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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 00:03
“La Bataille de Zara”.  Peinture de 1584/87, de Jacopo Robusti, dit Tintoretto (1518–1594).

“La Bataille de Zara”. Peinture de 1584/87, de Jacopo Robusti, dit Tintoretto (1518–1594).

Qu'entendons-nous par le terme « a-croissance » ?

 

C'est une démarche qui s'appuie sur le principe suivant : il est hors de question de continuer sur la lancée actuelle, qui ne date pas hélas d'aujourd'hui, dont le moteur est le mécanisme propre de l'économie capitaliste/ordolibérale(*).

 

Pourquoi faut-il donc mettre un arrêt définitif à ce mécanisme ?

 

Pour au moins 3 raisons. Je les donne sans ordre de préférence, les 3 constituant un tout cohérent en lui-même mais manifestement nocif pour l'ensemble de la planète :

1°) Argument écologiste - la planète est un objet fini, c'est à dire limité.

2°) Argument social - la compétitivité (organe moteur) crée une disparité sociale dont l'intensité est moralement intolérable.

3°) Argument anthropologique - l'Humain se trouve réduit à une seule de ses fonctions, sa capacité à consommer, devenue « La consommation ».

 

Si nous reprenons ces aspects pour montrer comment ces éléments du mécanisme influent sur la société il nous faut commencer par revenir à une des clés du capitalisme, la notion de profit.

 

Les socialistes/anarchistes du 19ème siècle arboraient le principe suivant « la propriété c'est le vol ». Cette proposition peut choquer le petit épargnant qui a pu mettre quelques bribes de son travail « de côté » sous forme de maison ou de terrain. Ce n'est pas à celui-là que ce discours s'adresse. Ce discours fustige l'utilisation du capital comme un outil de pression.

 

Mais quelle utilisation ?

L'exploitation du travail.

Du travail de qui ?

 

De celles et ceux qui n'ont pas ce capital et qui pour subsister seront amenés à louer leur force de travail à ceux qui ont le capital.

 

Cela paraît tellement naturel que les « capitalistes » puissent tirer un profit de cette situation. Mais c'est bien sur ce point que nous rejoignons les anarchistes. Qu'y a-t-il de naturel dans ce mécanisme ?

 

Qu'est-ce qui légitime une telle organisation ?

 

Rien, sauf la force de l'habitude et le réel rapport de force entre ceux qui disposent du capital/ceux qui se proposent de le gérer et ceux qui louent leur travail et dont le but est simplement de survivre.

 

L'accumulation, sans cesse répétée de ce mécanisme conduit à une extrême verticalité de la réalité sociale entre ceux qui travaillent et ceux qui accumulent. Ce qui est immoral c'est le fait de voir cet écart s'agrandir sans cesse. En parlant de façon populaire, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres.

 

Cependant ne nous contentons pas de simplement comparer les riches en occident et « leurs » pauvres, qui sont bien plus riches que les pauvres d'ailleurs, ceux qui ne sont pas sous les yeux de la société occidentale.

 

(*) J'utiliserai désormais ces deux termes indifféremment dans le sens où cela procède à la fois d'une même caractéristique (le fait d'avoir ce capital) et/ou d'une philosophie (la manière d'utiliser ce capital)

 

 

Qu'est-ce qui peut bien limiter cette accumulation grandissant à une vitesse de plus en plus accélérée ?

 

Le temps !

 

Effectivement le temps, 24 heures par jour, 3600 secondes par heure. Donc, pour pouvoir s'enrichir encore plus vite les détenteurs du capital ont cherché à s'affranchir du temps. On retrouve dans la pensée/organisation capitaliste un certain nombre de méthodes typiques :

a) La main mise sur la mécanisation/robotisation/utilisation de logiciels dans l'activité.

b) La mise en compétitivité de tous les « organes » de production dans un but tout à fait avoué, toujours aller plus vite, plus fort, plus loin.

c) L'invention de la financiarisation de l'économie : puisque le réel résiste à la volonté de sans cesse croître, les financiers passent dans le virtuel où tout est possible, où on peut s'affranchir, ou presque, de la contrainte du temps.

 

Cela suppose que l'on puisse s'affranchir aussi des limites de l'univers physique. On ne pourra jamais aller infiniment vite et toute cette « activité » se déploie dans un espace fini qui possède ses propres règles, mises en œuvre bien longtemps avant que le capitalisme ne s'invente.

 

Ce dernier ignore dans son fonctionnement les limites imposées par notre petit morceau d'univers, la « planète bleue ».

 

Car l'organisation spécifique de cet espace porte un nom, c'est l'écosystème terrestre, et sa structure est auto-régulatrice dans la mesure où ses ressources sont limitées ou renouvelables selon un cycle qui possède sa propre vitesse. Or sa vitesse est faible. L'écosystème terrestre a tout le temps devant lui en tout cas des milliards d'années, tout comme les milliards d'années pendant lesquelles il s'est constitué.

 

L'écosystème terrestre ne se prête pas au capitalisme.

 

 

Respecter les règles imposées par l'écosystème terrestre.

 

L'Humain est l'héritier, en fait un « produit » de l'écosystème terrestre dans son ensemble. Il a pu se développer dans sa propre niche, appelons-la, « écosystème humain ».

 

Nous ne pouvons pas nier que l'Humain possède une capacité à intervenir dans sa niche écologique et possède ce génie qui lui permet d'adapter les propriétés de son environnement propre et le rendre plus apte à s'adapter à ses besoins. Cet aptitude tend vers ce que Paul Ariès pousse en avant comme une devise, c'est le « Buen Vivir » des sud américains.

 

L'intervention de l'Humain sur l'écosystème terrestre devrait s'arrêter à ce point : modifier son propre éco-système sans modifier grandement les équilibres sur/sous-jacents au point de déplacer les équilibres.

 

Cela suppose une remise en cause de la façon dont le groupe humain interagit avec cet éco-système, son environnement.

 

En effet, la perturbation de l'écosystème terrestre se manifeste bien dans les dérèglements que nous constatons.

 

Il faut, bien évidemment, éviter d'affoler les populations mais le grand chambardement est commencé. Simplement pour m'intéresser aux manifestations de ce dérèglement qui se produisent en ce mois de Juin 2016, les orages d'une violence et d'une structure telle que leurs conséquences sont simplement incontrôlables : quand il tombe 50 à 60 mm de pluie par m² en l'espace de 2 heures et que les dispositifs d'écoulements s'engorgent, quand les crues des rivières et des fleuves atteignent des hauteurs « centennales » en plein mois de Juin il existe force raisons de s'inquiéter.

 

Les médias sont incapables d'aller plus loin que la simple relation aux faits. Mais combien de temps faudra-t-il encore pour qu'enfin, médias et « autorités » reconnaissent que l'écosystème terrestre est gravement perturbé ? La fonte des glaces polaires et des corps des glaciers de montagne, le dégel du permafrost en Sibérie et en Alaska, accompagnés de dégagement de méthane, 20 fois plus puissant en terme d'effet de serre que le dioxyde de carbone, produit par fonte des glaces des quantités de vapeur d'eau colossales qui se retrouvent en masse dans les nuages. Mais bien plus encore : les courants marins tel « El nino » ou le « Gulf-stream » sont gravement perturbés. En ce mois de Juin les glaces de la banquise arctique sont en partie disparues et en partie fragilisées au point de disparaître dans un délai très court. « El nino » ne se dégonfle pas, le « Gulf Stream » s'est scindé en deux, un tourbillon complexe qui s'entretient sur lui-même dans le golfe du Mexique, alors que le courant qui est censé constitué la dérive nord-atlantique ne fait qu'effleurer les côtes de Floride et du Yucatan. Tout cela modifie de façon radicale la météorologie. Une situation de mois Août !

 

Nous ne sommes pas dans le « Buen Vivir » !

 

Est-il possible de retrouver ces conditions d'interaction sans pour autant créer une nouvelle perturbation ?

 

 

Respecter les règles de l'écosystème humain

 

«Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver » chantait un humoriste bien connu.

 

En effet, si l'Humain est capable d'agir sur son environnement, c'est bien pour améliorer ses conditions d'existence non pour les détériorer.

 

Comment expliquer alors la multiplication des stress et dépressions en tout genre, « burning-out » ou « boring-out » d'une partie des actifs, ainsi qu'une consommation accrue de psychotropes ?

 

La compétitivité sans cesse renouvelée en est la cause, n'allons pas chercher ailleurs ce qui n'est pas. L'Humain, s'il est modulable et adaptable ne l'est pas à l'infini, ce qui semble être nécessaire si nous nous en tenions aux critères de cette compétitivité voulue par le système néolibéral.

 

La société de consommation, voulue car intrinsèquement liée aux structures internes du système libéral (« l'offre crée la demande » !), a simplement perdu la quasi essentialité de l'Humain, en niant dans cette course au toujours plus ce qui constitue les valeurs anthropologiques.

 

Car si l'Humain s'adapte aux circonstances, l'Humain fonctionne aussi grâce aux valeurs de la solidarité, de la coopération, de la commisération et du respect des autres, pour tout dire au respect de la Personne Humaine.

 

La société de consommation a œuvré dans des directions totalement opposées en développant l'égoïsme et la volonté d'écraser le plus faible, compétitivité oblige(**).

 

Cette idéologie a même tenté d'effacer une des constantes de l'humanité, celle qui concerne la propre fin de chacun des humains. Chaque organisme conscient est aussi conscient de sa propre mort et cette certitude modèle son rapport avec ses semblables. En effaçant cette notion de finitude indispensable, sous des dehors liés à différents critères la possibilité de l'immortalité, ou en tout cas d'une prolongation quasi infinie de la vie, la société de consommation a produit des gens qui s'offusquent que l'on puisse mourir. Comme le pointait un autre humoriste : « mourir est un sigulier manque de savoir vivre ».

 

En rétablissant la présence quotidienne de la mort dans nos sociétés, comme le font les sociétés africaines et orientales, cela donnera beaucoup plus de poids et d'importance à la vie et le goût de ne pas gâcher le temps qui est offert à chacun dans sa vie en la rendant plus féconde.

 

Autrement dit ne pas perdre sa vie à tenter de la gagner.

 

Certes, cet aspect pourrait être lu par les tenants de la société de consommation, mais aussi par certains qui se prétendent de gauche (il faut s'adapter aux changements dans la société), comme un retour en arrière, quasi Moyen Ageux. Mais il n'en est rien, c'est un simple décalage, quelques pas de côté, le rétablissement de la nature Humaine dans sa réalité.

 

Cette présence assumée de notre propre finitude nous aide à bien percevoir la finitude de notre propre écosystème.

 

Et de fait nous conduit à ne plus supporter contraintes et tracas issus des diktats de la religion féroce(***) des consuméristes de tout horizon.

 

A ce stade de la réflexion certains de mes lecteurs doivent commencer à comprendre pourquoi nous parlons d'a-croissance plutôt que de décroissance.

 

(**) Remarquons au passage que cette constatation est aussi aussi une porte ouverte à une pensée réactionnaire en terme de « décroissance ».

(***) Je dis religion féroce car cette volonté de mettre en compétition les gens les uns avec les autres car c'est équivalent au progrès possède les même constituants qu'une religion révélée mais n'en a pas l'humanisme, d'où l'adjectif « féroce »

 

 

Les indispensables ruptures pour initier une a-croissance

 

Pesons nos mots.

Il ne s'agit pas de réforme mais bien de destruction du système actuel qui ne respecte rien de ce qui est l'Humain, dans toutes ses dimensions : sociale, écologique, économique, morale, spirituelle.

 

Il n'est plus nécessaire d'insister sur le fait que le système capitaliste n'est pas réformable. Par contre insistons que le but de notre démarche est de rendre la Terre dans un état où toutes les espèces encore existantes pourrons coexister mais il ne faut pas penser en terme de retour en arrière. Revenir à ce qui existait avant est une régression et c'est une des raisons que nous préférons le terme d'a-croissance, dont il résultera une société où la croissance aura été bannie mais que ce n'est pas non plus vers un « passé merveilleux » que nous voulons retourner.

 

Pour être clair : dans les années 1950 il existait un espoir vers une société meilleure, le plein emploi était quasi réalisé mais demandez aux gens qui on vécu cette époque. Le travail était dur, éreintant, les tickets de rationnements encore utilisés (1948), la dénutrition patente (distribution de lait dans les écoles quelques années plus tard), etc. Nous ne voulons pas revenir aux années 1950 !

 

Nous ne sommes pas contre le progrès technologique, bien au contraire. J'irai même jusqu'à écrire que cela ne va pas assez vite.

 

MAIS nous nous opposons à la captation à des fins capitalistes des bienfaits de ce progrès. Les petits malins oseront toujours dire : « c'est l'entreprise individuelle qui fait le progrès » . Faux, archi faux. L'invention est typique de l'Humain et c'est un domaine où l'Humain excelle. Son but a toujours été de minimiser les efforts qu'il exerce pour produire sa propre subsistance et son confort. C'est dans cette manière de penser qu'il faut chercher : demandons aux gens ce dont ils ont besoin pour améliorer leur quotidien et essayons de répondre au mieux à ce besoin. C'est la politique de la demande.

 

Répétons l'évidence : l'Humain est par nature créatif ; issu de l'évolution de la vie sur Terre l'Humain s'est vu doté de capacités qui le rendent inventif et créateur. Laissons ces qualités s'exprimer et organisons la société autour.

 

Le détournement par les capitalistes de toute la mécanisation/robotisation est un des postes que nous voulons récupérer pour améliorer la vie des gens, pour créer du « Buen Vivir ».

 

Pour ce faire il faut couper les possibilités à quiconque de relancer la machine capitaliste : il faudra donc, dans un premier temps interdire la propriété lucrative, et en accompagnant cette interdiction, car tous les « financiers » n'auront pas disparus comme par enchantement, interdire la spéculation. Cela amène à recomposer totalement « l'outil de production » dont la configuration doit être de nature non productiviste – Le stakanovisme n'est pas notre tasse de thé - . Ainsi, les grands ensembles industriels n'ont plus lieu de se multiplier à l'infini.

 

Les centrales nucléaires (dont EDF a tant de mal à nous débarrasser) sont à la fois des produits de la mise en rentabilisation de l'effort militaire destiné à la « bombe H » et l'aberrante pensée de certains ingénieurs d'installer quasiment partout des chauffages électriques dans des maisons à peine configurées pour éviter les pertes de chaleur. Un gaspillage à grande échelle qui a provoqué l'installation d'engins monstrueux et quasiment non-recyclables.

 

Un effort aussi gigantesque en terme d'isolation et de production d'énergie électrique/thermique d'origine solaire nous aurait évité le retard pris dans ces mêmes domaines.

 

Alliez à cette catastrophe énergétique majeure le gaspillage incessant lié à l'automobile et au transport routier centrés sur des consommations de produits carbonés : une politique réfléchie écologiquement nous aurait aussi évité le dérèglement climatique auquel nous sommes contraints ou en tout cas l'aurait diminué grandement.

 

 

Les solutions à envisager et leur cadre.

 

Mais par quoi va-ton remplacer ?

En fait, pas question de remplacer ! Il s'agit de faire autrement !

Alors c'est le retour à la bougie !

Pas à la bougie, malheureux, elle utilise des produits carbonés ! ( sourire ! )

 

La bonne question à poser est la suivante : « Qui a besoin d'une quantité d'énergie aussi colossale ? »

 

Des ensembles industriels colossaux…

 

Certes les transports par train/tramways, les usines de raffinage de l'aluminium (pour ne citer que ces secteurs) sont gourmands en énergie mais qui d'autre ? Avec par exemple les dispositifs d'éclairage à LED, durables et efficaces, la consommation d'électricité pour l'éclairage est réduite de façon drastique.

 

Le chauffage électrique ? A proscrire, bien évidemment, au regard de son efficacité thermique.

 

Il existe des mesures indispensables à prendre pour limiter la consommation d'énergie. Nous en connaissons déjà : le recyclage des matériaux et le recyclage des outils/matériels.

 

Attention ! Pas n'importe comment, pas n'importe quoi !

 

Placer des bouteilles en verre dans un container où elles vont être cassées pour être ensuite fondues pour ensuite faire d'autres bouteilles est une imposture. Il existait, il n'y a pas encore si longtemps un dispositif appelé « consigne ». Il suffisait de rapporter au commerçant l'emballage. Évidemment certains emballages se cassaient. Ceux-là il faudra les recycler, raisonnablement.

 

Recycler les objets en métal pose aussi problème : il faut tenir compte de l'apport énergétique pour les reconstituer ainsi que de la perte de matière incontournable. Mais c'est un poste où il peut être fait des économies substantielles.

 

On n'évitera pas les objets en matière plastique : il faudra les concevoir comme systématiquement recyclables donc éviter certaines synthèses difficiles ou onéreuses à réutiliser.

 

Ajoutons, car indispensable, une reconfiguration des matériels vendus qui devraient être systématiquement réparables, avec un suivi des pièces de rechanges : cela oblige à modérer l'évolution des objets et ne plus sacrifier ni à la mode et à ne pas injecter de force certaines « évolutions » technologiques afin de compenser le coût de la recherche.

 

Mais tout cela reste presque de l'enfantillage d'intellectuel même si c'est indispensable.

 

La solution est une question de posture intellectuelle : Nous avons le tort principal de regarder la réalité avec des yeux d'occidentaux.

 

Les principaux arguments de nos adversaires reposent sur la peur suscitée que cela entraînerait d'une régression de notre confort. Les « décroissantistes sévères » se recrutent soit dans les idées d'une extrême droite rétrograde au plus haut point dont le but est de revenir, par la force si nécessaire, en arrière. Et comme je le disais plus haut ce n'est assurément pas une bonne méthode car le passé n'était pas si merveilleux que cela. Mais ils se recrutent aussi dans un mouvement « à gauche », parmi les écologistes, qui par leur discours semblent plus intéressés par une punition infligée aux occidentaux gaspilleurs qu'en une juste répartition des biens qui pourraient être produits.

 

 

Nous, nous sommes opposés à une décroissance dans l'austérité.

 

Non, nous les «objecteurs de croissance» avons une devise : «moins de biens mais plus de lien». Moins de biens – et là on touche au superflu – mais notre but n'est pas la privation du nécessaire, du confort, hors de question de nous « serrer la ceinture ». Nous sommes pour le développement du lien social car nous n'oublions qu'une des caractéristiques de l'Humain c'est d'être social.

 

C'est donc pour cela que nous ne parlons pas de décroissance qui apparaît avoir un caractère punitif mais parlons « d' a-croissance » , comme je l'indiquais plus haut : une volonté de sortir du système, d'ignorer ce que sont les dogmes des « croissantistes ». Non pas nous opposer frontalement ce qui ne servirait à rien mais dans une volonté de déconstruire le discours afin de l'enterrer définitivement.

 

C'est la raison pour laquelle, bien que conscients des effets de l'entropie et de la limitation de notre « univers », nous n'insisterons pas sur un discours catastrophiste, qui, à terme peut s'avérer répulsif et contre-productif à l'idée d' a-croissance, mais sur le côté humain, le « Buen Vivir » .

 

Nous parcourons la pensée « a-croissantiste » dans le sens contraire de celui de l'occidental pour qui la décroissance est en quelque sorte une régression à pratiquer sur notre confort matériel. Mais n'oublions jamais que les plus gourmands en énergie ce sont bien les occidentaux, décroissantistes ou pas. Nous sommes persuadés qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un certain confort matériel pour pouvoir envisager de se mêler de décroissance.

 

Les pauvres, et en cela je pointe les pauvres au niveau mondial, n'ont pas cette culture du manque mais une culture du peu. (voir les travaux de Joan Martinez Alier). C'est chez les peuples qui sont restés proches de la « Terre Mère » qu'il faut aller chercher les modèles.

 

Paul Ariès précise très bien le point de vue des « a-croissantistes » quand il dit : la « société capitaliste » est une association de termes déplorables car le capitalisme ne fait pas « société ». Le capitalisme casse le lien social à travers son idéologie libérale qui place l'individu dans un isolement criant, typique de nos sociétés occidentales.

 

 

Nous désirons recréer du lien.

 

Un outil essentiel pour créer du lien est la monnaie et nous entrevoyons l'utilisation de monnaies locales, fondantes de préférence. Il faut redonner à la monnaie la place juste qu'elle doit avoir. Paul Ariès aime à jouer avec les sigles MAM et AMA+.

 

Voici sa pensée : « les échanges économiques entre gens s'exercent dans le sens raisonnable suivant : Marchandise(M) que je troque contre une somme d'argent(A) qui va me permettre d'acheter une autre Marchandise(M). La monnaie étant dans ce processus que le vecteur d'échange.

 

Mais le système capitaliste fait assumer à la monnaie une position de Marchandise manipulable. Au départ j'ai de l'argent(A) je vais donc acheter une marchandise(M) que je vais revendre en faisant un « bénéfice »(A+). C'est la logique de l'accumulation.

 

Une monnaie, locale en particulier, va conserver de fait son caractère de vecteur d'échange et créer de fait du lien entre ses utilisateurs. J'y reviendrai plus bas.

 

Un second outil est une répartition égale des richesses

 

Cet outil se concrétise par de nombreuses « applications » à commencer par l'agriculture. L'agriculture a-croissantiste se singularise comme une agriculture sans pétrole, sans pétrole pour les engins mais aussi sans les dérivés de synthèse du pétrole. En fait si une mécanisation s'avère nécessaire elle devra l'être dans une conception novatrice de motorisation. Ce qui limitera de fait les engins gigantesques destinés à une exploitation extensive du sol.

 

Aussitôt se pose la question de nourrir 10 milliards d'êtres humains : les modèles tels que ceux mis en place par le Club de Rome ou pilotés par la NASA(HANDY) mettent en évidence le risque de collapsus de la société lié à une population pléthorique. Il est clair pour nous, objecteurs de croissance, que si l'autonomie agricole des pays pauvres doit être promue, il est indispensable de contrôler les naissances et non de manière autoritaire mais en favorisant la libération de la femme. Partant de cette position il est possible de réorganiser une répartition égale des richesses. Il ne suffira pas d'un claquement de doigts il faudra y mettre le temps.

 

Il n'est pas nécessaire d'injecter des sommes folles dans l'économie, encore moins dans une économie apaisée, pour éradiquer la faim et établir un quasi plein emploi sur l'ensemble de la planète. Moins de 100 Milliards de dollars à estimé l'UNESCO.

 

Certes ces dispositions ne rendront pas égalitaire la distribution des richesses mais permettront d'engager un processus actif vers cette nécessaire réalisation.

 

Un troisième outil pour créer du lien est l'instauration d'un minimum individuel d'autonomie.

 

Cet aspect peut être mal compris lorsqu'il s'agit de le lire dans un contexte capitaliste. Aussi, affranchissons-nous de cette pesanteur. Ce minimum individuel d'autonomie pourrait en partie être constitué par la gratuité d'accès aux indispensables ressources du quotidien : eau/gaz/électicité à une hauteur plafonnée en fonction d'une monnaie nationale. Ensuite constitué d'une petite somme, en monnaie nationale et d'un autre somme en monnaie locale, permettant à l'accédant d'acheter « local » et de plus qui serait fondante. On pourra toujours m'opposer qu'avant que l'ensemble « local » ait les capacités de gérer cette monnaie cela prendra du temps. Évidemment, et c'est bien pour cette raison qu'il faut le penser en avant. En supposant que les prix restent ce qu'ils sont 1500 € semblerait(?) une somme globale correcte. Ajoutez à cela la gratuité des transports en commun ainsi que celles des frais funéraires.

 

Bien sûr, où prendre « l'argent » ?

 

Il n'y a qu'une solution : plafonner les revenus maximum. Et de façon légale. Quand la majorité des gens estiment que ce plafonnement est nécessaire, personne ne pourra objecter que c'est une mesure autoritaire. La loi reste la loi, et elle possède d'autant plus de poids qu'elle est voulue par le plus grand nombre.

 

 

L' a-croissance ne peut passer que par plus de démocratie.

 

Une société a-croissante ne passera pas par une quelconque forme de dictature d'élites autoproclamées pas plus que par une planification autoritaire du fonctionnement de la société. Car si « plan » il y a, l'a-croissance se calera sur les besoins en lien social mais non vers un développement extravagant en confort matériel des populations. Paul Ariès parle de l'"ubris" du système capitaliste, c'est-à-dire sa folie sans limite.

 

Et contrairement à l'opinion généralement répandue en occident nous osons penser que les pauvres n'ont globalement pas envie de ressembler aux riches que nous sommes. A l'attention de ceux qui n'en sont pas convaincus je conseillerais de lire la littérature africaine afin d'appréhender le point de vue des africains.

 

Nous ne sommes pas des partisans de la verticalité. Nous ne pensons pas détenir toutes les solutions. Nous ne sommes ni des porteurs de la vérité intrinsèque, ni des maîtres à penser. Au contraire, nous ne voulons être que des révélateurs, car nous pensons que les gens ont déjà en eux les solutions aux problèmes, car ce sont eux qui vivent le problème qui se présente. En terme d'éducation populaire nous ne voulons aucunement apporter la vérité mais plutôt aider à ce que des solutions naissent de la pensée et de l'action des masses populaires.

 

 

Conclusion

 

Notre volonté est de croire qu'il est encore possible de faire quelque chose pour redevenir humains et sociaux au sens positif de ces termes, d'oser croire qu'il n'est pas trop tard et que notre option est une vie raisonnable, ralentie et pleine des plaisirs qui font une « existence ». Nous osons croire que l'Homme n'est pas apparu pour travailler, autrement dit que si le travail, en tant que moyen d'améliorer ses conditions d'existence s'avère indispensable, ne saurait être le but de l'existence.

 

Nous exigeons un droit à la paresse...

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commentaires

raphaël 14/06/2016 23:58

Merci pour ton article, Baruch.S, bien riche. Je me donne un petit temps de réflexion pour y apporter une contribution... A demain!