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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 18:54

Difficile de parler avec sincérité du socialisme d'aujourd'hui, lorsque l'on fait en permanence référence à celui d'il y a 1 siècle, 100 ans, cela n'a absolument plus rien à voir, et la lutte de classe s'est soldée par la démission des représentants du prolétariat que ce soit le PCF (traitre parmi les traitres), du PS et surtout par la trahison des syndicats ouvriers.

 

Au risque de surprendre certains, je suis d'accord avec Jérôme Cahuzac, moi non plus je ne crois plus à la lutte des classes, je crois qu'il faille faire la GUERRE DES CLASSES si nous voulons faire changer les choses, nous ne devons pas chercher à aménager le capitalisme d'une manière sociale, mais nous devons anéantir le capitalisme en abrogeant la propriété lucrative, en supprimant l'héritage et la valeur de l'argent et enfin en collectivisant tous les outils de production représentant un intérêt pour la république ; ceci ne fait pas partie du programme "l'humain d'abord" mais devrait en devenir les mots d'ordre, la crainte et la peur de nos adversaires, n'oublions jamais qu'ils sont 1 % et nous 99. Toutes nos revendications actuelles telles que l'augmentation du SMIC, la retraite à 60 ans etc... etc... Ne sont plus d'actualité car elles ne font que réclamer l'adaptation du système capitaliste et non pas sa suppression. J'entends déjà les cris d'orfraie que vont pousser tous les faux révolutionnaires, UTOPIE, POUSSE AU CRIME, ce mec veut la guerre civile !...

 

NON messieurs dames les timorés, ceux-là même qui ne savent voir plus loin que leur bout de nez, et dont la seule réflexion s'arrête à ressasser l'histoire ancienne et refaire vivre les morts ; NON ce n'est pas utopique, NON ce n'est pas pousser au crime que de vouloir vivre enfin une démocratie réelle et non imaginaire, et puis, NON je ne souhaite pas de guerre qu'elle quelle soit ; ce que je veux, c'est que le peuple (bourgeois, petits-bourgeois, prolos et manants compris) prenne conscience que le TINA s'est retourné sur lui-même, qu'il s'est inversé, que désormais l'histoire va s'écrire dans un sens qui va vers l'humanisme et le collectivisme social tout en respectant chaque individu et son libre-arbitre, que tout à chacun a droit à son idéal de vie dans le respect et l'amour des autres, que la gauche, la droite, le centre sont des notions obsolètes, car si cela ne se passe pas comme je viens de vous le décrire, eh bien nous n'avons plus qu'à espérer crever très vite, car leur volonté, à eux les capitalistes (l'oligarchie) est bien de nous en faire chier un maximum, nous en avons l'exemple vivant avec le peuple grec. Croyez-vous vraiment que nous ayons le choix ? Quelle femme, quel homme peut faire le choix de l'esclavage ?

 

Jean Jaurés occupe une telle place dans la cosmologie socialiste, que les autres grands noms du socialisme français de son époque sont totalement effacés des mémoires et des textes contemporains, et pourtant un homme tel que Jules Guesde, à redécouvrir, n'a rien à lui envier, il fut même l'instigateur du socialisme moderne, bien plus et bien mieux que Jean Jaurés qui n'en était que le tribun. L'un fut le héraut du prolétariat révolutionnaire et du collectivisme, l'autre fut celui du socialisme bourgeois.

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commentaires

Aubert (Dulac) Sikirdji 10/10/2014 16:12

Un troll ? Déjà... La Fontaine : "Ainsi certaines gens faisant les empressés s'introduisent dans les affaires : ils font partout les nécessaires, et partout importuns devraient être chassés."

raphaël 17/08/2014 03:23

bonjour camarade
juste une petite question: "don't feed the troll", y a t'il une autre raison que le risque de saturation de l'espace d'expressions?

Aubert Dulac 14/08/2014 14:57

@ Maurice
Des moments fort font que les idées prennent corps et deviennent des forces matérielles... Pour ainsi dire des forces "maternelles"...: des matrices d'idées. Et puis il s'ensuit d'autres moment, de
crise, où rien ne va plus, et où il faut se poser la question d'un nouveau paradigme politique !... C'est très intéressant cette histoire de "Jules Guesde et/ou Jean Jaurès". L'évolution diverse et
variée des hommes dans les circonstances... Qui est dur, en vérité, qui est mou ? Il y a un roman très important de ce point de vue, qui met en scène l'évolution différente de deux camarades, aux
prises avec le moment de "la déstalinisation" : 1956. A savoir "la Place Rouge", de Pierre Courtade. Un des deux, au départ, c'est un camarade considéré comme pur et dur. L'autre semble plus
sentimental. A l'arrivée, devinez lequel aura tenu le choc ?

Aubert Dulac 07/08/2014 12:35

J'ajoute ceci : le peuple en constitution est beaucoup chez Mélenchon synonyme de défilé... dans les cabines électorales, dites "isoloirs"...

Aubert Dulac 07/08/2014 12:32

@cronos
Sur peuple/prolétariat, je reprends cette phrase de Jean-Luc Mélenchon sur son blog, en fin de campagne des européennes : "Rappelons-nous l'objectif : non pas construire un parti révolutionnaire,
mais un peuple qui le soit." Je me suis décidé à lire l'Etat et la Révolution : Lénine y explicite Marx. Le concept de peuple et celui de prolétariat sont précisés : le peuple en constitution, ce
serait la réalisation d'une hégémonie prolétarienne. Maintenant, il faudrait encore savoir ce que prolétariat, plus précisément prolétarisation signifie aujourd'hui. Il y a Bernard Stiegler qui en
parle.

Maurice 07/08/2014 08:15

L'évolution de Jules Gusdes fut consternante:
-Il a rejoint l'Union sacrée guerrière914.
-Il n' a pas participé à la majorité du PS qui a créé le PCF.
Il est resté fidèle jisqu'à sa mort à la SFIO.Aurait - il voté les pleins pouvoirs à Pétain comme le SFIO s'il était resté vivant en 1939?

raphaël 07/08/2014 02:00

bonjour camarades,
Dans les années 80 a été menée une expérience intéressante en Suède. L'université de Göteborg, Volvo, et le syndicat de la métallurgie (équivalent de IG Métal, je ne me souviens plus de son nom),
proche des sociaux démocrates, s'étaient associés pour expérimenter la production d'automobiles sans chaîne de montage, mais au sein d'ateliers où de 1 à 4 ouvriers assuraient le montage d'un
véhicule du début à la fin. La rationalisation de l'opération s'effectuait au stade de la préparation des chariots contenant les pièces détachées nécessaires (sollicitant notamment les recherches
en ergonomie développées dans l'université). Le producteur devait trouver spontanément les pièces au moment où il en avait besoin.
La productivité de ce procédé a dépassé toutes les espérances, même pour des petites voitures.
Alors pourquoi ce modèle productif ne s'est-il pas développé? Patronat et syndicat s'étaient trouvé un ennemi commun: l'autonomie du producteur.
L'usine a été revendue à un fabricant de voitures de sport.
Le Pouvoir au dessus de tout!

cronos 06/08/2014 17:49

Cher Camarade Aubert Dulac, je ne pense pas exclusivement aux communistes lorsque j'aborde le problème de la trahison des masses laborieuses que l'on appellera prolétariat et non peuple pour plus
de justesses et de réalité. Je me réfère pour cela à la catastrophique désindustrialisation de la France, des territoires entiers ont été décimés et des bassins d'emplois réduits à peau de chagrin
où le plus grand employeur et partout est de loin "pôle emploi". Qu'ont fait les syndicats, tous les syndicats contre cette volonté délibérée de ruiner les capacités économiques du pays lorsque la
vague, pour ne pas dire la frénésie, de cotation en bourse à envahie l'esprit du patronat français qui à l'époque n'a trouvé que cette argutie pour vendre et se séparer de leur entreprise avec
force rentabilité, ensuite, ce fut le tour des LBO qui procédèrent au dépeçage des avoirs et biens financiers des sociétés et pour couronner le tout décentralisèrent les productions à l'étranger ;
la trahison fut le fait de tout l'establishment comme aime à le dire Monsieur Le Pen, seul mot pour lequel je lui rend grâce, que ce soit l'establishment bancaire ou/et politique, 30 ans de
socialisme cumulé au chiracisme et pour clore, la cerise sur le gâteau, le sarkozisme ; inutile d'entrer dans le détail, nous connaissons et vous et moi les moindres ignominies commises au nom de
la mondialisation et de la libre concurrence non faussée. La grande trahison du prolétariat fut là et fut le fait de tous les acteurs sociaux patrons et syndicats en tête, les politiques venant
quant à eux mettre le sceau de la légalité sur l'ensemble des mauvaises actions et des plans de destruction de la démocratie au profit d'une ploutocratie dominante et sans concessions aucune.

raphaël 06/08/2014 02:22

bonjour camarades!
Merci Aubert pour ton lien. Cet article très intéressant va au coeur de la problématique actuelle du capitalisme et de nos société: la nouvelle "économie post-moderne", dominée par l'émergence des
technologies de l'information, permet et demande une interaction horizontale croissante entre les producteurs. Le capitalisme en a besoin pour assurer sa croissance mais en même temps doit pour sa
survie en tant que système de pouvoir consolider ses hiérarchies verticales. Tout le dilemme auquel il est confronté est là: comment garder le pouvoir sans brider la créativité de la multitude.
Pour cela il développe lui même une nouvelle forme de souveraineté complètement dé-territorialisée, en réseaux, que certains nomment "Empire" pour souligner le profond dépassement des anciennes
formes de souveraineté centrées sur les Etats-Nations et leur impérialismes respectifs. Mais un empire sans capitale et sans empereur, insaisissable, qui s'exprime en fait à travers toutes les
structures du systèmes, y compris celles de l'"ancienne souveraineté". Et qui cherche à rompre toutes les frontières, celles entre les territoires, mais aussi par exemple celles qui séparaient à
l'époque "moderne" dans notre vie le travail et le temps libre. Prendre le pouvoir sur tous les aspects de notre vie pour en tirer le meilleur profit, faire de nous des producteurs au service du
capital à tout instant. La stratégie de Google citée dans l'article est une des plus "intelligente", dédiée à l'élite, il faut le souligner (l'ambiance n'est pas la même dans les usines à l'heure
du "toyotisme" ...) et va encore plus loin que ce qui est cité: centre de fitness et cours de yoga à tout instant, auto-définition de son projet pour l'entreprise, choix de l'equipe avec laquelle
on veut travailler,...

Pour nous, l'enjeu est clair: prendre conscience que plus que jamais nous sommes les seuls producteurs de la richesse, que si le capital pouvait paraître nécessaire pendant la phase de constitution
de la "machine" industrielle (lourde structure avec travailleurs interchangeables), le développement de l'"appareil" de l'information (réseaux massivement interconnectés) repose essentiellement sur
l'intelligence et la créativité de la multitude.

L'approche de Friot me semble plus profonde et juste socialement que par exemple l'idée évoquée plus fréquemment du "revenu universel". Ce dernier constitue une "rente" pour chacun de la
"sur-valeur ajoutée" produite par les objets techniques (robots, ordinateurs, ...). Si cette rente est bien également répartie, le revenu du travail reste lui corrélé à la productivité du poste de
travail occupé. Et là les évolutions technologiques accentuent fortement les inégalités. Cette approche est complètement compatible avec le capitalisme le plus dur.

Au contraire, l'approche de Friot, qui lie le salaire à la personne, et ce de manière inconditionnelle, considère chaque producteur comme égal, à même niveau de qualification, quel que soit le
poste de travail qu'il occupe.
La "sur-valeur ajoutée" est répartie à travers le système des cotisations: un poste de travail à forte productivité cotisera plus que ce que son opérateur coûtera en salaire à la caisse, et donc
financera le salaire de postes à faible valeur ajoutée, et même à valeur ajoutée "négative" mais utile socialement, ou écologiquement, ...
La logique s'appliquant aussi pour l'investissement.

Et tu as raison de le souligner, pas question de revenir au modèle "moderne" de l'emploi à vie avec "évolution de carrière" (sauf si c'est un choix personnel). Le capital (en fait l'"appareil") a
besoin de flexibilité et de mobilité de la main d'oeuvre. Approprions nous cette nouvelle donne pour rendre possible tout choix personnel de vie et de parcours. Notamment comme tu le dis "par un
droit à la formation à la hauteur des congés payés".

Cette approche reconnait ainsi la très grande diversité des possibles en terme de travail, notamment le fait que si la technologie permet des gains de productivité inouïs dans certains domaines, de
nombreux travaux resteront "humains" par nécessité mais aussi par choix: moi par exemple je suis berger et assure avec mon troupeau mené en parcours l'entretien d'espaces naturels pour des
collectivités. Ce qui se fait habituellement plutôt avec des machines. Cela demande beaucoup de temps de travail humain, peu d'investissements, et produit une faible valeur ajoutée (production de
viande) mais une valeur ajoutée quand même (au contraire des débroussailleuses!), suffisante pour financer l'aspect "entretien de l'outil de production" et les bonnes années contribuer au
financement du salaire. Mon salaire et l'investissement de base (bergerie) doivent être en grande partie financés de l'"extérieur" et pourtant je coûte moins cher et suis nettement plus efficace,
notamment en terme de préservation et même de développement de la biodiversité, que les prestations paysagères mécanisées.
Dans l'approche "revenu universel", je devrais me contenter de la "rente" comme seul revenu garanti (avec un complémént les bonnes années) et de fait ce type de travail ne pourrait se développer
faute de candidat et le travail mécanisé s'imposerait, dans la continuité de ce qui se passe aujourd'hui déjà.

Cronos, j'ai 41 ans, une petite formation universitaire (licence de géographie)(ça commence mal!), ai fait mon "service militaire" entre 97 et 99 dans un espace totalement inédit, le CAES, à Ris
Orangis, squat politique, enclave d'utopies en réalisation au sein de la République (cela mériterait bien des discussions...), qui m'a emmené à participer, en plus de la vie foisonnante du lieu, à
une petite série d'actions en région parisienne (Dal, sans papiers, AMI, ...)puis plus largement, notamment à l'organisation en 98 d'une "caravane intercontinentale" de paysans d'Inde victimes de
Monsanto et de ses OGM (les premiers champs fauchés par Bové), musicien à mes heures perdues, berger donc depuis 2003 retiré dans les Vosges, au PS de 2007 (pour des raisons locales et par réaction
à Sarko) à 2011 (le lendemain du discours de Bourget: je ne pouvais supporter tant de mépris pour le sens des mots...), sympathisant actif du PG depuis sa création (en parallèle) et adhérent depuis
ma démission du PS au PG et à Attac (bonne petite équipe dans les Vosges, on fait un bon boulot d'éducation populaire sur la dette, la finance et en ce moment le GMT). Voilà pour mon parcours, tu
sais tout! (non, je rigole)

Un sujet vaste sur lequel on doit échanger: la stratégie. Car tout ce bla-bla, c'est bien, mais encore faut-il se donner les moyens de le mettre en oeuvre. Ton texte sur le Front des Masses
Prolétariennes m'a interpellé...

Aubert Dulac 05/08/2014 16:05

@raphaël
Pour info, je signale cet article, qui met l'accent sur la révolution numérique et l'économie de la connaissance, qui posent la question du dépassement du salariat:
http://www.humanite.fr/ce-qui-est-moderne-cest-de-liberer-lhumanite-du-salariat-547241
Il pose la nécessité du temps libre DANS le travail (voir aussi les travaux d'Yves Clot)
Par ailleurs, personnellement, je trouve que pour que "le producteur soit incité à travailler par la progression de sa qualification", le droit à la formation permanente devrait être à la hauteur
des congés payés, et compris comme accès possible à tous les pas de côtés possibles et imaginables dans une vie : certainement pas contraint par la définition d'un "profil" auquel devrait
s'assujettir chaque travailleur !..

raphaël 05/08/2014 02:49

Bon, je tente un premier jet.
la pensée de Friot (que je vais tenter de compléter) me semble intéressante parce qu'elle entend partir de ce qui existe déjà (ou encore) dans notre société et contient les germes d'un dépassement
du capitalisme.
Il évoque par exemple la fonction publique: le salaire y est à vie et attaché à la personne et aux qualifications acquises, et non au poste de travail ou pire encore à la "valeur" sur le marché du
travail (c.a.d. le pouvoir de négociation individuel du salarié face au patron). Ou encore la continuité du salaire après la période de travail contraint: la retraite n'est pas une rente due à une
accumulation capitalisée, mais un salaire versé pour un travail librement choisi (s'occuper de ses petits-enfants, faire du jardin, militer, ... ou ne rien faire).
De ça on peut en déduire que le salaire à vie, c'est possible pour tous. Par exemple avec une échelle de 1 à 5, progression irréversible liée aux qualifications acquises sur le parcours
professionnel.
Cette conception du travail et du salaire inverse complètement le rapport de force entre le producteur (le salarié) et l'entreprise: c'est à cette dernière de s'employer à convaincre le premier de
venir lui faire profiter de son savoir et/ou savoir-faire. Le producteur serait lui inciter à travailler par la progression de sa qualification.

Alors revendication n°1: le salaire à vie! Pour tous!
La CGT d'Epinal a lors du dernier micro-mouvement contre la réforme solférinienne des retraites osé franchir le pas: elle revendiquait la retraite à 50 ans et le salaire à vie.

Pour le mettre en place, Friot propose de découpler aussi le versement du salaire de l'entreprise: celle -ci verserait des cotisations à une caisse en proportion de la valeur ajoutée produite, qui
elle assurerait aux producteurs le salaire continu.
Ce qui est aujourd'hui déjà le cas par exemple pour le personnel hospitalier public. Les fonctionnaires sont eux payés par l'Etat, c'est à dire par l'impôt. Basculer sur un système de cotisations à
une caisse socialisée permettrait aussi dans l'esprit de Friot de permettre un dépassement de l'Etat (tant qu'à faire...).

Le versement des salaires par une caisse de cotisations, en plus de casser le lien de subordination du producteur à son "employeur", permettrait de faire financer des activités utiles socialement
mais à fort contenu de travail humain (une agriculture paysanne par exemple) par des activités à forte valeur ajoutée aux besoins de travail moindres.

Mais il va plus loin: il propose d'étendre ce système de cotisations à l'investissement. Les entreprises cotiseraient également à une caisse dédiée à l'investissement qui financerait leurs besoins
en investissements non pas en fonction de critères de rentabilité (il ne s'agit pas d'un prêt), mais en fonction de critères politiques définis démocratiquement (quels besoins pour la société,
...).

Là encore en s'inspirant entre autres du système hospitalier public, dont les investissements ont été entièrement financés par les cotisations sociales.
Out le capital!

D'ailleurs il nous montre la voie, le capital: aujourd'hui les entreprises ne se financent que très peu par lui(levée de fonds en bourse), au contraire les rachats par les entreprises de leurs
propres actions en bourse sont de plus en plus importants. Le capital coûte aux entreprises!

Elles ne financent même plus en puisant sur leurs profits, ces derniers sont entièrement reversés en dividendes au capital. Le capital coûte doublement aux entreprises!

Elles se financent par le crédit bancaire, qui a "l'avantage" d'être intégré au bilan avant le calcul des profits (avec les salaires, l'achat des matières premières, ...). Et surtout de générer au
capital de juteux intérêts. Le capital coûte triplement aux entreprises.

Les entreprises seraient les premières à être soulagées par l'abolition de la propriété lucrative. Le financement par les cotisations permettraient en plus de définir les besoins en investissements
en fonction, je l'ai déjà dit, des besoins sociaux. Les entreprises ne rembourseraient pas un prêt, même sans intérêts, mais cotiseraient en proportion de la valeur ajoutée produite. Ainsi une
activité utile socialement à fort besoins d'investissements (la production d'énergie par exemple) serait en partie financée par d'autres activités moins gourmandes en investissements. (même
raisonnement que pour les salaires: comment faire primer le politique sur l'économie)

petit complément personnel: il existe un statut qui se rapproche pas mal de l'entreprise non-capitaliste: l'association loi 1901. Quand on parle association, on pense tout de suite club de foot ou
restos du coeur, mais il existe tout un tas d'entreprises (espace de production économique) qui ont choisi ce statut. C'est possible aujourd'hui quand il n'y a pas de concurrence localement
(épicerie dans un petit village...) ou quand l'entreprise se donne une vocation dépassant la seule production économique. Là je pense par exemple à Prommata, petite assoc d'Ariège, qui produit des
outils à traction animale, que l'on peut acheter comme à une boite classique, mais que l'on peut aussi venir monter soi-même dans l'atelier, proposer des améliorations, se faire former, ... Elle a
aussi une vocation de développement tournée notamment vers l'Afrique, pour aider les paysans locaux à se trouver un mode de développement propre, sans tomber dans le piège du machinisme.
Je pense aussi au plateau du Larzac, arraché à l'armée, et qui est aujourd'hui géré par une structure type association: les agriculteurs se voient allouer une ferme qu'ils doivent valoriser au sein
de la filière (brebis pour le Roquefort). Ils peuvent la "céder" à leurs descendance, mais pas la vendre car elle ne leur appartient pas.
Voilà en pratique la propriété d'usage. Une association n'appartient qu'à son objet, et ses adhérents et salariés en sont les dépositaires.
C'est là je pense l'esprit de "l'entreprise selon Friot".

Je crois que c'est plus ou moins ce qui a existé en Yougoslavie sous Tito. je me souviens vaguement d'un article de Suzan Georges dans le Diplo au début des années 90 qui dénonçait la préparation
par les forces capitalistes d'un conflit qui serait présenté comme ethnique mais dont la vraie vocation était de démanteler l'économie yougoslave qui avait le tort de ne pas pouvoir être rachetable
par le capital, au contraire des entreprises d'Etat des autres pays ex-"socialistes". Car les entreprises yougoslaves n'appartenaient qu'à elles-mêmes. Son scénario s'est déroulé par la suite à la
perfection...

cronos 05/08/2014 11:12



Merci Raphaël pour ce commentaire très clair et dument documenté.

Je suis en adéquation avec la pensée de B Ftiot à quelques variantes prés mais cela fait
partie des adaptations qu'il sera bien évidemment nécessiare de faire.

Ancien chef d'entreprise, j'en ai créé 6, que j'ai toujours démarrées avec zéro franc en poche, ceci
simplement pour dire que j'en ai particulièrement bavé pour mener à bien projets et réalisations, je ne suis ni un universitaire ni un chercheur, au boulot à 15 ans et totalement autodidacte,
ce dont je parle c'est de mon expérience personnelle et de mes déductions. L'argent n'a jamais été le but de mes entreprises, sinon je ne serais pas ici à en parler ! Mon but, comme tout créateur est que les idées fonctionnent et qu'elles prennent corps et vie, c'est tellement plus satisfaisant que de
compter son fric et de trembler de le perdre ce que font tous ces connards de capitalistes.

Donc je suis entièrement d'accord avec ton commentaire et tes remarques dites personnelles, je suis d'autant plus d'accord
que cela fait des dizaines d'années que je préconise cette politique et la mort du capitalisme ; j'ai été
de toutes les luttes contre ce monstre quest le capital, PO-LCRI, Socialiste 72/94, d'Attac, et aujourd'hui PG.

Je ne sais pas quel âge tu as, mais moi à 67 ans, je me sens encore capable de faire partie d'une opération casse-gueule
s'il le faut et si la génération des quadras tellement frileuse qu'elle en a peur de son ombre, qui me casse les burnes avec leur pinaillage incessant ne bouge pas, il faudra bien s'y
mettre. Il y a beaucoup plus de gens de valeur telle que B. Friot et autres que l'on ne se l'imagine, l'inconvénient majeur sera de les mettre ensemble dans une même assemblée et de les
faire s'entendre, car en règle générale, ce n'est pas l'humilité qui les étouffent les uns et les autres, et qu'il faudra réaliser un arbitrage corsé pour en faire sortir des prises de décision
; mais l'essentiel est que nous avons cette richesse-là et que ces pignoufs de l'oligarchie malgré
leur pognon ne pourront pas concurrencer avec, et encore une fois nous sommes plus de 99% à vouloir leur faire la peau !...



raphaël 04/08/2014 03:43

encore trop tard pour ce soir...

raphaël 03/08/2014 03:25

bonjour camarade!
merci pour votre petit mot d'accueil sur le site de AC.
je me permet de revenir sur les propositions de Friot, car elles me paraissent de nature à la fois à remettre profondément en cause le capitalisme, notamment la propriété lucrative et
l'assujettissement par le salariat, tout en étant applicable progressivement, sans attendre le "grand soir", mais dans une dynamique revendicatrice et créatrice solide, avec un rapport de forces
bien établi en faveur de "l'inversion du TINA".
Bien dans une perspective "jaurassienne" quoi ("partir du réel pour tendre vers l'idéal", ou un truc du genre), histoire de coller avec l'actualité du moment!
Vous êtes vous intéressé à ses réflexions?
On a fait venir le bonhomme dans notre petit coin (les Vosges) et je dois dire qu'il a profondément renouvelé ma réflexion personnelle en terme de dépassement du capitalisme. Jusque là, j'étais
plutôt dans des perspectives type revenu universel ou Scoop, qui certes apportent des avancées mais s'inscrivent finalement dans une démarche d'accompagnement et d'aménagement, et peut-être même
d'optimisation.
Là il est tard, il faut que j'aille dormir, mais je reviendrai demain pour compléter. Peut-être d'ici-là aurez-vous le temps de livrer votre propre analyse de ce sujet, que je ne vous saoule pas
trop avec mon bla-bla!.

Aubert Dulac 02/08/2014 17:33

A propos de "guerre de classe", j'ajoute ceci : "La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice." Baruch
Spinoza.
Cela va sans dire mais mieux en le disant : la différence et la dissymétrie que nous avons avec "nos adversaires" n'est pas que de nombre, de pourcentage de population: elle est de méthode. A les
croire, il n'y aurait d'autre choix comportemental qu'entre un humanisme du dimanche, et le cynisme de la fin justifiant les moyens, qui ne sont que les deux faces de la même médaille. Non ! Par
rapport à ce piège, il existe un modèle de contraste. L'exemple de Jaurès, n'est-ce pas d'une tension au présent vers un humanisme qualitativement différent, qui n'attend pas les lendemains du
grand soir pour s'exprimer ? Compte tenu justement des "expériences du 20ème siècle", "l'idéalisme" républicain de Jaurès n'a-t-il pas toujours quelque chose à nous dire, comme procédant, plutôt
que d'un socialisme de bonne conscience bourgeoise, en fait d'un matérialisme qui consiste à ne rien gâcher, autant que faire se peut, des possibles ? N'est-ce pas une idée aussi bien présente chez
Marx que "le prolétariat" peut parler vertement, mais ouvertement, à l'ensemble de la société, qu'il émancipera en même temps que lui-même ? (Bien sûr, il peut toujours y avoir une version naïve de
cette conviction, dans les épreuves que nous font traverser les situations concrètes...)

Aubert Dulac 02/08/2014 14:55

(J'ai voulu vous faire une courte réponse sur le blog de Jean-Luc Mélenchon: éliminée. C'est pourquoi je viens ici.)
1/- S'il ne s'agit pas d'aménager le capitalisme avec du social, sans doute cela signifie-t-il qu'il ne suffit pas de parler de socialisme.
2/- Le TINA atteignant ses limites, vous parlez vous-même d'un possible retournement de l'Histoire, s'écrivant dans un sens qui irait vers l'humanisme et le collectivisme... Dans cet esprit, la
pensée de Jaurès est de celles qui ont posé des fondamentaux, ni périmés à l'époque par Jules Guesde, ni épuisés depuis vingt lustres !... Pourquoi s'en priver ? Evidemment, on peut se poser le
problème de la valeur d'une commémoration : revenir sur le passé, s'abîmer dans la redondance et le ressassement, cela peut servir de bouche-trou idéologique : à éluder les difficultés du devenir,
et à esquiver, à l'ombre d'une statue, l'inventaire de ses propres manquements. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit pour "nous". (De la même manière, l'actuel mouvement de retour à Marx n'est
pas vain.) Dans la mesure où elle soulève la relation entre formes et contenus, l'expression d'évolution révolutionnaire, ou de révolution évolutionnaire, nous interroge toujours. D'aucuns peuvent
y trouver un abri, comme vous dites, pour ce que vous appelez leurs "trahisons". Mais par exemple l'ambition du PCF, naguère, de dégager une "voie démocratique et pacifique au socialisme" ne
pouvait être simplement taxée de trahison !... Le désir de "vivre une démocratie réelle et non imaginaire", comme vous dites, n'aurait-elle pas buté sur la forme-parti (ou une certaine forme-parti)
? Et y compris le PG, aujourd'hui, est-il indemne de ce problème, que l'on désigne, pour dire vite, de "verticalité" de son fonctionnement, y compris à travers l'idée d'éducation politique
populaire ? De Jaurès à... Mélenchon, non je ne crois pas que la fonction tribunicienne soit morte, mais elle a indéniablement quelque chose de désuet, et elle ne peut suffire. C'est pourquoi nous
ne pouvons nous contenter de mettre au pilori la trahison de "représentants du prolétariat", en fonction de prérequis de la fonction de révolutionnaires. Ce sont surtout les blocages, les carences,
les inhibitions dans la capacité d'innover, singulièrement depuis 68, qui ont constitué une "trahison" des enjeux du présent.

cronos 06/08/2014 17:44



Cher Camarade Aubert Dulac, je ne pense pas exclusivement aux communistes lorsque j'aborde le problème de la trahison des
masses laborieuses que l'on appellera prolétariat et non peuple pour plus de justesses et de réalité. Je me réfère pour cela à la catastrophique désindustrialisation de la France, des territoires entiers ont été décimés et des bassins
d'emplois réduits à peau de chagrin où le plus grand employeur et partout est de loin "pôle emploi". Qu'ont
fait les syndicats, tous les syndicats contre cette volonté délibérée de ruiner les capacités économiques du pays lorsque la vague, pour ne pas dire la frénésie, de cotation en bourse à envahie
l'esprit du patronat français qui à l'époque n'a trouvé que cette argutie pour vendre et se séparer de leur entreprise avec force rentabilité, ensuite, ce fut le tour des LBO qui procédèrent au dépeçage des avoirs et biens financiers des sociétés et pour couronner le tout décentralisèrent les productions à l'étranger ; la trahison fut le fait de tout l'establishment comme aime à le dire Monsieur Le Pen, seul mot pour lequel je lui
rend grâce, que ce soit l'establishment bancaire ou/et politique, 30 ans de socialisme cumulé au chiracisme et pour clore, la cerise sur le gâteau,
le sarkozisme ; inutile d'entrer dans le détail, nous connaissons
et vous et moi les moindres ignominies commises au nom de la mondialisation et de la libre concurrence non faussée. La grande trahison du prolétariat fut là et fut le fait de tous les acteurs sociaux patrons et syndicats en tête, les politiques venant
quant à eux mettre le sceau de la légalité sur l'ensemble des mauvaises actions et des plans de destruction de la démocratie au profit d'une ploutocratie dominante et sans concessions
aucune.