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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 14:19

Nous allons continuer, Mireille et moi, à vous entretenir régulièrement de l ‘actualité telle qu’elle est rapportée par des sources autres que « mainstream »

Top militaire : Les États-Unis vont perdre leur rôle d'empire

INTERVIEW de Lawrence Wilkerson   -   Nouvelles économiques allemandes | Publié : 17:04:2016

http://deutsche-wirtschafts-nachrichten.de/2016/04/17/top-militaer-die-usa-werden-ihre-rolle-als-imperium-verlieren/

Lawrence Wilkerson est colonel de l'armée américaine et chef de cabinet de l'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

L'ancien chef d'état-major au Pentagone, Lawrence Wilkerson, ne voit ni en Russie, ni en Chine une menace réelle pour les États-Unis. La politique américaine doit prendre congé de sa pensée impériale, parce que ses revendications ne peuvent être maintenues financièrement.

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Nouvelles économiques allemandes (NEA) : Il y a des témoignages contradictoires au sujet de la situation actuelle en Syrie. Comment pouvons-nous envisager la situation actuelle dans ce pays ?

Lawrence Wilkerson (LW): Des mesures importantes ont été prises. Poutine a fait pression sur le gouvernement syrien et Obama sur les groupes d'opposition. Il y a encore une trêve. Washington et Moscou soutiennent un gouvernement de transition. Mais Assad doit rester au pouvoir. La réalité est qu’Assad est toujours là et que l'armée et une grande partie de la population sont derrière lui. Ainsi, dans la diplomatie qui doit suivre le cessez-le-feu et le surveiller, il doit être prévu et déclaré que Assad est une partie du gouvernement de transition.

NEA : Tout indique clairement que le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutin ont coordonné leur approche. Est-ce là une impression correcte?

 

LW : Ceci est un accord qui fait référence à une coopération conjointe et des discussions. Les deux parties savent qu'il y a un besoin d'un gouvernement de transition et que la présence d'Assad en fait partie. Il y a eu des entretiens secrets entre Washington et Moscou. Les deux parties savent que cette brutale guerre civile arrêtée, le flux de réfugiés reviendra sous contrôle et les fugitifs devront retourner dans leur patrie.

 

NEA : Est-ce que vous appréciez les positions qu’affichent les décideurs politiques de Washington sur la Syrie? Observez-vous des opinions contradictoires?

 

LW : Nous avons constaté des différences significatives entre les points de vue au cours des négociations nucléaires avec l'Iran. Dans le problème syrien, Hillary Clinton est encore plus difficile et militariste que les républicains. Les républicains sont très divisés sur cette question. Je pense que le principal problème est que les cercles politiques, à Washington, plutôt que de penser à ce qui est le meilleur pour l'Amérique ou la Syrie, s’inquiètent de ce qui est le meilleur pour eux, politiquement parlant. Dans la phase actuelle, les républicains représentent 25 à 26 pour cent de la population. Nous pouvons dire la même chose au sujet des démocrates. Mais 41 à 42 pour cent des gens sont indécis et la course à la présidence continue. Cette indécision sera cruciale dans l'élection à venir. Ensuite, nous verrons quel point de vue concernant la Syrie prévaudra : d’avantage d'action militaire, de négociations et de diplomatie, ou autre chose. À l'heure actuelle, la politique du président américain est axée sur une diplomatie militairement soutenue.

 

NEA : Comment voyez-vous l’ISIS? Qui est derrière?

 

LW : Dans son livre "Les Pavillons Noirs", Joby Warrick décrit la montée d’ISIS" de manière très intéressante. Le "fondateur" réel de l'ISIS fut Abou Moussab al-Zarqaoui, qui a été tué en 2006 en Irak. Les racines de cette organisation remontent à l'année de l'invasion de l'Irak en 2003 et à la période suivante. Warrick décrit comment l'invasion américaine a provoqué un grand soulèvement en Irak, dont al-Zarqaoui était le chef, qui a été initialement appelé Al-Qaïda en Irak, puis ce fut ISIS.

Le noyau de l'ISIS est composé d'anciens officiers sunnites irakiens et d'anciens membres de la Garde républicaine de Saddam Hussein. L'ISIS a un objectif global et ne se satisfera pas avec un Califat régional seulement. Beaucoup de jeunes gens se joignent à l'ISIS parce qu'ils n’ont pas de perspectives d'avenir ou parce qu'ils ont été acquis à la cause en prison (par des membres d’ISIS, NdT). Beaucoup rejoignent aussi l'ISIS parce qu'ils sont mal accueillis dans leurs propres sociétés, en particulier à l'Ouest. Je voudrais souligner ici que nous ne parlons pas d'un grand pourcentage du monde musulman, mais cependant, l'ISIS est, à plus long terme, une menace encore plus grande que beaucoup ne le pensent. Nous parlons de millions de sympathisants et partisans qui n’approuvent pas la violence de l'ISIS. Mais ils sont prêts à prendre des mesures contre les Occidentaux qui présentent leur lutte contre l'ISIS comme une lutte de l'Occident contre l'Islam en général.

 

NEA : La Russie est-elle une menace pour les Etats-Unis ou pour Europe?

 

LW : Je pense que le changement climatique est la plus grande menace pour l'Occident et le monde entier. Le changement climatique va exacerber les conflits mondiaux et cela aura un impact sur nous.

Un autre risque est que l'ISIS pourrait faire usage d'une sorte d'arme de destruction massive dans l'Ouest.

Il est même possible que les attaques de l’ISIS justifient la mise en place de dictatures militaires et policières qui dirigeraient l'Ouest.

Nous sommes dans une phase où, de plus en plus, nous allons perdre nos droits civils et nos libertés chèrement acquises.

La meilleure façon de lutter contre l'ISIS est de traiter avec succès les problèmes sociaux et économiques dans le monde. On a à traiter avec les appels à une meilleure gouvernance. On doit partager les ressources mondiales. On doit se montrer coopératif - comme c’est nécessaire sur la question du changement climatique.

Les Américains eux-mêmes sont la deuxième grande menace pour les États-Unis. Nous sommes un empire et agissons impérialement. Nous voulons préserver l'hégémonie américaine à tout prix. Mais ces efforts sont coûteux et créent une dette massive. Les USA doivent se développer en une puissance coopérative. Je ne pense pas que la Russie et la Chine soient des menaces réelles.

Le conflit en mer de Chine méridionale est une question de droit international et devrait être résolu sur cette base, en tenant compte de la loi du Traité sur la mer et des tribunaux d'arbitrage.

En outre, il ne faut pas oublier que nous avons forcé la Russie à défendre ses intérêts parce que nous avons déplacé l'OTAN directement à la "face" de Moscou. Je ne blâme pas Poutine pour ses réactions en Ukraine et en Géorgie. Nous avons besoin de la Russie et la Russie a besoin de nous. L'Europe a besoin de la Russie et la Russie a besoin de l’Europe.

 

NEA : Croyez-vous que l'intervention russe en Syrie était justifiée?

 

LW : Oui, elle l’était. L'intervention est venue au bon moment, parce que les seuls alliés corrects de la Syrie au Moyen-Orient sont russes. Bien que jusqu'à présent toute alliance russe au Moyen-Orient ait été d'opportunité, nous devons être lucides sur les besoins stratégiques de la Russie dans la région.

Nous devons être conscients de ce que le Printemps arabe - je l'appelle Hiver arabe – n’est pas encore là. Les rois et émirs de Bahreïn, l'Arabie Saoudite et le Qatar et d'autres ont tous peur. Le monde change, et ces émirs et rois sont du mauvais côté de l'histoire. Leurs jours sont comptés.

 

NEA : A quel genre de gouvernement des États-Unis pouvons- nous nous attendre après les élections à venir ?

 

LW : Hillary Clinton va probablement gagner l'élection présidentielle américaine. La politique actuelle des États-Unis sera poursuivie. Clinton va vouloir maintenir le statu quo (dans les affaires intérieures, NdT), dans le débat public aux Etats-Unis.

 

NEA Qu’est que cela signifie pour la future politique étrangère des États-Unis?

 

LW : L'islamophobie dans ce pays me préoccupe. Frank Gaffney (*) est l'un des conseillers de Donald Trump. C'est inquiétant. Comment peut-on dire à un musulman américain, qui a servi son pays dans l'armée, qu'il devrait quitter son pays? Ces idées ne sont pas américaines. Mais 50 à 55 pour cent des Américains sont si incroyablement crédules que vous pouvez les trouver (dans les journaux publicitaires, NdT) sous la rubrique : Politique de la peur.

 

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(*) Gaffney, conseiller de Trump, avait claironné qu’Obama était le premier président musulman et autres canards du même tonneau

http://fortune.com/2016/03/22/ted-cruz-frank-gaffney-muslims/

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