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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 15:45
La bataille d'Alep et les mensonges de nos journalistes aux ordres.

La bataille d'Alep et les mensonges de nos journalistes aux ordres.

La Syrie est dévastée, non par une guerre civile, mais par une guerre proxy (1) des plus caractéristiques.

L’implication de forces étrangères dans ce conflit est maintenant démontrée.

Certes, la Russie a fourni une aide aérienne sans rien celer, sur la demande du gouvernement élu démocratiquement de Syrie. L’envoi de troupes russes combattant au sol, notamment des commandos tchétchènes, n’a pas été clairement révélée.

 

La participation la plus occulte a été celle des Etats-Unis.

 

Lors de la reddition d’Alep-Est, on a découvert, cachés dans un bunker, 14 conseillers américains, ainsi que l’a annoncé South Front, le 17.12.2016

 

Le journal allemand Deutsche Wirtschaft’s Nachrichten a toujours dénommé les rebelles combattant le gouvernement d’Assad « Soldners » ( mercenaires), car la grande majorité des troupes opposées à Damas venait de l’étranger et recevait une solde, payée en majeure partie par l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe.

 

Des « Bérets verts » de la CIA participent à la guerre de Syrie aux côtés des islamistes.

 

Nous vous présentons un article récent de Yevgeny Satanovskiy, traduit du russe en anglais, et de cette langue en français, paru sur South Front le17.12.2016, donnant un exemple du rôle capital des conseillers militaires étrangers, dans cette soi-disant guerre civile.

 

 

L'ATTAQUE SUR PALMYRE DEMONTRE UN PROFESSIONNALISME AU DELA DES CAPACITES DES ISLAMISTES

 

Le 11 décembre, des militants de l'État islamique (ISIS) ont battu les troupes d'Assad et pris la ville de Palmyre, d'importance historique mondiale, pour la deuxième fois et ont capturé la ville provinciale de Tadmora - pas tellement stratégique, à moins que vous ne preniez en compte l'intersection proche avec la route menant à Deir ez Zor, assiégée par ISIS depuis plusieurs années, avec ses raffineries et sa base aérienne.

 

Les forces attaquantes, fortes de cinq mille combattants, avec des chars, des véhicules blindés et des batteries de fusées ont fait leur chemin à travers le désert pendant plusieurs centaines de kilomètres sans être détectées par la surveillance syrienne, ce qui pousse les experts à parler d'une possible trahison au plus haut niveau du Commandement de l'armée syrienne et de son Mukhabarat (ou intelligence militaire).

 

Trahison ou crédulité ?

 

La question précise est de savoir d’où ces 5 000 djihadistes sont venus, malgré le fait que Mossoul soit restée « assiégée» par les États-Unis et leur alliée, la «coalition antiterroriste». Une partie d'entre eux venaient de Mossoul, même si à cette époque la route de Mossoul à la ville syrienne de Raqqa était déjà coupée par les forces de Bagdad et ses alliés qui assiégeaient Mossoul.

 

En d'autres termes, on ne sait pas très bien comment les islamistes ont filtré à travers les troupes assiégeant Mossoul et abandonné Raqqa à son sort, devant les partis kurdes et turcs qui, en théorie, se disputent le droit d'attaquer la capitale syrienne d'ISIS.

 

Est-ce en accord avec les Américains qu’ils sont arrivés à Palmyre sans être remarqués, malgré leurs armes lourdes, sans qu'un seul coup de feu n’ait été tiré, ni par la coalition menée par les Etats-Unis, ni par l'armée de l'air d'Assad ni surtout par les forces spéciales russes ?

 

De lourds combats ont pris la ville. Et tout cela malgré le fait que la planification d'une telle opération implique en soi un travail professionnel, quelque chose au-delà de tout ce que les djihadistes sont capables de faire.

 

La première vague de l'attaque a détruit la moitié de l'aviation russe (2), ce qui n'a pas affecté le résultat de la bataille dans son ensemble. Quelques mois plus tôt, Palmyre avait été reprise aux islamistes après une opération complexe et méticuleusement préparée, planifiée et réalisée sous la direction directe de conseillers militaires russes. La ville a donc été perdue deux fois par les Syriens eux-mêmes, et rapidement, bien que cette fois ils aient essayé de tenir, mais ont cédé aux forces supérieures de l'ennemi.

 

ISIS : alliée ou ennemie des USA selon sa position géographique

 

La perte de Palmyre par Assad a coïncidé trop exactement avec l'achèvement de l'opération à Alep-Est pour être accidentelle. Il est très probable que les États-Unis, dans ce cas, ont utilisé directement ISIS comme instrument de pression militaire sur Damas et ont fermé les yeux sur le fait qu'ISIS est la cible, en Irak , de la «coalition contre le terrorisme» .

 

Une chose est claire : Washington et ses alliés n'ont pas pris et très probablement ne prendront aucune mesure contre ISIS si cette structure terroriste est en guerre avec Assad et l'armée russe.

 

Poussée par l'ONU et les Etats-Unis, la Russie a suspendu les frappes aériennes contre les terroristes dans les zones urbaines, pour faire une pause humanitaire. Cela a invalidé les résultats de l'action militaire. Il est impossible de mettre fin à la guerre, de cette manière, c’est clair pour tout spécialiste. Quant à la question de savoir quand l'armée fera ce qui est nécessaire pour atteindre le résultat final, il n'y a pas de réponse aujourd'hui (3).

 

La situation actuelle à Palmyre est la réponse des Etats-Unis et de ses alliés aux brillants résultats obtenus par la Russie et les forces soutenues par les Russes à Alep. Cette ville était la capitale des djihadistes syriens, comme Benghazi l’a été en son temps en Libye. Mais la chute de Palmyre montre que la guerre syrienne est loin d'être terminée.

 

Les leçons de Mossoul

 

Il est nécessaire d’analyser la situation à Palmyre, à Mossoul et à Alep. Les plans syro-russes sont : éliminer Idlib, reprendre Palmyre et lever le blocus de Deir ez-Zor, et peut-être détruire ISIS en Irak parce que les États-Unis ne prennent aucune mesure contre cette organisation, et lui donne toutes les chances.

 

Considérons certains aspects de la guerre avec les djihadistes en Syrie et en Irak, sur la base d'un article de Yu. B. Scheglovina préparé pour I’IMES, l'Institut (russe) du Moyen-Orient.

 

Mossoul : ISIS est-elle réellement menacée ?

 

Commençons par analyser la situation autour de Mossoul. Le 3 décembre, un contingent de troupes turques est entré dans les terrains d'un camp de la police paramilitaire à Al Shikhan pour aider l'armée irakienne à capturer Mossoul. Les renforts turcs se composaient de trois bataillons d’armes lourdes. Ils étaient censés aider à libérer la province de Nineveh d'une milice sunnite appelée «les forces nationales pour libérer Nineveh». Le camp Al Shikhan est situé à la frontière de Dohuk et Nineveh et environ 3500 miliciens sunnites y sont entraînés, sous la supervision des instructeurs turcs.

 

Ils doivent avancer sur Mossoul dans un proche avenir.

 

Selon les experts, il est trop tôt pour parler d'une véritable participation à grande échelle des troupes turques et de leur participation à l'assaut de la capitale irakienne d’ISIS. C'est plutôt une rotation des contingents turcs. La réaction négative du premier ministre irakien H. al-Abadi à la participation de la Turquie à la guerre civile dans son pays est bien connue. Ankara en tiendra compte, en dépit des mots durs de la haute direction de la Turquie. Les Turcs sont plus préoccupés par une présence continue dans le Kurdistan irakien que par une participation aux combats de rue à Mossoul, ou encore à la libération du «triangle sunnite». L'autonomie kurde augmente l'influence de l'Iran en utilisant les contacts avec le clan J. Talabani et le Parti des travailleurs du Kurdistan.

 

L'assaut de Mossoul semble indiquer une nouvelle étape. Les forces spéciales irakiennes, de concert avec la police et les milices, se retrouvent dans la rue. Selon l'armée américaine, la victoire à Mossoul n'est pas en vue.

 

Situation chaotique à Mossoul

L'attaque est en cours depuis deux mois, et les Américains ont été forcés de réajuster leurs plans initiaux à deux reprises.

 

Apparemment, ils devront le faire une troisième fois. Les forces spéciales irakiennes ont tenté d'attaquer sous les ordres d'al-Abadi. L'armée essaie d'attaquer depuis l'est, ce qui permet à ISIS de manœuvrer, concentrant les forces sur les zones prioritaires. Les dirigeants de la coalition et les commandants irakiens perdent leur sang-froid. Les récentes frappes sur des cibles civiles montrent que les forces de sécurité irakiennes et les Américains ont opté pour l'éjection forcée de la population de Mossoul. Cette tactique s'applique à la destruction des stations de pompage d'eau, ce qui a privé 650 000 personnes d'eau propre. En octobre, le Premier ministre irakien a poussé Téhéran à exiger que les chiites fidèles à l'Iran soient intégrés dans les forces de combat actives par une mobilisation populaire. Le commandement de l'armée irakienne s'y oppose. Dans le même temps, l'artillerie des forces gouvernementales est inefficace dans la ville. Les militants d'ISIS ont créé un système de tunnels souterrains à Mossoul qui leur permet de se présenter à l'arrière de l'armée irakienne. ISIS utilise des pièges et des voitures pleines d’explosifs. Les rues étroites ne permettent pas aux bombardiers d'attaquer les assaillants en marche. Le commandement d’ISIS utilise avec succès les conditions hivernales pour les raids par des groupes mobiles avec des armes lourdes à l'arrière des unités irakiennes. L'armée appelle la population à rester dans la ville, et en même temps le Premier ministre al-Abadi leur dit de partir.

 

Les forces spéciales de Bagdad, qui ont réussi à s'implanter dans la banlieue est de Mossoul, n'ont pas le soutien de la 9e division. Les chars ont essayé d'entrer dans la ville, mais une fois qu'ils ont été soumis à une embuscade, ils ont reculé. Les forces irakiennes ont perdu environ 2 000 soldats en novembre. Cela signifie que presque toutes les forces sont concentrées dans l'est. En outre, une partie de la 15e Division contrôle un tronçon étroit de l'avant dans le sud-ouest, sur la route de Mossoul à Tel Afar. Il se prépare une attaque. Cependant, ceci a pompé des éléments dans l'armée américaine qui a commencé à participer aux combats dans les rues de Mossoul.

 

Une fracture radicale chez les terroristes

 

La défaite totale des islamistes à Alep-Est a mené à des divisions profondes dans leurs rangs. Certains militants ont déposé leurs armes. D'autres ont accepté de quitter la ville en se retirant le long du couloir qui leur a été alloué vers la province d'Idlib qui reste sous le contrôle des adversaires d'Assad. Les dirigeants de «Jabhat al Fatah al-Sham» (ex- «al-Nusra»,) et «Kataib Abu Ammar» s'opposaient à la reddition. Les radicaux ont attaqué le quartier général des brigades "Jaish al-Islam" et "Feylak al-Islam" qui étaient soupçonnées d'avoir l'intention de se rendre. Ils ont saisi des entrepôts d'armes. Les commandants sur le terrain ont été arrêtés, avec Abu Abdo al-Sheikh d'abord et avant tout car il avait entamé des négociations avec les forces gouvernementales.

 

En essayant de manœuvrer avec leurs appellations et de changer le Jabhat Al-Nusra en Jabhat al Fatah al-Sham, afin de cacher le groupe terroriste dans une alliance de neuf groupes, il a été mis à part, et la direction a publiquement essayé de refuser de dissocier "Dzhabhat Al-Nusra" de son alliance avec "al-Qaeda". Après beaucoup de persuasion venant de l’Intelligence militaire turque (MIT) et de la Direction générale des renseignements généraux de l'Arabie Saoudite, la scission a été officiellement annoncée. Mais cela a été fait de telle manière que Washington a dû admettre que la séparation d’avec  "al-Qaeda" n'était pas crédible. Cela n'a pas empêché les États-Unis de s'abstenir de frappes aériennes sur les positions «Jabhat al Fatah al-Sham». Riyad pourrait ne pas vouloir rejeter l'idéologie d '«Al-Qaïda», car cela - avec le facteur de l'argent - garantit l'arrivée de nouveaux volontaires. Parmi ceux qui se battent pour "Jabhat al Fatah al-Sham", il y a beaucoup d'islamistes intransigeants. Dans le contexte de la défaite de l'opposition armée à Alep, le MIT turc et le service de sécurité de l'Etat du Qatar tentent de transformer l'alliance en décomposition en neuf groupes d'opposition.

 

Signification de la perte d’Alep par les terroristes

 

Comme cela a été suggéré à Ankara et à Doha, avec la perte d'Alep, centre de résistance, la base pour l'expansion future des forces anti-Assad a disparu. A cet égard, il a été suggéré que la tâche suivante consisterait à créer un centre de résistance sunnite à Idlib où vont les militants "conciliables" d'Alep et de la périphérie de Damas. Cela leur permet de gagner du temps, d'éviter une défaite finale et de rétablir leur capacité de combat. En ce qui concerne les groupes pro-turcs avant tout, Ankara et Doha essaient de devenir des partenaires clés et des sponsors d'un mouvement rebelle syrien réorganisé, en excluant les initiatives kurdes et de la Jordanie.

 

Dans le même temps, la coalition "Jaish al-Fatah" non seulement s'est divisée en petits groupes, mais les deux plus grands d'entre eux connaissent également des dissensions internes. "Jabhat al Fatah al-Sham" a été divisé en partisans et adversaires d'al-Qaïda. L'Abu Khadija al Urduni de Jordanie est le principal adversaire des éléments pro-saoudiens; il est étroitement lié au Bureau de l'intelligence générale de la Jordanie. «Ahrar al-Sham» était partagé entre les partisans des Salafistes et les «Frères musulmans». Ce groupe était financé par Riyad et Ankara. Un conflit a éclaté entre leurs protégés. Le Qatar et la Turquie s'efforcent de préserver la résistance sunnite centralisée en Syrie et de donner à l'idéologie de la «fraternité musulmane» une légitimité politique en Occident, en la positionnant comme la principale force politique sur laquelle fonder la future architecture d'Etat de la Syrie.

 

Ces plans et les perspectives de leur mise en œuvre sont considérés avec scepticisme dans les analyses effectuées par les services de sécurité saoudiens et des émirats. Ils indiquent qu'il est impossible de surmonter la faille et que de telles tentatives sont une perte de temps. Les documents indiquent que les efforts des autorités de sécurité syriennes ont été productifs, entraînant des désertions de masse, en commençant par un nombre important de commandants de la guérilla. Riyad est à la croisée des chemins pour choisir les tactiques futures, ce qui a un impact négatif sur le soutien logistique donné aux militants. Il y a des doutes quant à la possibilité de gérer centralement l'ensemble des groupes anti-Assad. Heureusement, l'offensive réussie à Alep a sérieusement réduit leurs chances.

 

 Alep : un symbole de multipolarité

 

Étant données les questions sur la conduite des troupes américaines et de leur coalition lors de l'attaque d’ISIS contre Palmyre, nous devons aussi analyser l'initiative américaine contre Alep. Les messages contradictoires de Washington, présentés pour la première fois par le secrétaire d'Etat John Kerry, puis rétractés, une attaque massive de l'UE contre le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon (il doit quitter son poste et peut dire tout ce qu'il veut;  à cet égard, on peut seulement être curieux quant à ce que sera son prochain travail), et l'introduction de nouvelles sanctions contre les «amis d'Assad» indiquent que l'Occident est paniqué à cause de la chute d'Alep et de la fragmentation de la résistance sunnite en Syrie.

 

Les propositions de Kerry étaient conçues pour sauver les assiégés et pour neutraliser l'initiative de Moscou. Le Département d'Etat a estimé que causer un retard en mettant en œuvre un autre cessez-le-feu humanitaire aiderait les opposants d'Assad à se regrouper et à prendre pied au moins dans certaines parties de l'est d'Alep. Ensuite, il est devenu évident que les djihadistes quittaient la ville et que toute discussion sur un front uni était impossible. Après cela, les États-Unis ont annulé leur proposition initiale, essayant de comprendre ce qui se passait, quelles étaient les dynamiques et quelles options étaient possibles. C'est pourquoi l’étape principale des consultations américano-russes a été reportée au 9 décembre. Washington ne sait tout simplement pas quoi faire.

 

Les Européens ne comprennent pas cela, mais ils réalisent qu'en Syrie, l'initiative appartient à la Russie. La participation de Bruxelles aux programmes d'aide humanitaire pour « Alep souffrante» est réduite au minimum. Il serait politiquement incorrect de dire: «Nous ne pouvons pas fournir une aide humanitaire aux sunnites à Alep par l’intermédiaire de Moscou et Damas, parce que cela serait une preuve de leur domination». Et c'est risqué du point de vue de l'opinion publique au Proche-Orient et au Moyen-Orient, où les dirigeants européens sont déjà accusés de mettre leurs ambitions politiques personnelles avant le sauvetage de la vie des Syriens affamés.

 

Le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Josh Earnest, répondant aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, n'a pas pu dire comment Washington avait l'intention de changer la politique de Moscou en Syrie. Il a mentionné les sanctions, reconnaissant que souvent elles ne fonctionnent pas. Il a rappelé que des sanctions avaient été imposées plus tôt à l'égard de l'Iran et de la Syrie et que plusieurs résolutions avaient été adoptées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Earnest a exhorté les gens à ne pas confondre la protection des intérêts américains et les actions militaires contre ISIS. "La situation à Alep a attiré beaucoup d'attention, mais nous ne pouvons pas permettre à la tragédie d'Alep d'éclipser l'importance de ce qui a été fait par l'armée américaine et 67 membres de la coalition", a-t-il dit. Après l'inaction de la coalition contre ISIS pendant la prise de Palmyre, cela semble extrêmement cynique. Pendant ce temps, les militaires américains ont bombardé un hôpital de Mossoul, qui, selon eux, était le siège de l'ISIS. Même si tel était le cas, il s'agit d'une justification douteuse en termes de normes démocratiques.

 

Washington continue à croire que la Russie ne se concentre pas sur la lutte contre 'Dzhabhat al-Nusra', mais sur le soutien de Bashar al-Assad. Cette déclaration a été faite lors d'un point de presse régulier par Mark Toner, porte-parole adjoint du Département d'Etat américain. "La Russie et les Etats-Unis conviennent que 'al-Nusra' est une organisation terroriste et doit être détruite, comme ISIS. Mais nous n'avons toujours pas vu que la Russie se concentre sur «al-Nusra». Elle vise à aider le régime à faire face à l'opposition modérée à Alep. Nous pensons que c'est exactement ce qui se passe là-bas », expliqua Toner.

 

Embarras à Washington et Bruxelles

 

Il est bien connu qu'à Alep "Dzhabhat al-Nusra" et ses groupes affiliés sont les acteurs principaux, comme cela a été officiellement annoncé. Personne n'empêchait les États-Unis de bombarder les positions "Dzhabhat al-Nusra" à Idlib (mais ils ne l'ont pas fait). Il est clair que les fonctionnaires de Washington et de Bruxelles adoptent cette attitude parce que la Syrie et les actions de la Russie dans ce pays signifient la fin du monde unipolaire. Washington et Bruxelles n'aiment pas ça. Mais dire cela ouvertement est risqué pour leur réputation. À cet égard, ils ont adopté la tactique s’enrôler toutes les forces majeures en Syrie qui sont hostiles à Assad. Il n'y a pas trop de logique ici. Cela a également fait perdre à Washington et à Bruxelles la guerre de l'information.

 

Il semble que dans cette situation, le principal objectif de Damas et de Moscou dans le conflit syrien n'ait pas changé. C'est le nettoyage final d'Alep avec le lancement simultané de programmes d'aide humanitaire. Il serait bon d'organiser un voyage à Alep pour les journalistes étrangers, comme cela a été fait à la base Hmeymim. En général, il est important de ne pas permettre à l'Occident de saisir l'initiative, au sens informationnel et politique, dans le conflit syrien et de prendre note de la position prise par Pékin qui a commencé à exprimer un plus grand soutien pour les actions de Moscou à l'ONU. Cela a vraiment effrayé l'Occident. En dernière analyse, personne, à Ankara ou à Washington, n'a rempli la demande de Riyad et de Doha de renverser Assad.

 

 *****

Notes du traducteur

  1. Guerres « proxy » , ou guerres sous faux pavillons : guerres entre grandes nations, par autres peuples interposés et conditionnés par les services secrets des grands pays.

 

  1. Destruction de la moitié de l’aviation russe. Il s’agit évidemment du petit nombre d’aéronefs stationnés sur l’aérodrome sis près de Palmyre, qui ont été surpris par un tir inattendu.

 

  1. L’article de Satanovskiy a du être écrit avant la décision de la Russie de ne pas accepter un cessez-le-feu, résolution qui a permis la liquidation des islamistes en quelques jours.

 

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Published by Carol Deby - dans Syrie
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