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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 17:33

Chers amis et lecteurs, ce texte qui vous est proposé aujourd'hui, est totalement ouvert à vos observations et critiques constructives, à savoir qu'il est là simplement pour entamer un débat et la futur rédaction d'un projet de proposition au BN du Parti de Gauche, à vos plumes et merci de votre contribution. 

 

Si vous avez d'autres idées à soumettre n'hésitez pas.

 

Merci de commenter ci-dessous.

 

Denis

 

Pour une nouvelle constitution

 

PROPOSITION POUR UNE CONSTITUANTE CITOYENNE & POPULAIRE

 

Mise en garde sur la rédaction de ce texte : le terme «constituant» est utilisé au masculin bien que la parité soit parfaite par mesure de facilité et de lisibilité, le rédacteur prie les lectrices de l’en excuser.

 

Mise en garde sur le fond de la proposition : bien que cette nouvelle constitution se veuille populaire et citoyenne, nous devons prendre en considération le fait que le peuple de France n’a plus d’engouement pour la chose politique de manière générale, ce sera un de nos chantiers que de le lui redonner et de le motiver à s’y intéresser de nouveau en masse, c'est dans cet esprit que le mouvement "m6R" à vu le jour.

 

 

Une révolution, qu’elle soit citoyenne ou autre n’est pas un instant T, c’est le déroulement d’une série d’actions qui change et transforme les usages et les lois, le temps de la révolution accompagne celui de la constituante et réciproquement.

 

Précisons un exemple de méthode et de démarche de la mise en place d’une nouvelle constitution d'où émanera la VI° République.

 

L’instant constituant, est l’aboutissement d’une prise de pouvoir par les urnes ou de manière révolutionnaire.

Cette prise de pouvoir peut s’opérer de 3 manière différentes, soit par les urnes lors d’un référendum constituant décidé par l’actuel Président de cette 5° république, décision aujourd’hui probablement hypothétique, soit par la dissolution du Gouvernement et des Parlements imposée par la rue à travers une insurrection révolutionnaire, amennant ainsi les représentants des insurgés à la responsabilité de la création d’un gouvernement provisoire et celle d'une assemblée constituante, soit en dernière solution par l’élection au suffrage universel tel que défini dans la 5° république lors des prochaines élections présidentielle à savoir 2017.

 

Ayant pris la direction des affaires de la France, le gouvernement provisoire aura pour première mission l’organisation de l’élection d’une assemblée constituante en remplacement des Parlements, Assemblée Nationale et Sénat devenant assemblée constituante pour l'AN et assemblée de contrôle pour le Sénat.

Cette assemblée constituante sera élue par le peuple, dans le peuple pour la totalité des représentants élus par le peuple.

Les constituants seront au nombre de 416 représentants (chiffres n'étant donné qu'à titre d'exemple), ces représentants devront n’avoir jamais été élus, ils n’auront qu’un mandat unique et non renouvelable, ils seront répartis, pour moitié à L’Assemblée Nationale (208), l’autre moitié au Sénat (208), le Sénat devenant par la même occasion chambre de contrôle des délibérations de l’Assemblée Nationale. Les partis politiques, les syndicats et les organisations représentatives seront consultées avant chaque proposition de vote faite au peuple, leurs avis resteront consultatifs, ils pourront cependant trouver solution lors de l’élaboration des futures lois.

 

Le temps constituant est le temps nécessaire à l’élaboration de la nouvelle constitution, la constitution de la VI° république contrairement aux précédentes ne sera pas soumise au vote dans son ensemble, mais sera portée à l’approbation du peuple par référendum, au fur et à mesure et paquet par paquet, chaque article devra d’abord être approuvé par vote de l’assemblée constituante, à la majorité des 4/5 dans chaque chambre (AN & Sénat), avant d’être soumis au vote du peuple qui aura obligation de vote*, l’approbation ou le rejet de l’article soumis au vote du peuple devra se faire à la majorité des 2/3, les bulletin blancs seront pris en considération dans le calcul des résultats, atteignant 1/3 des votants ceux-ci porteront rejet de la proposition. Après 3 rejets consécutifs du même article modifié, celui-ci sera abandonné en tant que tel et deviendra de fait une proposition de loi ultérieure à la constitution.

 

La constitution ne sera applicable qu’à dater de sa parution au journal officiel après enregistrement par l’Assemblée constituante représentée par ses deux présidents de chambre, celle de l’Assemblée Nationale et celle du Sénat. Ce temps constituant pouvant s’étaler sur une période de plusieurs mois, c’est la constitution précédente qui sera appliquée, pendant ce temps, après révision faite de certains articles, modifications étant préalablement actées dans le programme de gouvernement  provisoire, programme recadré et confirmé lors des derniers congrès des partis politiques et associations le portant.

 

Les constituants, sont les représentants du peuple, ils sont responsables devant lui de la rédaction des textes de la constitution de la VI° république, c’est le peuple qui déterminera sa conception, elle se devra de respecter la volonté initiale des premiers révolutionnaires à savoir la devise inaliénable de la France - liberté , égalité , fraternité - en prenant comme principe fondamental à sa rédaction l’humanisme universel.

 

Les constituants populaires présents dans les assemblées seront au nombre de 416 (ceci n'étant qu'un chiffre indicatif), ils seront tirés au sort parmi les constituants régionaux, les constituants populaires régionaux seront tirés au sort parmi les 81 060 élu(e)s des cantons à raison de 20 élu(e)s populaires par canton sur 4053 cantons que compte la France, départements d’outremer compris, ceci se réalisant à parité parfaite. Un second tirage au sort désignera les suppléants.

 

Bien que cela soit une obligation civique, à l’égal du tirage au sort des jurés d’assises, chaque constituant populaire peut se démettre ou refuser la charge pour cause réelle et sincère, son suppléant prenant la charge, alors un tirage au sort sera de nouveau réalisé pour désigner un nouveau suppléant.

 

Toute citoyenne et tout citoyen est apte à être élu(e) à partir de sa majorité légale, la limite d’âge sera fonction des capacités physiques et de santé, il leur appartient de s'inscrire en mairie sur la liste des postulants à être constituant. Notons que le carriérisme politique disparaitra d’office dans la mesure où la règle de : 1 homme, 1 mandat non renouvelable au même siège, sera appliquée, seul un changement de mandat étant possible.     

 

La révision des codes législatifs, ils sont au nombre de 74. La révision des codes sera faite, une fois la constitution appliquée, par l’assemblée constituante elle-même, ces codes sont de différente importance mais tous sont à revoir dans le contexte d’un changement radical de système (abandon de la propriété lucrative).

 

Aucune citoyenne et aucun citoyen français ne doit se sentir lésé(e) dans la mesure où ils/elles peuvent faire partie des assemblées citoyennes et populaires locales, dans chaque village, dans chaque quartier ; ces assemblées citoyennes Locales seront le ferment d’où remonteront les discussions et propositions de lois qui seront débattues à l’Assemblée Constituante, il s’agit bien de faire participer l’ensemble de la population qui désire s’en mêler.

 

La charge du mandat, que chaque constituant devra tenir au titre de sa citoyenneté, sera indemnisée au niveau de ses revenus antérieurs, le minimum d’indemnisation sera égal à 3,5 fois le SMIC, les frais d’hébergements, de vie et de transport seront pris en charges dans leur totalité ; une avance sera faite, dès le début du mandat, équivalente à 4 mois de revenus, le versement se fera chaque 1er du mois durant 4 mois, ceci permettant de ne pas troubler l’organisation pécuniaire des constituants, le mandat sera effectif 3 mois après sa signification au constituant ; les constituants régionaux resteront à la disposition, en réserve d’appel à participation, ils seront indemnisés en conséquence. Bien évidemment cette proposition de rémunération est totalement discutable.

 

 

* l’obligation de vote pour l’ensemble des citoyennes et citoyens majeurs sera constitutionnelle, le refus de vote entraînera amende et pourra en cas de récidive entraîner la perte des droits civiques. Cette disposition légale est conforme au fait qu’ayant des droits le citoyen a aussi des devoirs et obligations.

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 14:44

Je vais m’inspirer de mes premières amours politiques pour définir et expliquer ce que doit être un front des masses prolétaires et bien évidemment tendre à devenir populaire (aimé,reconnu) ; cela remonte aux années 1965/66, il s’agit du mouvement PO initié par la LICR, parlant à l’époque d’un front unique, il avait une signification bien réelle et cela a permis de préparer Mai 68, auquel je suis fier d’avoir participé, je le suis beaucoup moins de ce qu’il en est advenu…

 

Partons du postulat qu’aujourd’hui la lutte des classes est plus que jamais d’actualité.

 

Avant toute chose, Qu’est-ce qu’un front ?

 

C’est une succession d’accords visant des actions délimitées, pratiques et communes que le parti révolutionnaire propose ( je me place ici dans la situation où le Parti de Gauche se dit révolutionnaire), ou met en place avec d’autres organisations liées au prolétariat, sur d’autres classes exploitées ou sur ceux qui souffrent de l’oppression nationale tel que la xénophobie, le racisme par exemple, ou sociale concernant les handicapés, les personnes âgées, les démunis, etc.

 

Les principes qui le gouvernent peuvent être résumés par la métaphore militaire "Marcher séparément, frapper ensemble". Cela veut dire tout à la fois l’indépendance politique et organisationnelle des forces révolutionnaires prolétariennes, et l’unité d’action contre un ennemi commun.

 

Ces principes gouvernent les rapports entre l’avant-garde révolutionnaire, que doit être le Parti de Gauche, et les autres organisations des exploités et des opprimés dans le combat contre le système capitaliste, l’oligarchie financière néolibérale et contre toutes les formes de réaction, notamment fascistoïdes. Ces principes s’appliquent à divers domaines, d’abord le front des masses prolétaires, dont l’objectif est de créer l’unité de classe et l’indépendance lors des combats concrets contre la bourgeoisie, et ses valets, représentée par les partis ne s’identifiant ni à la gauche radicale, ni à un mouvement révolutionnaire ; et une alliance ou bloc avec des classes opprimées prolétariennes ou non lors des mouvements de grèves afin de tendre à rendre ces grèves inéluctables contre le système et un patronnat affameur et traître à la France.

 

Le FMP, bloc ou alliance peut passer par les phases suivantes : un appel, suivi de négociations entre organisations, suivi d’un accord, puis sa mise en application et enfin sa rupture ou dissolution. Ce n’est que dans une minorité de cas qu’il connaîtra toutes ces phases.

 

 

FMP, action coïncidente et bloc militaire

 

Le FMP doit pourtant être bien distingué des actions purement épisodiques (périodes électorales) et coïncidentes (mouvements de grèves), où peuvent exister des accords sur un objectif commun immédiat ou des tactiques coordonnées.

 

Le Front des masses Prolétaires doit être fait entre des organisations avec lesquelles il est justifié que le prolétariat révolutionnaire conclue des accords temporaires pour l’action commune.

 

Pourtant, dans d’autres circonstances, un bloc militaire - par exemple, la formation d’une milice ouvrière anti-fasciste - pourrait avoir clairement un caractère de front prolétaire. Qu’un tel bloc soit d’abord militaire n’est pas une question décisive puisque la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. La question clef est plutôt : à quoi sert le bloc et avec qui sera-t-il fait ?

 

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique de FMP, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le parti révolutionnaire - PG - et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, aucune forme de front ne constitue un élément permanent de la stratégie du PG. Le FMP n’est pas une stratégie mais une tactique. En fait, c’est une série de tactiques au sein de la stratégie d’ensemble du prolétariat dont le PG doit être le représentant politique et le créateur de solutions.

 

En poursuivant une forme donnée du FMP, les révolutionnaires doivent avoir les yeux fixés sur la stratégie suivante : la prise du pouvoir par des conseils prolétaires, par des milices ouvrières, et l’établissement d’une société humaniste à caractère universaliste au travers de la révolution prolétarienne, citoyenne et démocratique de «l’humain d’abord».

 

Afin de réaliser cette stratégie en pratique, un parti révolutionnaire humaniste indépendant est une nécessité absolue. Seul un tel parti peut exprimer une indépendance de classe totale vis-à-vis de la bourgeoisie, et diriger le prolétariat dans le combat pour établir enfin la démocratie dans son sens plein et entier.

 

Pour y arriver, il faut transformer des noyaux révolutionnaires, au début assez petits, en partis de masse qui ont gagné la confiance des couches les plus larges des masses exploitées, et ceci par l’exemple et la démonstration. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des travailleurs français soutient des organisations non-révolutionnaires (UMPS), voire contre-révolutionnaires (FN). Les révolutionnaires doivent, plus que jamais, dévoiler la nature de ces organisations, et faire en sorte qu’elles ne dirigent plus le prolétariat et les opprimés.

 

 

L’importance de l’unité d’action

 

Evidemment, la seule dénonciation propagandiste de leurs erreurs et de leurs crimes ne suffira pas. Ce serait trop facile. Il faut démontrer dans la pratique que les organisations dirigées par les réformistes, voire les centristes, les néolibéraux, les fascistes ne peuvent pas combattre de façon adéquate pour les intérêts de la classe ouvrière et prolétarienne.

 

Le parti révolutionnaire humaniste doit se servir d’une gamme de tactiques qui démontrent aux masses, lors de la lutte de classe, qu’il est le seul parti actuel, apte et conséquent. A son tour, le parti doit apprendre à diriger les luttes actuelles de masse, à montrer sa capacité à être une direction de rechange.

 

Il doit donc montrer à la fois son initiative indépendante et sa capacité à coordonner ses forces loyalement avec d’autres organisations et partis ouvriers. La masse de la classe ouvrière, qui n’est pas encore convaincue de la nécessité d’une direction révolutionnaire, doit apprendre à faire confiance aux humanistes lors des combats quotidiens, et à les comparer aux dirigeants en place, complètement pourris par la finance, et qui se noyent dans les affaires de frics et de magouilles les unes derrières les autres, et quelle que soit leur étiquette politique.

 

 

C’est là le rôle vital de la tactique de front

dans la construction d’un parti révolutionnaire.

 

Ainsi, l’acquis durable d’une politique correcte de front est d’exposer les limitations du réformisme, de l’anarchisme, du syndicalisme, du centrisme et des idéologies et programmes bourgeois et petit-bourgeois au sein de la classe ouvrière, et de montrer la possibilité de remplacer toutes les directions vacillantes et inconséquentes, par une direction démocratique et citoyenne, humaniste et révolutionnaire.

 

A chaque étape, une telle politique doit renforcer l’organisation révolutionnaire en favorisant un recrutement accru et l’établissement de racines profondes au sein des organisations de masse.

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique d’alliance en un front large et fort, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le PG et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme, et n’est plus l’exclusivité du lumpenprolétariat. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, le FMP n’est pas uniquement un moyen de construire le PG. Il constitue une tactique dans la lutte de classe dont le but est d’établir l’unité combative la plus large possible des masses exploitées et opprimées, malgré leur différenciation politique actuelle.

 

L’objectif de cette unité est de repousser les attaques des patrons et des gouvernements bourgeois néolibéraux et d’arracher de meilleures conditions économiques, sociales et politiques pour la classe ouvrière et ses alliés, de façon à se rapprocher de l’objectif du renversement du système capitaliste.

 

En ce sens, dès le début, le FMP surgit des besoins de la lutte de classe. Pour cette raison, les révolutionnaires ne font pas que répondre aux appels à l’action commune contre l’ennemi de classe ; ils sont les premiers à lancer de tels appels là où la lutte de classe exige l’unité d’action, le grand nombre et la force.

 

En conséquence, le front des masses prolétaires présuppose d’un côté le maintien d’une organisation révolutionnaire indépendante, basée sur un programme de revendications transitoires pour la prise du pouvoir et le renversement du capitalisme. Ce parti doit participer au FMP en tant que détachement indépendant et ne pas s’y dissoudre. De l’autre, la nécessité du front, et des alliances, présuppose l’existence de larges masses non-révolutionnaires, sous l’influence d’autres forces politiques.

 

C’est pourquoi le FMP ne peut pas être considéré comme une série d’actions ininterrompues, ayant le même partenaire et allant jusqu’à la prise du pouvoir. Son utilisation continue ne constitue qu’une série de tactiques dans le cadre de la stratégie globale du parti d’avant-garde qu’est le PG. Cette stratégie comprend nécessairement l’action indépendante du PG.

 

Sous des formes très diverses, le FMP se fait et se défait sans cesse. Nous l’avons observé avec l’expérience du FdeG. Il ne doit jamais se transformer en une subordination systématique de l’avant-garde révolutionnaire à une plate-forme limitée de revendications qui seraient acceptables pour les dirigeants non-révolutionnaires des organisations de masses tel que le PCF ou Ensemble. Une telle politique relèguerait le programme révolutionnaire à une propagande passive et limiterait l’agitation aux seules revendications immédiates ou, au mieux, à quelques revendications transitoires.

 

En fait le FMP constitue une unité différenciée. C’est une action commune pour des objectifs clairement délimités et prescrits ; il implique aussi la critique la plus claire de la part de ses partenaires. Sans le premier, les attaques capitalistes ne peuvent être repoussées, ni de nouveaux acquis arrachés. Sans le deuxième, les acquis ne peuvent être maintenus, et la révolution ne peut pas faire de progrès.

 

 

Deux erreurs jumelles : le gauchisme et l’opportunisme

 

Les erreurs dans l’application du Front de Gauche commencent lorsque cette alliance est remplacée par une identité formelle entre les tâches de l’organisation révolutionnaire et les besoins immédiats et limités de la classe ouvrière. Un exemple de ce genre d’erreurs, le gauchisme, qui commence toujours par opposer le programme révolutionnaire aux revendications actuelles et aux tâches de la classe ouvrière.

 

Pour le gauchiste, le front unique devient un ultimatum dont il ne souhaite que le rejet par les dirigeants réformistes et néolibéraux, croyant qu’une telle politique va "démasquer" ces derniers aux yeux des masses, grave erreur !

 

Or une telle procédure n’a qu’un caractère purement littéraire. Les dirigeants réformistes (les socialistes) ne sont jamais démasqués parce qu’ils refusent de mettre en œuvre une tactique ou une stratégie révolutionnaire, mais plutôt parce qu’ils refusent de combattre pour les intérêts immédiats des masses. Les sectaires évitent d’être testés sur le terrain de la lutte de classe, craignant d’être tentés par l’opportunisme.

 

Exemple inverse : l’opportunisme. Il ne part pas de la plate-forme de lutte, ni même d’une seule revendication découlant des besoins objectifs de la lutte de classe. Non, son point de départ est plutôt son estimation de la conscience actuelle des masses. Pire, les opportunistes basent souvent leur politique de front sur ce que les dirigeants non-révolutionnaires des masses sont supposés être prêts à accepter.

C’est le contraire des propositions avancées par les révolutionnaires en vue d’un front du prolétariat, qui, même si elles ne vont pas jusqu’à mettre en avant le "programme entier", iront au-delà des propositions timides des dirigeants réformistes, et même au-delà de la conscience générale des masses. Car l’objectif du FMP doit être de lier la conscience actuelle des masses (et notamment des sections avancées) aux tâches brûlantes de l’heure, dictées par la nature des attaques ou des faiblesses de l’ennemi.

 

Attention, le FMP n’est pas une stratégie, il n’existe pas de "programme de  FMP" allant, sans interruption, des combats actuels jusqu’à la prise du pouvoir.

 

Le PG avance les éléments de son programme qui apparaissent nécessaires pour unir des forces plus larges dans un combat concret. Ayant déterminé la nature de l’attaque et l’équilibre des forces de classe, l’organisation révolutionnaire soulève des revendications concrètes qui, prises ensemble, constituent une unité combative pour repousser l’attaque donnée ou arracher un nouvel acquis.

 

C’est pourquoi le caractère des revendications qui se trouvent au cœur du FMP ne peut être défini de manière schématique. Les revendications doivent être spécifiques, précises et éviter toute revendication artificielle ou accessoire, tout cadre idéologique, n’ayant pas de rapport avec l’accomplissement de l’objectif commun.

 

Toute proposition concrète de front devrait se limiter à un seul type de revendications, par exemple des revendications économiques immédiates, des revendications démocratiques, des revendications transitoires. Elle peut être proposée, ou faite, sur la base d’une série de revendications liées entre elles comme une série d’actions combinées afin de répondre à une crise donnée. Elle peut aussi se limiter à une seule revendication, une seule action - une grève générale - ou une campagne d’actions plus longue.

 

On peut critiquer de façon valable une proposition de front à partir du moment où une revendication essentielle a été exclue, à laquelle il aurait été possible de gagner les masses, et dont le refus par les dirigeants aurait permis de les démasquer. Mais l’absence d’une ou de plusieurs revendications révolutionnaires d’une plate-forme du FMP ne constitue pas une critique valable.

 

 

Le FMP peut varier en ce qui concerne sa forme et sa longévité, selon la nature de l’attaque. En tout cas, les revendications doivent être associées à des méthodes de lutte claires et précises (par exemple manifestations, grèves, groupes de défense, milices armées) et à des formes d’organisation (par exemple comités de grève, comités de mobilisation, conseils ouvriers). Les comités qui existent afin de coordonner une série d’actions diverses ou répétées sont des organisations de front actif, donc en ce sens, le FMP va au delà de l’action elle-même (par exemple une manifestation), car il implique aussi une préparation et une évaluation après coup.


 

IMPORTANT, TRÈS IMPORTANT !


Aucune alliance avec un parti bourgeois est admissible, jamais ! parce qu’aucune section de la bourgeoisie n’a de différence d’intérêt fondamental avec le reste de sa classe qui pourrait la conduire à être une alliée fiable et combative pour le prolétariat. Qui plus est, pour former une telle alliance elle poserait comme condition préalable que le prolétariat subordonne sa lutte de classe (pour les revendications immédiates et son combat pour le pouvoir) aux objectifs limités de l’alliance. Bref, une telle alliance serait un front populaire. Où est la différence ? Le front populaire est un bloc entre des forces bourgeoises et des organisations ouvrières par lequel ces dernières acceptent des programmes qui retiennent les travailleurs à l’intérieur des limites de la propriété privée et qui protègent l’Etat bourgeois.

 

Ce qui distingue un front des masses prolétaires d’un front populaire, ce n’est pas la participation en elle-même d’une force ouvertement bourgeoise ou petite-bourgeoise, mais plutôt la subordination politique du prolétariat à la plate-forme de la bourgeoisie. Un tel bloc peut être aussi dangereux lorsqu’il comprend une force bourgeoise très faible ("l’ombre de la bourgeoisie").

 

Les partis ouvriers qui ont appliqué ces pseudo "alliances" "en défense de la démocratie" ont tous fini par défendre la bourgeoisie et le capitalisme contre le prolétariat (par exemple en Espagne en 1936, au Chili en 1973). Aucun front populaire n’a jamais ouvert la voie au socialisme. Ils ont ouvert, au contraire, de façon répétée, la voie à la contre-révolution.

 

Nous exigeons donc des partis ouvriers et des syndicats dont les dirigeants ont suivi la voie de la collaboration de classe et du front populaire, qu’ils rompent avec les partis capitalistes, qu’ils défendent les droits ouvriers et qu’ils luttent pour le pouvoir ouvrier ; sinon ils seront considérés comme traîtres et ennemis des prolétaires.

 

 

Savoir mettre en place et continuer le FMP

 

La possibilité ou non d’un FMP donné ne dépend pas de l’histoire des autres partis faisant partie du bloc. 

 

En effet, la liberté de critiquer ses dirigeants à travers l’action commune est un principe essentiel du FMP. Une telle critique doit être dirigée aussi bien contre les vacillations des partenaires du bloc au moment de l’action commune, que contre leurs erreurs politiques plus larges. Il ne faut pas se limiter à une propagande commune, car cela conduirait à ce que des différences importantes - voire décisives - entre réforme et révolution soient mises de côté.

 

Le seul matériel commun autorisé sont des publications liées au front unique (par exemple les bulletins du comité de grève, des tracts appelant à une manifestation). L’équilibre exact entre l’action commune et la critique ne peut pas être avancé selon des formules toutes prêtes. Nous nous réservons le droit de critiquer nos partenaires avant, pendant et après l’action commune. Le moment et la façon dont nous exerçons ce droit dépend du jugement concret que nous faisons dans des circonstances données. Mais cette critique doit obligatoirement être faite.

 

Le FMP doit être orienté simultanément vers la base et la direction du bloc à convaincre. Je rejette l’idée du Front des Masses Prolétaire "à la base" comme un piège gauchiste voué à l’échec. Si les travailleurs pouvaient être convaincus de rompre avec leurs dirigeants par un tel appel direct et unilatéral, il n’y aurait aucunement besoin d’un front. En orientant l’appel au FMP vers les dirigeants, l’objectif est de les obliger à entrer en action.

 

A travers cette expérience, et non pas par des "révélations" déclamatoires, nous pouvons montrer aux masses que les limitations de leurs dirigeants sont fatales. Dans la grande majorité des cas, le FMP demeurera au stade d’une proposition, sans pouvoir se transformer en accord formel avec les dirigeants réformistes. Dans ces conditions, il restera au niveau d’une campagne d’agitation et de propagande populaire, orientée vers la base des organisations réformistes.

Parfois, le front "à la base", peut être nécessaire là où les dirigeants ont refusé d’agir avec les révolutionnaires. Alors, il est nécessaire de combiner les dénonciations des dirigeants avec des propositions d’action dirigées vers la base, dont l’objectif est qu’elles soient menées par une direction révolutionnaire. Néanmoins, même ici la tactique a pour but d’exercer une pression sur les dirigeants afin qu’ils mènent l’action qui, si elle réussit, ne pourra qu’entraîner encore plus de couches à agir.

 

 

Il faut savoir rompre un front ...

 

Rompre le front des masses prolétaires peut être aussi important que de le créer. Quand le front a rempli son objectif, que le but soit atteint ou non, il doit être redéfini ou rompu et il faut en tirer les leçons. C’est ce que nous sommes amenés à faire concernant le Front de Gauche.

 

Les circonstances suivantes pourraient nécessiter la rupture du front des masses prolétaires : quand le front n’est maintenu que sous la forme d’un exercice littéraire ou diplomatique et n’implique aucune obligation d’agir ; quand les partenaires du bloc sabotent ou minent les objectifs du front en refusant de le mettre en œuvre ou en passant des compromis avec l’ennemi de classe (PCF/PS) ; quand les partenaires du front refusent de prendre au sérieux l’extension du front des masses prolétaires à d’autres forces de masse et limitent le bloc à la taille d’une secte.

 

Mais en même temps, les révolutionnaires doivent tenter de maintenir l’unité d’action avec la direction de la base, établissant leur propre direction et gagnant à leurs rangs les meilleurs éléments des organisations non-révolutionnaires.

 

Ainsi donc, pour que le front des masses prolétaires soit admissible, il est essentiel de suivre les conseils ci-dessus. Toutefois, pris seuls, ils ne garantissent pas qu’il sera correct ou qu’il réussira. Seule une analyse concrète d’une situation concrète peut révéler quelle est la base correcte pour une proposition de front des masses prolétaires.

 

Il faut du leadership et de l’expérience, accumulés depuis des années d’intervention dans la lutte des classes, pour déterminer quelles propositions de front des prolétaires sont admissibles et nécessaires, et vers quelles forces il faut orienter ces revendications. Néanmoins, en comprenant l’objectif et les principes fondamentaux du front des masses prolétaires, les révolutionnaires peuvent éviter bien des erreurs élémentaires et inutiles.

 

 

Le Front des Masses Prolétaires

 

L’objectif du front des masses prolétaires est de créer le maximum d’unités d’action pour le prolétariat contre la bourgeoisie. Au cœur de cette tactique se trouve le besoin de l’indépendance de classe. Son principe fondamental est le défi lancé par l’organisation révolutionnaire aux dirigeants réformistes ou centristes des organisations ouvrières de masse ou d’une certaine taille: "Rompez avec la bourgeoisie !"

L’unité des travailleurs implique une rupture avec la bourgeoisie, son Etat et ses partis. Les principes du front des masses prolétaires sont ceux exposés ci-dessus, appliqués à la lutte de classe unie du prolétariat, qu’elle soit défensive ou offensive. Il peut être appliqué à la fois aux actions les plus limitées ou défensives, et à une offensive contre tout l’ordre bourgeois.

 

Dans les pays sous l’emprise du capitalisme, les partis bourgeois sont incapables d’effectuer des actions progressistes systématiques, et les révolutionnaires doivent s’opposer avec virulence à leur participation à des fronts communs avec les organisations ouvrières.

 

Le front des masses prolétaires ne peut être limité aux seuls syndicats comme le veulent les dits «partenaires sociaux». Il s’applique également - et encore plus lors d’une lutte aiguë - aux partis politiques qui se disent des partis ouvriers et qui organisent des secteurs importants du prolétariat. L’objectif est d’arracher les dirigeants réformistes aux chambres des députés, aux banquets et des réunions secrètes avec l’ennemi de classe, et de les obliger à conduire leur base dans la rue, sur les piquets de grève, voire, dans des conditions révolutionnaires, sur les barricades.

 

Le fait que ces dirigeants puissent être des agents assermentés de la bourgeoisie ne peut être considéré comme un argument empêchant que la proposition de front des masses prolétaires leur soit adressée. Ce qui est décisif, c’est que ces traîtres aient encore, sinon la confiance, du moins le contrôle des larges secteurs du prolétariat, et que le PG parti révolutionnaire n’ait pas encore gagné la confiance ou la direction organisée de ces masses.

 

Nous devons rejeter tout soutien à un gouvernement des partis ouvriers réformistes et des partis de la bourgeoisie, une coalition de "gauche" ou un front populaire. Si un pseudo-front des gauches est organisé ou un front populaire est formé entre les organisations ouvrières de masse et les partis bourgeois, les révolutionnaires doivent développer des tactiques afin de chasser ces partis en démontrant aux travailleurs qu’ils ne peuvent pas mener un combat de masse, qu’ils bloquent et trahissent de tels combats, et que les dirigeants réformistes mettent sans cesse en avant la "nécessité" de conserver leur soutien pour freiner les luttes.

 

La tactique de front des masses prolétaires nécessite aussi de revendiquer que les partis réformistes rompent avec la bourgeoisie et luttent pour une nouvelle constitution, celle de la 6è république faite par et pour les citoyens prolétaires. Lors de crise politique aiguë, ce slogan peut devenir la revendication principale de l’heure, elle le fut déjà, mais, hélas, sans réussite notoire.

 

 

Front des masses prolétaires et gouvernement des prolétaires

 

Qu’est-ce qu’un véritable gouvernement des prolétaires ? C’est un gouvernement qui prend des mesures décisives pour désarmer la bourgeoisie et armer les travailleurs ; qui aide les travailleurs dans leur lutte afin de saisir les principaux bastions du pouvoir capitaliste - les banques et les principaux monopoles industriels. Evidemment, de telles mesures ne peuvent pas être mises en œuvre sur le terrain de la politique électorale et parlementaire.

 

Aux travailleurs réformistes qui ont des illusions dans le parlementarisme, nous disons :

"Mettez vos partis au pouvoir, obligez-les à prendre de telles mesures, mais organisez la mobilisation de vos syndicats et de vos partis afin de vous préparer à l’inévitable déclaration de guerre civile que ne manquera pas de lancer la bourgeoisie si vos dirigeants prennent des mesures sérieuses menaçant la propriété industrielle,commerciale et de service privé. Nous soutiendrons de façon critique la victoire électorale de vos partis et nous les défendrons contre une attaque bourgeoise."

 

Aux travailleurs centristes qui croient que la combinaison d’une victoire parlementaire et d’une mobilisation de masse indépendante sera suffisante, nous disons :

"Il serait suicidaire de lier les actions de masse de la classe ouvrière aux échéances électorales, de respecter les majorités et les minorités, de refuser d’attaquer les forces armées au nom du respect de la constitution."

 

Un "gouvernement des prolétaires" qui ne gagne pas, dans un premier temps, les militaires à sa cause et qui ne prend pas les commandements des mains des officiers, qui ne crée pas une milice ouvrière et qui ne dissout pas la police, est condamné à mort.

 

Un tel gouvernement doit être basé sur des conseils prolétaires de commune, ainsi que sur des milices d’ouvriers, d’employés et de jeunes retraités. Il doit attaquer et désarmer immédiatement la bourgeoisie en tant que classe. Il doit imposer le contrôle sur la gestion de l’économie et sur tous les outils de production et permettre la critique totale de l’action gouvernementale par les conseils de commune ; le PG parti révolutionnaire, moteur de la révolution aura en responsabilité la coordination, l’encadrement opérationnel des actions, jamais il n’en sera l’ordonnateur, seulement le contrôleur.

Bref, un tel gouvernement sera un gouvernement de prolétaires révolutionnaires, une forme de gouvernement transitoire vers la démocratie humaniste au service du prolétariat et de la population, qui aura pour tâche essentielle le renversement de l’oligarchie financière et du système capitaliste afin d’instaurer une démocratie humaniste et universaliste.

 

 

En conclusion : des comités de grèves aux conseils communaux prolétaires

 

Dernier élément du front des masses prolétaires : la création des organisations de base de la classe ouvrière. Quand des grèves éclatent, nous devons exiger la création de comités de grève de la base, à travers lesquels les masses peuvent contrôler l’orientation de leurs luttes et empêcher les trahisons bureaucratiques. Pendant les moments de lutte de classe intense, les révolutionnaires doivent développer des organisations plus larges, plus combatives et plus démocratiques : les conseils ouvriers.

 

Dans ces instances, nous combattrons pour que les représentants soient élus et révocables par des assemblées de masse. Les conseils prolétaires de commune doivent être construits partout dans le pays, mais coordonnés au niveau départemental,régional et national. Ils doivent avoir pour objectif de s’armer et de gagner les militaires à leur cause.

 

De cette façon, le front des masses prolétaires joue son rôle à chaque niveau de la lutte révolutionnaire : du travail syndical, en passant par des mouvements de grève jusqu’à l’organisation des travailleurs pour qu’ils exercent leur propre pouvoir sur toute la société.

 

L’application flexible et correcte de cette tactique fournit une arme puissante au service des masses. A un moment ou un autre, les révolutionnaires qui n’apprennent pas comment s’en servir vont se tromper profondément, menant ainsi tous ceux qui les suivent vers l’échec. L’enjeu est de taille. Nous n’avons aucune échéance devant nous, mais les pauvres, les prolétaires eux sont fatigués et pressés, nous nous devons donc d’agir dans les meilleurs délais afin d’abréger leurs souffrances depuis trop longtemps déjà endurées.

 

Deux définitions qu’il faut garder sans cesse en tête :

- prolétaire : classe sociale constituée par les gens ne vivant que du revenu de leur travail ou emploi.

- peuple : ensemble de tous les citoyens composant un état, le bourgeois fait parti du peuple à l’égal du rentier, tout comme le sdf ; ces gens n’ont à voir ensemble que le fait d’être le peuple français.

 

 

En avant camarades !…

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 00:20

Suite de lapremière partie

 

Aucune alliance avec un parti bourgeois est admissible, jamais ! parce qu’aucune section de la bourgeoisie n’a de différence d’intérêt fondamental avec le reste de sa classe qui pourrait la conduire à être une alliée fiable et combative pour le prolétariat. Qui plus est, pour former une telle alliance elle poserait comme condition préalable que le prolétariat subordonne sa lutte de classe (pour les revendications immédiates et son combat pour le pouvoir) aux objectifs limités de l’alliance. Bref, une telle alliance serait un front populaire. Où est la différence ? Le front populaire est un bloc entre des forces bourgeoises et des organisations ouvrières par lequel ces dernières acceptent des programmes qui retiennent les travailleurs à l’intérieur des limites de la propriété privée et qui protègent l’Etat bourgeois.

 

Ce qui distingue un front des masses prolétaires d’un front populaire, ce n’est pas la participation en elle-même d’une force ouvertement bourgeoise ou petite-bourgeoise, mais plutôt la subordination politique du prolétariat à la plate-forme de la bourgeoisie. Un tel bloc peut être aussi dangereux lorsqu’il comprend une force bourgeoise très faible ("l’ombre de la bourgeoisie").

 

Les partis ouvriers qui ont appliqué ces pseudo "alliances" "en défense de la démocratie" ont tous fini par défendre la bourgeoisie et le capitalisme contre le prolétariat (par exemple en Espagne en 1936, au Chili en 1973). Aucun front populaire n’a jamais ouvert la voie au socialisme. Ils ont ouvert, au contraire, de façon répétée, la voie à la contre-révolution.

 

Nous exigeons donc des partis ouvriers et des syndicats dont les dirigeants ont suivi la voie de la collaboration de classe et du front populaire, qu’ils rompent avec les partis capitalistes, qu’ils défendent les droits ouvriers et qu’ils luttent pour le pouvoir ouvrier.

 

 

Savoir mettre en place et continuer le FMP

 

La possibilité ou non d’un FMP donné ne dépend pas de l’histoire des autres partis faisant partie du bloc. 

 

En effet, la liberté de critiquer ses dirigeants à travers l’action commune est un principe essentiel du FMP. Une telle critique doit être dirigée aussi bien contre les vacillations des partenaires du bloc au moment de l’action commune, que contre leurs erreurs politiques plus larges. Il ne faut pas se limiter à une propagande commune, car cela conduirait à ce que des différences importantes - voire décisives - entre réforme et révolution soient mises de côté.

 

Le seul matériel commun autorisé sont des publications liées au front unique (par exemple les bulletins du comité de grève, des tracts appelant à une manifestation). L’équilibre exact entre l’action commune et la critique ne peut pas être avancé selon des formules toutes prêtes. Nous nous réservons le droit de critiquer nos partenaires avant, pendant et après l’action commune. Le moment et la façon dont nous exerçons ce droit dépend du jugement concret que nous faisons dans des circonstances données. Mais cette critique doit obligatoirement être faite.

 

Le FMP doit être orienté simultanément vers la base et la direction du bloc à convaincre. Je rejette l’idée du Front des Masses Prolétaire "à la base" comme un piège gauchiste voué à l’échec. Si les travailleurs pouvaient être convaincus de rompre avec leurs dirigeants par un tel appel direct et unilatéral, il n’y aurait aucunement besoin d’un front. En orientant l’appel au FMP vers les dirigeants, l’objectif est de les obliger à entrer en action.

 

A travers cette expérience, et non pas par des "révélations" déclamatoires, nous pouvons montrer aux masses que les limitations de leurs dirigeants sont fatales. Dans la grande majorité des cas, le FMP demeurera au stade d’une proposition, sans pouvoir se transformer en accord formel avec les dirigeants réformistes. Dans ces conditions, il restera au niveau d’une campagne d’agitation et de propagande populaire, orientée vers la base des organisations réformistes.

Parfois, le front "à la base", peut être nécessaire là où les dirigeants ont refusé d’agir avec les révolutionnaires. Alors, il est nécessaire de combiner les dénonciations des dirigeants avec des propositions d’action dirigées vers la base, dont l’objectif est qu’elles soient menées par une direction révolutionnaire. Néanmoins, même ici la tactique a pour but d’exercer une pression sur les dirigeants afin qu’ils mènent l’action qui, si elle réussit, ne pourra qu’entraîner encore plus de couches à agir.

 

 

Il faut savoir rompre un front ...

 

Rompre le front des masses prolétaires peut être aussi important que de le créer. Quand le front a rempli son objectif, que le but soit atteint ou non, il doit être redéfini ou rompu et il faut en tirer les leçons. C’est ce que nous sommes amenés à faire concernant le Front de Gauche.

 

Les circonstances suivantes pourraient nécessiter la rupture du front des masses prolétaires : quand le front n’est maintenu que sous la forme d’un exercice littéraire ou diplomatique et n’implique aucune obligation d’agir ; quand les partenaires du bloc sabotent ou minent les objectifs du front en refusant de le mettre en œuvre ou en passant des compromis avec l’ennemi de classe (PCF/PS) ; quand les partenaires du front refusent de prendre au sérieux l’extension du front des masses prolétaires à d’autres forces de masse et limitent le bloc à la taille d’une secte.

 

Mais en même temps, les révolutionnaires doivent tenter de maintenir l’unité d’action avec la direction de la base, établissant leur propre direction et gagnant à leurs rangs les meilleurs éléments des organisations non-révolutionnaires.

 

Ainsi donc, pour que le front des masses prolétaires soit admissible, il est essentiel de suivre les conseils ci-dessus. Toutefois, pris seuls, ils ne garantissent pas qu’il sera correct ou qu’il réussira. Seule une analyse concrète d’une situation concrète peut révéler quelle est la base correcte pour une proposition de front des masses prolétaires.

 

Il faut du leadership et de l’expérience, accumulés depuis des années d’intervention dans la lutte des classes, pour déterminer quelles propositions de front des prolétaires sont admissibles et nécessaires, et vers quelles forces il faut orienter ces revendications. Néanmoins, en comprenant l’objectif et les principes fondamentaux du front des masses prolétaires, les révolutionnaires peuvent éviter bien des erreurs élémentaires et inutiles.

 

 

Le Front des Masses Prolétaires

 

L’objectif du front des masses prolétaires est de créer le maximum d’unités d’action pour le prolétariat contre la bourgeoisie. Au cœur de cette tactique se trouve le besoin de l’indépendance de classe. Son principe fondamental est le défi lancé par l’organisation révolutionnaire aux dirigeants réformistes ou centristes des organisations ouvrières de masse ou d’une certaine taille: "Rompez avec la bourgeoisie !"

L’unité des travailleurs implique une rupture avec la bourgeoisie, son Etat et ses partis. Les principes du front des masses prolétaires sont ceux exposés ci-dessus, appliqués à la lutte de classe unie du prolétariat, qu’elle soit défensive ou offensive. Il peut être appliqué à la fois aux actions les plus limitées ou défensives, et à une offensive contre tout l’ordre bourgeois.

 

Dans les pays sous l’emprise du capitalisme, les partis bourgeois sont incapables d’effectuer des actions progressistes systématiques, et les révolutionnaires doivent s’opposer avec virulence à leur participation à des fronts communs avec les organisations ouvrières.

 

Le front des masses prolétaires ne peut être limité aux seuls syndicats comme le veulent les dits «partenaires sociaux». Il s’applique également - et encore plus lors d’une lutte aiguë - aux partis politiques qui se disent des partis ouvriers et qui organisent des secteurs importants du prolétariat. L’objectif est d’arracher les dirigeants réformistes aux chambres des députés, aux banquets et des réunions secrètes avec l’ennemi de classe, et de les obliger à conduire leur base dans la rue, sur les piquets de grève, voire, dans des conditions révolutionnaires, sur les barricades.

 

Le fait que ces dirigeants puissent être des agents assermentés de la bourgeoisie ne peut être considéré comme un argument empêchant que la proposition de front des masses prolétaires leur soit adressée. Ce qui est décisif, c’est que ces traîtres aient encore, sinon la confiance, du moins le contrôle des larges secteurs du prolétariat, et que le PG parti révolutionnaire n’ait pas encore gagné la confiance ou la direction organisée de ces masses.

 

Nous devons rejeter tout soutien à un gouvernement des partis ouvriers réformistes et des partis de la bourgeoisie, une coalition de "gauche" ou un front populaire. Si un pseudo-front des gauches est organisé ou un front populaire est formé entre les organisations ouvrières de masse et les partis bourgeois, les révolutionnaires doivent développer des tactiques afin de chasser ces partis en démontrant aux travailleurs qu’ils ne peuvent pas mener un combat de masse, qu’ils bloquent et trahissent de tels combats, et que les dirigeants réformistes mettent sans cesse en avant la "nécessité" de conserver leur soutien pour freiner les luttes.

 

La tactique de front des masses prolétaires nécessite aussi de revendiquer que les partis réformistes rompent avec la bourgeoisie et luttent pour une nouvelle constitution, celle de la 6è république faite par et pour les citoyens prolétaires. Lors de crise politique aiguë, ce slogan peut devenir la revendication principale de l’heure, elle le fut déjà, mais, hélas, sans réussite notoire.

 

 

Front des masses prolétaires et gouvernement des prolétaires

 

Qu’est-ce qu’un véritable gouvernement des prolétaires ? C’est un gouvernement qui prend des mesures décisives pour désarmer la bourgeoisie et armer les travailleurs ; qui aide les travailleurs dans leur lutte afin de saisir les principaux bastions du pouvoir capitaliste - les banques et les principaux monopoles industriels. Evidemment, de telles mesures ne peuvent pas être mises en œuvre sur le terrain de la politique électorale et parlementaire.

 

Aux travailleurs réformistes qui ont des illusions dans le parlementarisme, nous disons :

"Mettez vos partis au pouvoir, obligez-les à prendre de telles mesures, mais organisez la mobilisation de vos syndicats et de vos partis afin de vous préparer à l’inévitable déclaration de guerre civile que ne manquera pas de lancer la bourgeoisie si vos dirigeants prennent des mesures sérieuses menaçant la propriété industrielle,commerciale et de service privé. Nous soutiendrons de façon critique la victoire électorale de vos partis et nous les défendrons contre une attaque bourgeoise."

 

Aux travailleurs centristes qui croient que la combinaison d’une victoire parlementaire et d’une mobilisation de masse indépendante sera suffisante, nous disons :

"Il serait suicidaire de lier les actions de masse de la classe ouvrière aux échéances électorales, de respecter les majorités et les minorités, de refuser d’attaquer les forces armées au nom du respect de la constitution."

 

Un "gouvernement des prolétaires" qui ne gagne pas, dans un premier temps, les militaires à sa cause et qui ne prend pas les commandements des mains des officiers, qui ne crée pas une milice ouvrière et qui ne dissout pas la police, est condamné à mort.

 

Un tel gouvernement doit être basé sur des conseils prolétaires de commune, ainsi que sur des milices d’ouvriers, d’employés et de jeunes retraités. Il doit attaquer et désarmer immédiatement la bourgeoisie en tant que classe. Il doit imposer le contrôle sur la gestion de l’économie et sur tous les outils de production et permettre la critique totale de l’action gouvernementale par les conseils de commune ; le PG parti révolutionnaire, moteur de la révolution aura en responsabilité la coordination, l’encadrement opérationnel des actions, jamais il n’en sera l’ordonnateur, seulement le contrôleur.

Bref, un tel gouvernement sera un gouvernement de prolétaires révolutionnaires, une forme de gouvernement transitoire vers la démocratie humaniste au service du prolétariat et de la population, qui aura pour tâche essentielle le renversement de l’oligarchie financière et du système capitaliste afin d’instaurer une démocratie humaniste et universaliste.

 

 

En conclusion : des comités de grèves aux conseils communaux prolétaires

 

Dernier élément du front des masses prolétaires : la création des organisations de base de la classe ouvrière. Quand des grèves éclatent, nous devons exiger la création de comités de grève de la base, à travers lesquels les masses peuvent contrôler l’orientation de leurs luttes et empêcher les trahisons bureaucratiques. Pendant les moments de lutte de classe intense, les révolutionnaires doivent développer des organisations plus larges, plus combatives et plus démocratiques : les conseils ouvriers.

 

Dans ces instances, nous combattrons pour que les représentants soient élus et révocables par des assemblées de masse. Les conseils prolétaires de commune doivent être construits partout dans le pays, mais coordonnés au niveau départemental,régional et national. Ils doivent avoir pour objectif de s’armer et de gagner les militaires à leur cause.

 

De cette façon, le front des masses prolétaires joue son rôle à chaque niveau de la lutte révolutionnaire : du travail syndical, en passant par des mouvements de grève jusqu’à l’organisation des travailleurs pour qu’ils exercent leur propre pouvoir sur toute la société.

 

L’application flexible et correcte de cette tactique fournit une arme puissante au service des masses. A un moment ou un autre, les révolutionnaires qui n’apprennent pas comment s’en servir vont se tromper profondément, menant ainsi tous ceux qui les suivent vers l’échec. L’enjeu est de taille. Nous n’avons aucune échéance devant nous, mais les pauvres, les prolétaires eux sont fatigués et pressés, nous nous devons donc d’agir dans les meilleurs délais afin d’abréger leurs souffrances depuis trop longtemps déjà endurées.

 

Deux définitions qu’il faut garder sans cesse en tête :

- prolétaire : classe sociale constituée par les gens ne vivant que du revenu de leur travail ou emploi.

- peuple : ensemble de tous les citoyens composant un état, le bourgeois fait parti du peuple à l’égal du rentier, tout comme le sdf ; ces gens n’ont à voir ensemble que le fait d’être le peuple français.

 

 

En avant camarades !…


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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 00:04

Je vais m’inspirer de mes premières amours politiques pour définir et expliquer ce que doit être un front des masses prolétaires et bien évidemment tendre à devenir populaire (aimé,reconnu) ; cela remonte aux années 1965/66, il s’agit du mouvement PO initié par la LICR, parlant à l’époque d’un front unique, il avait une signification bien réelle et cela a permis de préparer Mai 68, auquel je suis fier d’avoir participé, je le suis beaucoup moins de ce qu’il en est advenu…

 

Partons du postulat qu’aujourd’hui la lutte des classes est plus que jamais d’actualité.

 

Avant toute chose, Qu’est-ce qu’un front ?

 

C’est une succession d’accords visant des actions délimitées, pratiques et communes que le parti révolutionnaire propose ( je me place ici dans la situation où le Parti de Gauche se dit révolutionnaire), ou met en place avec d’autres organisations liées au prolétariat, sur d’autres classes exploitées ou sur ceux qui souffrent de l’oppression nationale tel que la xénophobie, le racisme par exemple, ou sociale concernant les handicapés, les personnes âgées, les démunis, etc.

 

Les principes qui le gouvernent peuvent être résumés par la métaphore militaire "Marcher séparément, frapper ensemble". Cela veut dire tout à la fois l’indépendance politique et organisationnelle des forces révolutionnaires prolétariennes, et l’unité d’action contre un ennemi commun.

 

Ces principes gouvernent les rapports entre l’avant-garde révolutionnaire, que doit être le Parti de Gauche, et les autres organisations des exploités et des opprimés dans le combat contre le système capitaliste, l’oligarchie financière néolibérale et contre toutes les formes de réaction, notamment fascistoïdes. Ces principes s’appliquent à divers domaines, d’abord le front des masses prolétaires, dont l’objectif est de créer l’unité de classe et l’indépendance lors des combats concrets contre la bourgeoisie, et ses valets, représentée par les partis ne s’identifiant ni à la gauche radicale, ni à un mouvement révolutionnaire ; et une alliance ou bloc avec des classes opprimées prolétariennes ou non lors des mouvements de grèves afin de tendre à rendre ces grèves inéluctables contre le système et un patronnat affameur et traître à la France.

 

Le FMP, bloc ou alliance peut passer par les phases suivantes : un appel, suivi de négociations entre organisations, suivi d’un accord, puis sa mise en application et enfin sa rupture ou dissolution. Ce n’est que dans une minorité de cas qu’il connaîtra toutes ces phases.

 

 

FMP, action coïncidente et bloc militaire

 

Le FMP doit pourtant être bien distingué des actions purement épisodiques (périodes électorales) et coïncidentes (mouvements de grèves), où peuvent exister des accords sur un objectif commun immédiat ou des tactiques coordonnées.

 

Le Front des masses Prolétaires doit être fait entre des organisations avec lesquelles il est justifié que le prolétariat révolutionnaire conclue des accords temporaires pour l’action commune.

 

Pourtant, dans d’autres circonstances, un bloc militaire - par exemple, la formation d’une milice ouvrière anti-fasciste - pourrait avoir clairement un caractère de front prolétaire. Qu’un tel bloc soit d’abord militaire n’est pas une question décisive puisque la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. La question clef est plutôt : à quoi sert le bloc et avec qui sera-t-il fait ?

 

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique de FMP, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le parti révolutionnaire - PG - et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, aucune forme de front ne constitue un élément permanent de la stratégie du PG. Le FMP n’est pas une stratégie mais une tactique. En fait, c’est une série de tactiques au sein de la stratégie d’ensemble du prolétariat dont le PG doit être le représentant politique et le créateur de solutions.

 

En poursuivant une forme donnée du FMP, les révolutionnaires doivent avoir les yeux fixés sur la stratégie suivante : la prise du pouvoir par des conseils prolétaires, par des milices ouvrières, et l’établissement d’une société humaniste à caractère universaliste au travers de la révolution prolétarienne, citoyenne et démocratique de «l’humain d’abord».

 

Afin de réaliser cette stratégie en pratique, un parti révolutionnaire humaniste indépendant est une nécessité absolue. Seul un tel parti peut exprimer une indépendance de classe totale vis-à-vis de la bourgeoisie, et diriger le prolétariat dans le combat pour établir enfin la démocratie dans son sens plein et entier.

 

Pour y arriver, il faut transformer des noyaux révolutionnaires, au début assez petits, en partis de masse qui ont gagné la confiance des couches les plus larges des masses exploitées, et ceci par l’exemple et la démonstration. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des travailleurs français soutient des organisations non-révolutionnaires (UMPS), voire contre-révolutionnaires (FN). Les révolutionnaires doivent, plus que jamais, dévoiler la nature de ces organisations, et faire en sorte qu’elles ne dirigent plus le prolétariat et les opprimés.

 

 

L’importance de l’unité d’action

 

Evidemment, la seule dénonciation propagandiste de leurs erreurs et de leurs crimes ne suffira pas. Ce serait trop facile. Il faut démontrer dans la pratique que les organisations dirigées par les réformistes, voire les centristes, les néolibéraux, les fascistes ne peuvent pas combattre de façon adéquate pour les intérêts de la classe ouvrière et prolétarienne.

 

Le parti révolutionnaire humaniste doit se servir d’une gamme de tactiques qui démontrent aux masses, lors de la lutte de classe, qu’il est le seul parti actuel, apte et conséquent. A son tour, le parti doit apprendre à diriger les luttes actuelles de masse, à montrer sa capacité à être une direction de rechange.

 

Il doit donc montrer à la fois son initiative indépendante et sa capacité à coordonner ses forces loyalement avec d’autres organisations et partis ouvriers. La masse de la classe ouvrière, qui n’est pas encore convaincue de la nécessité d’une direction révolutionnaire, doit apprendre à faire confiance aux humanistes lors des combats quotidiens, et à les comparer aux dirigeants en place, complètement pourris par la finance, et qui se noyent dans les affaires de frics et de magouilles les unes derrières les autres, et quelle que soit leur étiquette politique.

 

 

C’est là le rôle vital de la tactique de front

dans la construction d’un parti révolutionnaire.

 

Ainsi, l’acquis durable d’une politique correcte de front est d’exposer les limitations du réformisme, de l’anarchisme, du syndicalisme, du centrisme et des idéologies et programmes bourgeois et petit-bourgeois au sein de la classe ouvrière, et de montrer la possibilité de remplacer toutes les directions vacillantes et inconséquentes, par une direction démocratique et citoyenne, humaniste et révolutionnaire.

 

A chaque étape, une telle politique doit renforcer l’organisation révolutionnaire en favorisant un recrutement accru et l’établissement de racines profondes au sein des organisations de masse.

 

Une tactique dans une stratégie révolutionnaire

 

En utilisant la tactique d’alliance en un front large et fort, les révolutionnaires visent en premier lieu à établir un rapport continu entre le PG et les masses prolétaires. Il doit être permanent, mais il doit aussi passer par des changements constants, parce que la lutte de classe elle-même est à la fois permanente et toujours en train de changer de forme, et n’est plus l’exclusivité du lumpenprolétariat. Le FMP est donc une tactique omniprésente, une tactique qui, de façon répétée, est utilisée sous une forme ou sous une autre, dans un domaine ou un autre.

 

Néanmoins, le FMP n’est pas uniquement un moyen de construire le PG. Il constitue une tactique dans la lutte de classe dont le but est d’établir l’unité combative la plus large possible des masses exploitées et opprimées, malgré leur différenciation politique actuelle.

 

L’objectif de cette unité est de repousser les attaques des patrons et des gouvernements bourgeois néolibéraux et d’arracher de meilleures conditions économiques, sociales et politiques pour la classe ouvrière et ses alliés, de façon à se rapprocher de l’objectif du renversement du système capitaliste.

 

En ce sens, dès le début, le FMP surgit des besoins de la lutte de classe. Pour cette raison, les révolutionnaires ne font pas que répondre aux appels à l’action commune contre l’ennemi de classe ; ils sont les premiers à lancer de tels appels là où la lutte de classe exige l’unité d’action, le grand nombre et la force.

 

En conséquence, le front des masses prolétaires présuppose d’un côté le maintien d’une organisation révolutionnaire indépendante, basée sur un programme de revendications transitoires pour la prise du pouvoir et le renversement du capitalisme. Ce parti doit participer au FMP en tant que détachement indépendant et ne pas s’y dissoudre. De l’autre, la nécessité du front, et des alliances, présuppose l’existence de larges masses non-révolutionnaires, sous l’influence d’autres forces politiques.

 

C’est pourquoi le FMP ne peut pas être considéré comme une série d’actions ininterrompues, ayant le même partenaire et allant jusqu’à la prise du pouvoir. Son utilisation continue ne constitue qu’une série de tactiques dans le cadre de la stratégie globale du parti d’avant-garde qu’est le PG. Cette stratégie comprend nécessairement l’action indépendante du PG.

 

Sous des formes très diverses, le FMP se fait et se défait sans cesse. Nous l’avons observé avec l’expérience du FdeG. Il ne doit jamais se transformer en une subordination systématique de l’avant-garde révolutionnaire à une plate-forme limitée de revendications qui seraient acceptables pour les dirigeants non-révolutionnaires des organisations de masses tel que le PCF ou Ensemble. Une telle politique relèguerait le programme révolutionnaire à une propagande passive et limiterait l’agitation aux seules revendications immédiates ou, au mieux, à quelques revendications transitoires.

 

En fait le FMP constitue une unité différenciée. C’est une action commune pour des objectifs clairement délimités et prescrits ; il implique aussi la critique la plus claire de la part de ses partenaires. Sans le premier, les attaques capitalistes ne peuvent être repoussées, ni de nouveaux acquis arrachés. Sans le deuxième, les acquis ne peuvent être maintenus, et la révolution ne peut pas faire de progrès.

 

 

Deux erreurs jumelles : le gauchisme et l’opportunisme

 

Les erreurs dans l’application du Front de Gauche commencent lorsque cette alliance est remplacée par une identité formelle entre les tâches de l’organisation révolutionnaire et les besoins immédiats et limités de la classe ouvrière. Un exemple de ce genre d’erreurs, le gauchisme, qui commence toujours par opposer le programme révolutionnaire aux revendications actuelles et aux tâches de la classe ouvrière.

 

Pour le gauchiste, le front unique devient un ultimatum dont il ne souhaite que le rejet par les dirigeants réformistes et néolibéraux, croyant qu’une telle politique va "démasquer" ces derniers aux yeux des masses, grave erreur !

 

Or une telle procédure n’a qu’un caractère purement littéraire. Les dirigeants réformistes (les socialistes) ne sont jamais démasqués parce qu’ils refusent de mettre en œuvre une tactique ou une stratégie révolutionnaire, mais plutôt parce qu’ils refusent de combattre pour les intérêts immédiats des masses. Les sectaires évitent d’être testés sur le terrain de la lutte de classe, craignant d’être tentés par l’opportunisme.

 

Exemple inverse : l’opportunisme. Il ne part pas de la plate-forme de lutte, ni même d’une seule revendication découlant des besoins objectifs de la lutte de classe. Non, son point de départ est plutôt son estimation de la conscience actuelle des masses. Pire, les opportunistes basent souvent leur politique de front sur ce que les dirigeants non-révolutionnaires des masses sont supposés être prêts à accepter.

C’est le contraire des propositions avancées par les révolutionnaires en vue d’un front du prolétariat, qui, même si elles ne vont pas jusqu’à mettre en avant le "programme entier", iront au-delà des propositions timides des dirigeants réformistes, et même au-delà de la conscience générale des masses. Car l’objectif du FMP doit être de lier la conscience actuelle des masses (et notamment des sections avancées) aux tâches brûlantes de l’heure, dictées par la nature des attaques ou des faiblesses de l’ennemi.

 

Attention, le FMP n’est pas une stratégie, il n’existe pas de "programme de  FMP" allant, sans interruption, des combats actuels jusqu’à la prise du pouvoir.

 

Le PG avance les éléments de son programme qui apparaissent nécessaires pour unir des forces plus larges dans un combat concret. Ayant déterminé la nature de l’attaque et l’équilibre des forces de classe, l’organisation révolutionnaire soulève des revendications concrètes qui, prises ensemble, constituent une unité combative pour repousser l’attaque donnée ou arracher un nouvel acquis.

 

C’est pourquoi le caractère des revendications qui se trouvent au cœur du FMP ne peut être défini de manière schématique. Les revendications doivent être spécifiques, précises et éviter toute revendication artificielle ou accessoire, tout cadre idéologique, n’ayant pas de rapport avec l’accomplissement de l’objectif commun.

 

Toute proposition concrète de front devrait se limiter à un seul type de revendications, par exemple des revendications économiques immédiates, des revendications démocratiques, des revendications transitoires. Elle peut être proposée, ou faite, sur la base d’une série de revendications liées entre elles comme une série d’actions combinées afin de répondre à une crise donnée. Elle peut aussi se limiter à une seule revendication, une seule action - une grève générale - ou une campagne d’actions plus longue.

 

On peut critiquer de façon valable une proposition de front à partir du moment où une revendication essentielle a été exclue, à laquelle il aurait été possible de gagner les masses, et dont le refus par les dirigeants aurait permis de les démasquer. Mais l’absence d’une ou de plusieurs revendications révolutionnaires d’une plate-forme du FMP ne constitue pas une critique valable.

 

 

Le FMP peut varier en ce qui concerne sa forme et sa longévité, selon la nature de l’attaque. En tout cas, les revendications doivent être associées à des méthodes de lutte claires et précises (par exemple manifestations, grèves, groupes de défense, milices armées) et à des formes d’organisation (par exemple comités de grève, comités de mobilisation, conseils ouvriers). Les comités qui existent afin de coordonner une série d’actions diverses ou répétées sont des organisations de front actif, donc en ce sens, le FMP va au delà de l’action elle-même (par exemple une manifestation), car il implique aussi une préparation et une évaluation après coup.

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:23

Chers camarades et visiteurs

 

je vous livre ci-dessous un article paru dans "le Monde" rubrique économie, je vous le mets dans son intégralité, ceci pour le cas ou vous ne pourriez le lire ailleurs, ce propos peut être le départ d'un débat que nous, vous pouvez mener dans les commentaires qui vous sont ouverts, la similitude des momements historiques est pour ceux qui veulent bien les voir dans leurs plus grandes nudités d'une telle clarté qu'ils nous donnent toutes les raisons de notre combat contre l'hydre faciste qu'est le FN.

 

Analyses et commentaires attendus.

 

Votre dévoué Cronos

 

 

La mise en place de politiques de rigueur budgétaire et d’austérité salariale dans la plupart des pays européens suscite un vif débat parmi les économistes, qui rappelle celui qui se produisit au début des années 1930.

 

La crise de 1929, partie des Etats-Unis, avait gagné l’Europe, provoquant une récession générale, une baisse des prix affectant les profits des entreprises, une forte montée du chômage, particulièrement aux Etats-Unis et en Allemagne (où l’on compte en 1933 respectivement 12,8 et plus de 6 millions de chômeurs environ).

 

Face à cette situation, les économistes «orthodoxes» préconisaient des politiques économiques déflationnistes visant à réduire les coûts salariaux afin de suivre la baisse des prix et de permettre la remontée des profits et la relance des investissements privés. Il s’agissait aussi de réduire les dépenses publiques afin de retrouver un excédent budgétaire restaurant la crédibilité des Etats.

 

Cette politique fut suivie par le président des Etats-Unis, Herbert Hoover, jusqu’en 1932, par Pierre Laval en France en 1934-1935 et, surtout, en Allemagne de 1930 à 1932 par Heinrich Brüning (1885-1970).

 

Originaire de Münster, en Westphalie, Brüning avait suivi des cours de philosophie, de droit, d’histoire et d’économie, avant de devenir en 1920 secrétaire général de la Confédération générale du travail (un syndicat chrétien), puis député du Reichstag en 1924, et président du groupe parlementaire centriste (le Zentrum) en 1929.

 

NOMMÉ CHANCELIER

 

Le 28 mars 1930, il fut nommé chancelier par le président Hindenburg, dans un contexte difficile : l’Allemagne, qui avait subi le traumatisme de l’hyperinflation et de l’effondrement de la valeur de sa monnaie en 1924, était en récession et comptait déjà 3 millions de chômeurs elle devait aussi faire face au remboursement des «réparations» de la guerre de 1914-1918.

 

L’objectif premier de Brüning était de faire la preuve de l’irréalisme de cette exigence des anciens vainqueurs. Comme le précise Brüning dans ses Mémoires(Gallimard, 1974), il s’agissait de retrouver une balance commerciale excédentaire alors que les exportations allemandes avaient diminué de moitié depuis 1930, afin de «mettre l’Allemagne en mesure de résister à n’importe quelle contrainte extérieure» et de «mettre à profit la crise mondiale pour exercer une pression sur les autres pays» et les contraindre à abandonner les réparations.

 

Mais comme il se refusait à toute dévaluation du reichsmark, dont il voulait défendre la valeur afin d’éviter le retour de la crise monétaire des années 1920, le seul moyen d’y parvenir était de mener une politique déflationniste.

 

Le Reichstag refusant de la soutenir, Brüning le dissout en juillet, provoquant des élections qui virent la montée du parti nazi (obtenant 18,3 % des voix et 107 sièges) et du Parti communiste. Mais grâce à une coalition entre le Zentrum et divers petits partis, il obtint une majorité acceptant qu’il gouverne par décrets-lois, en vertu de l’article 48 de la Constitution, évitant ainsi la censure du Reichstag.

 

Les principaux décrets, promulgués le 6 décembre 1930, le 9 juin et le 8 décembre 1931, imposaient des baisses de salaire des fonctionnaires de 10 %, puis une nouvelle baisse générale des salaires des ouvriers et des fonctionnaires, une diminution de l’aide aux chômeurs de 14 %, l’augmentation de l’âge nécessaire pour toucher cette aide (porté de 16 à 21 ans), l’exclusion des femmes du droit à ces indemnités, la diminution des allocations familiales, l’augmentation des impôtsde 5 %.

 

ELANCER L’ACTIVITÉ DES ENTREPRISES

 

Parallèlement, certaines grandes entreprises bénéficièrent de réductions d’impôts et de subventions ; l’Etat accorda des prêts à des banques en difficulté et étendit son contrôle du secteur bancaire, en détenant jusqu’à trois cinquièmes du capital des banques ; il racheta aussi des titres d’entreprises industrielles. Sa politique ne visait donc aucunement à venir en aide aux salariés victimes de la crise, mais àrelancer l’activité des entreprises, surtout exportatrices, grâce à la baisse des coûts de production, quelles qu’en soient les conséquences sociales.

 

Il reconnut d’ailleurs que son objectif était «de ramener les salaires, les traitements et le prix de la vie au niveau de 1913», et se félicitait du fait que «les salaires avaient été diminués en moyenne de 20 % à 25 % sans que ne se produise une seule grève, exception faite de la grève sauvage dans l’industrie métallurgique de Berlin».

 

Si sa politique déflationniste permit de restaurer l’équilibre de la balance commerciale, ce résultat ne fut que provisoire en raison des dévaluations anglaise (1931), puis américaine (1933), qui affectèrent la compétitivité prix des exportations allemandes.

 

Mais, surtout, l’impopularité de ces mesures fit le jeu d’Hitler, qui obtint plus de 30 % des voix à l’élection présidentielle du 12 avril 1932, à l’issue desquelles le maréchal Hindenburg fut cependant réélu avec près de 50 % des voix. Brüning resta toutefois chancelier et décréta, le 14 avril, l’interdiction des milices armées hitlériennes SA et SS, contre l’avis d’Hindenburg.

 

Il prépara également une réforme de l’aide apportée aux junkers (grands propriétaires fonciers). Sous leur pression, Hindenburg renvoya Brüning le 30 mai, et autorisa la reconstitution des SA et des SS.

 

Malgré l’annulation des réparations allemandes par la conférence de Lausanne (juillet 1932), les nouvelles élections législatives qui eurent lieu après des dissolutions du Reichstag (en juillet et décembre 1932) firent du parti nazi le premier parti allemand, avec 37,3 % des voix en juillet et encore 33,1 % en décembre. C’est ce qui amena Hindenburg à nommer Hitler chancelier en janvier 1933.

 

Comme le faisait remarquer récemment l’économiste américain Joseph Stiglitz, si on peut comprendre que l’Allemagne a peur de renouer avec son passé inflationniste de l’entre-deux-guerres, elle ne devrait pas faire preuve d’une mémoire sélective et reconnaître que ce n’est pas l’inflation qui a porté Hitler aupouvoir, mais le chômage massif.

 

Par Pierre Bezbakh, maître de conférences à l'université Paris-Dauphine

source : LE MONDE ECONOMIE | 26.11.2012

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 14:12

Chers amis lecteurs et lectrices

 

je propose ce texte à votre méditation, il a été très mal compris et reçu par mes camarades de comité du Parti de Gauche, aussi j'espère qu'il le sera mieux de votre part, en tout état de cause je compte sur vos critiques et observations, c'est dans l'échange que le réel se crée et que le présent vit.

 

 

Pour sauvegarder notre République sociale

 

 

Notre République doit être Sociale. C’est l’essence même de notre désir de République, la République sociale est et restera une conquête de la Révolution.

La République Sociale est une démocratie, assortie d’un projet de société bien précis, fondée sur l’idée que la République n’est véritablement elle-même que si elle ajoute aux procédures démocratiques un contenu social.

 

La première Constituante a proclamé que “tout homme en naissant a droit à la protection et aux secours de l’humanité ”, créant ainsi un lien étroit entre la proclamation des droits de l’homme et la nécessité de ses droits sociaux. Cette particularité a été confirmée en 1848 et consacrée par la législation de la IIIème République.

 

La République sociale se réalise par:

- l’existence du droit social

- le développement du service public

- une politique sociale permanente fondée sur la solidarité.

 

Le droit social sera redéfini par la future constituante, et élaboré dès la première législature.

Nous devons agir essentiellement sur les deux points où les abandons et attaques sont manifestes, à savoir les services publics et une politique fondée sur la solidarité.

 

1/ Halte à la dégradation du service public

 

• Le service public est fondé sur l’égalité et la continuité. Son administration est censée satisfaire la demande des citoyen(ne)s concernant les biens et prestations considérés comme utiles ou indispensables à la vie.

 

Pour certains les services publics apparaissent comme étant une survivance surannée d’un temps ancien, survivance empêchant les profits tirés de l’exploitation des services et biens publics. 

La déréglementation et les directives européennes conduisent à mettre nos services et biens publics dans le domaine concurrentiel, c’est à dire à les privatiser. Les Télécom, l’électricité, sous peu le gaz, la Poste, la distribution de l’eau, bien commun par excellence. Et c’est jusqu’au dernier outil d’investissement public et de régulation des marchés, la Caisse des dépôts et consignations, qui va être démantelé et privatisé.

 

• Il est à noter que l’oligarchie financière qui entend désengager l’Etat de ses activités d’intérêt public au bénéfice de leurs intérêts particuliers sont les premiers au travers de leurs banques à faire appel à la solidarité de l’État lorsqu’ils sont en difficulté. Qui paye alors, le contribuable !…

 

• Le service public, avait pour objectif de se substituer aux “œuvres” de l’ancien régime, c’est à dire au secteur caritatif. A ce sujet la conquête de la Sécurité sociale est exemplaire, ceci dit la baisse du nombre des actifs et l’élévation du niveau des soins entraînent de grandes difficultés financières pour cette institution, dont il faudra envisager un autre mode de financement. Il n’en a pas fallu moins pour qu’apparaissent des projets de privatisation parallèle, chez Axa par exemple, ce qui ne manquerait pas de créer une protection sociale à plusieurs niveaux. Le projet de retraite par capitalisation procède du même calcul vicié par le libéralisme. (A contrario, réjouissons nous de la mise en œuvre de la CMU).

 

• Avons nous totalement perdu le sens de la solidarité ? Personne ne sait qui a inventé la Sécurité Sociale, mais tout le monde reconnaît dans la rue l’animateur du Téléthon. Posons la question : Les “restos du cœur”, association aujourd’hui plus qu’utile, ne sont-ils pas le retour aux soupes populaires, donc l’illustration de la dégradation du système social ?

 

2/ la mise en question de la solidarité et de l’égalité

faite par les socio-démocrates et le néo-libéralisme

 

La solidarité consiste à aider autrui sans rien recevoir en échange et sans que personne ne le sache. La solidarité n’a aucun sens sans la conviction de justice sociale et d’égalité.

La solidarité comme nous l’entendons nous gens de la gauche réelle, était un terme inconnu sous la Révolution française, elle prend toute sa force à la fin du XIX ème siècle, avec la montée de l’industrialisation.

La solidarité se fonde essentiellement sur le concept d’égalité. Or, précisément cette solidarité est remise en cause aujourd’hui, par la volonté des socio-démocrates et des néo-libéraux de substituer au principe d’égalité celui d’équité.

• Si l’équité doit servir de complément à l’égalité, cette notion est recevable, et elle existe déjà, par exemple dans l’impôt progressif.

Par contre l’ériger en principe absolu sous prétexte de refuser les soi disants excès de l’égalitarisme, mène à déformer l’esprit même de la République sociale.

 

La dialectique spécieuse de l’oligarchie consiste à dire que certaines inégalités sont “nécessaires au dynamisme de l’économie, donc que l’égalité est condamnable et que seule l’équité est raisonnable.

 

• Le concept d’équité est, tant par son contenu que par sa mise en œuvre juridique, bien moins précis que celui de l’égalité, lié à un raisonnement naturaliste, la loi du plus fort. L’équité a pour but d’adapter les mesures générales à la particularité des situations, ce qui ouvre la voie à toutes les contestations possibles.

 

• L’équité en matière de protection sociale débouche invariablement sur le déclin de l’universalité. On recentre, de ce fait, la protection sur les plus démunis en mettant de plus en plus de prestations sous conditions de ressources. Vouloir soumettre les prestations sociales au critère de l’équité, c’est immanquablement engager les plus gros cotisants à faire sécession, aux dépens des autres assurés, qui subirons de ce fait la charge totale de l’institution, et au profit des sociétés d’assurances et de retraites privées, dont c’est le but innavoué.

 

• La montée en puissance du principe d’équité est le cœur de la construction idéologique néolibérale auquel adhèrent de même les socio-démocrates. Il faut impérativement démystifier ce principe d’équité si mortel pour l’égalité sociale.

 

L’ “équitarisme”, en défendant le principe des inégalités “nécessaires au dynamisme de l’économie” se place en rupture totale avec le modèle républicain français.

 

Il n’est pas absurde de vouloir introduire plus de justice et d’équité dans le fonctionnement de la société, mais cela le deviendrait, absurde, si c’est au détriment de l’égalité qui doit être protégée, car les inégalités engendrées par l’équité aboutissent toujours à ce qu’il y ait des gagnants et des perdants.

 

Dénoncer au travers de cette analyse les objectifs et les arrière-pensées des Socio-démocrates du PS jusqu’aux néo-libéraux de la droite, ceux qui entendent saper les fondements de la République sociale, et qui entendent la faire passer sous les fourches caudines du marché, est un acte fondateur de la gauche que représente le Parti de Gauche.

 

Ce sont, bien évidemment, les mêmes qui prônent aujourd’hui une “refondation sociale” visant à donner la primauté à l’économie financière et à accroître le rôle des valets de l’oligarchie.

 

Le MEDEF veut imposer le contrat contre la loi, un accord est signé entre lui et les syndicats CFDT, CFTC et CGC. Le gouvernement Ayrault entérinera par la loi cet accord dit de «Wagram», remettant en cause le principe même d’égalité, puisqu’il privilégie l’entreprise comme niveau de négociation et favorise donc les rapports sociaux individualisés, et nous disons que cette loi inique est anti-constitutionnelle, nous l’abrogerons dés notre arrivée au pouvoir avec bien d’autres touchant le principe de la solidarité et de l’égalité.

 

La République sociale, elle aussi, est en danger !


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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 11:11

Vous souvenez-vous des idées politiques d’Alphonse Allais ?
Création d’un Ministère des travaux finis , d’une Commission des travaux inutiles....

L’équipe Hollande-Ayrault s’est inspirée du grand Alphonse pour créer le Ministère du redressement productif, confié à Arnaud Montebourg, tout fiérot de ce Viagra (redresseur de situations désespérées) politique. 

Jacques Lordon, professeur d’économie parisien, propose dans le Monde Diplomatique d’août 2012, p.17, de nommer cet « inénarrable » organisme, le Ministère du passage de la serpillièreEt l’économiste de s’exclamer : « Le socialisme de nettoyage, ça suffit ».

Montebourg s’agite beaucoup, proclame qu’ “on” va tenir la dragée haute au patronat, mais ne nous confie pas comment il va s’y prendre. Mon petit-fils de quatre ans proclame martialement qu’il va combattre les pyromanes, mais ne dévoile pas non plus sa stratégie.
O Don Quichottisme de l’enfance et des politiciens !
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Retournement de veste ?

Arnaud Montebourg n’était pas tendre vis-à-vis de Martin Bouygues; autrefois...
Pourtant, le Canard enchaîné s’étonne du changement d’attitude de Montebourg, dans ses relations avec Bouygues (dont l’une des innombrables activités est d’être le patron de TF1).
« …depuis une rencontre organisée fin mai entre Martin Bouygues et Arnaud Montebourg, les propos de ce dernier ont changé du tout au tout, et le numéro un de TF1 qui « n'est pas un ingrat :  déborde désormais de reconnaissance à l'égard de son bienfaiteur » .
Toujours selon le Canard, Bouygues a particulièrement peaufiné ses liens avec François Hollande depuis la fin de l'année dernière.

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Published by Pulchèrie D - dans FORUM échanges d'idées
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