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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 09:53
l'attente doublée d'espoir …

l'attente doublée d'espoir …

Ceci va devenir une antienne, mais... rien de nouveau en effet. Je risque de lasser les lecteurs de cet article, mais jamais ils ne seront lassés autant que les Espagnols, jusqu'à Felipe VI qui en a ras la couronne.

 

 

LE CONTEXTE

 

Après les consultations, après la journée des dupes que Sanchez et Ribera avaient fait vivre à Podemos et au P.P.(1), il ne restait qu'une étape : la demande d'investiture de Sanchez devant le Congrès des députés (= Assemblée nationale pour nous).

 

Une fois le pacte entre PSOE(1) et Ciudadanos(1) pratiquement signé, il manquait quand même une bricole, à laquelle Sanchez s'était engagé : la ratification par son parti. Donc le PSOE organisa dans les deux jours cette mascarade : plus de 80% de "oui" pour le pacte avec avec Ciudadanos, mais... 51 % de participation, ce qui rend tout de suite plus modeste ce résultat.

 

LE VOTE DU CONGRES

 

Tout d'abord, quelques menus faits qui donnent la mesure exacte de la volonté du PSOE d'aboutir : elle est très minime, Sanchez songeant plutôt à de nouvelles élections, profitant du discrédit du P.P.

 

Après le 20 décembre, le Président du Congrès, le PSOE Patxi Lopez, avait été élu avec les voix de Podemos et grâce à l'abstention du P.P., chacun, je suppose, donnant ainsi au pays une image d'ouverture et d'esprit conciliant. Il faut savoir que, lors de la journée de demande d'investiture devant le Congrès, le candidat prend d'abord la parole pour présenter le programme sur la base duquel les députés se prononcent. Puis, et ce fut toujours le cas jusqu'à présent, les leaders des différents groupes prennent à leur tour la parole, lui répondant, et présentant leurs propres programmes. Ils ont, contrairement au candidat, un temps de parole limité, proportionnel aux résultats obtenus lors des élections générales, et dans l'ordre selon le pourcentage de voix obtenu. Le candidat peut répondre à chacun, mais eux ne disposent pas de réponse.

 

Bref, normalement, les débats commencent le matin, pour que chacun puisse s'exprimer et répondre le plus rapidement. Le tout dans un encadrement horaire assez strict, avec une marge qui permet en effet cette disposition.

 

Or, Pedro Sanchez a demandé à prendre la parole mardi 1 mars en fin d'après-midi, du jamais vu, pratiquant une sorte de hold-up de la parole, et Patxi Lopez, bien d'accord avec son pote socialiste, a avalisé la chose. Et les autres ne pouvaient s'exprimer que le lendemain.

 

Donc, la présentation de Sanchez s'est réduite à un long monologue, insistant bien sur l'alliance avec Ciudadanos(1) qui bénéficiait ainsi d'une publicité bienvenue.

 

Au passage, Sanchez ne s'est pas privé de dire que l'important était la nouveauté, le changement de gouvernement, et que Rajoy et le P.P. incarnaient tout ce que l'Espagne a connu de corruption et étaient par conséquent fort mal placés pour lutter contre. Il a ensuite souligné le mensonge de Podemos, qui prétendant incarner le changement, par son blocage, faisait objectivement le jeu du P.P. en contribuant à maintenir le président en exercice au pouvoir. Avant de proclamer bien fort qu'il était hors de question de gouverner avec des séparatistes. Rien que d'habituel, quoi, et avec un catalogue digne de La Redoute des bonnes intentions et des projets du gouvernement, jusqu'à l'enseignement de l'anglais à la petite école.

 

Le lendemain seulement, les autres leaders purent s'exprimer.

 

Rajoy fit d'abord remarquer combien le procédé, de la part de qui se réclame de la démocratie, était une première et n'avait ainsi rien d'un débat devant le Congrès, ce qui n'augurait rien de bon. Il a ensuite révélé que, en janvier roi lui ayant proposé d'être le candidat désigné pour l'investiture, il avait refusé en argumentant qu'à cause de Sanchez, il n'aurait pas la majorité requise, et l'a donc accusé du blocage présent. Il est revenu sur les chiffres de la croissance sous son gouvernement, ne se privant pas de dire que les deux mandats PSOE précédents avaient été l'occasion de la ruine du pays, et qu'il avait eu, lui, Rajoy, à réparer ces dégâts.

 

Quant aux accusations de corruption... Le P.P. tombera, mais pas tout seul, apparemment. Car, outre que chacun connait la corruption des gouvernements Gonzales, les deux ex présidents PSOE de la Junte (gouvernement régional) d'Andalousie passent actuellement devant les tribunaux (prévarication, trafic d'influence, blanchiment d'argent, fausses facture et enrichissement personnel, de 1998 à l'an dernier, il y en a au bas mot pour 890 millions d'euros...). Comme prévu, le candidat Sanchez a répondu en prenant son temps, qu'il avait à discrétion : il en a profité pour reprendre ses arguments, chacun connaissant le poids de la répétition, c'est plutôt efficace comme campagne électorale qui ne dit pas son nom.

 

Puis ce fut le tour de Pablo Iglesias. Bruits divers sur les bancs du Congrès, sans rappel à l'ordre de la part de son président, mais bon. Iglesias a exposé son désir de voir se former une coalition de gauche, et que dans ce cas là il était près à tendre la main. De plus il a affirmé que Sanchez, en quelque sorte, ment en prétendant que Podemos le prive d'une majorité : car avec son appui et celui des partis de Confluencia(1), Sanchez bénéficierait d'une majorité plus que confortable, et qu'il suffisait pour cela de faire le choix d'une coalition de gauche. À ce moment là, P. Lopez semble se réveiller et interpelle Iglesias en lui signalant que son temps de parole va s'achever. Mais le problème, c'est qu'il TUTOIE Iglesias avec un mépris évident, alors que les députés qui prennent la parole doivent en principe se vouvoyer et se donner du "senorias". Fureur d'Iglesias qui le reprend aussitôt , en répliquant que lui aussi pouvait le tutoyer s'il y tenait absolument, mais qu'il ne comprenait pas pourquoi on le traitait différemment des autres députés. Et, ayant été plusieurs fois forcé de s'interrompre, si le silence imposé était une mesure disciplinaire à son encontre, il l'acceptait, mais que la manière dont on le traitait était, en gros, passablement discriminatoire.

 

Ce fut ensuite le tour de Ribera, qui égratigna au passage Rajoy (qui ne se doutait pas d'avoir réchauffé un tel serpent en son sein, sans doute), qui en fit des tonnes sur l'union, la bonne volonté pour tirer le pays de sa situation, pour mettre fin au blocage, qui insista sur l'excellence du pacte signé avec le PSOE... bref, la voix de son maître. Puis le défilé des partis de Confluencia, des partis basques, de Izquierda unida... Avant de passer au vote. C'est rigolo, les votes aux Cortes, car les députés sont appelés nominativement et doivent répondre par "si" ou "no". Sans surprise, à l'exception du PSOE et de Ciudadanos, les députés votèrent non, et Sanchez, comme prévu, dut se contenter de 130 voix.

 

Le Congrès devait se réunir à nouveau le surlendemain, vendredi 4 mars, pour un second vote.

 

Après ces deux jours, de pâlichonnes offres de concertation et de mains tendues, le second vote eut lieu, avec un résultat identique. Cependant ce second tour fut illustré d'un événement qui fit les beaux jours de commentateurs : en effet, lorsque ce fut le tour de Xavier Domenech de En Comu Podem(1) (le Podemos catalan), Iglesias fut si heureux de son discours qu'il dévala de son siège, et gratifia son camarade d'une accolade fraternelle assortie d'un énoooorme baiser... à la russe, bien sur la bouche, juste devant le banc des ministres, sous les applaudissements des députés de la vraie gauche.

 

Puis, quand ce fut le tour d'Iglesias, il commença son discours par une appel au printemps et à l'affection, puis, hilare, et tutoyant Sanchez, il lui dit "Maintenant, Pedro, il n'y a plus que toi et moi !", se vengeant ainsi du tutoiement méprisant de Lopez.

 

Il a donc fait le buz mais cela n'a pas empêche le blocage.

 

À partir de là, il y a maintenant, montre en main, deux mois pour un nouveau vote devant le Congrès des députés.

 

 

UN NOUVEAU CANDIDAT A L'INVESTITURE ?

 

Celui qui est bien embêté, c'est le roi FELIPE VI. Car cette situation est inédite. IL est embêté, car il a d'abord sollicité Rajoy, qui a décliné. Il ne va quand même pas se prendre un autre râteau, non ? Et en plus, il ne va pas demander à un corrompu de se présenter, vu que sa propre frangine, l'infante Cristina, a passé un mauvais moment devant le tribunal la semaine dernière. Il ne va quand même pas désigner Iglesias, car, voyez-vous, pour le roi, une coalition de gauche républicaine, bon, ça ne le fait pas trop. Renommer Sanchez ? Pfff !... Il y aurait cinquante votes, le résultat serait le même. Soit Sanchez choisit franchement la gauche et il a une majorité, soit il reste sur son centre mou et droitisant, et ce sera rebelote à chaque fois.

 

Alors le roi a reçu aujourd'hui Lopez pour lui dire, en gros, que chacun se demm... Non, je blague, il ne l'a pas dit comme ça, mais c'est pareil : il incite les partis à se rencontrer et à conclure un accord... Ce qu'ils font depuis deux mois. Autrement dit il botte royalement en touche.

 

 

ET MAINTENANT ?

 

Eh bien, deux mois de consultations, de crocs en jambe, de calculs, en prévision, avant de dissoudre les Cortes en mai et de : Je parlais de Guerre des Trois ? On assistera plutôt au Horaces contre les Curiaces, car le PSOE va tout faire pour diviser et essayer de gager quelques partis à sa cause. Peine perdue de toute façon, la clé de tout c'est le referendum pour l'indépendance catalane, et ni Podemos, ni les partis basques, ni ceux de la Confluencia, ni Izquierda Unida(1) ne transigeront là-dessus.

 

Ensuite, Podemos met les socialistes au pied du mur : il ne suffit pas de vouloir le changement de gouvernement si c'est pour ne pas changer de politique. Le changement, ce n'est pas uniquement, comme d'aucuns le claironnent, mettre Rajoy dehors, c'est ne pas gouverner avec la IBEX (la Bourse espagnole).

 

Ces deux mois seront en fait une pré-campagne électorale où Sanchez dispose d'un avantage certain.

 

Mais il y a eu des attitudes révélatrices (ainsi P. Lopez, après la probable dissolution des Cortes en juin, ne sera probablement jamais reconduit, vu ses magouilles et son mépris), il y a des scandales de corruption énormissimes, et, comme je l'écrivais, le seul recours du P.P., c'est de montrer qu'il est accusé d'être corrompu par ceux qui le sont au moins autant que lui, et l'affaire Andalouse est le signe que les boules puantes vont bientôt voler en tout sens. Pendant ce temps la Bourse de Madrid se montre faiblarde, et chacun attend l'avis de la BCE, rien de bien nouveau.

 

 

MON AVIS, MAIS CE N'EST QUE MON AVIS

 

Podemos ne lâche rien. Au contraire de Tsipras qui devait "renverser la table" et s'est retrouvé acculé aux tristes réalités, Iglesias n'a pas parlé de rompre avec l'UE ni de ne pas rembourser la dette. Mais il parle d'une Europe différente, et de faire supporter la dette à qui de droit. Et là, je le répète, il ne lâche rien. Et même si cette attitude est peu goûtée au PG, et même s'il y a eu un silence quasi absolu à propos de la conférence Internationale pour un plan B qui s'est tenue à Madrid. en février, qui dit que sa voie n'est pas la bonne ?

 

Le modèle préconisé par JL Mélenchon est sans doute le bon, mais pour la France. L'Espagne sort d'un sous développement économique, de siècles de royauté moyenâgeuse avec le poids de l'Eglise suivis de 40 ans de franquisme toujours avec l'Eglise, de 20 ans de "transicion", de 20 autres années entre la droite et le PSOE qui se tenaient la barbichette, et de s'indigner vraiment, c'est récent en Espagne.

 

Les modèles ne sont pas transposables dans l'absolu, cela, c'est vision de théoriciens. Podemos intègre aussi les données du terrain, nous devrions nous en souvenir, quand nous trouvons que ce parti joue "petits bras". Et ces mois d'obstination et de lutte pour la reconnaissance et le droit à la parole sont infiniment respectables, à mon sens.

(1) petit lexique des principaux partis espagnols :

 

- P.P. : Parti Populaire, la droite

- P.S.O.E. : Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, le PS

- Ciu's, ou C's : Ciudadanos, parti relativement récent, centre droit

- Podemos : inutile de présenter!

- En Comu Podem : Podemos en Catalogne

- Compromid : Convergence de partis en Catalogne dont Podemos fait partie

- PNV : Parti nationaliste basque (nationaliste au sens de défenseur de l'identité basque)

- En marea : Podemos en Galice

- Erce : parti de la gauche catalane et républicaine 

- Democracia i libertat : Parti catalan (gauche)

- I.U. izquierda Unida : Alliance style FdG, où le Parti. Communiste est majoritairement présent.

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 12:02
ESPAGNE: LA GUERRE DES TROIS AURA BIEN LIEU

Sous ce titre léger se cache une guerre politique, une vraie.

J'avais laissé ma chronique il y a trois jours avec le sentiment qu'il ne se produirait rien de bien neuf, vu le blocage de la situation, et que Pedro Sanchez faisait, en guise de contacts avec les uns et les autres, un début de campagne électorale en vue des inévitables élections. En fait, il occupe le terrain aux frais de la princesse, sous couvert de vouloir former un très improbable gouvernement et nous en avons pour deux mois de cette comédie.

 

1 UNE COMEDIE BIEN ORCHESTREE

 

 

Comme je l'avais expliqué dans l'article précédent, le 22 février, le PSOE s'est réuni avec Podemos, Izquierda Unida, et Compromis (un des partis formant la "confluencia", c'est à dire les collectifs où Podemos est inclus).

Bonne humeur, sourires, attitude plaisante du porte-parole du PSOE, bref, on aurait presque pu croire que la "Grande coalition de Gauche" pouvait fonctionner, Podemos , Izquierda Unida et les partis de la "Confluencia" offrant à Sanchez une majorité plus que confortable.

Sauf que, comme je l'avais expliqué aussi, dans le même temps, P. Sanchez tenait une réunion secrète avec A. Rivera, ce qui n'était pas du meilleur effet.

Le lendemain, le même Rivera rencontrait P. Sanchez, officiellement cette fois, et s'est montré un brin embarrassé à l'évocation, par une journaliste, de cette rencontre "discrète, mais pas secrète", selon lui. Quant à P. Sanchez, il ne s'était pas donné la peine d'une conférence de presse comme c'est l'habitude au sortir de ces réunions: ce qui était un brin inquiétant. D'autant que, comme on l'apprenait tard dans la soirée, le porte-parole du PSOE, hors-micro, avait confié qu'on ferait à Podemos une proposition telle qu'Iglesias ne pourrait la refuser sans se mettre dans l'embarras. Ce qui présageait du pire, et nous ne fûmes en effet pas déçus.

 

2 LA JOURNEE DES DUPES

 

Le lendemain, 24 février, P. Sanchez annonçait un accord avec Ciudadanos (Rivera et lui avaient eu le temps de fricoter dans leur petit coin), sur la base d'un changement réformiste, et pour le bien de l'Espagne. Il annonça d'un ton péremptoire une hausse immédiate du salaire minimum (sans préciser de combien...), une transformation des contrats de travail : il y aurait désormais des CDD transformés en Contrats de Formation, lesquels déboucheraient au bout de deux ans sur des CDI.  Sauf que pendant deux ans les salariés seront muselés dans la perspective d'une titularisation, et que de toute façon ça ne créé pas davantage d'emploi, mais bon, c'est présenté comme le progrès du siècle. Une autre mesure est l'impôt sur les grandes fortunes, et quand on sait ce que sont les grandes forunes en Espagne, c'est intéressant, sauf qu'il suffit de se faire domicilier en Andorre ou aux Canaries pour échapper à plein de trucs, mais bon, et je n'ai pas entendu parler de réduction d'impôt pour les classes moyennes, un oubli sans doute, ou je n'ai pas tout suivi. Une couverture sociale pour les chômeurs de longue durée (pour le moment ils n'ont rien pour beaucoup d'entre eux). Une réforme des institutions, en particulier la suppression des députations régionales, qui font doublon avec les instances de députation des grandes villes. Il faut comprendre que ces députations régionales sont le nid de tous les trafics d'influence et de la corruption, de droite comme de gauche, et c'est en effet intéressant de faire disparaître de fait certaines choses devenues gênantes, comme la députation de Galice ou d'Andalousie, pour le PSOE. Et justement la lutte contre la corruption est au programme aussi, ça tombe bien.

Avec un ensemble touchant, Rivera et Sanchez se sont congratulés de cet accord qui va dans le sens du mieux- être et du progès social, que l'entente devait se faire de la gauche à la droite dans l'intérêt général, que c'était la seule façon de débloquer la situation, et la seule façon de pouser le P.Populaire vers la sortie. Et que, ajouta Sanchez, Podemos ne pouvait pas ne pas être d'accord avec ces réformes. 

 

Dès le lendemain, bien entendu, furieux qu'on leur ait fait un enfant dans le dos, et de quelle manière à peine voilée, les représentants de Podemos rompaient toute négociation, le PSOE ayant agi avec déloyauté, et surtout, Iglesias rappelait qu'il était hors de question de donner l'investiture à quelqu'un qui avait passé accord avec la droite, pour des mesures en trompe l'oeil et qui ne sont en rien des mesures pour le changement.

 

Quant à Rajoy, il s'étranglait littéralement, voyant que Rivera, son poulain, son soutien, celui avec qui il envisageait une union pour une candidature à l'investiture au cas très probable où Sanchez n'obtiendrait pas la majorité requise, son allié putatif, l'avait indignement trahi en se portant vers le PSOE.  Et donc il a répété qu'en aucun cas le P.P. ne voterait l'investiture à Sanchez, et que d'ailleurs, en parlant de lutte contre la corruption, le PSOE, en Galice... Bref, il va y avoir de la boule puante dans l'air, à mon humble avis, et je ne cacherai pas que c'est ce que je souhaite, "y que se vayan todos!".

Mais nous n'en sommes pas encore là.

 

 

Hier, 25 février, l'accord fut porté sur les fonts baptismaux par les deux compères Sanchez et Rivera, tout sourires. Sanchez a donc, semble-t-il, écouté la tendance la plus réac (et la plus compromise dans les affaires), ceux qu'on nomme les "barons" du PSOE, c'est-à-dire l'équivalent des "éléphants" du PS, et ils ont en commun de tromper énormément...

Alors qu'il s'était engagé à consulter les militants du PSOE pour tout accord, Sanchez n'en a strictement rien fait, mais, magnanime, a ouvert une consultation sur le net... Après la signature de l'accord. Je pense que l'aile gauche de son parti, majoritairement des jeunes, le sanctionnera lors de nouvelles élections, car il s'était engagé à mettre la droite dehors, et il l'introduit, avec un nouveau visage mais les mêmes convictions, dans son futur gouvernement. Parce que Rivera n'est quand même pas là pour faire de la figuration, avec sa trombine de gendre idéal.

 

 

Mais le choc fut une conférence de presse donnée mercredi  par Sanchez, un réquisitoire personnel contre Pablo Iglesias, avec une rage et une violence verbale telle que j'en ai rarement entendues .

Brandissant le document portant les propositions pour un accord commun, il a accusé avec virulence Podemos d'être dans la stratégie et de ne vouloir que le pouvoir, au lieu de se préoccuper du sort des citoyens espagnols. Il a à plusieurs reprises, traité Iglesias de menteur, qu'il refusait toute alliance par ambition, et a fustigé son départ de la table des négociations, comme s'il n'avait pas tout fait pour. Il l'a mis au défi d'expliquer aux Espagnols pourquoi il refuserait de voter les mesures sociales prises par l'alliance PSOE et Ciu's, avant de le taiter d'imposteur et de comédien, en gros ; qu'il n'avait pas envie de gouverner mais bloquait le processus de désignation du gouvernement pour récolter un maximum de sièges au Parlement.

Mais le plus grave, c'est qu'il a accusé Podemos d'être l'allié du P.P., et Iglesias d'être le meilleur soutien de Rajoy. Un peu comme ceux qui mettent JL Mélenchon et Le Pen sur le même plan parce qu'ils sont eurosceptiques, on voit une fois de plus que les méthodes pourries des socialistes sont les mêmes des deux côtés des Pyrénées. La haine transparaissait sur son visage, et il a très sèchement conclu cette conférence, genre Valls, en sifflant : "Pas d'autres questions ? Alors au revoir" avant de tourner vite fait les talons, avant qu'on puise l'interroger davantage.

 

3 ET MAINTENANT ?

 

Eh bien c'est arithmétiquement simple. Ciu's et PSOE, définitivement, c'est 130 voix, sur les 176 requises pour avoir la majorité. Sanchez a, lourdement, suggéré qu'Iglesias reprenne les discussions. Vous pensez qu'après une vraie séance d'insultes publiques, celui-ci va reprendre tranquillement la conversation ?  Mais en fait c'est précisément ce que cherche Sanchez : il n'aura la majorité ni le 2, ni le 5 mars. A partir de là il aura deux mois pour reprendre des discussions et consultations, sauf que rien n'avancera d'un pouce, et qu'il en profitera, en compagnie de son désormais compère Rivera, pour faire sa pré-campagne électorale. Car si cette seconde tournée de contacts échoue, les nouvelles élections se tiendront le 26 juin.

Sanchez s'est, par son alliance avec Rivera, assuré que Rajoy ne pourra se déclarer. Car bien entendu personne ne votera pour lui sauf le P.P., 123 voix, ce n'est même pas la peine de rêver.

Il a tout fait et refera encore, pour discréditer Podemos, de la manière que nous savons.

 

MAIS...

 

La menace de voir ressortir certaines affaires gênantes pour le PSOE est bien présente, et Rajoy ne va certainement pas se priver.

 

L'aile gauche du PSOE ne va peut-être pas délirer d'enthousiasme.

 

Podemos n'utilise certes  ni l'invective, ni la menace de dévoiler des affaires de corruption. Mais il suffit de se remémorer les turpitudes diverses des gouvernements Gonzales (de 1982 à 1996, quand même). Et le bilan des gouvernements Zapatero (2004 à 2011), a vu la bulle immobilière enfler et éclater avec les conséquences dramatiques que les Espagnols paient au prix fort aujourd'hui, la dette enfler elle aussi, et le chômage atteindre un record européen. Et il suffit de faire remarquer que le P.P., fort corrompu au demeurant, a quand même hérité de 8 ans de gestion socialiste, d'une crise que le PSOE a en grande partie alimentée puis qu'il a traitée par une saignée à blanc du pays, Iglesias se fera un plaisir d'expliquer cela.

D'autant que les partis antilibéraux et antiaustérité avaient, dans l'espoir d'une grande coalition de gauche, plus ou moins ménagé le PSOE. Mais comme je le titrais, la guerre des trois est déclarée, et il n'y a dès lors aucune raison de se gêner. 

Enfin, ce genre d'entourloupe ne fait que le lit qu bipartisme qui sévit depuis 1982, copains et coquins, et ne laisse que peu de place à une demande de plus en plus importante d'expression populaire.

C'est de plus faire bon marché des demandes d'autodétermination, qui poussent les catalans en particulier à radicaliser leur vote en direction non seulement des partis autonomistes, mais aussi de Podemos ou des partis de la Confluencia comme ERC, Compromis, En Comu, Démocracia e Libertat, etc...

 

 

J'ajoute que la sortie virulente de Sanchez contre Podemos a quand même choqué, et que le voir traité de stratège ambitieux par quelqu'un qui vient de faire la démonstration de sa duplicité manœuvrière, c'est contreproductif pour le PSOE.

 

A preuve : un sondage sorti hier montre la chute du P.P., bien entendu, la progression du PSOE, mais aussi l'ascension de Podemos, qui dépasse les 17%, en dépit des attaques répétées, et alors même que, contrairement à Sanchez, Iglesias s'est relativement peu exprimé, et donc n'a pas encore donné sa mesure, attendant prudemment et, si j'ose dire, sagement.

 

En attendant, Podemos ne lâche rien.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 19:51

Rien de bien nouveau depuis quasiment une semaine, ou plutôt, on s'agite, on s'agite, on donne des dates, des échéances, et au total la situation est exactement celle que j'avais décrite et celle que je prévoyais pour les jours suivants?. Sauf que les dates se précipitent, et que le 2 mars, donné par P. Sanchez comme date du dépôt de la formation en vue de son investiture, se rapproche pas mal,k et ça rend certains nerveux.

 

LE CONTEXTE

 

Les révélations se succèdent concernant les scandales dans lesquels le P.Populaire est impliqué, et pendant une semaine A. Rivera, le photogénique leader de Ciu's , a semblé prendre quelque distance avec Rajoy, qui parait de moins en moins avoir été ignorant de tant de turpitudes et autres prévarications et autres fausses factures. Par exemple l'ex-maire de Valencia Rita Barbera, mise en examen, libre mais sous contrôle de la justice, n'a pas démissionné de son mandat de conseillère , fait toujours partie du P.P., at que Rajoy a déclaré que, tant qu'elle n'était pas déclarée coupable, il ne voyait pas pourquoi elle démissionnerait (en fait elle se fait porter pâle aux divers conseils auxquelqs elle devrait assister), et estime peu crédibles les accusations de corruption dontelle fait l'objet. Un tel aveuglement stupéfie tout le monde.

 

LES POSITIONS DES UNS ET DES AUTRES

 

Rajoy a donc tenu congrés, et a réaffirmé ses intentions:

-Former une grande coalition avec Ciu's et le PSOE (qui pour le coup derait dans une coalition de droite, tu parles que ça va marcher...), coalition dont il serait naturellement le chef, vu que, selon lui, avec 7 millions et demie d'électeurs, il a remporté les élections.

-Lutter contre la corruption et mettre les choses au net. sauf que son soutien à Rita Barbera ruine totalement ce discours, absolument plus crédible.

-Voter non à tout gouvernement présidé par P. Sanchez, même si Podemos n'en faisait pas partie. Le patron, c'est lui Rajoy, un point c'est tout. A part ça il ne bloque rien...Les Espagnols sont de plus en plus excédés par ce pou qui s'accroche désespérément à la toison du pouvoir au mépris de toute réalité.-Et il a réitéré que, si le 2 mars P.Sanchez échouait à présenter un projet de gouvernement pour l'investiture, il se présenterait lui-même. Sans se soucier de savoir si le roi, qui lui avait déjà proposé de se porter candidat à l'investiture, acceptera ànouveau de le faire, car il avait refusé, au motif qu'il n'aurait pas assez d'appuis pour avoir une majorité parlementaire. Sauf qu'aujourd'hui il est plus impopulaire que jamais, et que, même en cas de nouvelles élections au mois de juin, il serait sèchement battu par le PSOE, ou...Podemos.

C'est pourquoi Sanchez, lui, dans cette dernière perspective, tente à tout prix d'éviter des élections qu'il n'est pas sûr de remporter.

 

A. RIVERA, POUR CIU'S

 

Il a pris quelque distance avec le P.P. qui sent bien un peu le soufre à présent, mais pas trop rudement quand même: en effet le P.P. compte quelques jeunes lassés des vétérans de leur parti et qui veulent lui donner un nouvel élan: en ce cas, une entente avec eux pourrait être un bon coup de pouce à CIU'S, qui se pose en centre démocrate mais est de plus en plus identifié comme droite modérée, mais droite quand même.

Il prône le dialogue et la main tendue, et clame un peu partout qu'il faut différencier l'investiture de l'exercice du gouvernement.

Pour ma part j'ai du mal à faire cette différence, car l'investiture est quand même un sacré chèque en blanc, mais bon.

Bon garçon, Rivera a déclaré également qu'il ne verrait pas d'empêchement à faire partie d'une grande coalition de droite , à condition qu'on y accepte 70% de ses propositions, comme ce sont des propositions réformistes on ne risque pas une révolution, c'est sûr. 

Mais Sanchez étant également pour un gouvernement de changement ET Réformiste, ça leur fait au moins quelque chose en commun.

Rivera l avait donc programmé une réunion bilatérale avec P. Sanchez ce matin 23 Février, avec 5 points d'accord possibles: la lutte contre le terrorisme, la révision de la fiscalité entre autres, mais aussi la révision de la Constitution, avec la limite à 8 ans maximum des mandats électifs, et la suppréssion des députations des grandes agglomérations, qui forment une sorte d'Etat dans l'Etat. C'est un petit futé, Rivera: car il fait partie de ces trentenaires vierges en politique, et qui surfent sur la vague du "tous pourris" générée par la corruption. En éliminant d'entrée de jeu les caciques vieillissants, il ménage une jolie place pour lui-même et ses copains pour les années à venir. Et supprimer les députations, c'est priver les vieux partis historiques, comme le P.P. et le P.S.O.E., d'un vivier où les amateurs de hochets et autres sièges , entretiennent leurs affidés. Pas bête du tout.

De plus, avec sa tête de premier communiant propre sur lui, il répète qu'il souhaite que l'Espagne se dote au plus vite d'un gouvernement, qu'il met tout en oeuvre pour cela, et que dans la plus totale transparence il est prêt à discuter à droite comme à gauche, pour trouver une solution.

"Dans la transparence" est une expression qui lui est quand même revenue à la figure telle un boomerang ce matin lors de la conférence de presse qu'il a tenue au sortir de sa rencontre avec Sanchez. En effet, hier après-midi,  le P.S.O.E. était en réunion avec Podemos, En Comu et la Izquierda Unida, réunion annoncée à grand son de trompe, et strictement   en même temps, le P.S.O.E. était en réunion secrète avec Ciu's, ces socialistes, on ne les refera pas, mais bref, tout se sait, et ce matin une journaliste a demandé à Rivera comment il pouvait parler de transparence et en même temps tenir une réunion secrète. Embarras de Rivera, qui a répondu que la réunion était "discrète, pas secrète". 

De l'art de se faire flinguer en une phrase au bout d'une demi-heure d'efforts pour se faire une image...

Et voilà, Ciu's n'a plus qu'à attendre deux ou trois jours pour savoir ce qui va sortir de la réunion entre P.S.O.E. et Podemos pour savoir à quelle sauce il doit s'accommoder, une grande coalition P.P.+Ciu's+PSOE, qui a mon sens a fort peu de chances de voir le jour, sauf à prendre le risque d'ancrer durablement le P.S.O.E. à droite. J'ajoute que lCiu's est toujours incompatible avec une forme quelconque de gouvernement où entrerait Podemos.

 

LE P.S.O.E.

 

 

Comme je viens de l'expliquer, le P.S.O.E. joue aussi du violon sur l'air de l'entente dans l'intérêt de l'Espagne, et de la possibilité d'une coalition de gauche, celle-ci excluant Ciu's, incompatible avec Podemos.

Hier, donc, réunion qui a duré fort tard entre les représentants du PSOE, de Podemos, de En Comu Podem, et de Izquierda Unida. Cordialité affichée, points d'accord, dialogue, les ingrédients pour que la mayonnaise prenne, surtout que les calculs avaient été mis sir la table et que la proposition était d'offrir à Sanchez une majorité absolue et plus que confortable pour son investiture et plus si affinités. 

Sauf que...Au même moment le P.S.O.E discutait en secret avec Ciu's, que cela a fuité, et que ça n'a pas fait le meilleur effet.

En plus, Sanchez avait, si vous vous souvenez, la semaine dernière, refusé de renconter Podemos avant la réunion Bilatérale entre Iglesias et lui, ce qu'il avait accordé au P.P. et, donc, à Ciu's.

C'est un brin gênant. Je ne sais pas si Sanchez, à la suite de Rivera, a tenu sa propre conférence de presse après leur réunion de ce matin, mais à midi il n'avait pas encore fait le moindre commentaire, ni personne de son parti d'ailleurs.  

 

PODEMOS, EN COMPROMI & Cie, IZQUIERDA UNIDA

 

Ils se sont donc réunis hier longuement, pour jeter les bases d'un accord pour une large entente de gauche. 

La question catalane est plus que jamais au coeur du débat, mais avant-hier il y a eu un événement marquant: le roi a fait une visite officielle en Catalogne, a pris la parole au Parlement de Catalogne...en catalan, j'avoue que les premiers instants j'avais cru à un doublage habile, mais non.  C'était surréaliste, car le président du Parlement de Catalogne, Carlos Puigdemont, non seulement a dans son discours d'intronisation avait refusé de prêtrer serment au roi, et Rajoy avait déclenché une demande de recours pour savoir si ces élections étaient valides, et le Parlement de Catalogne a voté en novembre une motion demandant l'indépendance de la Catalogne. Reçu néanmoins fort courtoisement, le roi a souhaité que dans le futur l'Espagne et la Catalogne oeuvrent conjointement pour le bien des Espagnols, ce qui peut tout dire, y compris le fédéralisme...C'est aussi une façon de dédramatiser le débat, en ne faisant pas de la Catalogne un point d'achoppement pour les négociations.

Bref, tout se passait au mieux, jusqu'à l'annonce de la réunion secrète en parrallèle du P.S.O.E. et de Ciu's.

Ce matin Iglesias, interrogé téléphoniquement par une télé , n'a pas fait de commentaires inutiles , et attend sa réunion avec Sanchez.

 

 

EN RÉSUMÉ

 

Quand Sanchez et Iglesias se seront rencontrés, il y aura quelques jours de réflexion, les dés seront jetés.

Rajoy attend de moins en moins discrètement de nouvelles élections, qui ne pourraient se produire que mi juin.

Ciu's ne se mouille pas.

Sanchez doit se déterminer avant trois ou quatre jours, faire ou non le pari du changement avec Podemos, sinon...Sinon nélections en juin.

Ce qui serai le moyen le plus net de trancher enfin, de toute façon le P.P. est encore en pente descendante , et l'attitude pusillanime du PSOE, ainsi que le double langage de Sanchez, ne peut que conforter Podemos.

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Published by cronosMireille - dans actualités espagnoles
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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 15:06
PODEMOS, 56ème JOUR DE RESISTANCE

Que de choses se sont passées, en une semaine! Et pourtant la situation est toujours bloquée, même si Pedro Sanchez tient à montrer le contraire...C'est que les chiffres sont têtus, et, à moins de compter gouverner avec une très forte opposition, si ce n'est une opposition majoritaire au Congrès des députés , il ne peut strictement rien faire de concret.

 

Comme j'en ai l'habitude, je donnerai d'abord des indications sur le contexte général, mix de l'actualité politique et économique de la semaine, ainsi que ce que j'ai pu retirer des émissions d'analyse politique. Pour ceux qui peuvent capter la télé espagnole, je signale l'émission "la noche", sur la chaîne 24 oras, qui, la nuit, comme son nom l'indique, réunit des journalistes politiques et des analystes, certaines parties sont sous-titrées, mais en espagnol, c'est très utile lorsque les intervenants parlent très vite, mais il faut maîtriser un minimum de castillan.

 

Puis dans un second temps je donnerai les faits essentiels autour de cette difficile quête d'un accord politique  pour la constitution d'une coalition, enfin je vous ferai part de mes impressions , que vous pourrez discuter ici.

 

 

LE CONTEXTE

 

Chaque jour amène son lot de révélations de turpitudes et tripatouillages divers.

 

Après la communauté de Valencia, c'est celle de Madrid qui est touchée par un scandale de corruption autour du P.Populaire. Il y a quatre jours, la Gardia civil a perquisitionné les locaux de la direction madrilène du P.P., à la tête de laquelle on trouve Esperanza Aguirre. Si vous ne la connaissez pas, la dame a un c.v. politique épais comme un Bottin, l'article de Wikipedia la concernant donne un aperçu : ex présidente du Senat, ex présidente de la communauté autonome de Madrid, elle est porte parole du P.P. à la mairie de Madrid. Grande d'Espagne, elle est une très proche de Rajoy, bref, ce n'est pas n'importe qui. De très forts soupçons de corruption planaient depuis longtemps sur la gestion de cette communauté, et il se trouve que, opportunément, des ordinateurs  d'un des principausx soupçonnés, le trésorier, ont été retrouvés...vidés . Prévarication, fausses factures, blanchiment d'argent, l'habitude, quoi...Le scandale est énorme, et E.Aguirre, qui en d'autres temps a été mêlée à des embroglios un rien barbouzards (sous les gouvernements P.P. on pouvait à peu près tout se permettre, et le PSOE, un brin mouillé sous le gouvernement Gonzales, n'avait pas trop intérêt à se montrer incisif sur le sujet), bref, E. Aguirre, très sûre d'elle, a proclamé son innocence, et a démissionné de son mandat de porte parole du P.P. madrilène. Comme elle doit bénéficier de pas mal d'appuis encore, elle laisse les autres se dépatouiller, en gros.

Marino Rajoy n'avait pas besoin de cela, et le P.P. a nommé une gestionnaire, exactement comme à Valencia il y a quinze jours.

Aussitôt le PSOE a sauté sur l'occasion pour dénoncer la corruption qui règne dans le pays à cause de la gestion du P.P et dire que Valencia et Madrid ne sont certainement pas des cas uniques, et Ciu's, qui jusque là jouait les comparses du P.P., a pris quelque distance, demandant à Rajoy d'éclaircir la situation. Je ne relate pas ceci pout faire du commérage politique, mais parce que, nous le verrons dans un instant, ce scandale supplémentaire a fortement influé les contacts qu'a pris Sanchez pour la constitution d'un gouvernement.

 

Pendant ce temps, sute de l'affaire, si affaire il y a, des marionnettistes, los "titiriteros", accusés de faire l'apologie du terrorisme. Emprisonnés, ils ont été relâché le lendemain : d'abord il y a eu un mouvement en leur faveur, au nom de la liberté d'expression, et surtout, la maire de Madrid, M. Carmena, a montré qu'il s'agissait d'une erreur de programmation : la video de démonstration indiquait bien dans quel esprit se donnait ce spectacle, qui en fait ne s'adressait pas à un public enfantin. Elle a ajouté que seulement une vingtaine d'enfants avaient vu ce spectacle et avaient pu en être choqués, si tant est qu'ils l'aient compris, mais que c'était un incident bien minime et qui ne demandait certainement pas la prison, ni la tête du chargé de la culture de Madrid. Mais il ne vous aura pas échappé que la Maire est une élue Podemos... Pendant une dizaine de jours le calme est revenu, mais, ô surprise, dès que le scandale de la corruption du P.P. de la communauté de Madrid a éclaté, une association de lutte contre le terrorisme a porté plainte, avec un sens certain de l'opportunisme.

 

Nouveau scandale : la chaîne de cliniques dentaires Vitaldent se retrouve sur la sellette et deux de ses dirigeants inculpés : fraudes, blanchiment d'argent... C'est le comble pour un dentiste d'être accusé de blanchiment, mais l'affaire est sérieuse : pus d'un tiers des cabinets dentaires ont fermé en Espagne, et ces cliniques, qui fonctionnent sur le principe du low-cost avec tout ce que cela implique au niveau de la gestion et de la rémunération des personnels, qui marche avec des fonds de pensions et a des ramifications un peu partout en Europe, ces cliniques, donc, sont la préfiguration de ce que donnera chez nous un "système" Macron. Je ne saurais trop vous conseiller de taper "Vitaldent Espagne" et de vous laisser guider par votre moteur de recherche favori, vous serez surpris...

Re-nouveau scandale : une banque chinoise qui a des succursales en Espagne, la ICBC, a été perquisitionnée hier, et on a découvert un système de blanchiment d'argent (encore) pour des sommes très importantes, au moins 40.000.000 d'euros ; on introduisait ainsi dans le circuit financier des sommes provenant de délits, en particulier contrebande d'objets fabriqués en totale violation avec les droits de l'Homme.

 

Marché boursier toujours irrégulier, j'ai l'impression que, à chaque fois qu'il y a un souci avec le pouvoir en place (eh oui, Rajoy est toujours premier ministre ...), le surlendemain la Bourse affiche une reprise, comme s'il fallait que le bilan économique dont il se prévaut ne soit pas si mauvais. Mais c'est une constatation due peut-êre au hasard ?...

 

 

UNE SEMAINE DE "RONDE" DE CONTACTS

 

Eh oui, la tournée de contacts entreprise par Pedro Sanchez s'appelle une "ronde". La sémantique a de ces surprises : car c'est une sorte de danse du ventre à laquelle se livrent les protagonistes, et on tourne en rond, au final.

 

Les rencontres de la semaine :

 

Commençons par la rencontre, en début de semaine, entre Rajoy et Sanchez. Il n'en est strictement rien sorti, sinon que Rajoy, complètement autiste, répète à l'envi qu'il a gagné les élections, et que, si Sanchez échoue à former un gouvernement, il se présentera, lui, à l'investiture. Cette position est d'autant plus ridicule qu'il a refusé il y a pratiquement un mois la candidature à l'investiture proposée par le roi. Dans l'intervalle, sa situation est devenue délicate, vu les scandales dans lesquels son parti est impliqué, et vu que chaque parti, à présent, de Ciu's au PSOE en passant bien entendu par Podemos, déclare que Rajoy ne pouvait pas ignorer, et le somme de s'expliquer.

En tout cas, comme je l'écrivais plus haut, Ciu's a pris ses distances, et s'est rapproché du PSOE, comme quoi il y a des conséquences.

Cette rencontre, pour la petite histoire, s'est trouvée marquée d'un incident "diplomatique". Reçu par Sanchez dans une salle du Parlement, et ce, devant les caméras, Rajoy a ignoré la main que lui tendait Sanchez : une telle impolitesse n'est évidemment pas passée inaperçue, en dépit de la minimisation par Sanchez. Il n'en demeure pas moins que Rajoy a décrété qu'il ne voterait pas l'investiture à Sanchez, et encore moins si la coalition comprend Podemos : l'argument principal est que Podemos soutient les indépendantistes et les terroristes indépendantistes. Argument qui peut parler à la partie de la population qui a vécu les années de plomb, de 1970 à 1990. Ceux nés après 1980 ne sont pas sensibles à cet argument dans leur majorité, eux c'est la génération "movida".

 

Sanchez a ensuite rencontré deux partis ou coalitions voisines de Podemos ou dont Podemos fait partie, comme En Marea, formée par Podemos, Izquierda Unida et la gauche nationaliste en Galice, la Galice réclamant son autodétermination, sa reconnaissance linguistique et culturelle. Il a également rencontré le PNV, parti nationaliste basque : tous deux ont donné une réponse négative, le préalable à toute discussion étant la reconnaissance de la volonté indépendantiste des nations /peuples d'Espagne. Ils représentent 12 sièges de députés 

 

Il a ensuite présenté à Podemos le programme qui, selon le PSOE, pourrait être une base d'accord. Mais la "linea roja" à ne pas franchir est précisément la tenue d'un référendum sur l'indépendance catalane, ce que Podemos, au nom de la démocratie, réclame. En effet, on ne peut pas évacuer si facilement quelque chose comme plusieurs millions d'électeurs catalans, galiciens, basques, et les faire taire ne résoud en rien le problème. Podemos n'était pas partisan de l'indépendance catalane au départ, mais la demande des citoyens exige pour le moins un referendum. Iglesias a de nouveau exclu de participer à une coalition comportant  Ciu's, tant ce parti soi-disant centriste est le faux-nez du P.P., et ne revient pas sur sa demande de poste de vice-président, et des ministères qui permettent de contrôler l'économie, entre autres. Mais il a poliment rencontré Sanchez, en précisant que c'était une rencontre pour prendre connaissance des propositions, et pas une négociation.  D'autre part, et c'est important, Iglesias a remis ensuite les propositions en 5 points de Podemos, en particulier pour ce qui est des ressources financières à trouver dans une traque des fraudes et une répartition juste de l'impôt. Il a demandé à Sanchez d'être reçu ensuite pour en discuter, comme lui-même l'avait fait, mais... rien. Sanchez, qui pourtant faisait la danse du ventre devant Podemos, n'a pas répondu à cette demande, et, pressé par le temps semble-t-il, veut passer immédiatement à la phase des négociations. Iglesias n'a pas manqué évidemment de mettre en évidence le manque de dialogue et de courtoisie  politique de Sanchez, en renouvelant sa demande. Ciu's, en quête d'un parti auquel s'accrocher, et puisque le P.P. devient peu fréquentable, a commencé à donner un gage au PSOE, avec des propos quasi insultants pour Iglesias, style "Mais mon pauvre Pablo, tu ne sais pas ce que tu dis, tu ne te rends pas compte". Ce qui est une habile façon de préparer le terrain.

 

Puis Sanchez a rencontré l'ERC et Democracia e libertat, deux partis catalans qui totalisent quand même 17 sièges de députés. Il s'est fait assez vertement rembarrer par les deux, car l'indépendance catalane est le point principal de leur revendication, et il ne faudra même pas compter sur l'abstention, la réponse est : non à l'investiture, et "il est plus facile d'instaurer la république catalane que de réformer la monarchie". Parce qu'en plus ils sont républicains.

 

 

Enfin Sanchez a rencontré hier Ciu's, devinez quoi, ils ont trouvé quasiment la base d'un accord ! Sonnez hautbois, résonnez musettes. Le tout en ignorant superbement Podemos, Sanchez accorde à Rivera ce qu'il a refusé à Iglesias : on étudie les propositions, puis on se rencontre, et on négocie ensuite. Les propositions ont été faites, la rencontre aura lieu la semaine prochaine, et les négociations se feront ensuite.

 

Sauf que...

PSOE + Ciu's = 130 , mais il faut 176 voix, nous sommes loin du compte, la majorité absolue nécessaire pour l'investiture. 

 

Sauf à compter sur l'abstention du P.P. auquel cas ça risque de fâcher, car ce serait une coalition menée par les socialistes qui gouvernerait avec une majorité de voix de droite : les 123 voix du P.P, par abstention, et les 40 voix de Ciu's, pas franchement marqué à gauche. Gênant.

 

Deuxième cas de figure, et il a été évoqué par Rajoy, le P.P. vote non à l'investiture de Sanchez, et Rajoy se présente comme candidat à l'investiture.  Possible mais risqué : est-ce que cette demande sera agréée par le roi, qui a assez d'affaires dans la famille avec sa frangine Cristina pour ne pas prêter le flanc à tout remugle de corruption.

 

En tous cas, Sanchez doit donner sa réponse le 2 mars, date à laquelle il est censé avoir formé un gouvernement.

Il y aura vote, et voir les deux possibilités ci-dessus. Vous remarquez que les deux zappent Podemos, mais aussi tous les partis qui forment la "confluencia", au total 95 sièges de députés.

 

ET MAINTENANT?

 

Je pense que nous repartons pour de nouvelles élections.  Envisagées par Rajoy qui pense "reprendre du poil de la bête" sur le dos de Podemos, souhaitées par Podemos qui progresse dans l'opinion et peut fort bien devenir le second parti d'Espagne devant le PSOE, et par conséquent, perspective rejetée par Sanchez pour la raison que je viens d'évoquer.

 

Mon sentiment personnel

Il y a une conférence de presse chaque soir, au sortir de chaque consultation (tu parles d'un boulot pour moi, dès 17 heures devant le poste !), et j'entends chaque soir le PSOE et Ciu's traiter Iglesias de comédien qui se plaît dans des attitudes théâtrales pour faire monter la pression. Mais ausi, chaque nuit (de 11heures à 3 heures du matin, s'il vous plaît...) il y a cette émission de débat, "La noche", où les opinions des journalistes et des analystes me permettent d'avoir une bonne vision d'ensemble.

Je pense, d'après ce que j'entends et observe, que nous sommes en effet partis pour de nouvelles élections. Et j'en profiterai pour ratrapper mes heures de sommeil !

Et je soutiens Podemos, qui ne lâche rien.

 

Dernière heure: la conférence de presse de P Iglesias à 13 h -18/02/16.

 

Pablo Iglesias a réussi à unir les forces de ces divers partis et coalitions , que l'on nomme "Confluencia". 

 

L'intéressant, est que tous ces partis, et avec depuis ce matin, nous le savons au sortir de la réunion entre Garzon et Iglesias, avec Izquierda Unida, forment un front commun.

 

 

Iglesias rappelle comment Pedro Sanchez ne le reçoit pas, ne le prend même pas au téléphone, pour discuter des propositions avancées par Podemos, et cela jusqu'à  hier soir, alors qu'il a d'ores et déjà programmé une réunion avec Ciu's.

 

Il rappelle que les conditions de discussion étaient que chacun devait avoir un plan de gouvernement à discuter, ce que Podemos a donné, et qui a été ignoré, de manière peu compréhensible.

 

Aujourd'hui la jonction est faite entre Podemos, les partis "satellites" et ceux de la Confluencia, et la Izquierda Unida ( PC espagnol), c'est à dire une vraie force de proposition au mieux, de bloquage absolu au pire. Et au parlement une forte opposition.

 

Et Iglesias a répété, fermement, qu'il n'y a à cette heure que deux solutions : soit une grande coalition PSOE + P.P + Ciu's, et ce serait une mauvaise nouvelle car dela signifierait que le PSOE gouverne de fait avec la droite, et renonce à oeuvrer pour son mot d'ordre, Changement et Réformisme, le Changement ne pourrait pas avoir lieu, soit le PSOE + Podemos + les partis de la Confluencia, majorité absolue y compris parlementaire de gauche offerte sur un plateau, 197 voix sur 350. 

Iglesias a clairement énoncé qu'à présent Sanchez doit choisir entre la gauche et la droite, qu'il attend toujours d'être appelé pour discuter des propositions, puis négotier.

 

Il a également répondu que, dans le cas d'une coalition PSOE + Podemos + la Confluencia + Izquierra Unida, ce serait Sanchez le président, bénéficiant d'une indéfectible majorité pour l'investiture mais aussi au Parlement, à condition d'accepter les programmes de cette coalition de gauche, dans le cas contraire ce serait non à l'investiture. En aucun cas Podemos n'accepte Ciu's dans la coalition ni le gouvernement, mais que la porte n'est pas fermée pour des mesures prises en commun pour l'intérêt du pays.

 

La balle est clairement dan le camp de Sanchez, droite ou gauche, Iglesias tout à l'heure l'a mis au pied du mur.

 

Selon l'actualité, je reviendrai faire un compte-rendu dans le corant de la semaine prochaine.

Madrid, le 19, 20, 21, conférence pour un plan B.

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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 09:02
PODEMOS FAIT DE LA RESISTANCE

Aujourd'hui, 50 ième jour de ce nous pouvons appeler La Résistance de Podemos.

 

Situation inchangée.

 

 

Rajoy et Rivera se sont rencontrés, et comme d'habitude Rivera a déclaré qu'il était hors de question de participer à un gouvernement où figurerait Podemos ou des indépendantistes. Ce faisant, il participe au bloquage de la situation, ce qui serait comique si la situation de beaucoup d'Espagnols n'était aussi dramatique. En effet, Ciudadanos, c'est 40 sièges, et Podemos avec les partis "satellistes", c'est au minimum 85 sièges. Et Rivera agite ses petits bras...

 

Il fait le digne pendant de Rajoy, qui , pour sa part, répète obstinément qu'il a gagné les élections, puis qu'il dispose de 123 sièges, alors qu'il en a au moins 185 contre lui. Car c'est ainsi, la fin du bipartisme aboutit à ce que chaque formation est  fondée à se maintenir , à constituer ou, selon le cas, à participer à une coalition, et à condition d'avoir un nombre de sièges suffisant, à avoir une minorité de blocage. Donc, Rajoy estime qu'il est, lui seul, en droit de diriger un gouvernement, avec ces seuls pauvres arguments: d'abord il pense, contre toute évidence, être majoritaire, ensuite il martèle qu'il est le recours de l'unité espagnole contre le séparatisme et le terrorisme indépendantiste (celui-ci étant terminé avec le cessez-le-feu de l'ETA depuis 5 ans, mais ce détail a échappé à Rajoy).

 

Mais les deux se livrent à ce marché: Rajoy somme le PSOE de se rallier à sa coalition , car de toute façon lui n'accordera jamais l'investiture au PSOE, et Rivera somme le PSOE de choisir entre Podemos ou Ciu's.

 

Pendant ce temps Sanchez poursuit la tournée des popotes. Après les acteurs de la vie culturelle, qu'il veut inclure dans un projet commun, après l'ERC et le PNV (Gauche Républicaine Catalane et Parti Nationaliste Basque dont le soutien, quoi qu'il arrive, dépend de la tenue d'un referendum pour l'indépendance de la Catalogne, aujourd'hui ce sont les collectifs et syndicats de travailleurs ou patronaux. Il peut toujours se faire plaisir, après tout, et cela donne aux Espagnols l'illusion qu'il se démène pour débloquer la situation. En réalité, un syndicaliste catalan , s'il est indépendantiste, votera toujours en tant  que catalan avant de voter comme syndicaliste , et un entrepreneur ou un patron catalaniste fera strictement pareil, alors...

 

Cette tournée des popotes, à mon avis, n'a de sens que parce qu'elle est en fait une mini-campagne électorale déguisée avant les élections générales qui ne manqueront pas de se produire, pour essayer de faire bouger l'opinion.

 

Dans cette perspective, plus on tape sur Podemos, mieux c'est.

 

Sauf que cette triste lutte pour le pouvoir écoeure de plus en plus de gens. Sauf que les scandales dévident chaque jour leurs révélations, que ce soit à Valencia, que ce soit en Andalousie fief PSOE, que ce soit jusque dans la famille royale, ou dans la fraude fiscale soupçonnée de Jordi Pujol, l'ex president de la Generalité de Catalogne dans les années 90, pour la CDC, Convergence Democratique de Catalogne, un truc centriste socio-libéral. Sauf que les chiffres de l'économie ne sont pas vraiment bons...

 

Demain, rencontre de Sanchez et de Rajoy au Parlement ( Congrès des députés), je présume que chacun agitera son embryon de programme avec des poins de convergence pour montrer l'ouverture à la discussion, mais que chacun prétendra avoir la légitimité à former un gouvernement. 

On n'en sort pas...

 

Les marchés boursiers, après une timide et relative embellie hier, ont replongé dans l'affolement, les banques ne font confiance à pas grand'monde, et l'instabilité politique aggrave encore la situation. 

 

 

ET MAINTENANT?

 

Pas un flash d'info sans des interrogatoires ou des mises en examen, soit ça dégoûte les électeurs, soit ça les pousse vers Podemos, à la rigueur Ciu's, mais ce dernier parti risque de payer devant les urnes le soutien trop appuyé au P.P.

 

Sanchez a encore une quinzaine de jours pour former sa coalition. Tout le monde se livre à cette guerre de position, quant à Podemos, le parti ne retire rien de son programme anti austérité, mais si le temps joue pour lui, la lassitude des électeurs et les mauvais coups auxquelles se livreront les autres formations sont aussi des dangers?

 

demain CR de l'entrevue Sanchez-Rajoy.

 

Mireille

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 16:57
ESPAGNE, PODEMOS FAIT DE LA RESISTANCE

Nous vous proposons une nouvelle rubrique sur l'évolution des actualités politiques en Espagne, cette rubrique est assurée par Mireille qui en fera la rédaction-traduction, ce qu'aucun média "mainstream" français ne fait, merci à elle pour cette collaboration précieuse, bonne lecture.

Aujourd'hui, pas grand'chose de nouveau.

 

Le contexte.

 

Non seulement les interrogatoires des élus P.P. corrompus de Valencia se poursuivent, mais il semble qu'ils ne sont pas les seuls à avoir quelques soucis. On a tendance à oublier que la corruption n'est pas l'exclusivité du gouvernement Rajoy. Le PSOE a connu quelques errements aussi.notamment sous le gouvernement de Felipe Gonzales, de 1986 à 1996. Bref, ce dernier a beau faire partie des "barons" qui dictent sa conduite à Sanchez, il n'a pas forcément le nez propre, les affaires de fraude, de corruption, d'enrichissement personnel ayant concerné pas mal de gens de son entourage politique, ministres inclus.Or, voici qu'un "revenant" des ces années-là, Jose Antonio Viera, est sur la sellette, et est actuellement mis en examen. ce n'est pas un menu fretin: successivement délégué du Conseil Education et Science, délégué du gouvernement de la junte d'Andalousie à Séville, délégué du gouvernement d'Andalouse, Conseiller pour l'Emploi et le Développement technique, ex-secrétaire général du PSOE d'Andalousie,ex député, et récemment démissionnaire, ou...démissionné. Il est interrogé pour des tripatouillages divers et variés et de détournement de fonds publics, avec, si j'ai bien tout compris, des emplois irréguliers.

 

Rien que de banal, hélas, mais gênant au moment où Sanchez veut combattre Rajoy sur le terrain de l'intégrité en politique.

 

 

Rajoy et le P.P.

 

Rajoy continue à camper sur sa position, il n'a désormais plus qu'un refrain: c'est la crainte du séparatisme, refrain d'autant plus seriné que le bilan économie et emploi parait faible, en dépit d'une embellie en trompe-l'oeil.

 

Il doit rencontrer Sanchez vendredi au parlement ( conseil des députés), mais je me demande ce qui peut bien sortire de cela, sachant qu'il a proclamé la semaine dernière qu'il ne voterait pas l'investiture à Sanchez, et qu'il a déclaré aujourd'hui que pour ce vote, le P.P. ne s'abstiendrait pas.

 

Ciudadanos

 

Rivera dévoile plus ou moins le secret de Polichinelle, en déclarant aujourd'hui qu'en l'absence d'accord (et comment y en aurait-il un, arithmétiquement parlant, la situation est bloquée), on s'acheminait vers des élections.

 

Sanchez et le PSOE

 

Sanchez a rencontré aujourd'hui deux formations autonomistes, le PNV(Parti nationaliste basque), ne pas voir dans "nationalisme" un indépendantisme forcené, ce terme recouvre souvent une volonté de reconnaissance identitaire, le PNV est une toute petite formation . Résultat: il montre ainsi sa volonté de dialogue, mais rien en terme de soutien n'est sorti de cette rencontre, le porte-parole du PNV a de toute façon rappelé l'importance de l'autodétermination, et des compétences de la province autonome.

 

Sanchez  a aussi rencontré l'ERC, la Gauche Républicaine de Catalogne, 9 sièges au parlement. C'est une gauche indépendantiste, moins radicale que En Comu Podem (Podemos catalann), mais indépendantiste quand même , et qui demande le referendum pour l'indépendance de la Catalogne, rejeté par les barons du PSOE. Autrement dit, pas de referendum, pas de soutien ppour l'investiture...

 

C'est aussi la condition sine qua non rappelée par Domenech, leader de En Comu Podem.

 

Aujourd'hui, les deux "Tititeros", c'est -à-dire marionnettistes emprisonnés pour délit d'apologie du terrorisme, ont été relâchés. En fait, ce que déclarait hier Podemos a été entendu: ce spectacle de marionnettes figurait bien sur une video de démonstration, et cette mili-troupe, tendance iconoclaste, a été retenus par l'organisation des festivités du carnaval. Il semble qu'il y a eu un gros malentendu: savoir que ce spectackle carnavalesque ne devait pas être destiné à des enfants.

 

Cet incident a donné lieu à un débat sur la liberté d'expression, et d'aucuns se sont référés à Charlie Hebdo, insistant de plus sur le fait que au moment où l'Espagne est en état d'alerte maximum, à cause des menaces islamistes pour récuperer Al Andalus, on avait fait un montagne d'un incident qui avait au plus choqué une cinquantaine de personnes , qui était partie d'un malentendu, et qui ne méritait pas cet excès de répression et de publicité. Sauf que l'occasion était sans doute trop belle pour la droite horrifiée et les socialistes hypocrites de demander la tête de Manuela Carmena, maire Podemos de Madrid.

 

Faut-il que Podemos inquiète, pour que à droite comme à la pseudo "gauche", on cherche tous les prétextes pour déconsidérer ce parti, voire le rendre suspect, ou le désigner comme danger public, poux compris.

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