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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 17:38
Image empruntée à la presse française qui connait bien le sujet.

Image empruntée à la presse française qui connait bien le sujet.


UN TRAVERS DE LA RIPOUBLIQUE FRANÇAISE :
LE CONFLIT D'INTÉRÊTS

 

 

Le 23 mars 2017, dans son rejet de la demande de l'Association Anticor (voir le lien en bas de page) en vue du réexamen des déclarations de patrimoine du candidat à l'élection présidentielle Monsieur Emmanuel Macron qui suscitent de nombreuses questions de cohérence et d'exactitude, le Président de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) indique expressément que le dossier est suivi par Mr Sébastien Margotte. Ce monsieur n'est pas un inconnu puisque le 1er septembre 2015, on le retrouve en qualité d'administrateur des finances publiques-adjoint comme bénéficiaire d'une délégation de signature au sein de la Direction Générale des Finances Publiques, ceci dans le cadre de la Direction des Contrôles Fiscaux de l'Ile-de-France. Donc au sein même de Bercy, Mr Margotte exerçait déjà des fonctions importantes du temps où Mr Macron était Ministre de l'Économie.

On sait aussi que Mr Margotte a fait partie des personnes entendues par la Commission des Finances du Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière (in Rapport Anziani du 10 juillet 2013).

Il est donc incontestable que Mr Sébastien Margotte, par ses fonctions passées, se trouvait relever d'une Administration certes placée sous l'autorité du Ministre des Finances de l'Époque, Mr Sapin, mais qui n'était pas sans lien avec le Ministère de l'Économie, avant même le regroupement en septembre 2016 des deux Ministères sous l'autorité unique de Mr Michel Sapin.

 

 

Dans ces conditions et alors que le site officiel de la Haute Autorité recense, outre le collège décisionnel de 8 personnes, une cinquantaine de collaborateurs d'origines diverses, on peut légitimement s'étonner que pour suivre les questions qui affectent les déclarations de Mr Emmanuel Macron candidat à l'élection présidentielle, et, alors que le choix est vaste, on nomme précisément un fonctionnaire qui fait partie du Ministère avec lequel sans conteste le Ministère de l'Économie a le plus de rapports, sinon d'affinités.

On déplore ainsi que, selon un vieux travers de notre République, la Haute Autorité ne prête guère l'attention qu'il faut à la notion de conflit d'intérêts ou à la recherche de l'indépendance la plus haute et la moins contestable. Pour suivre le dossier de l'ancien Ministre Mr Macron, elle va en effet nommer un ancien administrateur du Ministère voisin, alors que la référence à des cultures professionnelles diverses dont s'enorgueillit la Haute Autorité lui permettait sans nul doute de choisir sur le "dossier Macron" un référent nettement plus distant de Bercy.

 

 

Par ailleurs, la Charte même de la HATVP précise en son article 3 : " Prévention des conflits d’intérêts à l’égard des déclarants : Les situations suivantes constituent un lien d’intérêt impliquant le déport du membre, du rapporteur ou du membre du personnel concernant un dossier – un lien de parenté, y compris par alliance – une relation professionnelle directe, qu’il s’agisse d’une relation hiérarchique ou non – l’appartenance à un même corps de la fonction publique – l’appartenance à un même organisme public ou privé à but lucratif ou non ".

Or , depuis le regroupement en septembre 2016 sous l'Autorité d'un seul Ministre, le même Michel Sapin, des deux Ministères des Finances et de l'Économie, Mr Margotte se trouve depuis huit mois appartenir au même organisme public que celui que dirigeait Monsieur Macron. Pour éviter toute polémique ou toute espèce de soupçon et au moins depuis la fusion des deux Ministères, Mr Margotte aurait donc dû être prudemment écarté du contrôle du "dossier Macron", ou se déporter spontanément s'il en avait été chargé par inadvertance, l'importance et la richesse des effectifs de la HTVP écartant tout risque d'empêchement technique.

En outre, on sait que la HATVP peut également être consultée par les élus sur des questions de déontologie et de conflits d'intérêts relatifs à l’exercice de leur fonction, ce qui ajoute encore aux exigences d'indépendance et de parfaite neutralité de ses propres missions. Et il n'est pas moins troublant encore que le lendemain même du rejet de la demande d'Anticor, une décision du 24 mars 2017 du Président Nadal portant délégation de signature dispose dans son article 1 : " Délégation permanente est donnée à M. Sébastien Margotte, chef de pôle, pour signer, dans la limite de ses attributions et au nom du président de la Haute Autorité, tous actes préparatoires aux décisions de la Haute Autorité ".

 

 

Entendons-nous, les juristes pourront sans doute discuter à l'infini pour savoir si Mr Margotte se trouvait ou non effectivement en délicatesse avec la charte précitée, alors surtout que cette dernière précise expressément que la liste précédente n'est pas limitative : " Chaque membre, rapporteur et membre du personnel doit prendre en compte, pour estimer si un lien d’intérêt est de nature à engendrer un déport, l’intensité du lien, sa nature et ses effets au regard des missions et des valeurs de la Haute Autorité, telles que précisées à l’article 1er ".

Il reste qu'indépendamment des qualités personnelles de l'intéressé, le choix par la HATVP de Mr Margotte pour suivre le "dossier Macron" pose un réel problème à tous ceux qui estiment qu'on ne doit jamais transiger, ni barguigner

  1. ni avec la notion d'indépendance qui doit toujours demeurer stricte et à son plus haut,
  2. ni avec les risques - fûssent-ils minimes - de conflits d'intérêts.

 

 

Surtout lorsque le législateur vous a confié la mission ambitieuse d'établir une parfaite transparence dans la vie publique.

 

lien :

http://www.anticor.org/2017/03/27/patrimoine-demmanuel-macron-la-hatvp-repond-a-anticor/

 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 16:11
 Le zombi, l'homme du pouvoir. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD - AFP.

Le zombi, l'homme du pouvoir. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD - AFP.

Patrimoine et revenus d’Emmanuel Macron : Des avocats et des professeurs de droit s’interrogent

 

 

• Comment Emmanuel Macron peut répondre au journal Le Monde (04/04/2017) qu’il n’a jamais « flambé 1000 € par jour » alors qu’il a indiqué avoir gagné environ 2000 € par jour pendant les cinq années précédentes, sans même tenir compte des revenus de son épouse, et n’a déclaré en 2014 qu’un patrimoine de 156 000€ ?

 

• Alors qu’il a dirigé une transaction de 9 milliards d’euros, comment se fait-il qu’on ne trouve aucune trace de bonus dans ses déclarations ? On sait que dans les banques d’affaires le succès d’une telle opération est généralement largement rémunéré en sus des émoluments ordinaires. Il serait dès lors surprenant que la transaction considérée n’ait pas donné lieu au versement d’un "incentive" très conséquent à son profit, que ce soit sous forme de numéraire, d’attribution gratuite d’actions ou d’options d’achat d’actions.

 

• Comment peut-il soutenir qu’à cause d’importantes charges sociales, son revenu fiscal de référence a été insuffisant pour payer ses impôts alors que le revenu fiscal de référence est déterminé après charges ?

 

• D’où viennent les revenus de capitaux mobiliers qu’il indique avoir perçus pour 291.286 euros en 2011 et 270.296 euros en 2012 ? Peuvent-ils ne procéder que de la seule détention de la part unique de 16 euros qu’il détenait dans la société en commandite simple Rothschild et compagnie alors que ce type de société ne peut pas distribuer de dividendes à ses gérants commandités ? Ces dividendes de 560 000€ se rattachent-ils alors à d’autres participations ? Dans quel cadre et selon quelles modalités juridiques et financières ont-elles été acquises ? Enfin, que sont-elles devenues depuis lors ?

 

• Qu’a-t-il fait de ses 20 actions dans le capital de la SAS Financière Rabelais, l’un des principaux associés commandités de la société en commandite simple Rothschild & Cie Banque (SIREN 323 317 032), elle-même associé commandité à 99,99% de Rothschild & Cie ? Il devait les apporter pour une valeur de 372 187, 20€ à la société selon avis préalable de l’assemblée générale d’actionnaires de Paris Orléans prévue le 8 juin 2012. Mais dans l’avis de convocation lui-même quelques jours plus tard le nom de Monsieur Macron a disparu et les dites actions sont apportées par deux tiers. Leur a-t-il cédé ses parts ou les leur a-t-il confiées en garde ?(...)

 

• Comment Emmanuel Macron a-t-il pu ne payer que 53 652,97 € d’indemnité de rupture de son engagement dans la fonction publique alors qu’il n’a guère été fonctionnaire plus de six ans et que, dans ce cas, les anciens élèves de l’ENA doivent verser une indemnité égale à deux fois le dernier traitement annuel diminuée de 20% par année de service au-delà des six ans, et qu’il avait gagné 162 120 € en 2013 lors de sa dernière année dans la fonction publique avant d’être nommé Ministre ?

 

• Pourquoi a-t-il omis de ses déclarations sa part dans la créance de la communauté sur son épouse au titre des travaux qu’il a réalisés pour 500 000€ dans une maison appartenant en propre à sa femme avec laquelle il est marié sous le régime de la communauté, alors qu’il a porté au passif de ses déclarations la totalité de l’emprunt contracté initialement par la communauté pour 350 000 € afin de réaliser ces travaux ? Sans ces omissions, le patrimoine d’Emmanuel Macron en 2014 et 2017 aurait dû être respectivement plus de trois ou deux fois supérieur à celui qui ressort de ses déclarations, ce qui représente des manquements substantiels rendant leur auteur passible d’une peine de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende ainsi que, à titre complémentaire, l’interdiction des droits civiques et l’interdiction d’exercer une fonction publique.

 

• D’une manière générale, qu’a-t-il fait de son argent alors qu’il a emprunté pour payer une grande partie des travaux exécutés dans la résidence de sa femme et que le montant des travaux dans son appartement parisien serait resté modeste ? Où cet argent est-il passé ? Etait-il lui-même dispendieux à ce point qu’il dut emprunter pour payer ses impôts ? Ca ne serait pas conforme à ses propos tenus à Libération.fr le 17 septembre 2012 pour expliquer ses années chez Rothschild : « L’idée était aussi de me mettre à l’abri financièrement. Je n’ai pas de goûts de luxe, ni de gros besoins, mais j’accorde beaucoup de prix à mon indépendance ». Et le même média d’ajouter, le 26 août 2014 : « Depuis son passage par Rothschild, suffisamment riche pour être à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours ». Mais alors, où est le patrimoine ?

 

 

Ces éléments ne peuvent pas être rejetés d’un revers de main. Il faut que M Macron s’explique sans délai ou que la justice se saisisse. La transparence de la vie publique doit s’appliquer avec la même rigueur aux uns et aux autres.

 

 

QUESTION : Y AURAIT-IL UNE IMMUNITÉ MACRON ?

 

Pour l'immense majorité des médias qui ont soigneusement étouffé le débat qui aurait dû s'installer sur la cohérence et l'exactitude des déclarations officielles du candidat , on connaît déjà la réponse. Mais pour la justice, la question -sans doute pour quelques jours- demeure encore pendante.

 

En effet, lorsque certains esprits chagrins se sont étonnés de la promptitude de la justice à ouvrir une enquête dans le cas Fillon, on leur a très officiellement répondu qu'il n'y avait rien d'exceptionnel. Certes cette promptitude était quasiment sans précédent, notamment en période préélectorale, mais enfin faute de comparaison, on en était réduit à des conjectures. Puis, chemin faisant dans cette campagne qui décidément ne ressemble à aucune autre, on a vu une nouvelle fois le cours de la justice brusquement s'accélérer dans l'affaire Le Pen. Mais là, les juges butèrent sur l'obstacle parfaitement prévisible d'une immunité parlementaire européenne revendiquée haut et fort par l'intéressée et dont la levée nécessite une décision du Parlement européen réuni en séance plénière. Dès l'origine, la justice savait donc parfaitement que la procédure requerrait plusieurs mois et que la décision ne pourrait intervenir que bien après l'élection. Comme par hasard, elle se décide pourtant à demander la levée de l'immunité, quelques jours seulement avant le premier tour du scrutin.

 

Or contre toute attente, cette assiduité et cette célérité doublement exemplaires s'essoufflent brusquement dès que des soupçons publics, solidement argumentés et documentés par plusieurs grandes plumes du droit, se portent dans diverses tribunes sur le candidat Macron. Avec les plaintes ou les saisines successives et réitérées de l'IREF et de plusieurs contribuables (certaines depuis le début mars !), la justice semble d'un coup se figer, se raidir et adopter le réflexe de l'huitre vis-à-vis du crabe. Cette fois-ci aucune confidence au Canard enchaîné, aucune note à Médiapart, pas le moindre entrefilet pour le Journal du Dimanche, aucune fuite d'aucune sorte, mais un silence radio qui commence à devenir pesant, avec l'amorce en filigrane d'une distinction à laquelle on n'ose encore croire entre les personnes "non gratae" à qui rien ne serait épargné et le candidat préféré du pouvoir auquel rien ne saurait être reproché.

 

Voici quelques années et parce qu'ils s'y sont indirectement reconnus, beaucoup de citoyens ont ressenti douloureusement l'affaire du "mur des cons" et comme, malgré sa relative ancienneté, elle n'est toujours pas jugée à ce jour, ils savent que la justice sait prendre largement son temps, tout spécialement sur des affaires sensibles ou qui la mettent en cause. Mais une chose est sûre : au fur et à mesure que les jours passent et que l'échéance de l'élection se rapproche, ces citoyens ne veulent pas voir s'édifier sous leurs yeux un nouveau mur : celui du silence et du déni qui serait encore plus honteux que le premier, après les premières fins de non recevoir émises par une HTVP qui n'avait visiblement nulle envie de réexaminer un dossier à la lueur d'une argumentation technique qui l'embarrasse.

 

Mais, alors que l'urgence est électoralement la même pour tous, comment peut-on expliquer que le candidat Fillon fasse séance tenante l'objet d'une enquête et ultérieurement d'une mise en examen, que les poursuites contre la candidate Le Pen soient opportunément réactivées quelques jours seulement avant la première échéance électorale, sans que de son côté le candidat Macron ne soit inquiété le moins du monde pour des déclarations officielles qui ne convainquent personne de ceux qui, à titre professionnel, traitent quotidiennement de patrimoine, de revenus et de fiscalité ? Chose curieuse et embarrassante : ce candidat d'ordinaire si prompt à faire valoir son bon droit et ses soutiens s'en tire par la pirouette d'un voyeurisme mal placé pour refuser de répondre dans le détail aux attaques qui pointent pourtant les nombreuses lacunes et contradictions de ses déclarations.

 

On sait que par le passé le Conseil constitutionnel a déjà validé au forceps une élection présidentielle en dépit de comptes de campagne non conformes. Mais dans le climat de défiance actuel et alors que l'abstention menace de devenir le premier parti de France, il est impératif que justice saisie par un des requérants depuis le début du mois de mars fasse à temps son travail. Et aussi qu'elle le fasse bien en développant une argumentation publique, claire et convaincante pour éviter que la prochaine élection ne risque de traîner indéfiniment dans son sillage le soupçon délétère d'une usurpation, dont tous ceux qui contestent la République ne manqueraient pas de tirer profit.

 

source : http ://fr.irefeurope.org/Patrimoine-et-revenus-d-Emmanuel-Macron,a4427

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 18:16
Lagarde et un nazillon.

Lagarde et un nazillon.

Le Fonds monétaire international était perché sur une branche précaire qu’il a coupée. Le Conseil d’administration du FMI s’est réuni à Washington le soir du 14 septembre 2016. La grosse question dans leur agenda était de savoir s’il fallait faire un chèque de $1 milliard à l’Ukraine. Et ils l’ont fait. Sauf l’administrateur représentant la Russie, qui a voté contre le paiement.

 

Ce ne fut pas un événement ordinaire, mais il aura un impact, d’abord et avant tout, sur le sort du Fonds monétaire international.

 

L’argent en question fait partie d’un accord avec le FMI pour fournir à l’Ukraine $17,5 milliards de dollars en prêts, en vertu d’un programme de quatre ans pour soutenir l’économie ukrainienne, qui a été étudié avec la participation active du FMI. Le financement étranger pour ce programme, y compris le prêt du FMI, totalise $40 milliards de dollars. Dans le cadre de ce programme Kiev a reçu sa première tranche de $5 milliards de dollars, suivie par une seconde de $1,7 milliard, et attend de nouveaux décaissements. Cependant, le troisième versement, prévu fin 2015, n’est jamais arrivé. Le processus s’est arrêté.

 

L’explication officielle était centrée autour du fait que l’Ukraine a été incapable de respecter ses engagements. C’était particulièrement vrai surtout quand il s’est agi de diverses réformes promises dans le système d’imposition, la sécurité sociale, les tarifs des services fournis par des entreprises commerciales du secteur, et ainsi de suite. Le FMI a également cité le manque de progrès dans la privatisation, la lutte contre la corruption, etc. Cette liste de griefs a été mise à jour et modifiée presque tous les mois.

 

Pour mémoire, l’Ukraine a jusqu’à présent réussi à tirer un total d’environ $20 milliards du FMI depuis 1994. Un coup d’œil sur la documentation de ces années montre que l’Ukraine n’a jamais respecté ses obligations dans leur intégralité, mais l’argent du FMI n’a cessé de couler. Donc, quelque chose d’autre a dû se passer.

 

Lorsque l’Ukraine devint un sujet mondial brûlant au début de 2014, les États-Unis ont commencé à utiliser Kiev pour faire pression sur la Russie – et des changements radicaux ont commencé à prendre place dans la vie du FMI. Oncle Sam est le plus gros actionnaire du fonds – il a une majorité de blocage dans le capital et les droits de vote de cette institution financière internationale – et avec une impudeur totale, il a commencé à instrumentaliser le FMI comme outil pour faire avancer sa propre politique ukrainienne. La décision du FMI d’émettre le dernier emprunt remonte au début de l’année dernière, suite à une pression sans précédent de son plus gros actionnaire. Mais cette décision a été prise contre la loi, et tous les membres du Conseil d’administration du Fonds, y compris la directrice générale Christine Lagarde, le savaient.

 

Tout d’abord, l’offre précédente du FMI d’étendre son crédit à l’Ukraine en 2014 n’était plus en vigueur. La raison en est très simple : l’emprunteur n’est pas solvable. On pouvait penser que cela aurait fermé le chapitre des relations du FMI avec son client. Cela avait été la réponse du FMI à de nombreux pays depuis des décennies. Mais quelque chose sans précédent s’est produit : ce client insolvable s’est vu offrir un nouveau contrat de prêt au printemps 2015, à des conditions beaucoup plus favorables que le précédent.

 

La deuxième difficulté, encore plus significative, est le fait que le fonds n’est pas autorisé à émettre des emprunts pour des raisons politiques. Les règles de cette organisation sont clairement écrites, noir sur blanc : les prêts ne sont pas octroyés à des pays en guerre. Il faudrait être aveugle pour nier le fait qu’une guerre sanglante faisait rage en Ukraine au printemps 2014. Toutefois, Mme Lagarde et d’autres fonctionnaires du FMI ont reçu l’ordre du plus gros actionnaire du fonds d’obéir aveuglément. Voilà l’environnement dans lequel ils ont pris leur décision au sujet d’un accord de prêt à l’Ukraine.

 

Le FMI a toujours été une institution politisée et un outil important de la politique étrangère américaine. Cependant, Washington et le fonds ont, tous deux, observé des normes minimales de bienséance, agissant selon les règles qui avaient été formellement approuvées par tous les membres de l’organisation. Parfois, ils ont essayé de changer ces règles pour mieux répondre à leurs besoins, mais ils l’ont fait dans le cadre des procédures existantes.

 

Aujourd’hui, aucun sens des convenances n’a prévalu. Un accord de prêt de $3 milliards, signé en décembre 2013, entre la Russie et l’Ukraine a expiré en fin d’année dernière. Selon les termes du prêt, la Russie utilisait l’actif de son propre Fonds national de santé pour acheter des obligations en euros émises par le Trésor de l’État ukrainien. Bien avant la date d’échéance, le gouvernement ukrainien – aiguillonné par Washington – a commencé à annoncer que le prêt ne serait pas remboursé, exigeant que Moscou restructure la dette de la même manière que Kiev avait réussi à restructurer d’autres dettes étrangères en Euro Bonds au cours de l’été 2015.

 

Mais cette restructuration de la dette en Euro Bonds concernait des titres achetés par des investisseurs privés. La Russie est dans une catégorie différente. La dette de Kiev à Moscou, pour $3 milliards, est un exemple classique de dette souveraine. Kiev répugne à l’admettre, en essayant d’assimiler celle-ci à une dette due aux détenteurs privés d’obligations en euros. Le FMI prétendait que le différend entre Moscou et Kiev ne le concernait pas.

 

Mais en même temps, Christine Lagarde et d’autres responsables du fonds étaient bien conscients que ce problème de la dette pourrait avoir un impact sérieux sur l’avenir de l’institution financière internationale. Après tout, un refus catégorique de remboursement, de la part de Kiev, pour une dette à Moscou signifierait un défaut complet. Arrivé à ce point, le programme entier pour ressusciter l’économie ukrainienne, grâce à l’accord sur le prêt le plus récent, serait sorti des rails. Et ce serait inacceptable, puisque le plus gros actionnaire insiste pour que le FMI soutienne le régime de Kiev sans condition.

 

Mais l’an dernier, le fonds a été obligé d’admettre que un plus un font deux, c’est à dire que la dette de l’Ukraine à la Russie est une dette souveraine. Sous la pression de Washington, le FMI a simultanément fait un pas supplémentaire. Il a apporté des changements révolutionnaires à ses règles de prêt, «juste pour l’Ukraine». Les nouvelles règles assurent qu’il est possible de continuer à étendre le crédit à un pays, même s’il fait complètement défaut sur sa dette souveraine. Cependant, une provision a été incluse disant que le prêt ne pourrait continuer que si le pays débiteur démontrait un «effort de bonne foi» pour parvenir à un accord avec son pays créancier.

 

Après cela, tout s’est déroulé sans accroc. En décembre 2015, Kiev a officiellement déclaré qu’il ne paierait pas sa dette à la Russie. Cela signifie un défaut complet sur sa dette souveraine. Mais personne au FMI n’a noté que cela était arrivé ! Même les agences de notation mondiales – qui ajustent généralement leurs évaluations chaque fois qu’un pays débiteur éternue – «n’ont pas remarqué».

 

Et Kiev a commencé à se comporter avec une audace sans précédent une fois qu’elle se sentait en toute sécurité sous l’aile de l’Oncle Sam, en clamant que la dette à la Russie ne serait jamais remboursée. Il n’y eut même aucune tentative de fabriquer l’apparence que la nation débitrice agissait de «bonne foi» pour résoudre ses problèmes de dette avec le pays créancier. Moscou a porté la question de la dette de l’Ukraine devant un tribunal international, mais il semble que ce dernier va prendre tout son temps pour se prononcer sur la question.

 

Il ne serait pas exagéré de dire qu’il y a eu une révolution dans la finance mondiale à la fin de 2015. Au fil du temps, elle va envoyer une puissante vague de chaos dans le système financier mondial. Ce système a été privé des règles et des lignes directrices les plus rudimentaires qui avaient auparavant sauvegardé les marchés mondiaux en évitant l’entropie des finances.

 

La vie n’a pas été facile l’année dernière pour Christine Lagarde, la directrice général du fonds. Elle est bien consciente que le nihilisme qui prospère actuellement au FMI pourrait mal finir pour cette institution. Elle a résisté à la pression de son plus gros actionnaire comme elle le pouvait, mais l’Oncle Sam a eu recours à des moyens de pression éprouvés sur les fonctionnaires publics.

 

L’an dernier, un tribunal français a commencé à enquêter de façon inattendue sur Mme Lagarde pour d’éventuels abus de pouvoir alors qu’elle était ministre française des Finances. Cependant la poussière est vite retombée sur cet épisode juridique, signalant que la directrice générale du FMI a succombé aux «arguments» avancés par son plus gros actionnaire.

 

Pendant quelques mois, Lagarde a traîné les pieds comme elle pouvait, en essayant d’éviter le cauchemar qui s’est néanmoins produit le 14 septembre à la réunion du conseil d’administration du FMI. La raison pour laquelle, la décision de fournir à l’Ukraine le prochain versement du prêt était reportée continuellement, n’est pas parce que Kiev «ne remplit pas» quelques conditions – ce pays n’est pas en mesure de remplir quoi que ce soit – il s’agissait seulement d’un peu de théâtre chorégraphié par Mme Lagarde. Mais finalement le metteur en scène – Oncle Sam – est intervenu et a dit à la bureaucrate d’arrêter de foutre la merde. Oncle Sam se moque de la «reprise économique» de l’Ukraine, mais les États-Unis ont besoin de ce pays – sous son régime actuel – comme un outil pour continuer à mettre la pression sur la Russie. Donc, la contrainte politique et militaire n’est pas suffisante, il faut y ajouter la financière. Le FMI est essentiel pour arriver à ces fins.

 

Le récent comportement irresponsable de Washington envers le FMI rappelle Érostrate – le pyromane légendaire de la Grèce antique – mettant le feu au temple d’Artémis. Pendant sept décennies, le fonds a été un outil utile de politique étrangère pour les États-Unis, mais maintenant ces jours heureux s’achèvent pour Washington. La grande majorité des membres du FMI en a marre de la mainmise de l’Amérique. Et finalement le mécontentement a conduit au début du processus de réforme du fonds, surtout en ce qui concerne la révision des quotas de parts de capital et des voix attribuées à ses pays membres. Dans un proche avenir cela pourrait entraîner une perte de la participation majoritaire des États-Unis dans le capital et le pouvoir de vote du FMI. Ce n’est pas ce genre de FMI dont Oncle Sam a besoin.

 

Ce n’est pas la Russie qui a pris le plus gros coup lors de la session de vote du 14 septembre au conseil d’administration du FMI. La principale victime est le fonds lui-même. Ainsi que le système financier global qui a évolué au cours des sept décennies depuis la Seconde Guerre Mondiale.

 

Valentin Katasonov

 

Article original en anglais : A Momentous Decision About Ukraine: The Suicide of the IMF, Strategic Culture Foundation, 21 septembre 2016

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

source : http://www.mondialisation.ca/suicide-du-fmi-en-ukraine-une-decision-memorable/5547950

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