, le piège à éviter est celui dans lequel est tombé OWS (Occupy Wall Street) ou celui dans lequel est tombé le mouvement des indignés espagnol. En effet l'effet hyper horizontal de de OWS a conduit ce mouvement à simplement être inopérant. OWS contenait dans sa structure même les graines de sa propre annihilation. Certes Bernie Sanders reprend le flambeau et son discours recueille une belle écoute, un beau soutien mais nous restons dans le cadre d'une « mise en réforme » de la société US. Le problème espagnol est bien pointé par les anciens indignés : Podémos est devenu un parti comme les autres et participe à la ronde des discussions. Même si pour le moment le paysage politique espagnol reste bloqué et verrouillé jusqu'au scrutin de juin, Podémos s'est coupé de l'inspiration socio-politique de ses origines. Podémos n'est pas sorti du cadre.

 

C'est la raison pour laquelle il faut que « nuit debout » opère une bifurcation, sortie du cadre, en se positionnant et s'organisant pour une action qui fasse sortie du cadre. S'organiser vers une « constituante » c'est mettre en avant le bilan politique de cette action.

 

Certains me diront : « oui, mais les élections de 2017 ? » . Bien sûr, mais je crois que nous sommes dans un mouvement éminemment porteur, il porte un nom : « jlm2017 ». Il n'est pas dit que, comme par enchantement, les deux courants se rejoignent naturellement. Mais on peut d'abord en faire le pari, en détruisant le reproche qui est fait à Jean-Luc : « Mais vous êtes tout seul – sous entendu, vous n'avez pas de parti – ! » Et bien non , Jean-Luc n'est pas tout seul. Mais à nous de lui confirmer qu'il avait raison dès le départ en œuvrant pour que jlm2017 et « nuit debout » réalise une synergie positive. JL n'est pas devin mais il a senti que l'élection de 2017 se passerait dans un premier temps par les arcanes de la Vème – à moins d'une grève illimitée conduisant à une démission du gouvernement – et ensuite par la mise en œuvre d'une constituante qui ne sera pas bien difficile à opérer puisque « nuit debout » en aurait défriché l'essentiel.

 

Il faudra bien à Jean-Luc, si « nuit debout » s'organise en constituante, approuver le principe de ce qui sera en train de se réaliser : ce serait une aubaine politique à saisir.

 

On ne pouvait pas rêver de meilleure opportunité.

 

L'élection passée, la constituante au travail dans une dernière ligne droite, élections législative selon le nouveau mode décidée par la constituante – pas de perte de temps - et hop, les clés de l'Elysée dans la Seine..

.

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Published by puèg-pichot - dans stratégie politique
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commentaires

raphaël 10/05/2016 03:04

salut à tous!
@ Denis: je me suis abonné récemment à ton blog, mais cet article ne m'a pas été signalé! Si ça continue, je vais demander à me faire rembourser! (mais ça ne continue pas, j'ai bien reçu celui de Carol...)
@ Puèg Pichot: heureux de te relire.
Je te rejoint à 100%: lancer un processus constituant serait pour Nuit Debout la meilleure concrétisation de la mobilisation de tous ces citoyens, et le meilleur moyen d' intéresser toujours plus de monde. Et de rendre le mouvement inattaquable.
Concernant le programme agricole du PG, je pourrais aussi te filer un coup de main, je l'ai bien étudié, et c'est de loin le plus complet. Il faut dire qu'il est issu des travaux du "Front de Gauche de l'Agriculture", un des seuls "FdG thématiques" qui ait perduré et travaillé sérieusement, en associant étroitement des syndicalistes paysans, notamment de la Confédération Paysanne. C'est un programme de terrain, pas un truc de bobos écolos parigos!

puég-pichot 07/05/2016 23:12

En fait il est important dès maintenant de réaliser/faire réaliser un audit de la sur consommation en France afin de trouver les pistes les plus fécondes et c'est pour cela que l'on a besoin de spécialistes.

puég-pichot 07/05/2016 23:08

@Denis
@Maignial
Mes amis vous mettez le doigt sur le problème crucial. Cependant, tendre vers une consommation raisonnée commence par éviter les pièges de la consommation de masse spécifique au système capitaliste.
La France seule ne peut pas techniquement avaler les 60% en trop. si on se réfère au PIB des gros "consommateurs" notre pays pourrait entamer salement l'excédent sans pouvoir le résoudre. Ce serait un exemple pour le reste du monde. Car en orientant de façon coordonnée les modes de consommation on pourrait démontrer que l'on ne se porte pas plus mal en France tout en ayant jeté par dessus bord les mauvaises habitudes de consommation? En fait je compte sur un effet boule de neige, sur 10 ans peut-être.
En fait, réduire la consommation des matières premières renouvelables commence déjà par un recyclage systématique de tout ce qui peut l'être dans des condition acceptables du point de vue énergétique mais aussi la mise en arrêt de toutes les consommations inutiles et attaques contre le biotope général.La France serait toujours agressée par les poussières venues d'Allemagne mais ce genre de problème ça se règle politiquement.
Bon, du fait que j'ai amorcé la réflexion, cela nous fait un ensemble de point à débattre. Je pense mettre en ligne ici, et dans ce cadre, une analyse de la politique agricole du PG.
Maignial je compte sur toi, tu es plus compétant que moi en matière "biologique" . Je ne suis qu'une chimère mi-mathématicienne/mi-philosophe, hélas !

mireille 07/05/2016 20:27

Oups
Pierre Laurent et son équipe de bras cassés, bien sûr. Quoique, bras casés, pour ce qui concerne le PCF, ce n'est pas tout à fait faux.

Maignial 08/05/2016 09:18

Désolé, ma réponse était destinée à puèg-pitchot (et Cronos) mais j'ai fais une erreur de manip

Maignial 08/05/2016 09:14

Si tu penses que je peux t'aider, n'hésite pas :-)
@Denis: ce que je peux dire, c'est que plus on attendra, moins on aura de chance de faire la transition en douceur. Le problème le plus urgent à résoudre, c'est le bouleversement climatique d'origine anthropique, pour 2 raisons: la 1ère, c'est que ses effets seront apocalyptiques à l'échelle de la planète (cf mes articles à ce sujet http://www.cronos-lomosapien.com/search/CO2%20ppm/); la 2ème, c'est qu'une fois passée le point de non retour, il sera définitivement trop tard.

Or, les scientifiques estiment qu'il ne faut pas dépasser 2°C de réchauffement pour avoir une chance raisonnable de ne pas modifier les écosystèmes au point de mettre en péril nos civilisations et la trajectoire climatique de la Terre (note: avec +2°C, il faut déjà s'attendre à une élévation du niveau des océans de 10 mètres environ). De plus, ils ont calculé que le budget 2°C, c'est à dire, le volume de C02 émis à ne pas dépasser pour rester sous 2°C de réchauffement, sera atteint dans les années 2030 à supposer que les états tiennent leurs engagements en lien avec la cop21.

On est donc bien en train de foncer vers le scénario que tu décris. Mais je voulais juste souligner que ce n'est pas la décroissance en soi qui provoquera un recul de nos modes de vie; c'est surtout la bêtise de s'y prendre au dernier moment, quand il est déjà trop tard.

mireille 07/05/2016 20:25

puèg_pichòt
Pour Podemos, vamos a ver.

Je vais dans le courant de la semaine envoyer u article sur la situation politique en Espagne, Podemos a passé un accord avec la Izquierda Unida, et ce n'est pas parce que Pierre Laurent et son équipe de bras casés est inféodé au PS, que les communistes espagnols sont aussi bêtes.
Peut-être pouvons-nous nous dire aussi que si Sirysa n'avait pas évité au premier abord le PC grec, les choses auraient évolué différemment.
Mais je sais, si ma tante avait des roues, elle serait un autobus, ce ne sont que constats (pour la Grèce) qui ne doivent pas nous empêcher d'observer ce qui se passe en Espagne, qui est très exactement ce que nous vivrons dans quelques mois en France.

Maignial 07/05/2016 19:26

Pas d'accord avec toi Denis. J'ai donné il y a peu, en réponse à un texte commun publié par puèg-pitchot et toi même, plusieurs exemple de surconsommation due au capitalisme. Agir contre l'obsolescence programmée, l'agriculture productiviste ou la délocalisation d'activités, par exemple, ne demande aucunement de revenir au confort de vie du moyen-âge. Et le faire est au contraire résolument social et démocratique. Car en se débarrassant d'activités inutiles, on évite au producteur de gaspiller son temps et au consommateur de gaspiller son argent. Ce qui permet d'améliorer le niveau de vie et de libérer les énergies citoyennes pour une démocratie participative. L'aspect écologique est évident, je n'y reviens pas.

raphaël 10/05/2016 15:25

@ maignial: tu brûles! Même moteur et même carburant, avec juste un peu de mécanique en plus pour optimiser l'énergie dépensée.
Par contre, sur l'agriculture, tu t'es mélangé les pinceaux: à production égale c'est dans un système "bio" qu'il faut plus de travailleurs.
Dans un système productiviste, chaque travailleur produit bien plus, grâce à la sur-mécanisation et l'emploi d'intrants chimiques, mais la plus grosse partie du chiffre d'affaire part pour alimenter les banques, les producteurs de machines, de pétrole et de produits chimiques. De plus, ayant une grosse production d'un seul ou de quelques produits à écouler, il ne peut que s'adresser à des grossistes, des centrales de supermarchés, des industries agro-alimentaires qui lui paieront sa production à un prix bien moindre que le paysan diversifié qui va écouler sa production localement, sans intermédiaires ou très peu.
Donc en "bio" (en fait le terme est mal adapté, il y a aussi du bio industriel, il vaut mieux dire "agriculture paysanne"), chaque travailleur produit moins de légumes, de poulets, ... qu'en intensif, mais leur vente, mieux valorisé, sert essentiellement à ses revenus alors que l'intensif aura parfois du mal à s'en dégager un de revenu malgré qu'il génère des milliers d'euros tous les mois.
Un exemple extrême: dans le film "Demain", il est question d'une ferme maraîchère en Normandie qui génère 50 000 euros de CA sur 10 ares (1000m2!) avec deux travailleurs, grâce à l'emploi de la "permaculture" (culture "sur étages", plusieurs variétés associées sur les mêmes parcelles: légumes racines-légumes feuilles-arbres fruitiers, ...). Et aucun outil mécanique...
Le même CA est obtenu classiquement par un maraîcher tout seul sur 5 ha (50000m2), avec 4 ou 5 variétés cultivées sur de grandes surfaces avec multiples passages de tracteur.
Le bio est parfois bien plus intensif que le productiviste!
Il ne s'agit pas de se passer de la mécanique, cela apporte une meilleure productivité du travail et surtout un plus grand confort! Mais de l'utiliser que quand cela apporte vraiment un plus et de la faire durer. Dans un système productiviste, sur-équipé, l'exploitant sera au contraire tenté d'utiliser ses tracteurs pour toutes ses actions. D'autant qu'il est incité à les renouveler souvent, ne serait-ce que pour des raisons d' "optimisation fiscale": pendant 7 ans, il va déduire l'amortissement de son investissement de son bilan. Après ces 7 ans, si il garde son "vieux" tracteur, ça va créer de la plus-value imposable! Alors vite, chez le concessionnaire, il paraît qu'il en a un nouveau pilotable depuis chez soi par GPS... la classe, quoi...
Cette mécanisation à outrance et la chimie ont certes permis de doper sérieusement la production et de faire de la France un pays exportateur net.
Mais à quel prix social et environnemental?
Et pour reprendre un raisonnement "à la Illich": il y a 100 ans, la France n'était certes "que" autonome d'un point de vue alimentaire. Elle (enfin, ses paysans) nourrissait ses habitants, mais aussi, et ça on a tendance à l'oublier, ses chevaux, qui effectuaient le travail agricole mais aussi plus globalement une grande partie des transports (même les péniches étaient tractées depuis les chemins de hallage). Alors oui, nous n'étions pas "exportateur net" de blé ou de carcasses de poulets congelés, mais nous n'étions pas non plus "importateur net" de pétrole, de produits chimiques, ...
A choisir...

Maignial 10/05/2016 09:08

@raphaël: merci beaucoup pour ton éclairage, je ne m'étais pas rendu compte de cela. À production égale, il faut donc finalement plus de gens pour l'agriculture capitaliste que pour l'agriculture bio?

Tu piques ma curiosité sur le mode de transport le moins gourmand en temps! Ce n'est quand même pas la course à pied?

raphaël 10/05/2016 02:49

En fait, même pour l'agriculteur la décroissance se traduirait par un gain de temps. Car si l'agriculteur bio passe plus de temps que le productiviste pour une production donnée, si l'on se réfère au revenu du dit agriculteur, le ratio s'inverse très nettement: le productiviste consacre la moitié de son temps de travail à financer les prêts qu'il a du contracter pour s'installer et s'équiper, et encore un quart pour payer les nombreux entrants. A production égal, il faut juste plus de paysans. Et si en plus on tient compte de l'influence sur la durée de vie du stress au travail, de l'exposition aux produits chimiques, ...
Il faut relire Ivan Illich. Qui avait calculé quel mode de transport était le plus rapide, en intégrant au temps de transport le temps passé à financer et entretenir le mode de transport. Et devinez lequel remportait haut la main la palme du plus rapide?

puég-pichot 08/05/2016 11:26

Je parlais d'agriculture car cela paraît, sinon plus facile, mais du moins le processus de non gaspillage me paraît entamé, au-moins dans mon coin(Pays de Loire). Les circuits courts se multiplient et la tendance vers une culture raisonnée, sinon bio tend à s'affirmer.
Mais il reste des secteurs tenaces comme les productions extensives, sous pesticides, les OGM qui s'introduisent subrepticement en tant que "cultures test", j'en passe et des meilleures, en particulier l'élevage de porcs et des volailles en batteries. Il y va d'une restructuration massive d'une partie non négligeable de l'agriculture qui demeure fondamentale si on veut éviter les importations qui pèseraient d'un poids catastrophique sur la balance du commerce.
Bien sûr le recyclage systématique, la possibilité de réparer les appareils au lieu de les jeter et bien sûr l'obsolescence organisée.
Il faut penser aux invendus des grandes surfaces - il faudra jeter un oeil aussi sur leur pratique - , les emballages multiples et faciliter la distribution en local et en bocal ( je n'ai pas pu m'empêcher le jeu de mot) , enfin avec consigne où en apportant son propre récipient.
En même temps cela permettra une plus grande convivialité. Rien n'est à négliger surtout le facteur humain.

Faict Denis 07/05/2016 21:06

Mon cher camarade, je suis à peine surpris de ta réaction, mais je souhaiterai que tu prennes le temps de la réflexion et le recul nécessaire à une analyse sereine et constructive ; relis moi tranquillement et oublies tes certitudes, je suis persuadé que tu feras d'autres constatations plus évidentes encore, car mon texte est plein de contresens mis là volontairement, que la démocratie, il va falloir que nous la convoquions et surtout que nous l'apprivoisions, et je crois qu'au niveau aussi large et important que l'Europe et pour commencer, ce ne soit pas aussi facile que cela.

Je ne remets pas en question ce que tu dis, il est vrai que techniquement des gains sont réalisables mais là n'est pas ma réflexion.

Maignial 07/05/2016 19:48

Enfin, le gain de temps est moins vrai dans l'agriculture: ce qu'on gagnera par la décroissance, on le perdra par les soins qu'il faut apporter à une agriculture bio. En revanche, c'est tout bénef de lutter contre l'obsolescence programmée, les circuits longs, le tout-voiture, la pharmacie lucrative, les accords internationaux absurdes...

Faict Denis 07/05/2016 18:22

Excellent texte et bonne analyse sur le fond que tu nous donnes là camarade. Par contre la démonstration à priori de la décroissance pose un problème à ce qu'il me semble : pouvons-nous raisonnablement envisager, dans le cadre d'une démocratie réelle et participative, une décroissance suffisamment rapide et globale, ceci a minima au niveau du continent européen ? De réduire spectaculairement, moins 62,5%, la consommation donc la production industrielle et alimentaire pour permettre le retour à un rééquilibrage de la pression écologique sur le vivant et les matières premières renouvelables, ceci en moins de 3 ans ? Les deux interrogations considèrent non la faisabilité, mais le cadre démocratique pour ce faire. Car nous devrions dans ce cas et pour les 500 millions d'européens nous mettre au niveau de vie du continent africain. Je doute fort de pouvoir obtenir l'assentiment des européens, et encore moins en convaincre les américains du nord et du sud.

Ou les scientifiques se sont fourvoyés dans leurs calculs, et nous pouvons envisager sereinement les transformations nécessaires au renversement du système capitaliste, qui bon an mal an prendra bien une dizaine d'années avec les aléas prévisibles avant que nous n'ayons retrouvé une harmonie du bien vivre ensemble, ceci au niveau mondial, sinon ce sera reculer pour mieux sauter.

Ou les scientifiques ne se sont pas trompés du tout, et alors là…

puég-pichot 07/05/2016 14:23

@Mireille
Non, Podémos est dans le cadre jusqu'au cou. Telle était la position de SIRYZA-nouvelle version- une fois que sous l'action de Tsipras il eut été convenu d'ouvrir à droite. On a vu ce que cela a donné. Prisonnier ou complice Tsipras s'est couché pour la simple raison d'être resté dans le cadre. Tant que Podémos ne montrera pas qu'il veut sortir clairement du magma européen je continuerai à être archi prudent quand à l'espérance d'une sortie par le haut.
Pourtant, combien de déclarations locales des gens de Podémos tendent à espérer cette sortie ! Il y a donc bien un net inconfort à la tête de Podémos, comme il y en avait une à la tête de SIRYZA. Je continue à penser comme ANTARSYA, qui à l'instar de Lordon, estime que le fil ombilical avec la société capitaliste n'a pas été tranché !

Maignial 06/05/2016 18:08

Bravo puèg-pitchot! L'écologie n'est pas compatible avec le productivisme, lequel caractérise le socialisme soviétique comme le capitalisme. Il faut décroître, tant pour des raisons écologiques que sociales et démocratiques (mais ces trois idéaux sont les flancs d'une même montagne).

Je pense que tu as également raison de dire que le PG a encore des progrès à faire en matière écologique, même si indiscutablement ce parti est plus prometteur qu'EELV qui prétend encore donner des leçons.

mireille 05/05/2016 16:51

Podemos n'est pas sorti du cadre.

Bon. Mais d'abord suivons ce qui se fait en Espagne en ce moment et pas plus tard qu'aujourd'hui. nLa situation (accords, prises de position) y change d'heure en heure, et pour ma part je ne ne généraliserais pas si vite.
Quant à la dernière consultation de la base des militants de Podemos, elle a a donné 88, 8 % d'accord à ses représentants.