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La Politique N'est Pas Une Fin En Soi, Elle N'est Que L'outil Nécessaire À L'équilibre Du Monde.

  • : Le blog de cronos
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  • : Ici le politiquement correct et la langue de bois sont définitivement bannis, la droite et son extrême y sont honnies, la pseudo gôche de la rue de Solférino y est moquée, la vraie gauche y est chez elle, celle des citoyennes et citoyens du monde qui rêvent d'humanisme et de liberté. Nous ne pourrons connaître la paix et le bonheur tant que nous n’aurons pas éradiqué l'oligarchie financière et les prédateurs que sont les banques internationales.
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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 19:02

Première partie : pouvoir de la conscience.

Penchons-nous dan sun premier temps sur la nature de la conscience de façon générale et comment nous avons conscience de nos actions et de nos positions/principes intellectuels. L'erreur communément admise repose sur un principe défini a priori comme intangible : chacune de nos actions, chacune de nos pensées repose sur une chaîne de cause à effet et que pour analyser une action ou une pensée il suffit de retrouver les « précurseurs » de la pensée. C'est l'explication « cartésienne » du processus : A => B , B => C, et ainsi de suite.

Mais les chercheurs en psychologie et les découvertes récentes sur le fonctionnement du cerveau ne prennent pas en charge un schéma aussi simplifié qui ne laisse aucune possibilité de perturbation ou de bifurcation. La conscience ne fonctionne pas de façon linéaire et ce serait étonnant qu'elle le fasse si on évoque la complexité de l'imbrication des neurones et leur continuel renouvellement en fonction des expériences auxquelles un individu se trouve exposé.

La conscience fonctionne plutôt comme une rivière qui naît en montagne et par le seul fait de la gravité va descendre jusqu'à la mer, ne pouvant pas descendre plus bas. Son cours est nullement régulier et s'adapte aux aléas du terrain qu'il rencontre. L'attracteur de la conscience est ce que l'on peut appeler l'affect qui comme la gravité est l'attracteur pour la rivière.

Pendant la veille, le réseau des traces mnésiques est parcouru selon la dynamique de l'affect : l'affect canalise, décide à certaines bifurcations de diriger le train d'impulsions vers tel branchement plutôt que vers tel autre. En fait, l'affect joue exactement le rôle d'un gradient : il décide entre deux ramifications dendritiques laquelle présente "la pente la plus raide".

Paul Jorion envisage la canalisation produite par l'affect suivant la présence de soucis, en fait de tâches à réaliser, du style « se souvenir d'acheter du beurre ». Dans { Principes des systèmes intelligents (1990) }, il écrit : « Le petit ru fera la grande rivière et au moment où la petite goutte de pluie qui d'abord ruissela sur le sol rejoint la mer, tout se sera passé comme si cette dernière l'avait appelée, à partir de ce moment situé dans l'avenir où la jonction a enfin lieu. Or l'océan s'est contenté d'être là : il se fait simplement que c'est lui que l'on trouve au bout du gradient, il est ce que l'on appelle en physique, un puits de potentiel. Ces soucis encouragent, guident l'association libre vers eux de manière insistante, toujours renouvelée. Le souci est un puits de potentiel auquel nous ne pouvons rien faire, il appelle l'association libre vers lui. »

L'intention est comme un souci que l'on s'impose à nous-même : dès que l'intention est présente la vision future de la réalisation de l'action, du but recherché s'impose comme un puits de potentiel. Ce puits de potentiel préexiste donc à toutes les étapes qui conduiront à la réalisation de l'intention, chaque étape étant contemporaine à ce puits de potentiel.

Quand dans le discours parlé ou écrit on tend vers l'expression d'une idée, le cheminement de l'expression, guidée par l'affect, selon un certain gradient, est borné par le puits de potentiel qui contient l'idée. La réponse d'un interlocuteur sollicitant notre affect reconstruit un nouveau gradient et relance le processus de réponse de notre part.

Notre discours (intérieur ou extérieur) modifie par son déroulement notre affect de façon dynamique dans une contre-réaction introduisant un léger retard – comme dans tout système électronique/cybernétique – permettant la modification de l'affect, et cela jusqu'à atteinte de ce puits de potentiel.

La conscience en fait se situe précisément dans le temps qu'il faut à la boucle de rétroaction de se refermer : cela constitue en fait le corps du sentiment vécu comme le « présent ».

On ne peut donc attribuer à la conscience aucune fonction : c'est un épiphénomène correspondant au temps de la remise à jour de l'affect. Que l'on confonde avec le sentiment de libre-arbitre, cher aux libéraux, que l'on ait le sentiment d'un pouvoir décisionnel à choix multiples est une illusion.

Si le phénomène de la conscience, lui, est bien réel, seul son pouvoir est illusoire(*).

Seconde Partie : Quels enseignements tirer de cette analyse du point de vue politique ?

Tout d'abord, cette approche ruine complètement l'indispensable notion de libre-arbitre qui sous-tend tout le discours libéral. Reprenons la notion d'homo œconomicus :

qui est considéré comme rationnel. Autrement dit, cet individu :

- a des préférences qu'il peut ordonner.

- est capable de maximiser sa satisfaction en utilisant au mieux ses ressources.

- sait analyser et anticiper le mieux possible la situation et les événements du monde qui l'entoure afin de prendre les décisions permettant cette maximisation.

Déjà Bourdieu faisait la critique suivante :

« Le mythe de l'homo œconomicus et de la théorie du choix rationnel sont des formes paradigmatiques de l'illusion scolastique qui portent le savant à mettre sa pensée pensante dans la tête des agents agissants et à placer au principe de leurs pratiques, c'est-à-dire dans leur « conscience », ses propres représentations spontanées ou élaborées ou, au pire, les modèles qu'il a dû construire pour rendre raison de leurs pratiques ».

Bourdieu souligne l'illégitimité de cette notion et fait appel à la conscience dont le pouvoir nous l'avons vu plus haut est nul. Il insiste aussi sur le fait que cette définition de l'homo œconomicus repose sur une illusion.

Nous pouvons rapprocher une autre critique, issue d'une étude du professeur Brian Knutson de l'université Stanford qui montre que les investisseurs voient leur esprit dévier de la rationalité vers l'émotivité lorsqu'ils s'adonnent à des décisions financières. Ce qui correspond bien à la dynamique d'affect qui a été évoquée plus haut.

Donc nous, gens de la gauche de combat, reconnaissons comme illégitimes les principes irrationnels présidant à la définition même du cœur de l'illusion néolibérale. Comme il a été dit souvent cette « théorie » a plus à voir avec une croyance sans fondement qu'avec une théorie mathématique même si les grands prêtres de cette croyance on essayé de l'habiller d'oripeaux scientifiques, dont seule l'apparence est conservée mais aucunement l'efficience.

Pourquoi alors les libéraux ne peuvent-ils pas nous convaincre ? Pour comprendre il suffit de revenir à la dynamique d'affect. Et en particulier la notion d'intention : une femme/un homme de la gauche de combat possède de multiples intentions d'actions dont on peut au moins donner les grandes lignes politiques en résumant : faire tout pour que le monde soit le meilleur possible et que chaque être humain ne perde pas sa vie à la gagner.

Aussi, mes amis, vous pouvez mettre tout ce que vous voulez dans ce cadre. Et en en faisant la liste vous ne pourrez que constater que chacune de vos intentions, chaque puits de potentiel affectif, est totalement étranger à ce que les libéraux proposent : nous n'avons pas les mêmes intentions, ne serons pas gouvernés par les mêmes affects. Pour nous convaincre de leurs idées il faudrait que l'on épouse leurs intentions et ce n'est pas gagné pour eux, à moins pour nous de renoncer à ce qui fait notre raison d'espérer.

Remarquez, mes amis, que les libéraux ont toujours tenté, de tout temps, de convaincre les gens de la validité de leur pensée en prétendant que c'était « naturel » : le capitalisme est naturel, c'est leur leit-motiv et nous savons parfaitement que c'est faux.(Voire le démontage fait par F. Lordon). Mais nous savons bien que nous ne pourrons comprendre leur pensée. Pas plus qu'ils peuvent comprendre la nôtre.

Cependant, il est bien évidemment très difficile de convaincre d'autres gens qui ont été bercé dans l'illusion libérale depuis très longtemps et dont l'environnement sociologique les porte à « croire » en cette illusion. Pourtant c'est le travail du militant que d'essayer au mieux de mettre un terme à cette illusion. En effet, une illusion reste une illusion.

Les libéraux nous accusent souvent d'être des utopistes, des gens qui vivons dans le rêve. Certes, nous avons un rêve mais contrairement à eux qui ont aussi un rêve mais dont le corpus repose sur une illusion, nous nous avons une analyse solide qui rejette toute illusion. C'est ce qui fait notre force, c'est ce qui fait qu'à la fin nous gagnerons.

(*) Nous rejoignons en cela la lecture de « l'égo » que fait la mystique bouddhiste, mais le fait de parvenir à des conclusions identiques par d'autres voies est pour le moins amusant.

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Published by puég_pichot - dans sociologie-politique
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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 15:01

Soyons clairs : quand des nervis de la droite extrême molestent des citoyens français sous prétexte qu'ils sont musulmans n'est pas identique à l'action menée par les suppôts de DAESH ce dernier vendredi.

Mais faisons le tour : Que veut l'extrême droite française ? Officiellement elle se pare d'attributs visant, dans le discours, l'intérêt des citoyens : en pointant sur les malversations des politiques et des financiers, elle agit en trompe l’œil, afin de placer son contenu idéologique de base : cristalliser la haine sur un objet à la portée de tout un chacun. Il est plus facile de dire qu'Ahmed est favorisé par les lois de la protection sociale que d'aller regarder de près dans les malversations/arrangements divers que les financiers/spéculateurs pratiquent quotidiennement. Ahmed, au moins, on voit qui c'est.

Il est donc facile à la droite extrême de faire porter sur des individus reconnaissables la rancœur des gens, qui ont quelque chose de concret à évoquer...voire à tabasser. Ce procédé est celui de toutes les droites extrêmes : détourner les gens des véritables causes en utilisant un bouc émissaire . Ce procédé va à l'encontre de nos principes républicains, et c'est d'autant plus facile à faire passer qu'on peut aussi pointer certains individus en vue, genre Cahuzac, qui ne se sont pas embarrassés des principes républicains. En bafouant les règles de la république un certains nombre d'individus donnent un marchepied évident aux théories les plus inégalitaires et anti humanistes d'un mouvement totalitaire qui s'avance masqué. Son but ultime est de faire survenir une société déséquilibrée socialement où seule une élite triée sur le volet aura le droit pour elle, les autres étant finalement des sous-hommes. C'est en fait le but des financiers qui eux se servent de la concentration de la richesse pour créer deux classes : celle des nantis et celle des esclaves. La droite extrême tend à faire avancer encore plus vite le mouvement d'esclavagisation, leur but n'étant pas homogène à celui des financiers mais si peu différent.

Résumons : la haine envers un groupe pour assurer sa maîtrise politique des pays et avoir les mains libres pour aller au bout de ses projets.

Venons-en aux salafistes de tout poil : là, le but est affiché d'emblée, utilisant un des vieux démons de l'Islam( procédé que toutes les religions connaissent ou ont connu), la confusion entre croyance et politique : la religion au service de la politique , la politique au service de la religion. Bien évidemment cela peut sembler étrange mais c'est une tendance avérée, celles des extrémistes religieux. L'occident et la chrétienté n'a pas été historiquement avare de ce genre de manœuvres : les différents schismes, l'anéantissement des cathares, les guerres de religions, les massacres liés à la colonisation sous le prétexte d'apporter la civilisation.

Le salafisme est de cette pensée étroite : en considérant tous ceux qui ne sont pas salafistes comme des traîtres à leur islam et tous les autres incroyants qui vivent en dehors des principes qu'ils voudraient voir appliquer des suppôts du démon : la seule solution qu'ils voient, réduire les incroyants, les convaincre de force(moyennant des têtes qui tombe et des mains qu'on coupe) ou en détruisant "l'adversaire". De la même manière que l'Inquisition a brûlé force hérétiques en s’immisçant dans les rouages du pouvoir, les salafistes poussent leurs convictions à inventer un califat, pur et dur, à l'image de leur doctrine. Et tout comme les conquistadors, poussés par l'Inquisition, tentent de réduire les autres peuples, au mieux en esclaves ou simplement en les rayant de la surface du globe.

Mais quel est le moteur de cette « religion » ? La haine de l'autre, la haine de tout ce qui n'est pas en phase avec la ligne : un totalitarisme visant à aboutir à un troupeau d'esclaves obéissant afin que les maîtres puissent régner à leur guise.

Objectivement les buts sont les mêmes que ceux de la droite extrême : aussi les salafistes ont bien compris qu'en s'arrangeant pour faire porter sur la population de rite musulman en Europe la vindicte des extrêmes droites, ils espèrent provoquer le déclin, voire l'explosion de la civilisation européenne et tant pis, ou plutôt tant mieux, si certains musulmans se font massacrer par les fachos de service. De toute façon tous ceux qui sont en Europe sont des suppôts de Satan. Alors on tire dans le tas, et comme disaient les croisés : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! »

En continuant à pointer les étrangers (surtout musulmans) sur le territoire européen, en les molestant si nécessaire, l'extrême droite fait un boulevard pour DAESH, qui compte bien exploiter la guerre civile instillée : c'est d'ailleurs un des buts avoués d' Al Baghdadi, le « Calife » en titre de DAESH.

L'extrême droite européenne est confusément en synergie avec les salafistes, à la fois dans la mesure où sa pensée est tout autant totalitaire, mais aussi dans les moyens et les aides qu'ils tendent à leurs homologues salafistes. Un même but : faire des esclaves dociles dominés par un parvis de maîtres.

Nos dirigeants seraient bien inspirés de ne pas croire que la restriction de la liberté des citoyens sous prétexte de « guerre » sera un moyen d'empêcher ce qu'ils n'ont pas vu venir à temps. En effet, la restriction des libertés préfigurent à une société totalitaire. C'est bien connu que les citoyens ne doivent concéder aucune perte de leur liberté afin d'avoir une sécurité, car à terme ils perdront l'une et l'autre.

La liberté couplée à la liberté et la fraternité sont les valeurs communes contre lesquelles la droite extrême et les salafistes luttent. Veillons à ce qu'ils échouent !

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Published by puèg-pichot - dans sociologie-politique
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