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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 00:04

Je vais m’inspirer de mes premières amours politiques pour définir et expliquer ce que doit être un front des masses prolétaires et bien évidemment tendre à devenir populaire (aimé,reconnu) ; cela remonte aux années 1965/66, il s’agit du mouvement PO initié par la LICR, parlant à l’époque d’un front unique, il avait une signification bien réelle et cela a permis de préparer Mai 68, auquel je suis fier d’avoir participé, je le suis beaucoup moins de ce qu’il en est advenu…

 

Partons du postulat qu’aujourd’hui la lutte des classes est plus que jamais d’actualité.

 

Avant toute chose, Qu’est-ce qu’un front ?

 

C’est une succession d’accords visant des actions délimitées, pratiques et communes que le parti révolutionnaire propose ( je me place ici dans la situation où le Parti de Gauche se dit révolutionnaire), ou met en place avec d’autres organisations liées au prolétariat, sur d’autres classes exploitées ou sur ceux qui souffrent de l’oppression nationale tel que la xénophobie, le racisme par exemple, ou sociale concernant les handicapés, les personnes âgées, les démunis, etc.

 

Les principes qui le gouvernent peuvent être résumés par la métaphore militaire "Marcher séparément, frapper ensemble". Cela veut dire tout à la fois l’indépendance politique et organisationnelle des forces révolutionnaires prolétariennes, et l’unité d’action contre un ennemi commun.

 

Ces principes gouvernent les rapports entre l’avant-garde révolutionnaire, que doit être le Parti de Gauche, et les autres organisations des exploités et des opprimés dans le combat contre le système capitaliste, l’oligarchie financière néolibérale et contre toutes les formes de réaction, notamment fascistoïdes. Ces principes s’appliquent à divers domaines, d’abord le front des masses prolétaires, dont l’objectif est de créer l’unité de classe et l’indépendance lors des combats concrets contre la bourgeoisie, et ses valets, représentée par les partis ne s’identifiant ni à la gauche radicale, ni à un mouvement révolutionnaire ; et une alliance ou bloc avec des classes opprimées prolétariennes ou non lors des mouvements de grèves afin de tendre à rendre ces grèves inéluctables contre le système et un patronnat affameur et traître à la France.

 

Le FMP, bloc ou alliance peut passer par les phases suivantes : un appel, suivi de négociations entre organisations, suivi d’un accord, puis sa mise en application et enfin sa rupture ou dissolution. Ce n’est que dans une minorité de cas qu’il connaîtra toutes ces phases.

 

 

FMP, action coïncidente et bloc militaire

 

Le FMP doit pourtant être bien distingué des actions purement épisodiques (périodes électorales) et coïncidentes (mouvements de grèves), où peuvent exister des accords sur un objectif commun immédiat ou des tactiques coordonnées.

 

Le Front des masses Prolétaires doit être fait entre des organisations avec lesquelles il est justifié que le prolétariat révolutionnaire conclue des accords temporaires pour l’action commune.

 

Pourtant, dans d’autres circonstances, un bloc militaire - par exemple, la formation d’une milice ouvrière anti-fasciste - pourrait avoir clairement un caractère de front prolétaire. Qu’un tel bloc soit d’abord militaire n’est pas une question décisive puisque la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. La question clef est plutôt : à quoi sert le bloc et avec qui sera-t-il fait ?

 

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique de FMP, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le parti révolutionnaire - PG - et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, aucune forme de front ne constitue un élément permanent de la stratégie du PG. Le FMP n’est pas une stratégie mais une tactique. En fait, c’est une série de tactiques au sein de la stratégie d’ensemble du prolétariat dont le PG doit être le représentant politique et le créateur de solutions.

 

En poursuivant une forme donnée du FMP, les révolutionnaires doivent avoir les yeux fixés sur la stratégie suivante : la prise du pouvoir par des conseils prolétaires, par des milices ouvrières, et l’établissement d’une société humaniste à caractère universaliste au travers de la révolution prolétarienne, citoyenne et démocratique de «l’humain d’abord».

 

Afin de réaliser cette stratégie en pratique, un parti révolutionnaire humaniste indépendant est une nécessité absolue. Seul un tel parti peut exprimer une indépendance de classe totale vis-à-vis de la bourgeoisie, et diriger le prolétariat dans le combat pour établir enfin la démocratie dans son sens plein et entier.

 

Pour y arriver, il faut transformer des noyaux révolutionnaires, au début assez petits, en partis de masse qui ont gagné la confiance des couches les plus larges des masses exploitées, et ceci par l’exemple et la démonstration. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des travailleurs français soutient des organisations non-révolutionnaires (UMPS), voire contre-révolutionnaires (FN). Les révolutionnaires doivent, plus que jamais, dévoiler la nature de ces organisations, et faire en sorte qu’elles ne dirigent plus le prolétariat et les opprimés.

 

 

L’importance de l’unité d’action

 

Evidemment, la seule dénonciation propagandiste de leurs erreurs et de leurs crimes ne suffira pas. Ce serait trop facile. Il faut démontrer dans la pratique que les organisations dirigées par les réformistes, voire les centristes, les néolibéraux, les fascistes ne peuvent pas combattre de façon adéquate pour les intérêts de la classe ouvrière et prolétarienne.

 

Le parti révolutionnaire humaniste doit se servir d’une gamme de tactiques qui démontrent aux masses, lors de la lutte de classe, qu’il est le seul parti actuel, apte et conséquent. A son tour, le parti doit apprendre à diriger les luttes actuelles de masse, à montrer sa capacité à être une direction de rechange.

 

Il doit donc montrer à la fois son initiative indépendante et sa capacité à coordonner ses forces loyalement avec d’autres organisations et partis ouvriers. La masse de la classe ouvrière, qui n’est pas encore convaincue de la nécessité d’une direction révolutionnaire, doit apprendre à faire confiance aux humanistes lors des combats quotidiens, et à les comparer aux dirigeants en place, complètement pourris par la finance, et qui se noyent dans les affaires de frics et de magouilles les unes derrières les autres, et quelle que soit leur étiquette politique.

 

 

C’est là le rôle vital de la tactique de front

dans la construction d’un parti révolutionnaire.

 

Ainsi, l’acquis durable d’une politique correcte de front est d’exposer les limitations du réformisme, de l’anarchisme, du syndicalisme, du centrisme et des idéologies et programmes bourgeois et petit-bourgeois au sein de la classe ouvrière, et de montrer la possibilité de remplacer toutes les directions vacillantes et inconséquentes, par une direction démocratique et citoyenne, humaniste et révolutionnaire.

 

A chaque étape, une telle politique doit renforcer l’organisation révolutionnaire en favorisant un recrutement accru et l’établissement de racines profondes au sein des organisations de masse.

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique d’alliance en un front large et fort, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le PG et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme, et n’est plus l’exclusivité du lumpenprolétariat. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, le FMP n’est pas uniquement un moyen de construire le PG. Il constitue une tactique dans la lutte de classe dont le but est d’établir l’unité combative la plus large possible des masses exploitées et opprimées, malgré leur différenciation politique actuelle.

 

L’objectif de cette unité est de repousser les attaques des patrons et des gouvernements bourgeois néolibéraux et d’arracher de meilleures conditions économiques, sociales et politiques pour la classe ouvrière et ses alliés, de façon à se rapprocher de l’objectif du renversement du système capitaliste.

 

En ce sens, dès le début, le FMP surgit des besoins de la lutte de classe. Pour cette raison, les révolutionnaires ne font pas que répondre aux appels à l’action commune contre l’ennemi de classe ; ils sont les premiers à lancer de tels appels là où la lutte de classe exige l’unité d’action, le grand nombre et la force.

 

En conséquence, le front des masses prolétaires présuppose d’un côté le maintien d’une organisation révolutionnaire indépendante, basée sur un programme de revendications transitoires pour la prise du pouvoir et le renversement du capitalisme. Ce parti doit participer au FMP en tant que détachement indépendant et ne pas s’y dissoudre. De l’autre, la nécessité du front, et des alliances, présuppose l’existence de larges masses non-révolutionnaires, sous l’influence d’autres forces politiques.

 

C’est pourquoi le FMP ne peut pas être considéré comme une série d’actions ininterrompues, ayant le même partenaire et allant jusqu’à la prise du pouvoir. Son utilisation continue ne constitue qu’une série de tactiques dans le cadre de la stratégie globale du parti d’avant-garde qu’est le PG. Cette stratégie comprend nécessairement l’action indépendante du PG.

 

Sous des formes très diverses, le FMP se fait et se défait sans cesse. Nous l’avons observé avec l’expérience du FdeG. Il ne doit jamais se transformer en une subordination systématique de l’avant-garde révolutionnaire à une plate-forme limitée de revendications qui seraient acceptables pour les dirigeants non-révolutionnaires des organisations de masses tel que le PCF ou Ensemble. Une telle politique relèguerait le programme révolutionnaire à une propagande passive et limiterait l’agitation aux seules revendications immédiates ou, au mieux, à quelques revendications transitoires.

 

En fait le FMP constitue une unité différenciée. C’est une action commune pour des objectifs clairement délimités et prescrits ; il implique aussi la critique la plus claire de la part de ses partenaires. Sans le premier, les attaques capitalistes ne peuvent être repoussées, ni de nouveaux acquis arrachés. Sans le deuxième, les acquis ne peuvent être maintenus, et la révolution ne peut pas faire de progrès.

 

 

Deux erreurs jumelles : le gauchisme et l’opportunisme

 

Les erreurs dans l’application du Front de Gauche commencent lorsque cette alliance est remplacée par une identité formelle entre les tâches de l’organisation révolutionnaire et les besoins immédiats et limités de la classe ouvrière. Un exemple de ce genre d’erreurs, le gauchisme, qui commence toujours par opposer le programme révolutionnaire aux revendications actuelles et aux tâches de la classe ouvrière.

 

Pour le gauchiste, le front unique devient un ultimatum dont il ne souhaite que le rejet par les dirigeants réformistes et néolibéraux, croyant qu’une telle politique va "démasquer" ces derniers aux yeux des masses, grave erreur !

 

Or une telle procédure n’a qu’un caractère purement littéraire. Les dirigeants réformistes (les socialistes) ne sont jamais démasqués parce qu’ils refusent de mettre en œuvre une tactique ou une stratégie révolutionnaire, mais plutôt parce qu’ils refusent de combattre pour les intérêts immédiats des masses. Les sectaires évitent d’être testés sur le terrain de la lutte de classe, craignant d’être tentés par l’opportunisme.

 

Exemple inverse : l’opportunisme. Il ne part pas de la plate-forme de lutte, ni même d’une seule revendication découlant des besoins objectifs de la lutte de classe. Non, son point de départ est plutôt son estimation de la conscience actuelle des masses. Pire, les opportunistes basent souvent leur politique de front sur ce que les dirigeants non-révolutionnaires des masses sont supposés être prêts à accepter.

C’est le contraire des propositions avancées par les révolutionnaires en vue d’un front du prolétariat, qui, même si elles ne vont pas jusqu’à mettre en avant le "programme entier", iront au-delà des propositions timides des dirigeants réformistes, et même au-delà de la conscience générale des masses. Car l’objectif du FMP doit être de lier la conscience actuelle des masses (et notamment des sections avancées) aux tâches brûlantes de l’heure, dictées par la nature des attaques ou des faiblesses de l’ennemi.

 

Attention, le FMP n’est pas une stratégie, il n’existe pas de "programme de  FMP" allant, sans interruption, des combats actuels jusqu’à la prise du pouvoir.

 

Le PG avance les éléments de son programme qui apparaissent nécessaires pour unir des forces plus larges dans un combat concret. Ayant déterminé la nature de l’attaque et l’équilibre des forces de classe, l’organisation révolutionnaire soulève des revendications concrètes qui, prises ensemble, constituent une unité combative pour repousser l’attaque donnée ou arracher un nouvel acquis.

 

C’est pourquoi le caractère des revendications qui se trouvent au cœur du FMP ne peut être défini de manière schématique. Les revendications doivent être spécifiques, précises et éviter toute revendication artificielle ou accessoire, tout cadre idéologique, n’ayant pas de rapport avec l’accomplissement de l’objectif commun.

 

Toute proposition concrète de front devrait se limiter à un seul type de revendications, par exemple des revendications économiques immédiates, des revendications démocratiques, des revendications transitoires. Elle peut être proposée, ou faite, sur la base d’une série de revendications liées entre elles comme une série d’actions combinées afin de répondre à une crise donnée. Elle peut aussi se limiter à une seule revendication, une seule action - une grève générale - ou une campagne d’actions plus longue.

 

On peut critiquer de façon valable une proposition de front à partir du moment où une revendication essentielle a été exclue, à laquelle il aurait été possible de gagner les masses, et dont le refus par les dirigeants aurait permis de les démasquer. Mais l’absence d’une ou de plusieurs revendications révolutionnaires d’une plate-forme du FMP ne constitue pas une critique valable.

 

 

Le FMP peut varier en ce qui concerne sa forme et sa longévité, selon la nature de l’attaque. En tout cas, les revendications doivent être associées à des méthodes de lutte claires et précises (par exemple manifestations, grèves, groupes de défense, milices armées) et à des formes d’organisation (par exemple comités de grève, comités de mobilisation, conseils ouvriers). Les comités qui existent afin de coordonner une série d’actions diverses ou répétées sont des organisations de front actif, donc en ce sens, le FMP va au delà de l’action elle-même (par exemple une manifestation), car il implique aussi une préparation et une évaluation après coup.

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commentaires

cronos 24/06/2014 14:40

Salut camarade qui décidément je n'arrive pas à cataloguer, malgré ma meilleur volonté, tu ne veux aucun parti mais tu souhaites un front en ayant les traits et attributs, il me faudrait une
explication sérieuse, car cela ressemble étrangement à un caprice.

Il y a une seconde partie au texte sur lequel tu mets ton commentaire, je crois que tu y trouveras peut être une solution.
Amitiés sincères et fraternelles.
Denis

maris 23/06/2014 22:48

Analyse très intéressante avec laquelle j'abonde presque à 100%. Cependant 2 points : l'aspect "milice", comme une espèce de bras armé solidement des "antifa" risque d'entraîner des clivages forts
dont la nécessité absolue ne me paraît pour l'instant nécessaire.
D'autre part tu connais ma réticence à tout parti. Comme je l'ai souligné plusieurs fois les partis ont tendance à oublier avec le temps la raison pour laquelle ils ont été créés pour à termes
chercher à protéger eux mêmes leur propre existence, rendant effective leur inefficacité. Un "Front", pourquoi pas mais il faut qu'il soit indépendant financièrement de tout parti constitué et
n'ait pour but que de promouvoir idées, candidats et élus mais détachés de tout carriérisme, car je crains que ce ne soit sur ce point que la rupture entre le progrès politique et le "stand by" se
fait.