Le droit international le dit clairement lui aussi. Selon l’article 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies, les guerres violent aujourd’hui en général le droit international. Les crimes de guerres sont également définis clairement dans le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale, comme par exemple :

– les attaques intentionnelles contre la population civile en tant que telle

– les attaques intentionnelles contre des biens à caractère public

– les attaques intentionnelles en connaissance du fait que cela provoquera des pertes humaines, la blessure de civils et l’endommagement d’objets civils.

 

 

 

 

Comment se fait-il alors que depuis la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à aujourd’hui, d’innombrables crimes de guerre aient eut lieu sous les yeux du public mondial et qu’ils soient tolérés ? Et il ne s’agit pas de n’importe quelles guerres, puisque la plupart ont été lancées et dirigées par le gouvernement des Etats-Unis ainsi que par l’OTAN. Et il est avéré, comme le décrit le journaliste américain Norman Solomon dans son livre « War Made Easy », en français « La guerre rendue facile », que ce sont justement dans ces guerres auxquelles les Etats-Unis ont participé que 70 à 90% des morts étaient des civils.

 

En fait il y a un principe tout à fait simple et totalement logique, de sorte qu’il devrait être clair pour tout journaliste, politicien ou citoyen du monde, qu’il n’y pas même une seule guerre menée par les Etats-Unis ou l’OTAN qui soit justifiable ni tolérable. Ce principe correspond au droit international sur la guerre et c’est le suivant :

« Les maux, causés par la guerre ne doivent pas être plus grands que l’injustice qu’elle doit éliminer. Aucun Etat ne doit mener une guerre sans penser aux conséquences à long terme pour tous ceux qui sont concernés. »

Mais jugez vous-même si ce principe simple a été respecté, c’est-à-dire si le mal causé par la guerre était inférieur au mal que la guerre prétendait éliminer. Une grande vague de dévoilement est en cours, qui étudie les guerres les plus importantes depuis l’entrée des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam en 1964. On y révèle comment étaient les conditions de vie AVANT et APRES la guerre. Kla.TV a assisté pour vous à quelques-uns de ces exposés.

 

 

1. L’intervention militaire internationale de 2011 en Libye – Résumé d’une conférence à Berne

 

Sous prétexte de protéger le peuple libyen contre son dirigeant Mouammar al-Kadhafi, la Libye a été bombardée pendant 7 mois par les forces armées de l’OTAN sous le commandement des Etats-Unis.

 

AVANT :

La manière dont ce pays était gouverné, c’était vraiment une chose extraordinaire. Ce n’était pas seulement un président ou dictateur, comme nous l’avons entendu, qui gouvernait ce pays, mais le peuple était impliqué de manière consciente.

– Le régime libyen était une démocratie directe. Le pays était divisé en communes plus petites. L’objectif était que chacun participe à toutes les décisions.

– La partie du Coran qui parle de tuer les infidèles était bannie de la Libye par Kadhafi.

– Dans les années 1970 Kadhafi a permis aux femmes de s’émanciper. Il n’y avait pas de directive concernant les vêtements et des formations de grande qualité étaient à la disposition de toutes les femmes, si elles le voulaient. Il y avait des femmes médecins, des femmes ministres, des femmes d’affaires ou aussi de simples femmes au foyer, selon ce qu’elles souhaitaient devenir.

– La Libye avait un des plus hauts revenus par tête du continent africain.

– Il n’y avait pas de taux d’intérêt sur les crédits. – Avoir un domicile, c’est-à-dire une maison, était comme un droit de l’homme.

– L’électricité était gratuite.

– La formation était gratuite.

– Avant Kadhafi seulement 25% des Libyens savaient lire, après lui 83%.

– Les consultations médicales étaient gratuites.

– Tous les nouveaux mariés recevaient l’équivalent de 45 000 € de l’Etat libyen pour acheter leur propre appartement et pour fonder leur famille.

– Les mères qui mettaient au monde un enfant recevaient 5 000 dollars US.

– Pour démarrer rapidement, les agriculteurs recevaient pour leur exploitation, de la terre arable, une ferme, des outils, des semences et du bétail – et tout cela gratuitement.

– Pour les personnes pauvres et affamées il y avait des entrepôts agroalimentaires gigantesques, où on recevait du riz, du lait, du fromage, de la farine et aussi de l’argent pour acheter de la viande.

– Une partie de la vente du pétrole libyen était versée directement sur les comptes des citoyens libyens.

– Quand un Libyen achetait une voiture, le gouvernement subventionnait 50% du prix d’achat.

– Le prix de l’essence était de dix centimes par litre.

Maintenant nous en venons au projet principal que Kadhafi a réalisé. C’était le projet de l’eau potable. La Libye se compose de 95% de désert et la superficie est environ cinq fois plus grande que la République fédérale d’Allemagne. C’est un très grand pays.

– La Libye n’avait pas de dettes étrangères, mais au contraire des réserves à hauteur de 150 000 000 000 $

– Kadhafi planifiait l’établissement d’une banque et l’introduction d’une monnaie basée sur l’or pour l’Afrique, par laquelle la Libye aurait conduit toute l’Afrique à la liberté – à être libérée des élites financières et des impérialistes, qui contrôlent les pays pauvres et ce qui leur appartient.

– De surcroît Kadhafi aidait à contrôler les flux de réfugiés des pays africains. Pour leur accueil il se servait des standards européens, pour endiguer l’afflux vers l’Europe.

 

APRÈS :

– Je passe maintenant à l’époque après Kadhafi. Quel a été le premier acte du gouvernement central institué par l’OTAN ? La banque centrale a été dissoute, parce qu’elle n’était pas dans l’intérêt des puissances occidentales.

– La guerre a coûté la vie à 50 000 civils libyens, et au moins autant de civils ont été blessés.

– L’infrastructure économique de l’Etat a été détruite par les bombardements de l’OTAN.

– Les installations du grand réseau d’eau ont été attaquées et bombardées par l’OTAN, comme le montrent différentes vidéos sur YouTube. Selon Global Research, un centre pour la recherche scientifique globale dont le siège est au Canada, la guerre de l’OTAN contre la Libye aurait mis en péril l’avenir du projet de l’eau potable – et par là l’aisance du peuple libyen.

– L’extraction du pétrole a chuté à 90 000 barils par jour – dix fois moins qu’avant la guerre.

– Le taux de chômage est passé à 30%.

– Les réserves d’argent de la Libye de 150 000 000 000 $ (cent cinquante milliards de dollars) sont gelées dans le monde entier et probablement perdues pour toujours.

– Après l’intervention militaire internationale, le pays a été bouleversé par des combats de milices rivales. Celles-ci opèrent arbitrairement et impunément sous la direction de seigneurs de la guerre islamiques et régionaux – ce sont des commandants militaires.

– Des combats entre ces milices, des attaques contre le gouvernement et l’assassinat de fonctionnaires du gouvernement sont monnaie courante.

– Depuis 2014 une guerre civile acharnée règne entre le gouvernement, le contre gouvernement islamiste qui règne dans la capitale Tripoli, et d’autres groupes de rebelles comme « l’Etat islamique » (EI).

– Le chaos règne.

– Un rapport adressé au conseil de sécurité des Nations Unies du 26 août 2015 donne les chiffres suivants jusqu’en août 2015 : Il y avait 435 000 réfugiés à l’intérieur du pays, un million de Libyens ont quitté le pays en direction de la Tunisie, environ 2 millions ont besoin d’aide humanitaire, pendant qu’environ 1,2 million souffrent de la malnutrition ou de la faim.

– En gros 250 000 réfugiés venant d’autres pays se trouvent en Libye.

– Après Kadhafi la Libye est devenue un paradis pour des gangs de passeurs, qui transportent les réfugiés de Libye en Europe sans encombre.

 

 

2. La première guerre d’Irak (2ème guerre du Golfe) 1990/91– Résumé d’une conférence à Steyr

 

Après que le président irakien, Saddam Hussein, a fait occuper le Koweït – en affirmant que celui-ci exploitait illégalement des champs pétroliers de l’Irak – l’armée irakienne a été presque complètement vaincue par une coalition menée par les Etats-Unis. Pour justifier la guerre, les médias principaux ont d’abord diffusé des informations sur des atrocités commises en Irak et celles-ci ont ensuite été dévoilées comme étant des mensonges. Parmi ces atrocités, le célèbre mensonge des couveuses, dans lequel une soi-disant infirmière de 15 ans affirmait en larmes que les troupes irakiennes avaient assassiné des nourrissons. Il s’est avéré plus tard que celle-ci était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux Etats-Unis.

 

AVANT :

Dans les années 70, l’Irak a vu un redressement économique dont la population a aussi énormément profité. A la fin de cette décennie, l’Irak possédait des réserves d’or d’une valeur de 35 milliards de dollars américains, et était même sur le point de devenir un pays industriel.

– l’Irak a réussi en 1972 à prendre le contrôle national sur ses réserves de pétrole dont les entreprises internationales avaient profité auparavant.

– Avec 112 milliards de barils, l’Irak aurait disposé de l’une des plus grandes réserves de pétrole du monde.

– Grâce aux revenus liés à l’exploitation du pétrole, un système de santé irakien a entre autre pu être établi, qui a fonctionné jusqu’au début des années 90 comme le meilleur du monde arabe.

– A partir de 1979, Saddam Hussein encourageait activement la modernisation de l’économie irakienne, la construction de l’industrie, de l’administration et de la police, l’utilisation de la technologie dans l’agriculture, la réforme agraire ainsi que la formation de la société, la réorganisation complète du service public ainsi que des transports et l’éducation. –

Hussein a lancé une campagne nationale d’alphabétisation et l’enseignement obligatoire généralisé a été introduit.

– Avant 1990 plus de 90% des filles savaient lire et écrire.

 

APRÈS :

Après cette destruction, la roue de l’alphabétisation a de nouveau tourné dans l’autre sens. 75% des enfants ou des filles sont de nouveau devenus analphabètes. Nous constatons un grand nombre de morts : 120 000 soldats irakiens et environ 60 000 civils.

– 320 tonnes de munitions à l’uranium enrichi ont été utilisées par les alliés. Les dommages à long terme ont été désastreux et il le sont encore : ce qu’on appelle le syndrome de la guerre du Golfe, à savoir une augmentation du taux de cancer ainsi qu’une forte augmentation du nombre de nouveau-nés ayant de sévères malformations.

– Plus de trois millions de personnes se sont enfuies d’Irak, du Koweït et des pays voisins.

– Les sanctions économiques décrétées par les États-Unis ont empêché une reconstruction de l’Etat irakien après la première guerre d’Irak.

– Depuis 1991, environ 1,5 million d’Irakiens, dont 550 000 enfants de moins de 5 ans, sont décédés suite aux sanctions économiques infligées à l’Irak, à cause de carences alimentaires et d’un approvisionnement médical insuffisant.

– La destruction des stations d’épuration a transformé le Tigre en un cloaque ouvert. De 1990 à 2003, les États-Unis ont empêché l’importation de pompes et de chlore pour le traitement de l’eau. En conséquence, le taux de mortalité chez les nourrissons est monté de 3,3% en 1990 à 12,5% en 1997.

 

 

3. La guerre du Vietnam de 1965 à 1975 – Résumé de conférences à Berlin et Dresde

 

Maintenant nous allons considérer la guerre du Vietnam, qui a duré de 1965 à 1975. Sous le prétexte que des vedettes nord-vietnamiennes avaient attaqué sans raison des navires de guerre américains dans le golfe du Tonkin, le président américain Lyndon B. Johnson a fait en sorte que le Vietnam du Nord soit bombardé à partir de février 1965. Les Etats-Unis sont intervenus dans la guerre civile entre le Vietnam du Sud et le Vietnam du Nord communiste. Plus tard le secrétaire d’Etat des Etats-Unis a admis que les navires de guerre américains avaient été envoyés dans le golfe du Tonkin uniquement pour provoquer une raison pour faire la guerre. Les ripostes immédiates auraient été préparées depuis des mois.

 

AVANT :

Lors des accords de Genève sur l’Indochine en 1954 il avait été décidé qu’il y aurait des élections pour la réunification du Vietnam du Nord et du Sud. Le Vietnam du Nord communiste approuvait ces élections. Mais le Sud, soutenu par l’Occident, était contre. Et ils ont probablement empêché la réalisation de ces élections à l’instigation et sur le conseil des Etats-Unis.

 

APRÈS :

Que s’est-il passé au Vietnam après la guerre ? Sept millions de tonnes de bombes ont été lancés pendant la guerre. C’est environ deux à trois fois le nombre de bombes que les Américains avaient larguées au total pendant la Seconde guerre mondiale. Sept millions de tonnes ! Deuxièmement, le 16 mars 1968 a eu lieu le « massacre de My Lai »– évidemment cela n’a été connu qu’après – où des soldats américains ont assassiné de sang-froid plus de 500 civils. Et après la fin de la guerre, on a aussi appris que cela n’avait pas été le seul massacre, mais les vétérans américains qui étaient en guerre au Vietnam ont avoué et décrit que ceci s’était produit presque chaque jour. De tels massacres de la population civile ont vraiment eu lieu.

– En tout 5 millions de personnes ont trouvé la mort au Vietnam et dans les pays voisins du Laos et du Cambodge. 70 à 80% étaient des civils.

– Pour détruire les feuillages des forêts, les Etats-Unis ont à l’époque dispersé 72 millions de litres d’herbicides sur le Vietnam. Parmi ceux-ci, « l’Agent Orange » extrêmement toxique, une dioxine qui endommage le patrimoine génétique. Ce poison a un effet d’une durée extrêmement longue, parce qu’il ne se dégrade biologiquement que très lentement. Les conséquences sont des enfants gravement handicapés avec des malformations et plus de cent maladies. Depuis, trois générations d’après-guerre sont concernées par ces séquelles. Tandis que d’anciens soldats américains contaminés ont été indemnisés après de longues procédures juridiques, les victimes vietnamiennes n’ont jusqu’à aujourd’hui pas reçu d’indemnisation.

– Et pour finir voici encore un fait extrêmement grave : environ 10% de ces sept millions de tonnes de bombes n’ont pas explosé. Elles se trouvent encore maintenant comme des mines dans le sol et provoquent aujourd’hui comme dans le temps de graves blessures.

 

 

4. La guerre du Kosovo 1998/99 – Résumé d’une conférence à Augsbourg

 

A cause d’une prétendue catastrophe humanitaire, l’OTAN a attaqué l’ancienne République fédérale de Yougoslavie par des attaques aériennes du 24 mars 1999 jusqu’au 10 juin 1999. Selon l’organisation pour la sécurité et la collaboration européenne, il n’y a pas eu avant le bombardement de l’OTAN de catastrophe humanitaire qui aurait dû être punie. Il n’y avait eu que 39 morts suite à des combats entre l’armée de « libération » kosovare (UCK) – un groupe terroriste – et des policiers serbes. Et même, d’après des témoins oculaires, le prétendu camp de concentration dont le ministre de la défense Rudolf Scharping avait parlé, n’a jamais existé.

 

AVANT :

– Du point de vue économique la Yougoslavie était le pays le plus fort de l’Europe du sud-ouest.

– La Yougoslavie était en situation de plein emploi – donc tout le monde avait un travail.

– Il y avait une sécurité sociale : Tout le monde était couvert par le système.

– De plus, fait également significatif pour un système social qui fonctionne parfaitement, l’espérance de vie était très élevée.

– L’enseignement scolaire était assuré, tous les enfants étaient instruits ; et le niveau des prix était bien réglementé, ce qui fait que les prix étaient adaptés aux salaires. Donc on y vivait bien.

– Le Kosovo avait une bonne source de revenus grâce aux exportations.

– L’ancienne Yougoslavie avait toujours refusé les conditions de crédit du Fonds Monétaire International (FMI) pour des raisons sociales.

– Le pays était, à côté de l’Espagne et de l’Italie, la destination de vacances préférée des Européens.

– D’après un sondage de l’année 2014, 78% des Serbes disent qu’avant 1990, donc avant la division de la Yougoslavie, ils avaient un meilleur niveau de vie, un plus haut standard économique et une plus grande liberté politique.

 

APRÈS :

Le résultat de cette guerre tient en un mot : La destruction ! Toute l’infrastructure a été détruite : 110 hôpitaux, 480 écoles, 13 aéroports, 19 gares, 60 ponts et des entreprises industrielles. La chose la plus grave : dix tonnes de munitions à l’uranium ont été larguées.

– Plus de 2 500 civils et 10 000 soldats ont été tués.

– Plus de 850 000 personnes ont fui depuis le début des opérations aériennes.

– D’après Bakary Kante, dirigeant du département de l’ONU pour les accords de l’environnement, l’OTAN a utilisé de l’uranium qui a détruit l’air, le sol et l’eau, causant jusqu’à aujourd’hui un grand nombre de cancers, de fausses couches, et de malformations graves chez des nouveau-nés.

– Un grand nombre d’entreprises industrielles et des établissements d’infrastructure, dont 480 écoles et 110 hôpitaux, ont été réduits en cendres.

– Après la guerre, le Kosovo a été administré de manière politique et militaire par les États-Unis et l’OTAN. Une des plus grandes bases militaires américaines se trouve à présent dans le pays.

– Les pays de l’ex-Yougoslavie souffrent aujourd’hui encore des mauvaises conditions économiques. C’est ainsi que dans la première moitié de 2015, environ 33 000 (15%) demandeurs d’asile en Allemagne était des citoyens kosovars et 18 000 (8,4%) étaient des Serbes. Ils viennent ainsi après la Syrie, en 2ème et 4ème position. Mais si on regarde les morts : 4 000 personnes sont mortes pendant la guerre au Kosovo, 5 000 suite aux opérations militaires de l’OTAN en 1999 en Serbie et environ 125 000 mourront encore à cause des munitions à l’uranium qui ont été utilisées.