Une publication récente a attiré mon attention; elle attribue la fin du monde aux «médiocres» au sens de ceux qui ne se mouillent pas et qui vibrent à la fréquence des puissants. Dans un environnement aussi chargé électriquement, on peut concevoir qu’il y a de multiples façons d’arriver à la fin du monde, notamment celle de continuer à gaspiller d’une façon débridée une ressource sur le déclin et responsable à des degrés divers du chaos climatique actuel et dont nous avons un brillant exemple à travers l’ouragan Mathiew qui a dévasté Haïti et être responsable de la mort de 1000 Haïtiens? Le même Mathiew arrivant sur la côte de la Floride certes, avec une intensité moindre n’a pratiquement occasionné aucun dégât important.

 

Etat du monde

 

Justement, pour comprendre ce qui se passe il est utile de faire l’archéologie du mouvement du monde et remonter dans le temps «Le XXe siècle, disait Jean-François Liotard, a vu la disparation des grands récits de légitimité à l’instar du communisme, du socialisme, voire du «socialisme de la mamelle spécifique» à l’ algerian way of life. Le XXe siècle est, par excellence, celui de la jouissance, l’homme prométhéen entend tirer profit de tout. Dany Robert Dufour a justement touché du doigt cette perversion du capitalisme à la fois perverse et puritaine. Nous l’écoutons: «L’objectif du philosophe est assez simple. Il entend démontrer comment la libération des passions-autrement dit le triomphe absolu de l’égoïsme, l’impératif de jouissance, le besoin de domination-a transformé toutes les économies où interagissent les hommes: l’économie marchande, l’économie politique, l’économie esthétique, voire symbolique. Le libéralisme selon Dufour, possèderait donc au moins deux faces: une face puritaine, représentée par Adam Smith, et une face perverse, représentée par le divin Sade. Il serait l’accoucheur d’un monde où les individus obéissent avant tout à ce commandement suprême jouis!» (1)
 

«Ce monde de ‘la guerre de tous contre tous », poursuit le philosophe, a pour fondement, l’égoïsme: «(…) Le principe d’égoïsme absolu qui est révélé par Sade écrit le philosophe Dany Robert Dufour, c’est celui qui est en jeu dans la crise. Et c’est le principe, cette fois, de la défense à tous crins de l’intérêt personnel à tel point que cela s’est nommé la cupidité. Donc, c’est une forme de l’égoïsme absolu que cette cupidité et ce n’est pas moi qui le dit au fond, quand on réfléchit un instant, c’est l’économiste en chef de tout le tournant libéral, celui qui a été interrogé par la Commission fédérale, que l’on appelle le Maestro, qui a été le président de la Réserve fédérale, quand on lui demandait ce qu’il pensait de la crise, il disait: «Je pensais que la cupidité – c’est Alain Greenspan, bien, vous l’avez deviné – des banquiers était la meilleure garantie qui soit pour chacun et je m’aperçois que je me suis trompé.» C’est ce principe de la cupidité, d’égoïsme absolu, de la défense à tous crins de l’intérêt personnel, de la jouissance absolue dans tous les domaines où cela peut se manifester, dans les trois libidos que j’ai repris dans la philosophie classique…» (1)
 

Au XXIe siècle, pour pouvoir mener à bien cette «jouissance multiforme» il faut faire disparaître les autres. Après la disparation du communisme, l’Islam est (re)devenu le nouveau Satan de rechange. De ce fait, sa diabolisation a précipité dans la tourmente les pays musulmans principalement arabes. Pourquoi? Est-ce que les peuples arabes ne sont pas dignes? Est-ce que ce sont des sous-hommes. Nous allons montrer a contrario que ce n’est pas l’Islam qui est en cause, mais ce qu’en ont fait les dirigeants dont la légitimé est tout sauf être légitime du fait qu’ils ont jailli du néant. (2)

 

L’Empire de la médiocrité et la fin du monde

 

Dans une tribune percutante Phil Butler dénonçant la médiocrité explique que la Russie, le deuxième satan de rechange après l’islam, n’est pour rien dans l’errance de l’Occident américain et de ses vassaux: «Vladimir Poutine n’a causé de préjudice à aucun Américain. La Russie ne s’est jamais mise en travers du Rêve américain. Pour les milliardaires, les Russes constituent un obstacle insurmontable à leurs investissements(…)
 

Malheureusement, pour l’espèce humaine, la médiocrité ne peut pas non plus être gérée. Dénonçant l’ignorance crasse des Américains formés, nourris et enchaînés à une manière de penser préjudiciable au monde entier. «Même lorsque les Américains sont pris en flagrant délit de stupidité sur des questions importantes, l’insanité est martelée chez eux par des mêmes et des tendances Twitter transformant notre société pitoyable en comédie. (…) Le sénateur incendiaire de la guerre civile en Ukraine, John McCain est allé à la TV nationale pour proclamer que l’Irak borde le Pakistan. (…) La médiocrité fabriquée est la paresse naturelle d’une société qui réussit, croisée avec un procès à l’intelligence. (…) Ne vous méprenez pas, il y a des montagnes de preuves que l’Amérique est devenue le pays d’incurables stupides malheureux, mais les écrits étonnants de Umair Haque nous giflent en plein visage.» «L’Amérique excelle dans la médiocrité», c’est la vérité indéniable avec laquelle nous devons nous colleter.» (3)
 

Justement Phil Butler impute cet entretien de la médiocrité à une presse aux ordres incapables de penser par elle-même.: «Pour citer, dit-il, l’auteur John Hawkins: Le New York Times, le Washington Post, ABC, NBC, CBS, CNN, MSNBC, etc., etc., etc. agissent comme des attachés de presse pour le Parti démocrate. Quelle que soit l’histoire que les Démocrates veulent faire croire, ils la propagent. Les histoires qui sont mauvaises pour la gauche sont soit totalement ignorées, soit traitées comme insignifiantes (…) Vladimir Lénine a dit une fois: «Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons», et aujourd’hui, les conservateurs financent les gens mêmes qui pendent notre pays par le cou jusqu’à ce que mort s’ensuive.(…) Les années à venir se révéleront de plus en plus cyniques et cruelles. Les gens ne devront certainement pas se pardonner en s’embrassant les uns les autres. Le stade final de la vie de l’humanité sera marqué par la guerre monstrueuse de tous contre tous. Poutine n’a attaqué personne. Les musulmans ne sont pas le problème. (3)

 

En politique comme dans les entreprises,

«les médiocres ont pris le pouvoir»